La Chine peut-elle contribuer à mettre fin aux combats au Soudan?

Des citoyens soudanais déplacés de chez eux par la guerre qui fait rage creusent de petits trous sur le rivage pour obtenir de l’eau potable sur les rives du Nil Blanc à Khartoum le 6 mai 2023. (Reuters)
Des citoyens soudanais déplacés de chez eux par la guerre qui fait rage creusent de petits trous sur le rivage pour obtenir de l’eau potable sur les rives du Nil Blanc à Khartoum le 6 mai 2023. (Reuters)
Des personnes récupèrent des articles dans un entrepôt médical détruit lors des combats à Nyala, la capitale de la province soudanaise du Darfour-Sud, le 2 mai 2023. (AFP)
Des personnes récupèrent des articles dans un entrepôt médical détruit lors des combats à Nyala, la capitale de la province soudanaise du Darfour-Sud, le 2 mai 2023. (AFP)
Des réfugiées soudanaises, qui ont fui la violence dans leur pays, construisent des abris de fortune en attendant d’être placées dans un camp de réfugiés près de la frontière entre le Soudan et le Tchad à Koufroun, au Tchad, le 6 mai 2023. (Reuters/Zohra Bensemra)
Des réfugiées soudanaises, qui ont fui la violence dans leur pays, construisent des abris de fortune en attendant d’être placées dans un camp de réfugiés près de la frontière entre le Soudan et le Tchad à Koufroun, au Tchad, le 6 mai 2023. (Reuters/Zohra Bensemra)
La fumée monte au milieu des combats persistants dans la capitale soudanaise, Khartoum, le 4 mai 2023, malgré des accords de trêve prolongés entre les groupes belligérants. (AFP)
La fumée monte au milieu des combats persistants dans la capitale soudanaise, Khartoum, le 4 mai 2023, malgré des accords de trêve prolongés entre les groupes belligérants. (AFP)
Des citoyens chinois évacués du Soudan arborent les bannières de leur pays à leur arrivée à la base navale du roi Fayçal à Djeddah, le 26 avril 2023. (AFP)
Des citoyens chinois évacués du Soudan arborent les bannières de leur pays à leur arrivée à la base navale du roi Fayçal à Djeddah, le 26 avril 2023. (AFP)
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Publié le Dimanche 07 mai 2023

La Chine peut-elle contribuer à mettre fin aux combats au Soudan?

  • La Chine a joué le rôle de médiateur lors de plusieurs initiatives de rapprochement au Moyen-Orient, notamment en négociant le rétablissement des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et l’Iran
  • Depuis l’éruption de la violence au Soudan le mois dernier, l’ONU, l’Union africaine et plusieurs blocs régionaux ont lancé à plusieurs reprises des appels au calme, proposant des cessez-le-feu et le dialogue

DJOUBA, Soudan du Sud : Au Soudan, le bilan de la crise, qui a commencé lorsque des affrontements ont éclaté entre les Forces armées soudanaises d’Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide de Mohammed Hamdan Dagalo le 15 avril, s’élève à plus de 500 morts et près de 300 000 personnes déplacées en seulement trois semaines.

Alors que les voisins du Soudan – les pays arabes et du Moyen-Orient – et les puissances occidentales lancent de fervents appels pour mettre fin aux combats, de nombreux analystes affirment que les Soudanais se tournent en réalité vers l’Est pour trouver une solution.

La Chine a joué le rôle de médiateur lors de plusieurs initiatives de rapprochement au Moyen-Orient, notamment en négociant le rétablissement des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et l’Iran début avril et en encourageant les efforts de réconciliation entre le régime syrien et les pays arabes.

Ces récents antécédents diplomatiques, selon les experts, suggèrent que la Chine est idéalement placée pour jouer également le rôle de médiateur de paix dans le conflit soudanais.

EN CHIFFRES

2,03 milliards de dollars (1 dollar = 0,89 euro) d’exportations chinoises vers le Soudan en 2022

780 millions de dollars d’exportations du Soudan vers la Chine en 2021

17 millions de dollars est la valeur des accords économiques et technologiques signés entre la Chine et le Soudan en 2022

 

« La Chine a plus d’influence sur le Soudan que l’Occident et les organismes régionaux et pourrait travailler avec les pays de la Ligue arabe pour résoudre le conflit avant qu’il ne dégénère », déclare à Arab News Manasseh Zindo, un pacificateur sud-soudanais et ancien délégué du processus de paix lancé par l’Autorité intergouvernementale pour le développement.

Selon M. Zindo, au moment où les pays occidentaux avaient tendance à imposer des sanctions au Soudan, la Chine faisait des affaires avec ses dirigeants, donnant au pays une occasion unique de mettre fin au conflit entre l’armée et les Forces de soutien rapide.

« Les dirigeants soudanais n’ont pas beaucoup confiance en l’Occident et seraient plus à l’aise avec la médiation préconisée par la Chine », dit-il.

En effet, le consensus général est que les liens économiques de longue date entre la Chine et le Soudan, qui remontent à la fin des années 1950, donnent à la première un intérêt direct à négocier un accord pour mettre fin aux combats actuels et à faire pression pour garantir une solution durable à la crise.

Au fil des ans, la Chine est devenue l’un des principaux partenaires commerciaux du Soudan, résultat d’investissements considérables dans l’industrie pétrolière du pays et de l’achat d’une partie de la production.

Ces dernières années, la Chine a étendu ses investissements à des secteurs autres que le pétrole, comme les infrastructures, le secteur minier et l’agriculture. Elle a également aidé le Soudan à exploiter son potentiel hydroélectrique, notamment en finançant la construction du barrage de Merowe sur le Nil.

Dans le domaine des infrastructures, la Chine a contribué à la construction de plusieurs grands projets au Soudan, notamment l’aéroport international de Khartoum, le Friendship Hall à Khartoum et le barrage de Roseires sur le Nil Bleu.

Cette photo, prise le 15 septembre 2022, montre le bâtiment de la China National Petroleum Corporation (CNPC) près du front de mer du Nil à Khartoum, la capitale soudanaise. (AFP)
Cette photo, prise le 15 septembre 2022, montre le bâtiment de la China National Petroleum Corporation (CNPC) près du front de mer du Nil à Khartoum, la capitale soudanaise. (AFP)

Ensemble, ces projets ont donné un coup de pouce aux infrastructures de transport et d’énergie du Soudan, contribuant ainsi au développement économique du pays.

De même, le réseau d’investissements de la Chine au Soudan serait exposé à un grand risque si les combats actuels se transformaient en un conflit prolongé et exigeaient un lourd tribut économique.

« La perturbation de la production dans le pays pourrait avoir de graves conséquences non seulement sur le Soudan et le Soudan du Sud, mais aussi dans une certaine mesure sur la Chine », rapporte Augustino Ting Mayai, directeur de recherche à l’Institut Sudd de Djouba, au Soudan du Sud, dans un entretien avec Arab News.

Depuis l’éruption de la violence au Soudan le mois dernier, l’ONU, l’Union africaine et plusieurs blocs régionaux ont lancé à plusieurs reprises des appels au calme, proposant des cessez-le-feu et le dialogue. Jusqu’à présent, cependant, les résultats n’ont pas été encourageants, quelques minutes s’écoulant entre la mise en œuvre d’une trêve et la reprise des frappes aériennes et des tirs d’armes légères.

Les deux factions soudanaises rivales, qui se rejettent la responsabilité de ces multiples cessez-le-feu rompus, sont en réalité d’anciens alliés. Après la destitution du dictateur Omar el-Béchir en 2019, un gouvernement conjoint militaro-civil de transition a été mis en place, dirigé par le Premier ministre Abdallah Hamdok.

Des soldats de l’armée soudanaise marchent près de chars stationnés dans une rue du sud de Khartoum le 6 mai 2023, au milieu des combats en cours contre les forces paramilitaires de soutien rapide. (AFP)
Des soldats de l’armée soudanaise marchent près de chars stationnés dans une rue du sud de Khartoum le 6 mai 2023, au milieu des combats en cours contre les forces paramilitaires de soutien rapide. (AFP)

En seulement deux ans, M. Al-Burhan et M. Dagalo, également connu sous le nom de Hemedti, ont serré les rangs pour renverser M. Hamdok. Les efforts pour ramener le Soudan vers un gouvernement dirigé par des civils ont recommencé, mais les différends sur l’intégration des Forces de soutien rapide de M. Dagalo dans les Forces armées soudanaises ont conduit à des tensions, qui ont manifestement atteint un point critique lorsque des explosions et des coups de feu ont commencé à secouer Khartoum et d’autres villes le 15 avril.

« L’effondrement du Soudan pourrait conduire à davantage de violence dans la région, alimentée par la propagation des armes, comme en Libye et en Somalie », déclare Kai Xue, un expert de l’Afrique basé à Pékin, à Arab News.

La Libye, qui partage sa frontière sud-est avec le Soudan, et la Somalie, dans la Corne de l’Afrique, sont deux exemples de la façon dont des conflits civils prolongés peuvent plonger les nations africaines dans des cercles vicieux de violence aux conséquences mondiales désastreuses.

Les Forces paramilitaires de soutien rapide au Soudan se rassemblent près du palais présidentiel de Khartoum le 1er mai 2023. (Capture d’écran de la vidéo des Forces de soutien rapide/ESN/AFP)
Les Forces paramilitaires de soutien rapide au Soudan se rassemblent près du palais présidentiel de Khartoum le 1er mai 2023. (Capture d’écran de la vidéo des Forces de soutien rapide/ESN/AFP)

En Libye, la chute de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 a entraîné la propagation rapide des armes légères et de petit calibre dans tout le pays, qui abrite désormais un grand nombre de groupes belligérants engagés dans un rapport de force sans fin.

La prolifération incontrôlée d’armes, de munitions et d’explosifs alimente non seulement le conflit en Libye, mais a également un effet déstabilisateur sur toute la région. Les pays voisins, comme le Tchad, le Niger et le Soudan, ont lutté pour endiguer l’utilisation abusive, l’accumulation et le transfert illicite d’armes légères et de petit calibre à travers leurs frontières.

La guerre civile, suivie de l’effondrement de l’État et de l’émergence de groupes armés en Somalie a eu un effet similaire sur les pays voisins. Le détournement et le commerce illicite d’armes légères et de petit calibre faisaient partie des principaux moteurs du conflit somalien, qui se poursuit à ce jour.

La contrebande et le transfert d’armes et d’explosifs depuis la Somalie ont également eu des répercussions considérables sur les pays voisins, comme le Kenya et l’Éthiopie. Le groupe terroriste Al-Shabaab, qui a des liens avec Al-Qaïda, a lancé des attaques meurtrières dans les deux pays en utilisant des armes introduites en contrebande depuis la Somalie.

Les analystes africains disent que la Somalie et la Libye ont tiré la leçon suivante : le conflit au Soudan a potentiellement de graves implications non seulement pour l’avenir du pays mais aussi pour celui de la région au sens large.

Des réfugiés soudanais, qui ont fui les violences dans leur pays, se tiennent à côté d’abris de fortune près de la frontière entre le Soudan et le Tchad à Koufroun, au Tchad, le 6 mai 2023. (Reuters)
Des réfugiés soudanais, qui ont fui les violences dans leur pays, se tiennent à côté d’abris de fortune près de la frontière entre le Soudan et le Tchad à Koufroun, au Tchad, le 6 mai 2023. (Reuters)

L’ONU a mis en garde contre une catastrophe humanitaire imminente à la suite des combats, affirmant que 800 000 personnes devraient fuir le pays. La crise est aggravée par le fait que le Soudan lui-même abrite déjà plus d’un million de réfugiés et trois millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays.

Les voisins appauvris du Soudan accueillent également déjà d’importantes populations de réfugiés et font face depuis des années à l’instabilité politique et économique ainsi qu’aux catastrophes naturelles comme les crues soudaines et la sécheresse.

« C’est bien d’appeler à la paix, mais il y a trop de monde qui veut s’impliquer », révèle Tibor Nagy, ancien ambassadeur des États-Unis en Éthiopie, à Arab News.

Il regrette que les États-Unis n’aient pas fourni davantage de soutien à la transition du Soudan vers un régime civil.

« Je pense que si les États-Unis avaient été plus rapides, alors peut-être que le Premier ministre (Hamdok) n’aurait pas été renversé », rapporte M. Nagy. « Pourtant, en fin de compte, la faute incombe au général Al-Burhan et à Hemedti. Il est désormais clair qu’aucun d’eux ne voulait de véritable gouvernement dirigé par des civils ».

Quant à la Chine, M. Nagy affirme que le pays « publie de bonnes déclarations lors de tensions comme le conflit actuel au Soudan. Cependant, il a tendance à rester en retrait et à attendre que les autres fassent la paix, comme nous l’avons vu dans le cas de la guerre civile en Éthiopie récemment ».

Dans ces circonstances, l’implication de la Chine dans la querelle soudanaise est susceptible d’être passive, selon Benjamin Barton, de l’université de Nottingham, en Malaisie. Citant l’ampleur de la crise et la taille du Soudan, il déclare que la Chine attendrait que la violence s’amenuise avant de s’impliquer.

« Tout dépend vraiment des parties belligérantes », dit-il à Arab News. « Parfois, ces situations de conflit vont bien au-delà de la capacité d’intervention de la Chine ».

L’objectif occidental, autrefois louable, de voir un gouvernement dirigé par des civils se former pour diriger la transition du Soudan vers un régime démocratique semble maintenant exagéré. Ainsi, certains en Afrique espèrent que, compte tenu de son poids politique et de son influence économique, la Chine pourra au moins avoir un effet atténuant sur les tensions actuelles.

« La Chine pourrait utiliser ses voies diplomatiques pour réunir les deux parties au conflit autour d’une même table », annonce Onyando Kakoba, secrétaire général du Forum des parlements de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, à Arab News, avant d’ajouter : «Elle devrait éviter de prendre parti, ce qui pourrait aggraver la crise.»

Son point de vue est partagé par Deng Dau Deng Malek, ministre par intérim des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Soudan du Sud, qui dit à Arab New s: «Tous les partenaires internationaux (pour mettre fin aux combats au Soudan) doivent faire pression, y compris la Chine ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


A la frontière libanaise, l'armée syrienne se renforce et découvre des tunnels attribués au Hezbollah

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  • Dans la province de Qousseir, où le Hezbollah était autrefois implanté, des soldats montrent à un correspondant de l'AFP plusieurs tunnels, récemment découverts par l'armée
  • La Syrie oeuvre à se maintenir à l'écart du conflit régional aspirant depuis un mois le Liban, où le Hezbollah pro-iranien et Israël se livrent à une nouvelle guerre

AL-QUSAYR: A la frontière avec le Liban, l'armée syrienne a renforcé son déploiement, en pleine guerre au Moyen-Orient: des blindés sont positionnés derrière des barricades de sable et ses soldats ratissent des tunnels qu'ils disent avoir été utilisés par le Hezbollah.

La Syrie oeuvre à se maintenir à l'écart du conflit régional aspirant depuis un mois le Liban, où le Hezbollah pro-iranien et Israël se livrent à une nouvelle guerre.

Dans la province de Qousseir, où le Hezbollah était autrefois implanté, des soldats montrent à un correspondant de l'AFP plusieurs tunnels, récemment découverts par l'armée.

"En ratissant les zones frontalières", elle a découvert "un réseau de tunnels reliant les deux pays et servant au trafic d'armes et de drogues", déclare à l'AFP le responsable des postes entre la Syrie et le Liban, Mohammad Hammoud.

Selon un commandant syrien, ces tunnels ont servi au Hezbollah.

Le ministère de la Défense a autorisé mercredi un journaliste de l'AFP à documenter le déploiement des renforts militaires, pour la première fois depuis qu'ils ont été dépêchés il y a un mois dans ces zones, où des bulldozers jaunes érigent des barricades de sable.

Le correspondant a observé au moins cinq tunnels. L'un d'eux s'ouvre dans le sous-sol d'une maison, avec des marches en béton menant à des passages étroits et sombres.

D'autres, dans des zones montagneuses et escarpées, disposent du courant électrique et de systèmes de ventilation sur tout le tronçon.

Dans l'une des maisons, subsistent encore sur le mur une vieille photo de l'ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et une autre du commandant militaire iranien Qassem Soleimani.

L'est du Liban, de l'autre côté, est un bastion du Hezbollah.

Le mouvement chiite, qui était intervenu aux côtés des forces gouvernementales syriennes contre les rebelles lors de la guerre civile (2011-2024), s'était emparé en 2013 de la ville clé de Qousseir.

Il a évacué cette région à la hâte lors de la chute du président Bachar al-Assad, renversé fin 2024 par une coalition islamiste hostile à l'organisation libanaise.

Depuis, ses routes d'approvisionnement à partir de la Syrie ont été coupées et les autorités libanaises et syriennes tentent de combattre la contrebande à travers la frontière poreuse.

 

- Pas d'engagement militaire -

 

Israël a par le passé bombardé des points de passage, dans le but de couper les voies d'approvisionnement du Hezbollah.

Le correspondant de l'AFP a vu des sites endommagés par d'anciennes frappes, dont des bâtiments détruits à proximité de l'un des tunnels.

Des soldats syriens patrouillent à pied la zone et un autre surveille de loin un poste de l'armée libanaise.

Damas avait annoncé le 4 mars, peu après le début de la guerre dans la région, que l'armée avait renforcé son déploiement le long des frontières avec le Liban et l'Irak.

La mission des forces déployées est de "contrôler la sécurité aux frontières", indique Mohammad Hammoud.

Selon une source diplomatique, "le gouvernement syrien a subi des pressions pour intervenir au Liban afin de neutraliser la menace du Hezbollah dans la région", ce qu'il refuse jusqu'à nouvel ordre de faire.

"L'armée syrienne n'a aucune intention d'agir militairement, sa mission se limitant actuellement à la surveillance des frontières", a affirmé mercredi à l'AFP une source militaire syrienne.

Les renforts incluent des canons, des blindés, des automitrailleuses et des soldats d'infanterie, a-t-elle précisé.

Bien que se tenant à l'écart des hostilités, la Syrie n'a pas été à l'abri de tensions.

Elle a dénoncé le 10 mars des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, tirés à partir du Liban.

Les présidents libanais et syrien, Joseph Aoun et Ahmad al-Chareh, avaient alors décidé de mieux "contrôler" leur frontière.

"Tant que la Syrie n'est pas directement visée par une partie, elle restera à l'écart du conflit", a répété mardi le président syrien, en visite à Londres. "Quatorze ans de guerre, cela suffit".

 


L'armée israélienne signale quatre attaques iraniennes en six heures

Des camions transportant des chars de l'armée circulent sur une route près de la frontière avec le Liban, en Haute-Galilée, dans le nord d'Israël, le 20 mars 2026. Les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre le 28 février 2026 en attaquant l'Iran et en tuant son guide suprême. (AFP)
Des camions transportant des chars de l'armée circulent sur une route près de la frontière avec le Liban, en Haute-Galilée, dans le nord d'Israël, le 20 mars 2026. Les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre le 28 février 2026 en attaquant l'Iran et en tuant son guide suprême. (AFP)
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  • Après la première attaque, dans la nuit, la police a déclaré avoir été appelée sur "plusieurs" sites touchés dans le centre d'Israël, les médias avançant le chiffre de neuf sites
  • Quatre personnes ont été légèrement blessées, selon les médias, qui citent des secouristes

JERUSALEM: L'armée israélienne a indiqué jeudi contrer quatre salves de tirs de missiles venus d'Iran, dont deux survenues après un discours du président américain Donald Trump qui a promis de frapper durement l'Iran pendant encore "deux à trois" semaines.

Après la première attaque, dans la nuit, la police a déclaré avoir été appelée sur "plusieurs" sites touchés dans le centre d'Israël, les médias avançant le chiffre de neuf sites.

Quatre personnes ont été légèrement blessées, selon les médias, qui citent des secouristes.

Selon les médias israéliens, les dégâts observés sur une zone particulièrement étendue résultent de l'utilisation de munitions à fragmentation, qui explosent en vol, dispersant des sous-munitions.

Iran et Israël s'accusent mutuellement d'utiliser des bombes à fragmentation.

Près de six heures seulement après avoir signalé la première attaque, l'armée israélienne a de nouveau - et pour la quatrième fois - indiqué avoir "identifié des missiles lancés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël". "Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a-t-elle écrit sur Telegram.

Dans un court message publié peu après, les autorités israéliennes ont autorisé les habitants à "quitter les abris dans l'ensemble du pays", a indiqué l'armée sur Telegram.

Aucun bilan immédiat n'a été publié concernant d'éventuelles victimes ou dégâts suite aux dernières attaques.

Dans le nord d'Israël, des sirènes d'alerte ont également retenti tôt jeudi matin pour avertir d'attaques en provenance du Liban.

Dans différents communiqués, le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient début mars, a affirmé avoir visé avec des roquettes des positions israéliennes dans les zones frontalières et avoir attaqué avec des drones un village israélien.

Aucune victime ni dégât n'a été rapporté par les autorités israéliennes.

 


Liban: sept morts dans de nouvelles frappes d'Israël, qui veut occuper le sud après la guerre

Des civils et des secouristes se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes ayant visé la zone d’al Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. (AFP)
Des civils et des secouristes se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes ayant visé la zone d’al Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur Beyrouth et ses environs ont fait au moins 7 morts supplémentaires, portant le bilan total à plus de 1 200 morts au Liban depuis le début du conflit avec le Hezbollah
  • Israël affirme vouloir occuper une partie du sud du Liban après la guerre, suscitant de fortes inquiétudes côté libanais et à l’ONU quant à une nouvelle occupation

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont annoncé tôt mercredi que de nouvelles attaques israéliennes avaient fait sept morts dans Beyrouth et sa région, au moment où Israël dit vouloir occuper une partie du Sud-Liban une fois la guerre terminée.

Les frappes israéliennes ne cessent pas dans ce pays embarqué dans la guerre depuis le 2 mars par une attaque du mouvement pro-iranien Hezbollah contre Israël. Elles ont causé au total plus de 1.200 morts, selon le ministère de la Santé libanais.

"Le raid mené par l'ennemi israélien sur le quartier de Jnah à Beyrouth a, selon un premier bilan, fait cinq morts et 21 blessés" dans ce quartier situé près de la banlieue sud de la capitale, a écrit le ministère de la Santé dans un communiqué.

D'après une source sécuritaire à l'AFP, les frappes israéliennes sur Jnah ont visé quatre voitures garées dans une rue.

Tôt mercredi, des journalistes de l'AFP ont entendu trois explosions dans la capitale. Elles résultent de bombardements effectués par des navires de guerre israéliens sur le quartier de Jnah, selon l'Agence nationale d'information (Ani) officielle du Liban.

Le ministère de la Santé a également indiqué qu'une frappe israélienne "visant un véhicule dans la région de Khaldeh, au sud de Beyrouth, a fait deux morts et trois blessés parmi la population civile".

Peu de temps avant ce communiqué, l'Ani avait rapporté que plusieurs missiles tirés par un drone israélien avaient visé une voiture sur une grande route au sud de Beyrouth mardi, soulignant que des ambulances et des pompiers s'étaient rendus sur place, mais sans donner alors de bilan.

Du côté israélien, l'armée a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir frappé un "haut commandant" du Hezbollah ainsi qu'un "terroriste de haut rang" dans deux assauts distincts conduits "dans la région de Beyrouth" - sans préciser si cette seconde cible faisait également partie du mouvement islamiste libanais, ni communiquer sur le lieu précis des attaques.

- Craintes d'occupation -

Mardi, déjà, le ministère de la Santé avait dénombré huit morts lors de plusieurs frappes israéliennes dans le sud du Liban, dans les régions de Tyr, de Sidon et de Bint Jbeil. Parmi les personnes décédées se trouvait un secouriste, de même source.

Le Hezbollah a indiqué être engagé dans de "violents affrontements" avec Israël dans la nuit de mardi à mercredi dans deux localités du sud du pays.

L'ONU s'est inquiétée mardi, par la voix de son chef des opérations humanitaires Tom Fletcher, de la perspective que soit créé un nouveau "territoire occupé" au Moyen-Orient.

Plus tôt, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait répété l'intention de son pays "d'occuper" une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée. Avec pour l'objectif d'y établir, selon lui, une "zone de sécurité".

Le ministre libanais de la Défense, Michel Menassa, a affirmé que les propos de son homologue israélien n'étaient "plus de simples menaces" mais traduisaient "une intention claire d'imposer une nouvelle occupation du territoire libanais, de déplacer de force des centaines de milliers de citoyens et de détruire systématiquement des villages et des villes dans le sud".

C'est dans cette zone qu'ont été tués trois Casques bleus indonésiens ces derniers jours.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) avait affirmé lundi que l'origine des projectiles ayant visé tué dimanche un soldat indonésien puis deux lundi étaient "inconnue".

Mais mardi, une source sécuritaire de l'ONU ayant souhaité rester anonyme a indiqué à l'AFP que des "investigations ultérieures" ont révélé que le tir de dimanche provenait d'un "char" israélien.

Et que l'explosion qui a tué lundi deux autres Casques bleus indonésiens pourrait être due à une mine, selon cette source.

L'armée israélienne a lancé une enquête concernant la mort de ces deux Casques bleus. Selon elle, "aucun engin explosif n'a été placé dans la zone par des soldats israéliens" et aucune de ses troupes "n'était présente sur place".

Mardi encore, Israël a notamment visé un immeuble sur la route de l'aéroport de Beyrouth et frappé sans avertissement un appartement de la banlieue nord de la capitale, selon l'Ani.

L'aviation israélienne a également visé mardi matin, après avertissement, la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, désertée par une grande partie de ses habitants.