Israël lance un appel d’offres pour construire plus de mille logements de colons en Cisjordanie

Des manifestants palestiniens s’abritent derrière des pneus lors d’une manifestation contre les colonies israéliennes près de Naplouse en Cisjordanie occupée par Israël, le 10 avril 2023. (Reuters)
Des manifestants palestiniens s’abritent derrière des pneus lors d’une manifestation contre les colonies israéliennes près de Naplouse en Cisjordanie occupée par Israël, le 10 avril 2023. (Reuters)
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Publié le Mardi 09 mai 2023

Israël lance un appel d’offres pour construire plus de mille logements de colons en Cisjordanie

  • Les Palestiniens affirment que ces travaux violent le protocole d’Hébron de 1997, en vertu duquel Israël est obligé de préserver l’identité palestinienne de la zone et de l’ouvrir entièrement aux Palestiniens et à leurs véhicules
  • Près de six cent cinquante mille colons israéliens vivent dans plus de cent quarante colonies et avant-postes illégaux dispersés sur des terres palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est

RAMALLAH: Les autorités israéliennes ont lancé un appel d’offres pour la construction de plus de mille nouveaux logements dans les colonies de la Cisjordanie occupée. Leur politique d’expansion des colonies se poursuit malgré les appels répétés des Arabes et de la communauté internationale en vue de mettre fin à ces activités dans les territoires palestiniens.
Selon l’appel d’offres, les nouvelles unités seront situées dans les colonies de Beitar Illit, Efrat, Kiryat Arba, Ma’ale Ephraïm et Karnei Shomron, en plus de quatre-vingt-neuf unités dans la colonie de Gilo, à l’ouest du secteur occupé de Jérusalem.
Cette annonce est intervenue alors que des travaux ont été entamés pour bâtir trente et une unités de colonisation supplémentaires à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie. La construction a commencé après qu’un tribunal israélien a rejeté les objections juridiques soumises par le mouvement israélien Peace Now, la municipalité d’Hébron et l’organisation locale Youth Against Settlements.
Une fois que le nivellement du terrain et les travaux de l’Autorité des antiquités dans la région prendront fin, la construction d’un grand complexe résidentiel commencera. Il comprendra un centre commercial, une école maternelle, une clinique et des espaces publics, en plus des logements pour les colons. Le nombre de colons à Hébron augmentera ainsi de quelque 30%.
Il s’agit de la première construction de colonies dans la région en vingt-trois ans et des inquiétudes ont été exprimées quant à ses effets potentiels, notamment l’augmentation de la violence des colons contre les Palestiniens et la modification de l’identité palestinienne de la région. Les Palestiniens affirment que ces travaux violent le protocole d’Hébron de 1997, en vertu duquel Israël est obligé de préserver l’identité palestinienne de la zone et de l’ouvrir entièrement aux Palestiniens et à leurs véhicules.
Les habitants d’Hébron craignent également que l’expansion des colonies n’entraîne plus de points de contrôle, une plus grande présence militaire israélienne et le vol de biens palestiniens.
Par ailleurs, le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh, a appelé lundi l’Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) à intervenir pour empêcher les autorités israéliennes d’établir une colonie adjacente au village de Sebastia, près de Naplouse, au motif qu’elle endommagerait gravement le site historique.
S’exprimant lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement palestinien à Ramallah, il soutient que les incursions, les expansions de colonies et la tentative de saisir le bâtiment municipal à Hébron sont des violations et une continuation de la Nakba («Catastrophe»), qui a commencé avec la confiscation des terres palestiniennes lorsque Israël a été fondé en 1948 et qui se poursuit à ce jour.
Lundi également, des colons ont attaqué des agriculteurs palestiniens dans les villes de Qaryut et Jalud, au sud de Naplouse, alors qu’ils labouraient leurs terres. Ghassan Daghlas, le responsable des questions de colonisation dans le nord de la Cisjordanie, déclare à Arab News que les colons avaient endommagé les pneus d’un tracteur et battu les agriculteurs.
Il affirme que les attaques des colons contre les Palestiniens, leurs terres et leurs biens avaient considérablement augmenté depuis que le nouveau gouvernement de coalition israélien de droite a pris le pouvoir à la fin du mois de décembre.
Les Palestiniens s’opposent à l’activité de colonisation israélienne et la considèrent comme une menace pour l’établissement d’un État contigu et viable, selon les frontières de 1967, aux côtés d’Israël dans le cadre d’une solution à deux États.
L’analyste politique palestinien Riyad Qadriya précise à Arab News que les extrémistes de droite du gouvernement israélien incitent de plus en plus à intensifier les activités de colonisation pour tenir leurs promesses de campagne et satisfaire leurs partisans.
Il s’attend à de nouvelles escalades dans la réponse palestinienne aux saisies israéliennes croissantes de terres palestiniennes par la force et à l’expansion des colonies.
Près de six cent cinquante mille colons israéliens vivent dans plus de cent quarante colonies et avant-postes illégaux dispersés sur des terres palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Toutes les colonies sont considérées comme illégales en vertu du droit international.
Chawan Jabarin, directeur de la Fondation Al-Haq pour les droits de l’homme à Ramallah, indique à Arab News que les organisations palestiniennes et internationales de défense des droits de l’homme mènent une campagne mondiale appelant au boycott des entreprises du monde entier qui opèrent ou investissent dans les colonies israéliennes. Il estime que les relations avec les colonies devraient constituer des crimes de guerre.
Les militants palestiniens des droits de l’homme ont également appelé l’Union européenne (UE) à refuser d’accorder des visas gratuits aux colons israéliens et à leurs dirigeants vivant dans des colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est pour visiter l’Europe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Salam : ceux qui ont entraîné le Liban dans la guerre ne peuvent parler de souveraineté

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
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  • Salam a critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État

DUBAÏ : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré mardi que ceux qui « ont entraîné le Liban dans des guerres inutiles » n’avaient aucun droit de donner des leçons de patriotisme ou de souveraineté nationale.

Dans une déclaration qui semblait viser le Hezbollah sans le nommer, Salam a rejeté les accusations selon lesquelles les dirigeants politiques du pays auraient soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban.

« Quelqu’un vient nous rendre visite et accuse les autorités politiques d’avoir soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban, puis appelle au dialogue et à l’unité comme si les Libanais n’avaient aucune mémoire », a déclaré Salam.

Selon lui, le plus grand service rendu à Israël a été celui de ceux qui ont entraîné le Liban dans ce qu’il a qualifié de « guerres de soutien inutiles », offrant à Israël un prétexte pour lancer des attaques portant atteinte à la souveraineté du pays, détruisant villes et villages, tuant des civils et déplaçant des centaines de milliers de personnes.

Salam a également critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État, les accusant d’avoir lié le Liban à des agendas régionaux au détriment des intérêts du peuple libanais.

« Il n’y a de souveraineté pour le Liban qu’à travers une décision unique et indépendante, prise par un État doté d’une seule armée exerçant son autorité sur l’ensemble du territoire », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a estimé qu’un véritable dialogue et une véritable unité nationale ne pouvaient être atteints qu’en reconnaissant les erreurs du passé et en assumant la responsabilité de décisions dont les Libanais continuent de subir les conséquences.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre fin à l’occupation israélienne de territoires libanais, obtenir la libération des détenus libanais, permettre le retour en toute sécurité des déplacés dans leurs foyers et reconstruire les zones touchées par le conflit.

Salam a également appelé à mettre fin aux accusations de trahison dans le discours politique, estimant qu’un dialogue sincère et une solidarité nationale étaient indispensables pour permettre au Liban de faire face aux défis actuels.

Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël poursuivent à Rome un nouveau cycle de négociations, sous médiation américaine, visant à mettre en œuvre l’accord-cadre conclu à Washington en juin.

Cet accord prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées par Israël ainsi que le désarmement progressif du Hezbollah.

Ces négociations, entamées mardi et prévues jusqu’à jeudi, constituent le septième cycle de discussions sous médiation américaine depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël en soutien à l’Iran après le début de la guerre à Gaza, déclenchant des mois d’affrontements transfrontaliers puis une offensive israélienne de plus grande ampleur au Liban.

Plus tôt dans la journée de mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté ces négociations, estimant qu’elles n’apporteraient au Liban « rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs ». Il a également critiqué le président Joseph Aoun, l’accusant d’avoir renoncé à son rôle de figure nationale neutre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump annonce une reprise des négociations lundi avec l'Iran

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Donald Trump a annoncé une reprise des négociations lundi avec l'Iran, après avoir suspendu les bombardements américains sur la République islamique et fait état de progrès diplomatiques en vue de rouvrir le détroit d'Ormuz.

La signature mi-juin d'un protocole d'accord n'a débouché pour l'instant sur aucune percée diplomatique majeure en vue d'arriver à la fin d'un conflit qui, depuis plus de cinq mois, a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l'économie mondiale.

Après avoir menacé l'Iran d'une nouvelle attaque majeure, le président américain a annoncé samedi soir y renoncer et a laissé entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique.

"Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l'ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme", a-t-il déclaré dimanche soir dans son avion présidentiel.

"Ce que l'on fait maintenant, c'est parler avec eux sous la forme d'une négociation", a ajouté M. Trump, précisant simplement que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.

Ni Téhéran ni les pays médiateurs du conflit n'ont confirmé la tenue de ces discussions, mais la République islamique s'était dite dimanche proche d'un accord avec Oman sur le détroit d'Ormuz.

 

- Chute du pétrole -

 

Crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, le détroit d'Ormuz est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise début juillet des affrontements avec les Etats-Unis, provoquant de fortes perturbations de l'économie mondiale.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes et entend garder le contrôle du détroit, également situé dans les eaux omanaises.

En juin, la mise en place d'une route omanaise avait suscité la colère des autorités iraniennes mais un compromis semble se dessiner si l'on en croit Téhéran, Mascate n'ayant pas réagi dans l'immédiat.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, à la télévision d'Etat.

Ces apparentes avancées ont été suivies d'une chute des prix du pétrole à la réouverture du marché lundi matin, le baril de Brent, référence du marché mondial, reculant de près de 5% pour s'échanger autour de 84 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars fin juillet.

En attendant un possible accord, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue: une explosion près d'un pétrolier y a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi par l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

 

- Volte-face -

 

Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, le président américain a menacé à plusieurs reprises de bombarder massivement l'Iran, avant de faire volte-face.

Donald Trump, à la peine pour trouver une issue à un conflit très impopulaire parmi ses électeurs, a conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur Ormuz.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end: CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques, menées par les Etats-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.

Donald Trump a dit avoir renoncé à une nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord": "Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l'Iran".

Le président américain a affirmé que la demande provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même.

D'après l'agence de presse officielle saoudienne, il avait eu une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed ben Salmane, un allié clef dans la région, qui l'a appelé à "privilégier le dialogue afin de réduire les tensions".

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.