La magie du Gargee’an continue de réunir les communautés en Arabie saoudite et dans les pays du Golfe

Pour célébrer le Gargee’an, les enfants portent des habits; ils vont de porte en porte et échangent bonbons, plusieurs sortes de fruits à coque, et même de petits jouets. (Shutterstock)
Pour célébrer le Gargee’an, les enfants portent des habits; ils vont de porte en porte et échangent bonbons, plusieurs sortes de fruits à coque, et même de petits jouets. (Shutterstock)
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Publié le Mercredi 05 avril 2023

La magie du Gargee’an continue de réunir les communautés en Arabie saoudite et dans les pays du Golfe

  • Revêtus d’habits traditionnels, les enfants vont de porte en porte pour échanger cadeaux et friandises
  • Cette fête a pour but de resserrer les liens familiaux, de promouvoir l’héritage et l’amour, explique une responsable du ministère de la Culture

RIYAD: La célébration de Gargee’an rassemble les communautés d’Arabie saoudite depuis des générations. Les maisons sont ornées de lumières scintillantes et la musique résonne dans les rues. 

Gargee’an est célébré deux fois au cours de l’année islamique: le 15 du mois islamique de Chaaban et le 15 du mois de ramadan. 

Ce sont principalement les habitants des pays du Golfe ou de la partie orientale de la péninsule Arabique, le Koweït, le Bahreïn, l’Irak, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite qui célèbrent cette fête. Le mot «Gargee’an» désigne le fait d’offrir des cadeaux ou des objets. Il désigne aussi le jour même de la fête. 

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En Arabie saoudite, les enfants portent les vêtements traditionnels (la jalabiya pour les filles et les thobes pour les garçons) pendant le ramadan (SPA). 

Ce jour-là, les enfants portent des habits traditionnels: les garçons en thobes et ghutras et les filles en jalabiyas. Ils vont de porte en porte en chantant et en échangeant bonbons et toutes sortes de fruits à coque, en particulier des cacahuètes. Il arrive aussi qu’ils échangent de petits jouets. 

On ferme parfois des rues pour que les gens puissent se promener en toute sécurité. La tradition veut qu’un tubaila, un homme ou un groupe de personnes jouant du tambour, accompagne les familles dans les quartiers, chantant des chants populaires. 

Rim Alfakir est chargée de la Planification et de la protection du patrimoine culturel immatériel au sein du ministère de la Culture saoudien. Elle explique dans un entretien avec Arab News que «les habitants des quartiers et les enfants se réunissent pour célébrer la joie et le bonheur du ramadan; le Gargee’an rappelle ainsi aux communautés locales leur patrimoine culturel d’antan». 

Les habitants des quartiers et les enfants se réunissent pour célébrer la joie et le bonheur du ramadan; le Gargee’an rappelle ainsi aux communautés locales leur patrimoine culturel d’antan. 

Rim Alfakir, chargée de la Planification et de la protection du patrimoine culturel immatériel au sein du ministère de la Culture saoudien

«Le Gargee’an sème l’affection, la joie et l’amour auprès des enfants et des adultes à la fois», explique Mme Alfakir. 

Évoquant le rôle du tubaila, Khaled al-Mulhim explique à Arab News: «Cette fonction est très importante. Elle perd de son attrait avec le temps et peu de gens savent qu’elle existe. Il s’agit d’une composante culturelle et d’une remarquable expression artistique. Elle crée une ambiance particulière qui accompagne la célébration du Gargee’an.» 

Nombreuses sont les familles qui dédient cette fête à un nouveau-né ou à leur enfant le plus âgé. Si la fête tombe un jour de la semaine, certains la célèbrent un ou deux jours plus tard pour que toute la famille ou tous les amis puissent y participer. 

Khaled al-Mulhim est né et a grandi à Al-Ahsa. Il se souvient de ce jour où il a célébré le Gargee’an à l’occasion de la naissance de son neveu Hamoody. «Hamoody est un frère pour moi», confie-t-il. «Nous sommes inséparables. Cette nuit était très spéciale. C’était le plus beau Gargee’an que j’ai connu», raconte M. Al-Mulhim à Arab News. 

Maintenir les coutumes les plus simples, comme le Gargee’an, est une façon de préserver la culture. Cela représente également une expérience éducative, selon M. Al-Mulhim. «Il arrive même qu’on utilise dans les décorations des objets anciens: de vieux téléphones, des tissus, des tiroirs de commode. Des objets liés à notre passé», raconte-t-il.  

«Nous célébrons aujourd’hui des fêtes qui ne nous concernent pas, comme Halloween et Noël. Notre culture est très riche et ces fêtes nous rappellent que nous devons conserver ces traditions, comme lorsque les enfants portent des vêtements que nos ancêtres et nos grands-parents portaient à l’époque. C’est notre héritage.» 

De plus en plus de magasins proposent des offres exclusives à l’occasion de Gargee’an: des boîtes de cadeaux, des ensembles de vêtements et des friandises. Ils rivalisent d’imagination pour attirer les clients. 

Autrefois, les voisins échangeaient entre eux la moitié des produits secs qu’ils avaient achetés. Au fil du temps, la tradition s’est tournée vers les enfants. 

Zahra al-Qatari, originaire de Qatif, livre à Arab News cette anecdote: «Quand j’étais petite, nous avions l’habitude de nous diriger vers les maisons qui distribuaient de l’argent. Nous changions de tenue pour nous rendre une nouvelle fois dans les maisons qui distribuaient des riyals. Nous pensions que notre stratagème fonctionnait. Ils savaient, bien sûr, que c’était nous.» 

La musique diffère d’une région à l’autre et ajoute une touche de magie à l’événement. «De nos jours, les enfants semblent avoir changé. Je ne les entends plus entonner les chansons d’antan. La fête tourne plutôt autour des bonbons et des friandises», explique Mme Al-Qatari. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L'ONU exige qu'Israël empêche un «génocide» à Gaza

Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
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  • Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza
  • Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites"

GENEVE: Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie.

Dans un nouveau rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que les actions menées par Israël à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023 constituaient des "violations flagrantes" du droit international, s'apparentant souvent à des "crimes de guerre et autres atrocités".

Dans la conclusion de ce rapport, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé Israël à veiller au respect d’une ordonnance de la Cour internationale de justice de 2024 lui enjoignant de prendre des mesures pour prévenir les actes de génocide à Gaza.

Selon lui, Israël doit veiller "avec effet immédiat à ce que son armée ne se livre pas à des actes de génocide, (et prendre) toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir l’incitation au génocide".

Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza. Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites".

Ce rapport, qui concerne la période allant du 7 octobre 2023, date à laquelle une attaque sans précédent du Hamas en Israël a déclenché une offensive israélienne à Gaza, jusqu'en mai 2025, condamne aussi les "violations graves" commises par des groupes armés palestiniens.

L'attaque du Hamas a causé la mort de 1.221 personnes du côté israélien, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Le rapport met aussi en lumière les sévices subis par les otages capturés par les groupes armés palestiniens, dont beaucoup ont fait état de tortures et agressions sexuelles alors qu'ils étaient détenus "dans des conditions inhumaines" pendant des mois.

Meurtres "illégaux" 

Le rapport consacre également une large part aux actions d’Israël à Gaza, où sa campagne militaire de représailles a fait plus de 72.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, dont les statistiques sont considérées comme fiables par l’ONU.

Une grande partie de ces meurtres "semblent illégaux", indique le rapport, qui souligne aussi comment Israël a "mené des attaques contre des cibles civiles ou protégées".

Parmi celles-ci figurent "des établissements de santé et des installations médicales", ainsi que des civils, dont des journalistes, des professionnels de santé, des acteurs humanitaires et des policiers, et ce "de manière systématique et répétée".

Cette campagne d’Israël à Gaza a rendu les conditions de vie dans une grande partie du territoire "incompatibles avec la survie des Palestiniens en tant que groupe", a alerté le Haut-Commissariat.

Il a également déclaré que "le recours à une force inutile et disproportionnée en Cisjordanie a(vait) conduit à des centaines de meurtres illégaux".

"En Cisjordanie, le taux de déplacements forcés de Palestiniens n'a pas été aussi élevé depuis des décennies et l'expansion des colonies israéliennes est sans précédent", a déclaré lundi devant la presse à Genève Ajith Sunghay, qui dirige le bureau du Haut-Commissariat dans les territoires palestiniens.

Sur les deux territoires, "l’armée israélienne et d’autres forces de sécurité ont provoqué des déplacements de population à grande échelle", ajoute le Haut-Commissariat.

Le rapport relève que les violations commises par Israël dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés révélaient une pratique visant à infliger un "déplacement forcé, un dépeuplement et un nettoyage ethnique de vastes parties du territoire palestinien occupé".

Depuis, le fragile cessez-le feu d'octobre dernier "a permis de réduire l'ampleur considérable des violences observées jusqu’alors et a ouvert une marge de manœuvre humanitaire modeste", a déclaré Ajith Sunghay.

"Cependant, les meurtres et la destruction des infrastructures se sont poursuivis presque quotidiennement, et la situation humanitaire générale reste désastreuse", a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissariat a jugé "essentiel que toutes les violations énumérées dans le rapport fassent l’objet d’un examen en bonne et due forme" par des "instances judiciaires crédibles et impartiales".

 


Le président libanais promet de faire «l'impossible» pour arrêter la guerre avec Israël

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  • Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.
  • Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

BEYROUTH: Le président libanais a promis lundi de faire "l'impossible" pour arrêter la guerre avec Israël qui poursuit ses frappes, faisant plus de 3.000 morts depuis mars, malgré une trêve et de nouvelles négociations bilatérales en vue.

"Il est de mon devoir et de ma responsabilité de faire l'impossible (...) pour arrêter la guerre contre le Liban et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué.

Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.

Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

Et le département d'État américain a indiqué qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin.

Malgré la trêve, Israël a poursuivi lundi ses frappes contre plusieurs localités dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a appelé à l'évacuation de trois localités dans les régions de Tyr et de Nabatiyé en prévision de bombardements, et réitéré plus tard son appel pour l'une de ces localités.

Dimanche, des frappes israéliennes près de Baalbeck, dans l'est du pays, ont tué sept personnes dont un chef du Jihad islamique palestinien, allié du Hezbollah.

La formation, qui rejette les négociations directes entre le Liban et son ennemi juré, a revendiqué lundi deux attaques contre des objectifs militaires en Israël.

"En riposte à la violation du cessez-le-feu" par Israël, le Hezbollah a visé "une plateforme du Dôme de fer", le système de défense aérienne israélienne, dans un camp militaire, "au moyen d'un drone d'attaque", a déclaré le mouvement dans un communiqué, ajoutant par ailleurs avoir visé un véhicule militaire dans le nord d'Israël.

Le Hezbollah a aussi revendiqué lundi des attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban.

Ces dernières semaines, le Hezbollah a utilisé à plusieurs reprises des drones FPV à fibre optique, à bas coût. "Aujourd'hui, nous faisons face au défi de neutraliser les drones FPV", avait déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Les négociations parrainées par Washington portent notamment sur l'épineuse question du désarmement du Hezbollah, que le groupe refuse.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban, dont 211 enfants ou mineurs et 116 membres du personnel médical, selon un nouveau bilan officiel lundi.

Le bilan des frappes israéliennes au Liban dépasse les 400 morts depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

 


Netanyahu affirme qu'Israël est proche de son objectif de tuer tous les responsables du 7-Octobre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
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  • Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre
  • Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque

 


JERUSALEM: Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau.

Ses propos faisaient suite à l'annonce la veille par l'armée israélienne de la mort d'Ezzedine Al-Haddad, commandant de la branche armée du Hamas, mort vendredi lors d'une frappe aérienne ciblée à Gaza.

Au lendemain de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, M. Netanyahu avait promis de traquer les cerveaux de cette attaque qui, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, a fait 1.221 morts en Israël, en majorité des civils.

"J'ai promis que chaque architecte du massacre et de la prise d'otages serait éliminé jusqu'au dernier, et nous sommes très proches d'achever cette mission", a déclaré M. Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, qualifiant Ezzedine Al-Haddad de "terroriste méprisable".

Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre.

Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque.

M. Netanyahu a réaffirmé dimanche que les forces israéliennes contrôlaient actuellement 60% du territoire de Gaza.

Cette déclaration laisse entendre que l'armée a continué d'étendre sa présence opérationnelle dans le territoire, après de récents articles de presse affirmant que les troupes israéliennes avaient progressé vers une nouvelle ligne dite "orange".

Selon les termes du cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis le 10 octobre, les forces israéliennes devaient se replier jusqu'à une "ligne jaune" à Gaza, leur laissant le contrôle de plus de 50% du territoire palestinien.

"Nous tenons le Hamas à notre merci. Nous savons exactement quelle est notre mission, et notre mission est de garantir que Gaza ne représentera plus jamais une menace pour Israël", a encore déclaré M. Netanyahu.

La campagne militaire israélienne contre le Hamas depuis les attaques d’octobre 2023 a fait au moins 72.763 morts à Gaza, selon des chiffres du ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas, jugés fiables par les Nations unies.