Partout en Asie, les musulmans célèbrent la fin du Ramadan avec des recettes familiales et des plats locaux originaux

La population musulmane de l'Inde célèbre l'Aïd avec du seviyan, un pudding sucré à base de vermicelles ; en haut, en bas à droite : l'Indonésie, où vivent 13 % des musulmans du monde, célèbre l'événement avec du rendang et du ketupat, un gâteau de riz traditionnel (Photo, AFP).
La population musulmane de l'Inde célèbre l'Aïd avec du seviyan, un pudding sucré à base de vermicelles ; en haut, en bas à droite : l'Indonésie, où vivent 13 % des musulmans du monde, célèbre l'événement avec du rendang et du ketupat, un gâteau de riz traditionnel (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 23 avril 2023

Partout en Asie, les musulmans célèbrent la fin du Ramadan avec des recettes familiales et des plats locaux originaux

  • Avec trois des plus grands pays à majorité islamique, l'Asie abrite 65 % des musulmans du monde
  • Pendant l'Aïd, la nourriture renforce les liens que les ménages partagent avec leur foi, leur nation et leurs ancêtres

 

JAKARTA/NEW DELHI/COLOMBO/MANILA: Les musulmans de toute l'Asie du Sud et du Sud-Est célèbrent Aïd Al-Fitr par des festins au cours desquels des plats locaux typiques et traditionnels marquent non seulement la fin d'un mois de jeûne pendant le Ramadan, mais contribuent également à renforcer, par le biais de la nourriture, les liens que les familles entretiennent avec leurs proches et leurs ancêtres.

L'Asie abrite environ 65% des musulmans du monde et c'est là que se trouvent les trois plus grands pays à majorité musulmane, en termes de population: l'Indonésie, le Pakistan et le Bangladesh.

En Indonésie, plus de 230 millions de personnes adoptent l'islam, ce qui représente 86% de la population du pays et environ 13% de l'ensemble des musulmans dans le monde.

L'archipel, qui s'étend sur plus de 5 000 kilomètres d'est en ouest et sur 1 700 kilomètres du nord au sud, abrite plus de 1 000 groupes ethniques distincts qui ont tous leurs propres traditions.

Pendant Aïd Al-Fitr, cependant, de nombreuses coutumes et traditions couvrent les clivages habituels entre les groupes dans un pays aussi diversifié. Il s'agit notamment de donner généreusement aux organisations caritatives, de rendre visite à la famille, d'acheter de nouvelles tenues pour prier et de s'asseoir pour des festins comprenant des plats populaires locaux et nationaux.

L'un des plats de base de l'Aïd en Indonésie est le rendang, un plat de viande cuite lentement dans du lait de coco, du galanga, de la citronnelle et d'autres épices aromatiques jusqu'à ce qu'elle devienne caramélisée. Ce plat copieux est originaire de Sumatra, mais il existe aujourd'hui de nombreuses variantes dans tout le pays.

Sur les tables de l'Aïd, le rendang est souvent associé à l'opor ayam, un ragoût de poulet javanais préparé en faisant mijoter la viande dans du lait de coco, de la pâte de curry et de la citronnelle.

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Des enfants se saluent après avoir fait une prière matinale spéciale pour commencer la fête de l'Aïd Al-Fitr à la mosquée Jama Masjid dans les vieux quartiers de New Delhi (Photo, AFP).

 

Il y a aussi le ketupat, qui consiste en des galettes de riz emballées dans de jeunes feuilles de cocotier tressées en forme de diamant. Beaucoup pensent que ce plat a été introduit par Sunan Kalijaga, un théologien du XVe siècle et l'un des neuf missionnaires légendaires à qui l'on attribue la propagation de l'islam à Java.

«Pendant l'Aïd, nous mangerons toujours du ketupat, du rendang, de l'opor ayam, des feuilles de papaye et des haricots longs cuits dans du lait de coco, ainsi que du foie de poulet et des pommes de terre dans du chili frit», a déclaré Diella Yasmine, 31 ans, originaire de Jakarta, à Arab News.

Elle a ajouté qu'elle inclut également au menu des telur petis, des œufs durs frits dans une sauce aux crevettes, un plat qu'elle associe à son enfance et aux racines de sa famille.

«Mon père est originaire de l'est de Java et ce plat fait partie de ceux qui doivent être servis à table dans cette région», a expliqué Yasmine.

«Ce plat me rappelle toujours la maison de ma grand-mère. Lorsque nous retournions dans notre ville natale, ce plat était toujours servi. Ma grand-mère et mon grand-père sont déjà décédés, c'est pourquoi ce telur petis est particulièrement mémorable.»

Elle a révélé que sa famille est très stricte quant à la préparation de ce plat.

«Notre recette est transmise depuis des générations par mes arrière-grands-parents. Toutes les mesures doivent être conformes à la recette », a indiqué Yasmine.

Outre les recettes traditionnelles authentiques, il existe un autre élément essentiel à la réussite d'un plat.

 

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Une famille indonésienne prend des photos après la prière de Aïd Al-Fitr à la grande mosquée de Baiturrahman à Banda Aceh (Photo, AFP).

«Le secret de la cuisine de l'Aïd dans notre famille est l'utilisation d'un four traditionnel», a affirmé Yasmine. «Cela la rend unique par rapport à notre cuisine habituelle. Ma famille utilisera toujours un fourneau traditionnel et de la fibre de coco qui donne un goût fumé lorsque nous cuisinons des plats à base de lait de coco.»

Le Pakistan compte 212 millions de musulmans et le Bangladesh 154 millions. L'Inde, à majorité hindoue, compte également plus de 200 millions de musulmans. Ces trois pays représentent près d'un tiers de l'ensemble des musulmans dans le monde.

Chacune de ces nations a sa propre identité, mais leurs peuples partagent de nombreux traits culturels, notamment l'envie de consommer des douceurs lorsque le Ramadan touche à sa fin.

Certaines de ces envies sont satisfaites pendant l'Aïd par un dessert traditionnel connu sous le nom de seviyan ou sawai au Pakistan et en Inde, ou encore shemali au Bangladesh, à base de pudding aux vermicelles.

«Le plat le plus important de l'Aïd est le sawai, ou vermicelle — c'est un incontournable», a déclaré à Arab News Rafat Chahab, chef cuisinier et traiteur à Delhi.

«Il existe deux types de sawai. L'un est le muzaffar, qui ne contient pas de lait et qui est doux et savoureux. L'autre est le sheer khorma, qui contient du lait. Il faut le faire cuire lentement pour en faire ressortir le goût. L'Aïd n'est pas complet sans le plat de sawai.»

«Outre les plats sucrés, le menu comprend généralement du biryani (riz au mouton ou au poulet), du poulet au curry et quelques plats végétariens.»

Ces plats à base de viande et de plantes présentent des variantes locales dans les parties septentrionales du sous-continent. Toutefois, le Cachemire, territoire himalayen revendiqué à la fois par l'Inde et le Pakistan, possède ses propres traditions et sa propre cuisine. Au Cachemire, l'Aïd est synonyme de wazwan, un repas à plusieurs plats dont la majorité est à base de viande.

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Des musulmans font la prière de l’Aïd Al-Fitr dans une rue devant une mosquée à Manille (Photo, AFP).

«Tout le monde prépare du wazwan», a déclaré à Arab News Farooq Ahmed, chef cuisinier à Srinagar, la plus grande ville de la région. «À la maison, les gens préparent cinq ou six types de plats de wazwan, comme la gushtaba, la rista, le kabab et tout le reste.»

La gushtaba est un plat de boulettes de viande à la texture veloutée cuites dans du yaourt épicé, tandis que la rista est un plat de boulettes de viande dans une sauce rouge au paprika, au safran et au fenouil.

«Au Cachemire, l'accent n'est pas mis sur les douceurs», a précisé Ahmed. «Les gens ne préparent pas de plats sucrés à la maison. Ils achètent des plats sucrés lorsqu'ils ont une visite pendant l'Aïd.»

Dans le sud du sous-continent, cependant, les douceurs dominent les tables de fête. Ummi Abdulla, 85 ans, originaire de Calicut au Kerala, a écrit plusieurs livres de cuisine à partir de ses recettes et elle est connue localement comme la «matriarche» de la cuisine musulmane Malabar. Dans sa cuisine, deux plats sont toujours au menu pendant l'Aïd: le chakkara choru, également connu sous le nom de riz au jaggery, et le curry de bananes, a-t-elle affirmé.

«Le chakkara choru est préparé avec du blé grossier et du jaggery (un édulcorant naturel fabriqué à partir du jus de canne à sucre ou de la sève de palmier)», a-t-elle expliqué à Arab News. «C'est un plat très typique du Kerala, que l'on ne trouve nulle part ailleurs en Inde.»

«Pour le curry de bananes, nous utilisons du lait de coco fin au début et après la cuisson, nous ajoutons du lait de coco épais et du sucre. C'est très savoureux. Au Kerala, on trouve différentes sortes de bananes et aucun festival n'est complet sans bananes.»

Au Sri Lanka voisin, où 2 millions de musulmans représentent près de 10% de la population majoritairement bouddhiste du pays, les plats sucrés sont également les plus attendus pour l'Aïd, le plus populaire d'entre eux étant le watalappan, ou crème pâtissière à la noix de coco épicée à la cardamome.

«L'Aïd est synonyme de wattalapam», a souligné Nafha Musthaq, une femme au foyer de Colombo qui travaillait auparavant comme comptable à Dubaï.

Chez elle, le menu de l'Aïd commence par des vermicelles, du curry de bœuf et de la bouillie de sagou sucrée pour le petit-déjeuner et le déjeuner, traditionnellement suivis d'un biryani pour le dîner. Mais la journée se termine par du watalappan.

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Des musulmans bangladais font la prière de l'Aïd al-Fitr, qui marque la fin du mois de jeûne du Ramadan, à la mosquée nationale du Bangladesh, Baitul Mukarram, à Dhaka (Photo, AFP).

«C'est un plat sucré à base de jaggery, d'œufs, de lait de coco et de cardamome», a mentionné Musthaq, qui ajoute que le secret pour obtenir la meilleure saveur réside dans le type d'agent sucrant utilisé; elle choisit toujours du jaggery extrait du kithul, un palmier à sucre originaire du Sri Lanka.

«Il est bon d'en utiliser un kilogramme pour 15 œufs», a-t-elle spécifié. «C'est un plat spécial dans chaque foyer.»

À l'est, aux Philippines, où les musulmans sont une minorité représentant environ 5% de la population du pays, qui compte près de 110 millions d'habitants, le dessert préféré de l'Aïd est le panyam, une sorte de crêpe frite. Il est composé de riz glutineux moulu, de sucre brun et de lait de coco.

Toutefois, ce n'est pas le fait marquant du festin pour les musulmans philippins, dont la plupart appartiennent au groupe ethnique Tausug, originaire des régions du sud-ouest de l'archipel de Mindanao. La vedette culinaire de l'Aïd est plutôt le tiyula itum, ou «ragoût noir».

Parfois appelé «ragoût de bœuf royal» et historiquement lié aux salles à manger de l'ancien sultanat de Sulu qui a survécu jusqu'au début du XXe siècle, le tiyula itum n'est aujourd'hui servi que lors des occasions spéciales liées aux traditions Tausug.

La cuisson du ragoût est un processus complexe. Le bœuf mariné est combiné à de la poudre de noix de coco grillée, qui donne au plat sa couleur noire caractéristique. La viande est ensuite mélangée à des oignons, de l'ail et de la citronnelle sautés et portée lentement à ébullition. Vers la fin du processus de cuisson, on ajoute du piment fort pour donner le goût épicé que beaucoup de gens apprécient.

«La plupart d'entre nous fêtent l'Aïd à fond et le ragoût de bœuf et le tiyula itum avec du riz jaune sont courants sur toutes les tables musulmanes philippines pendant la fête», a déclaré à Arab News, Nur-mukin Usman, conférencier invité à l'université d'État de Mindanao. Les ingrédients, en particulier l'écorce de noix de coco brûlée, doivent être préparés un jour à l'avance ou tôt le matin.»

Kiram Irilis, directeur d'école à Sulu, une province du sud qui fait partie de la région autonome Bangsamoro dans le Mindanao musulman, a soutenu que le tiyula itum devait toujours figurer parmi les célébrations de l'Aïd.

«C'est ce que je prépare pour mes compatriotes», a-t-il dévoilé. «Après la prière de l'Aïd Al-Fitr, je donne à manger à tous ceux qui entrent dans la mosquée. C'est ainsi que nous exprimons notre gratitude pour avoir terminé le mois de jeûne et pour avoir persévéré.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 


Trump menace de détruire tout navire militaire iranien forçant le blocus américain des ports

onald Trump a menacé lundi de "destruction" tout "navire d'attaque rapide" iranien forçant le blocus américain des ports de l'Iran, théoriquement entré en vigueur, au lendemain de l'échec des pourparlers entre les deux pays. (AFP)
onald Trump a menacé lundi de "destruction" tout "navire d'attaque rapide" iranien forçant le blocus américain des ports de l'Iran, théoriquement entré en vigueur, au lendemain de l'échec des pourparlers entre les deux pays. (AFP)
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  • Le blocus des navires entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens, décidé par Donald Trump, avait été annoncé pour 14H00 GMT par l'armée, qui n'a pas détaillé les modalités de l'opération
  • "Si l'un de ces navires s'approche ne serait-ce qu'un peu de notre BLOCUS, il sera immédiatement DETRUIT", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social

TEHERAN: Donald Trump a menacé lundi de "destruction" tout "navire d'attaque rapide" iranien forçant le blocus américain des ports de l'Iran, théoriquement entré en vigueur, au lendemain de l'échec des pourparlers entre les deux pays.

Dénonçant un acte "illégal" de "piraterie", l'Iran a averti qu'il s'en prendrait aux ports de ses voisins du Golfe si "la sécurité des ports de la République islamique (...) était menacée".

Le blocus des navires entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens, décidé par Donald Trump, avait été annoncé pour 14H00 GMT par l'armée, qui n'a pas détaillé les modalités de l'opération.

"Si l'un de ces navires s'approche ne serait-ce qu'un peu de notre BLOCUS, il sera immédiatement DETRUIT", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.

Cette annonce d'un blocus a refait flamber les cours du pétrole et replongé les marchés mondiaux dans l'incertitude.

"On peut supposer que l'intention de Trump est d'essayer de priver l'Iran de ses revenus d'exportation et d'obliger ses principaux importateurs de pétrole, particulièrement la Chine, à faire pression sur Téhéran pour qu'il lève son blocage du détroit" d'Ormuz, analyse depuis New York le centre de réflexion Soufan Center.

Depuis le début de la guerre déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, Téhéran verrouille le détroit et a instauré de facto des droits de passage pour le franchir, qu'il entend maintenir.

La Chine, qui dépend largement de l'Iran pour son approvisionnement pétrolier, a appelé au rétablissement d'une navigation "sans entraves" dans ce passage stratégique pour le commerce mondial notamment des hydrocarbures, une demande également avancée par la Turquie et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean).

Le Qatar a lui appelé à ne pas utiliser les voies maritimes comme moyen de "marchandage", et l'agence maritime de l'ONU a souligné qu'aucun pays n'avait légalement le droit de bloquer la navigation dans le détroit d'Ormuz.

 

- Critiques des alliés -

 

Si le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a apporté sans surprise son soutien au blocus américain, Londres a déclaré ne pas le soutenir, Madrid estimant qu'il n'a "aucun sens".

La France a elle annoncé l'organisation prochaine avec le Royaume-Uni d'une "conférence avec les pays prêts à contribuer" à une mission "pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit une fois "que la situation le permettra", soit sans lien direct avec l'initiative américaine.

L'incapacité de Washington et Téhéran à trouver un accord lors des pourparlers au Pakistan inquiète, après plus d'un mois d'une guerre qui a fait plus de 6.000 morts, principalement en Iran et au Liban et a déstabilisé l'économie mondiale.

Selon le Premier ministre pakistanais, médiateur entre Téhéran et Washington, "tous les efforts sont déployés pour résoudre les questions en suspens" entre les deux parties, et le cessez-le-feu, qui expire le 22 avril, "tient toujours".

En dépit de ces assurances, ni les Etats-Unis ni l'Iran n'ont fait part de leurs intentions quant au respect de la trêve.

Ankara va, avec le Pakistan et l'Egypte, poursuivre les tractations avec les deux parties pour "combler les divergences", a affirmé lundi le site d'informations Axios, citant une source régionale et un responsable américain.

Washington et Téhéran se sont renvoyés la responsabilité de l'échec des discussions.

Donald Trump l'a imputé au refus des Iraniens de renoncer à se doter de l'arme nucléaire, une ambition démentie par Téhéran. Selon la République islamique, un accord était "à deux doigts" d'être trouvé, mais a buté sur le "jusqu'au-boutisme américain".

M. Netanyahu a affirmé lundi que la rupture était venue du côté américain, faute "d'ouverture immédiate du détroit" d'Ormuz. Mais la "question centrale" pour Donald Trump est le nucléaire, a-t-il ajouté.

La Russie a réitéré lundi être prête à accueillir sur son sol l'uranium hautement enrichi (60%) de l'Iran - qui en possède plus de 400 kg - dans le cadre d'un éventuel accord de paix.

 

- Poursuite des attaques au Liban -

 

Au Liban, deuxième front principal de la guerre, Israël poursuit sa campagne contre le Hezbollah allié de Téhéran, soutenant que le pays voisin n'est pas inclus dans le cessez-le-feu.

Les autorités libanaises ont annoncé la mort de quatre personnes après une frappe israélienne dans le sud.

L'armée israélienne a annoncé avoir achevé "l'encerclement" de la ville de Bint Jbeil, où elle a lancé un assaut, dans une avancée significative de son offensive terrestre dans le sud du Liban.

Le Hezbollah a de son côté affirmé avoir lancé des roquettes sur deux localités israéliennes proches de la frontière.

Des pourparlers sont prévus mardi entre des représentants libanais et israéliens à Washington, en vue de l'ouverture de négociations directes pour faire taire les armes.

Le gouvernement libanais a assuré oeuvrer pour obtenir par la négociation un retrait total d'Israël.

burx-bar-cab/anb

 


Trump dit que cela lui est égal que l'Iran reprenne ou non les négociations

 Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche qu'il se moquait de savoir si l'Iran reviendrait à la table des négociations avec les Etats-Unis, après l'échec de pourparlers à Islamabad. (AFP)
Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche qu'il se moquait de savoir si l'Iran reviendrait à la table des négociations avec les Etats-Unis, après l'échec de pourparlers à Islamabad. (AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche qu'il se moquait de savoir si l'Iran reviendrait à la table des négociations avec les Etats-Unis
  • "Cela m'est égal qu'ils reviennent ou non. S'ils ne reviennent pas, ça me va très bien", a déclaré M. Trump

JOINT BASE ANDREWS: Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche qu'il se moquait de savoir si l'Iran reviendrait à la table des négociations avec les Etats-Unis, après l'échec de pourparlers à Islamabad.

"Cela m'est égal qu'ils reviennent ou non. S'ils ne reviennent pas, ça me va très bien", a déclaré M. Trump aux journalistes sur la base militaire d'Andrews, près de Washington, à son retour d'un week-end passé en Floride.

 

 


Les Etats-Unis et l'Iran affichent leur méfiance avant les négociations au Pakistan

Le vice-président américain JD Vance, au centre, marche aux côtés du chef des forces de défense et chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir (à gauche), et du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères pakistanais Mohammad Ishaq Dar, après son arrivée à Islamabad le 11 avril 2026. (AP)
Le vice-président américain JD Vance, au centre, marche aux côtés du chef des forces de défense et chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir (à gauche), et du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères pakistanais Mohammad Ishaq Dar, après son arrivée à Islamabad le 11 avril 2026. (AP)
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  • Les négociations Iran–États-Unis s’ouvrent à Islamabad dans un climat de forte méfiance, avec des divergences sur les conditions préalables, notamment le Liban et le déblocage des actifs iraniens
  • Le contexte régional reste extrêmement tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban, les tensions autour du cessez-le-feu, et les désaccords persistants sur le nucléaire iranien et le détroit d’Ormuz

ISLAMABAD: Les négociations de paix entre l'Iran et les Etats-Unis doivent débuter samedi au Pakistan, sous le signe d'une méfiance mutuelle affichée par les deux parties.

"Nous avons de bonnes intentions, mais nous ne faisons pas confiance", a déclaré l'influent président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, à son arrivée vendredi soir à Islamabad, où il mène une délégation de plus de 70 personnes.

Les négociations passées avec les Etats-Unis se sont toujours finies par "des échecs et des promesses brisées", a appuyé le responsable, cité par la télévision d'Etat iranienne.

Avant son arrivée, Mohammad Bagher Ghalibaf avait également prévenu que "deux mesures sur lesquelles les parties se sont mises d'accord" devaient encore être appliquées avant toute négociation, à savoir "un cessez-le-feu au Liban" et "le déblocage des actifs de l'Iran".

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a toutefois tenu à rassurer sur la tenue des pourparlers, affirmant vendredi lors d'une allocution à la nation que les négociations se tiendraient "pour instaurer la paix".

- "De bonne foi" -

Au moment de partir pour Islamabad, le vice-président américain JD Vance -- qui mène la délégation des Etats-Unis -- avait lui appelé Téhéran à "ne pas se jouer" de Washington, tout en promettant d'"essayer de mener des négociations positives".

"Si les Iraniens sont prêts à négocier de bonne foi, nous sommes tout à fait disposés à leur tendre la main", a-t-il déclaré.

L'arrivée de JD Vance est prévue samedi matin. Il sera accompagné de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.

Islamabad, placée sous haute sécurité, s'est transformée en ville fantôme avant les négociations qui doivent se tenir dans un hôtel de luxe.

A Téhéran, des Iraniens ont témoigné auprès de l'AFP de leurs doutes, comme cet habitant de 30 ans, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

"On ne devrait pas prendre Trump aussi au sérieux. Il veut rayer une civilisation de la carte et douze heures plus tard, met en place un cessez-le-feu qui ne repose sur rien", résume-t-il.

- Pourparlers Liban-Israël -

Depuis la conclusion de la trêve de deux semaines mardi, Téhéran et Washington s'opposent en outre sur la question de l'inclusion du Liban dans l'accord. Israël est déterminé de son côté à y continuer sa lutte contre le Hezbollah pro-iranien.

Quelques heures à peine après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, des frappes israéliennes ont fait 357 morts au Liban mercredi, selon un nouveau bilan. Israël a dit avoir tué 180 combattants du Hezbollah ce jour-là.

Ces bombardements sont les plus meurtriers dans le pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février.

Vendredi, de nouvelles frappes ont tué 13 membres des forces de sécurité dans le sud du Liban, selon l'agence de presse d'Etat libanaise.

En Israël une trentaine de tirs en provenance du Liban vendredi ont provoqué des dégâts matériels, selon l'armée.

Parallèlement aux discussions irano-américaines, des pourparlers doivent avoir lieu mardi entre le Liban et Israël à Washington, selon la présidence libanaise.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait auparavant donné son feu vert à des "négociations directes".

Le Hezbollah rejette cette initiative, et son chef Naïm Qassem a appelé vendredi les responsables libanais à ne pas faire de "concessions gratuites" à Israël.

En retour, Israël a déclaré vendredi, par la voix de son ambassadeur aux Etats-Unis, refuser d'évoquer un cessez-le-feu avec le Hezbollah lors de ces pourparlers.

- Ormuz et nucléaire -

Autre ombre au tableau des négociations entre toutes les parties au conflit: le détroit d'Ormuz. Le trafic maritime y reste entravé, alors que sa réouverture par l'Iran était une condition du cessez-le-feu.

Donald Trump a affirmé que l'Iran n'avait "aucune carte en main" si ce n'est le blocage de ce point de passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures. Le président américain a menacé le pays de nouvelles frappes en cas d'échec des discussions.

Quelques heures plus tard, il a assuré devant la presse que le détroit serait "bientôt ouvert", et que cela se ferait "avec ou sans" les Iraniens.

Pour Donald Trump, "ça va s'ouvrir automatiquement" car l'Iran "ne se fait pas d'argent sinon".

Les deux belligérants s'opposent aussi sur le dossier-clé du nucléaire.

Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a ainsi exclu toute restriction du programme d'enrichissement d'uranium, une des demandes fondamentales des Etats-Unis et d'Israël qui accusent Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique. La République islamique défend elle son droit au nucléaire civil.