Malgré les cris d'alarme, les faillites d'entreprises restent contenues en France

L'assureur crédit Allianz Trade table ainsi sur des défaillances d'entreprises plus nombreuses en 2023 qu'en 2019. (AFP)
L'assureur crédit Allianz Trade table ainsi sur des défaillances d'entreprises plus nombreuses en 2023 qu'en 2019. (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 06 avril 2023

Malgré les cris d'alarme, les faillites d'entreprises restent contenues en France

  • Dans une enquête menée en octobre auprès de 2 400 dirigeants de TPE et PME, la CPME affirmait même que 9% d'entre eux envisageaient un arrêt de leur activité
  • En janvier enfin, ce sont les artisans et particulièrement les boulangers qui étaient montés au créneau, forçant le gouvernement à imaginer un dispositif de soutien dédié

PARIS: La flambée des prix de l'énergie a-t-elle provoqué des faillites en série, comme l'annonçaient certaines organisations professionnelles? Pas pour le moment, à en juger par les données statistiques et les retours des conseillers départementaux chargés d'accompagner les entreprises.

"Il est urgent de sortir les petites entreprises de la précarité énergétique", alertait l'Union des entreprises de proximité (U2P) en octobre.

"La forte remontée du nombre de défaillances d’entreprises a, sans aucun doute possible, un lien direct avec l’explosion des prix de l’énergie", renchérissait en janvier la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), autre organisation patronale.

Dans une enquête menée en octobre auprès de 2.400 dirigeants de TPE et PME, la CPME affirmait même que 9% d'entre eux envisageaient un arrêt de leur activité du fait de la flambée des prix de l'énergie provoquée par l'offensive militaire russe en Ukraine.

En janvier enfin, ce sont les artisans et particulièrement les boulangers qui étaient montés au créneau, forçant le gouvernement à imaginer un dispositif de soutien dédié.

Quelques mois plus tard, les statistiques de la Banque de France attestent bien d'une remontée des défaillances d'entreprises - sans en préciser la cause -, mais les redressements et liquidations judiciaires restent moins nombreux qu'avant la pandémie de Covid-19, premier d'une série de chocs économiques subis par les entreprises françaises.

Entre avril 2022 et mars 2023, le nombre de défaillances d'entreprises s'est établi à 45.120, soit 12% en dessous du total recensé entre avril 2018 et mars 2019.

Le cumul sur douze mois des défaillances demeure en outre "inférieur au niveau moyen enregistré sur la période 2010-2019 (59.342 défaillances)", détaille la Banque de France.

"Il y a bien une augmentation des procédures collectives", concède auprès de l'AFP Rozen Saint-Joanis, conseillère départementale à la sortie de crise (CDSC) dans l'Eure.

"C’est choquant parce qu’on avait perdu l’habitude pendant la période Covid d’avoir des entreprises en liquidation, mais on est en train de revenir à ni plus ni moins que la situation normale", ajoute cette agente des impôts, chargée comme une centaine d'autres conseillers à travers la France de guider les entreprises de son département dans le maquis des dispositifs d'aide déployés par l'Etat.

Prudence 

"Je ne peux pas souscrire au fait qu’il y ait un mur de faillites", confirme Anne Ramos, CDSC de la Creuse.

Dans ce département qui compte environ 3.500 entreprises selon Mme Ramos, à peine 47 procédures collectives ont été ouvertes en 2022. Un faible total peut-être lié au fait que certaines entreprises en difficulté se tournent plus volontiers vers les chambres consulaires (CCI, CMA) que vers les conseillers départementaux pour obtenir de l'aide.

Tous les CDSC contactés par l'AFP reconnaissent néanmoins être nettement plus sollicités par les entreprises depuis le début de l'année.

"On a reçu un afflux supplémentaire" consécutif aux campagnes de communication initiées par le gouvernement pour promouvoir les différentes aides, raconte Jean-Yves Bolot, CDSC des Vosges. Les sollicitations ont été multipliées "par huit ou neuf", assure-t-il.

Après avoir souvent passé "sa journée au téléphone" ces derniers mois, Christelle Bombail (Haute-Savoie) affirme que "ça s’est un peu calmé". Mais le nombre d'appels reste "encore important, pour la simple et bonne raison que les entreprises sont en train de recevoir leur première facture énergétique au titre de 2023, avec les interrogations qui accompagnent cette réception", explique-t-elle.

Dans l'Aude, Edith Sarrazin a ainsi récemment dû voler à la rescousse d'un hôtel dont la facture d'électricité mensuelle avait bondi de 2.000 à 14.000 euros - l'équivalent de son chiffre d'affaires mensuel.

Si la France n'a pas connu de mur de faillites à ce stade, la prudence reste donc de mise.

L'assureur crédit Allianz Trade table ainsi sur des défaillances d'entreprises plus nombreuses en 2023 qu'en 2019.

"Aux entreprises +zombies+ qui avaient été secourues lors de la pandémie et qui font progressivement défaut, vont s’ajouter les entreprises qui vont pâtir du contexte actuel", estime Maxime Lemerle, responsable des études sur les défaillances chez Allianz Trade.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
Short Url
  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Short Url
  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
Short Url
  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».