Projet de loi olympique: l'Assemblée adopte un article controversé sur la vidéosurveillance algorithmique

L'Assemblée a aussi adopté l'extension du champ des "criblages", ces procédures d'enquêtes administratives existant actuellement pour l'accès à de grands événements. (Photo, AFP)
L'Assemblée a aussi adopté l'extension du champ des "criblages", ces procédures d'enquêtes administratives existant actuellement pour l'accès à de grands événements. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 23 mars 2023

Projet de loi olympique: l'Assemblée adopte un article controversé sur la vidéosurveillance algorithmique

  • L'article 7 du projet de loi olympique a été adopté avec 59 voix pour (majorité présidentielle - LR - RN) face à 14 contre (Nupes)
  • Il prévoit à titre expérimental que la sécurisation «de manifestations sportives, récréatives ou culturelles» d'ampleur puisse recourir à des algorithmes

PARIS: L'Assemblée nationale a approuvé jeudi le recours à de la vidéosurveillance dite "intelligente", basée sur des algorithmes, que l'exécutif veut expérimenter avant et pendant les JO-2024, malgré les craintes de dérives sécuritaires de la gauche.

L'article 7 du projet de loi olympique a été adopté avec 59 voix pour (majorité présidentielle - LR - RN) face à 14 contre (Nupes). Il prévoit à titre expérimental que la sécurisation "de manifestations sportives, récréatives ou culturelles" d'ampleur puisse recourir à des algorithmes.

Les JO sont en ligne de mire mais l'expérimentation, qui doit s'arrêter fin 2024, pourrait démarrer dès la promulgation de la loi, et concerner par exemple la prochaine Coupe du monde de rugby en septembre-octobre.

Le but affiché: analyser les images captées par des caméras et des drones, pour détecter automatiquement des faits ou gestes potentiellement à risque.

La liste des "événements" à détecter doit être fixée par décret. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a cité en exemple "un départ de feu, des goulots d'étranglement de population, un colis ou un sac abandonné".

Les députés de la Nupes s'inquiètent du possible dévoiement de cette technologie, craignant que les JO ne servent de tremplin pour généraliser par la suite ce type de surveillance à la population.

"Les événements prédéterminés concernent non pas des personnes mais des situations", a insisté Gérald Darmanin, sans les convaincre.

Les associations de défense des libertés sont contre, comme le Conseil national des barreaux.

Les députés de l'opposition ont tenté de circonscrire davantage l'expérimentation, de la cantonner aux abandons de bagage, ou d'imposer le fait que l'Etat soit seul responsable de l'analyse des données, sans recourir au privé, mais sans succès.

Un amendement du RN Aurélien Lopez-Liguori, président du groupe d'étude sur la sécurité et la souveraineté numériques, a été adopté, pour prioriser le recours à des entreprises européennes.

Mais le fait que des députés de la majorité, membres de ce groupe d'étude, ont cosigné ou sous-amendé cet amendement RN, a indigné à gauche.

«Criblages»

L'Assemblée a aussi adopté l'extension du champ des "criblages", ces procédures d'enquêtes administratives existant actuellement pour l'accès à de grands événements.

Le but est qu'elles puissent concerner également les "participants", comme les athlètes et leurs équipes, les diffuseurs ou les partenaires. L'accès aux "fan zones", où seront retransmis des événements, a aussi été inclus.

Députés insoumis et écologistes ont dénoncé des mesures "disproportionnées" et "intrusives", s'inquiétant que des personnes puissent être exclues en raison d'opinions politiques. Ils ont notamment échoué à obtenir l'exclusion des journalistes du champ des criblages.

La ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra a expliqué qu'il fallait se prémunir contre des personnes présentant "des cartes de presse factices".

Elle a aussi insisté sur le fait que les criblages ne concerneraient pas les spectateurs.

L'Assemblée a par ailleurs autorisé l'extension des compétences du préfet de police de Paris, en matière de sécurité aux départements des Yvelines, du Val d'Oise, de l’Essonne et de Seine‑et‑Marne, du 1er juillet au 15 septembre 2024.


Macron: le résultat des législatives ne sera la "faute de personne", mais la "responsabilité" de tous

Le chef de l'Etat a une nouvelle fois dit comprendre la sidération et l'incompréhension suscitées par sa décision de dissoudre l'Assemblée nationale, jusque dans son propre camp, alors que l'extrême droite apparaît comme la grande favorite du scrutin. (Photo, AFP)
Le chef de l'Etat a une nouvelle fois dit comprendre la sidération et l'incompréhension suscitées par sa décision de dissoudre l'Assemblée nationale, jusque dans son propre camp, alors que l'extrême droite apparaît comme la grande favorite du scrutin. (Photo, AFP)
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  • "Ce sera la faute de personne le soir du deuxième tour. Ce sera la responsabilité des Français. Et moi, c'est pas un pari (que je fais ndlr), c'est une confiance (que j'ai)" dans les électeurs
  • "La colère ne peut pas monter par les coulisses, par en dessous (...) La question c'est qui gouverne" et pour cela "je vous redonne la parole", a-t-il encore souligné

PARIS: Emmanuel Macron a déclaré lundi que le résultat des législatives, au soir du 7 juillet, ne serait "la faute de personne" mais l'expression de la "responsabilité des Français".

"Au-delà de vos colères - elle s'est exprimée, je l'ai entendue, je vous redonne la parole - qu'est-ce que vous voulez? Regardez les projets" des uns et des autres, a-t-il lancé dans un podcast de "Génération Do It Yourself" (Faites-le vous-même).

Ce podcast, animé par Matthieu Stefani, se présente comme celui qui "part à la rencontre de celles et ceux qui se sont construits par eux-mêmes".

"Ce sera la faute de personne le soir du deuxième tour. Ce sera la responsabilité des Français. Et moi, c'est pas un pari (que je fais ndlr), c'est une confiance (que j'ai)" dans les électeurs, a-t-il ajouté.

"La colère ne peut pas monter par les coulisses, par en dessous (...) La question c'est qui gouverne" et pour cela "je vous redonne la parole", a-t-il encore souligné.

Le chef de l'Etat a une nouvelle fois dit comprendre la sidération et l'incompréhension suscitées par sa décision de dissoudre l'Assemblée nationale, jusque dans son propre camp, alors que l'extrême droite apparaît comme la grande favorite du scrutin.

"Je sais ce que j'ai demandé à mes ministres, à ma majorité, à des députés qui parfois m'accompagnent depuis sept ans, qui ont changé leur vie pour être à mes côtés et je les en remercie. Je leur ai dit +faut y retourner+", a-t-il relevé.

"C'est très dur. J'en ai conscience et beaucoup m'en veulent. Mais je l'ai fait parce qu'il n'y a rien de plus grand et de plus juste dans une démocratie que la confiance dans le peuple", a-t-il martelé.

 


Les professionnels musulmans quittent la France en raison du "climat d'islamophobie" qui y règne

Des fidèles musulmans arrivent à la Grande Mosquée de Paris pour accomplir les prières matinales de l'Aïd Al-Adha, le 16 juin 2024. La France compte la plus grande population musulmane d'Europe, avec près de 10 % des 67 millions d'habitants du pays sont de confession musulmane. (AFP)
Des fidèles musulmans arrivent à la Grande Mosquée de Paris pour accomplir les prières matinales de l'Aïd Al-Adha, le 16 juin 2024. La France compte la plus grande population musulmane d'Europe, avec près de 10 % des 67 millions d'habitants du pays sont de confession musulmane. (AFP)
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  • L’émigration des jeunes musulmans carriéristes provoque une « fuite des cerveaux », selon un nouveau livre
  • Co-auteur : « De plus en plus de musulmans français ne se sentent plus chez eux en France »

LONDRES : Une « atmosphère d'islamophobie » pousse les musulmans français à émigrer vers des pays comme le Royaume-Uni et le Canada, selon un nouveau livre.

Selon The Times, les auteurs de « La France, tu l'aimes mais tu la quittes » comparent ce phénomène à une « fuite des cerveaux ».

Cependant, contrairement à une fuite des cerveaux conventionnelle, les professionnels musulmans en France échangent un pays prospère pour un autre.  
La France compte la plus grande population musulmane d'Europe, avec environ 7 à 10 % de ses 67 millions d'habitants appartenant à cette foi.

Parmi les musulmans ayant quitté la France, plus de sept sur dix déclarent être partis en partie à cause du racisme et de la discrimination.

La France suit une politique de laïcité, qui interdit l'affichage de symboles religieux dans la vie professionnelle, y compris dans le droit, la fonction publique et l'éducation.

Selon Olivier Esteves, co-auteur du livre et professeur à l'Université de Lille, beaucoup de musulmans qui émigrent sont parmi les plus ambitieux professionnellement mais aussi les plus pieux, ce qui entraîne un conflit de valeurs.
Le professeur à l'Université de Lille cite également la popularité du Rassemblement National de Marine Le Pen comme facteur aggravant de cette fuite des cerveaux. Le parti d'extrême droite affirme que l'Islam est une menace existentielle pour l'identité française.

Esteves prévient qu’une victoire électorale du RN entraînerait une nouvelle vague d’émigration parmi les musulmans français qualifiés.

« Les gens qui s’opposent à l’immigration disent souvent ‘on ne se sent plus chez nous’ », explique-t-il. « Mais il y a de plus en plus de musulmans français qui ne se sentent plus chez eux en France. »

« Dans les prochains mois, nous verrons une désinhibition croissante des propos et des comportements islamophobes.

« Nous avons écrit sur des femmes qui se font cracher dessus parce qu’elles portent le hijab - ce genre de choses ne va qu’empirer. »

L’enquête à la base du livre a interrogé  1,000 répondants, principalement sur les réseaux sociaux. Environ 140 d’entre eux ont fait l’objet d’entretiens approfondis par les auteurs.

Esteves estime que le nombre de musulmans ayant quitté la France pourrait se chiffrer en « dizaines de milliers ».

Le mois dernier, des musulmans se sont rassemblés devant la Grande Mosquée de Paris pour exprimer leurs préoccupations de se sentir étrangers dans leur propre pays.

Une participante, Aminata Sylla, a confié au Times qu'elle « avait hâte » de partir pour la Grande-Bretagne ou Oman, citant une accumulation d'expériences négatives liées à sa couleur de peau, sa religion et son port du voile.
« Parfois, j’ai l'impression de ne pas pouvoir respirer », a-t-elle dit.

Sylla, qui prépare un master en relations internationales à l'Université de la Sorbonne, a déclaré qu’elle s'était sentie « comme un animal » à travers une série d'expériences négatives, y compris lorsqu’elle a été frappée dans le métro parisien pour avoir porté un hijab.

La jeune femme de 25 ans se décrit comme une « fille de la France abandonnée par sa mère ».

Mehdi, un professeur de français de 39 ans installé à Preston, en Angleterre, a qualifié sa décision de quitter sa ville natale de Lyon il y a trois ans de « déchirante », exprimant un sentiment d'échec face à l'impossibilité de maintenir sa relation avec son pays d'origine.
 
« Je ne pense pas avoir jamais autant pleuré que lorsque j’ai pris le ferry pour partir définitivement », a-t-il déclaré.
 


JO-2024 : Versailles, cadre royal pour l'équitation

Le château de Versailles, cadre somptueux des épreuves équestres des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, brille par sa démesure. (Photo de Ian LANGSDON / AFP)
Le château de Versailles, cadre somptueux des épreuves équestres des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, brille par sa démesure. (Photo de Ian LANGSDON / AFP)
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  • Le château est le troisième site le plus visité en France (derrière Disneyland Paris et le musée du Louvre).
  • On y signa également, le 28 juin 1919, le Traité de Versailles qui mis fin au conflit entre les Alliés et l'Allemagne.

Favori des touristes, symbole des fastes monarchiques et écrin de diplomatie, le Château de Versailles, cadre somptueux des épreuves d'équitation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, brille par sa démesure.

- 2.300 pièces, 830 hectares de jardins

Simple pavillon de chasse en 1623, le château de Versailles compte aujourd'hui 2.300 pièces réparties sur 63.154 m² habillés de 352 cheminées, 67 escaliers, 13 hectares de toitures ... Auxquels s'ajoutent 830 hectares de jardins conçus par André Le Nôtre, sillonnés par plus de 40 kilomètres d'allées.

Un décompte de 1722, sous le règne de Louis XV, fait état de 4.000 personnes vivant au château, princes, seigneurs, officiers et domestiques compris.

Remplacés aujourd'hui par de très nombreux touristes: 8,1 millions en 2023, à 77% étrangers. Le château est le troisième site le plus visité en France (derrière Disneyland Paris et le musée du Louvre).

- Bling bling et grand jeu

Le faste des fêtes et spectacles organisés par le Roi Soleil, le bâtisseur du palais, puis par Marie-Antoinette, dernière reine de l'Ancien Régime, colle toujours à l'image des lieux. Ces vies de châteaux qui ne cessent de renaître au cinéma, comme dans le "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola en 2005.

La galerie des Glaces a vu depuis défiler nombre d'autres têtes couronnées. De la reine Victoria en 1855, conviée par Napoléon III pour un gigantesque bal avec 1.200 invités, à Charles III en 2023 qui y dégusta du homard bleu dans de la porcelaine de Sèvres.

- Politique et traités

Ces honneurs ne sont pas réservés aux rois et reines: De Gaulle y accueille le shah d'Iran, Nikita Khrouchtchev ou les époux Kennedy. Ses successeurs, Jimmy Carter, Ronald Reagan, Mikhaïl Gorbatchev, Xi Jinping, Vladimir Poutine ...

On y signa également, le 28 juin 1919, le Traité de Versailles qui mis fin au conflit entre les Alliés et l'Allemagne. Et c'est également au Château que la France inscrivit dans sa Constitution, en mars dernier, l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

- Avènement de la modernité

Depuis plus de 15 ans, le Château présente chaque année un artiste contemporain comme Joana Vasconcelos, Giuseppe Penone ou Olafur Eliasson.

Le trublion américain Jeff Koons avait, en 2008, ouvert le bal des expositions mais aussi des polémiques: certains jugeant inadaptée l'intrusion de son oeuvre très kitsch dans un lieu empreint de classicisme. Même destin pour les fantaisies manga de Takashi Murakami (2010) et surtout l'installation monumentale du Britannique Anish Kapoor surnommée "Le vagin de la Reine" (2015).

Depuis 2019, une soirée Versailles Electro est dédiée à la French Touch. L'électro résonna également dans la galerie des Glaces le soir de Noël 2023 quand Jean-Michel Jarre s'y produisit pour les 400 ans du château.