Réforme des retraites en France: Regain de mobilisation et de violences

Les manifestants se rassemblent alors qu'ils participent à une manifestation lors d'une journée d'action nationale, une semaine après que le gouvernement a fait adopter une réforme des retraites par le parlement sans vote, en utilisant l'article 49.3 de la constitution, à Bordeaux, dans l'ouest de la France, le 23 mars 2023. (AFP)
Les manifestants se rassemblent alors qu'ils participent à une manifestation lors d'une journée d'action nationale, une semaine après que le gouvernement a fait adopter une réforme des retraites par le parlement sans vote, en utilisant l'article 49.3 de la constitution, à Bordeaux, dans l'ouest de la France, le 23 mars 2023. (AFP)
Des étudiants préparent une pancarte indiquant "la rue a parlé, arrêtez l'état policier" sur le campus universitaire Paul Sabatier à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, le 22 mars 2023, quelques jours après que le gouvernement a fait passer une réforme des retraites au parlement sans vote, en utilisant l'article 49.3 de la constitution. (Photo Charly TRIBALLEAU / AFP)
Des étudiants préparent une pancarte indiquant "la rue a parlé, arrêtez l'état policier" sur le campus universitaire Paul Sabatier à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, le 22 mars 2023, quelques jours après que le gouvernement a fait passer une réforme des retraites au parlement sans vote, en utilisant l'article 49.3 de la constitution. (Photo Charly TRIBALLEAU / AFP)
Une manifestante tient une pancarte indiquant "Nous ne sommes pas la foule, nous sommes le peuple" lors d'une manifestation, une semaine après que le gouvernement a poussé une réforme des retraites au parlement sans vote, en utilisant l'article 49.3 de la constitution, à Reims, dans l'est de la France, le 23 mars 2023. Photo François NASCIMBENI / AFP)
Une manifestante tient une pancarte indiquant "Nous ne sommes pas la foule, nous sommes le peuple" lors d'une manifestation, une semaine après que le gouvernement a poussé une réforme des retraites au parlement sans vote, en utilisant l'article 49.3 de la constitution, à Reims, dans l'est de la France, le 23 mars 2023. Photo François NASCIMBENI / AFP)
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Publié le Vendredi 24 mars 2023

Réforme des retraites en France: Regain de mobilisation et de violences

  • Au total, 3,5 millions de personnes ont manifesté dans plus de 300 villes de France, selon le syndicat CGT, et 1,08 million selon le ministère de l'Intérieur
  • Dans les cortèges, la colère était palpable avec beaucoup de ressentiment vis-à-vis du chef de l'Etat

PARIS: La mobilisation contre la réforme des retraites est restée très forte jeudi en France, une semaine après le passage en force du gouvernement sur ce texte, avec une radicalisation du mouvement qui s'est traduite par une hausse des violences.

Au total, 3,5 millions de personnes ont manifesté dans plus de 300 villes de France, selon le syndicat CGT, et 1,08 million selon le ministère de l'Intérieur.

Une mobilisation massive pour cette neuvième journée d'action, mais la première depuis que le gouvernement a utilisé une disposition constitutionnelle, l'article 49.3, pour faire passer le texte sans vote le 16 mars.

Paris a enregistré un nombre record de manifestants et la mobilisation est en hausse à l'échelle du pays par rapport à la huitième journée de mobilisation le 15 mars (480 000 manifestants), selon le ministère de l'Intérieur. Les syndicats évoquent un niveau équivalent au record du 7 mars.

Alors que selon une source proche du gouvernement, l'exécutif espérait que la contestation s'étiolerait et que tout rentrerait dans l'ordre "ce week-end", les syndicats ont d'ores et déjà appelé à une dixième journée d'action mardi.

Ils ont souligné la "détermination du monde du travail et de la jeunesse à obtenir le retrait de la réforme" qui prévoit notamment le recul de 62 à 64 ans du départ en retraite.

Les manifestations, grèves et débrayages "sont une réponse" à l'"entêtement incompréhensible" du président, ont souligné les syndicats, en estimant que "la responsabilité de la situation explosive" incombait au gouvernement.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a indiqué dans la soirée que 149 gendarmes et policiers avaient été blessés.

Il a dénoncé la violence de "casseurs" issus de "l'extrême gauche". "1 500 casseurs" étaient présents à Paris pour "casser du flic et des bâtiments publics", a-t-il affirmé. A ce stade, il y a 172 interpellations en France, dont 77 à Paris. Beaucoup d'interpellés sont "jeunes", "beaucoup sont connus" comme appartenant à "l'ultra-gauche".

Vitrines brisées

La Première ministre Elisabeth Borne a jugé "inacceptables" les "violences et dégradations" dans les manifestations.

Peu avant le départ du cortège parisien, le secrétaire général du syndicat réformiste CFDT Laurent Berger avait noté un "regain de mobilisation" et appelé "à la non-violence".

A ses côtés, son homologue de la CGT Philippe Martinez a estimé que le président Emmanuel Macron avait "jeté un bidon d'essence sur le feu" avec son interview la veille, dans laquelle il est resté inflexible, parfois tranchant, réaffirmant "la nécessité" de sa réforme.

A Paris, où la CGT a annoncé 800 000 manifestants et le ministère 119 000, des violences ont rapidement éclaté en tête de cortège: pavés, bouteilles et feux d'artifice lancés sur les forces de l'ordre, vitrines et abribus brisés et feux de poubelles.

La préfecture de police a recensé "environ un millier" d'éléments radicaux dans la capitale, où la situation restait chaotique en soirée, avec des incidents toujours en cours.

A Nantes et Rennes (ouest) aussi, des heurts ont opposé des manifestants aux forces de l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canon à eau. A Lorient, le commissariat a été pris pour cible.

Des tensions plus ou moins fortes ont également été observées dans d'autres villes comme Toulouse, Bordeaux (sud-ouest) ou Lille (nord).

Colère

Dans les cortèges, la colère était palpable avec beaucoup de ressentiment vis-à-vis du chef de l'Etat.

Malgré la forte impopularité du texte d'après les sondages, M. Macron a martelé mercredi que la réforme devait être appliquée "avant la fin de l'année", invoquant la défense de "l'intérêt général" face à la dégradation financière des caisses de retraite et au vieillissement de la population.

"Je voudrais dire merci à Emmanuel Macron. Il est tellement arrogant et à côté de ses pompes qu'à chaque fois qu'il parle, t'as qu'une envie, c'est de prendre ton drapeau pour partir en manif", expliquait à Paris Fabien Villedieu, un délégué syndical.

A Strasbourg (est), Nathalie Cholley, aide-soignante de 47 ans, manifestait pour "défendre" son avenir mais aussi "protester contre la politique d'Emmanuel Macron et son mépris".

Les cortèges étaient marqués par une forte participation des jeunes. Quelques dizaines des 3.750 lycées et collèges français, et des établissements universitaires ont été bloqués.

"C'est symbolique. On veut montrer notre mécontentement face à cette réforme", expliquait Redouane, 23 ans, devant la fac de droit parisienne d'Assas, bloquée pour la première fois depuis le début du mouvement.

«Journée noire»

Jeudi, les transports ferroviaires et le métro parisien ont été très perturbés. L'approvisionnement en kérosène de la région parisienne et de ses aéroports par la Normandie (ouest) "devient critique" en raison des grèves dans les raffineries, a indiqué à l'AFP le ministère de la Transition énergétique.

Le gouvernement a déjà "pris un arrêté de réquisition" à l'égard des grévistes de la raffinerie TotalEnergies de Normandie, mise à l'arrêt le week-end dernier et où les expéditions de carburants sont bloquées.

Et plus symboliquement, pour les touristes, la Tour Eiffel, l'Arc de Triomphe ou encore le château de Versailles sont restés fermés.

 


Le prince héritier saoudien arrive à l'Élysée pour une rencontre avec Macron

Le président français Emmanuel Macron serre la main du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à son arrivée pour une rencontre à l'Élysée, à Paris, le 24 août 2026. (Reuters)
Le président français Emmanuel Macron serre la main du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à son arrivée pour une rencontre à l'Élysée, à Paris, le 24 août 2026. (Reuters)
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  • Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a été reçu lundi à l’Élysée, à Paris, par le président français Emmanuel Macron
  • Auparavant, le prince héritier avait rencontré le Premier ministre français Sébastien Lecornu à l’Hôtel des Invalides, dans la capitale française

PARIS : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a été reçu lundi à l’Élysée, à Paris, par le président français Emmanuel Macron.

Auparavant, le prince héritier avait rencontré le Premier ministre français Sébastien Lecornu à l’Hôtel des Invalides, dans la capitale française.

Après avoir passé en revue la garde d'honneur, le prince héritier s'est rendu à l'Élysée où il sera reçu par le président français Emmanuel Macron.

Les deux dirigeants tiendront des entretiens et une réunion du Conseil de partenariat stratégique aura lieu.


Léa Salamé se met en retrait du 20H de France 2 après la candidature de son compagnon Raphaël Glucksmann

La journaliste française Léa Salame arrive pour une audition devant la Commission d'enquête sur l'audiovisuel public à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 février 2026. (AFP)
La journaliste française Léa Salame arrive pour une audition devant la Commission d'enquête sur l'audiovisuel public à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 février 2026. (AFP)
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  • "Le 20h est un carrefour stratégique où les interviews des candidats et les reportages sur la campagne seront autant de temps forts de l'année à venir. Partout où se tiendra la campagne, je m'efface"
  • Elle sera remplacée dès lundi par son joker Jean-Baptiste Marteau, 43 ans, mais restera aux commandes du talk show hebdomadaire "Quelle Epoque!"

PARIS: Conséquence attendue de la candidature son compagnon Raphaël Glucksmann à l'élection présidentielle, Léa Salamé a annoncé lundi son retrait de la présentation du 20H de France 2, dont elle a tenu la barre pendant une saison houleuse.

"Le 20h est un carrefour stratégique où les interviews des candidats et les reportages sur la campagne seront autant de temps forts de l'année à venir. Partout où se tiendra la campagne, je m'efface", a indiqué sur son compte Instagram la journaliste de 46 ans, évoquant une décision "évidente et difficile".

Elle sera remplacée dès lundi par son joker Jean-Baptiste Marteau, 43 ans, mais restera aux commandes du talk show hebdomadaire "Quelle Epoque!".

Gros coup du mercato des médias de 2025, celle qui avait formé un duo emblématique avec Nicolas Demorand à la matinale de France Inter avait prévenu dès son arrivée à France Télévisions qu'elle se mettrait en retrait si Raphaël Glucksmann, leader du mouvement de gauche Place publique, se portait candidat.

"Que les Français se posent la question, c'est légitime", mais "avant d'être la femme de quiconque, je suis une journaliste indépendante, honnête, une femme libre", avait-elle réaffirmé en février, face au rapporteur UDR de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, Charles Alloncle.

Tout comme en 2019 et 2024 lors des candidatures de Raphaël Glucksmann aux élections européennes, ce retrait s'inscrit dans une volonté d'éviter les soupçons de conflit d'intérêts, dans un contexte toutefois plus tumultueux pour l'audiovisuel public, vivement attaqué ces derniers mois.

En 2007, Béatrice Schönberg avait définitivement quitté le JT de France 2 après la nomination de son époux Jean-Louis Borloo au gouvernement Fillon, tout comme Anne Sinclair en 1997 pour l'émission "7 sur 7", lors de l'entrée de Dominique Strauss-Kahn au gouvernement Jospin.

"Cela ne remet pas en cause son professionnalisme. Mais c'était écrit d'avance", souligne le président de la société des journalistes de France Télévisions, Valéry Lerouge. "Cela fait trois (présentateurs) en trois ans, alors qu'on a besoin de stabilité", pointe-t-il, "même si Jean-Baptiste (Marteau) connaît très bien la maison, la rédaction et le JT".

Rendez-vous "sacré" 

Durant la saison écoulée, Léa Salamé, qui succédait à Anne-Sophie Lapix, a maintenu les audiences du JT de la chaîne publique à près de 20% (3,7 millions de téléspectateurs), dans un contexte de baisse généralisée pour la télévision classique. Le JT de Gilles Bouleau sur TF1 reste loin devant (4,9 millions, 27% de part d'audience).

Connue pour son style direct et spontané, Léa Salamé était attendue au tournant et n'a pas été épargnée par les polémiques. Dès septembre, la séquence de fin de son entretien avec l'actrice Marion Cotillard, à qui elle avait demandé comment elle allait après sa rupture avec Guillaume Canet, avait créé le malaise.

Fin mars, son interview du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a suscité une pluie de critiques et d'accusations de complaisance, y compris des gouvernements français et ukrainiens.

Son JT a aussi été pointé du doigt pour une confusion entre les professeurs Dominique Bernard et Samuel Paty, tous deux victimes d'assassinats jihadistes, ainsi que la diffusion d'un faux témoignage de l'humoriste Mehdi Jibril dans un sujet sur le pouvoir d'achat.

"Je mentirais si je disais que j'ai été insensible aux attaques", avait-elle confié au Parisien en mars. "Mais c'est la loi du genre car le 20 heures est très exposé, c'est sacré pour les Français".

Star du paysage audiovisuel, Léa Salamé a parallèlement cherché à se rapprocher du public, racontant les coulisses du JT sur les réseaux sociaux dans de courtes vidéos sur ses préparatifs, les dernières minutes avant l'antenne ou l'envers du plateau.

La franco-libanaise a commencé sa carrière à France 24 et iTélé (devenue CNews en 2017). Elle s'est faite connaître du public en 2014 comme chroniqueuse dans l'émission de Laurent Ruquier "On n'est pas couché" (France 2), et en menant la même année l'interview de 7h50 sur France Inter.

Devenue incontournable dans le paysage audiovisuel, elle a mené avec Gilles Bouleau le débat télévisé du second tour de la présidentielle 2022 entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.


Paris: la visite du prince héritier saoudien, un geste fort qui illustre le dynamisme des relations bilatérales

Mohammed ben Salmane a ainsi débuté son séjour parisien en assistant, avec Macron, à la finale de l’Esports World Cup, une compétition initialement prévue à Riyad et délocalisée à Paris. (AFP)
Mohammed ben Salmane a ainsi débuté son séjour parisien en assistant, avec Macron, à la finale de l’Esports World Cup, une compétition initialement prévue à Riyad et délocalisée à Paris. (AFP)
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  • Paris et Riyad ont déjà mis en place une task force bilatérale consacrée aux interconnexions énergétiques et logistiques, qui se réunit au niveau ministériel pendant la visite
  • Mais la visite de ben Salmane ne se résume évidemment pas aux questions énergétiques. Le Moyen-Orient dans son ensemble est au centre des discussions

PARIS: En se rendant à Paris les 23 et 24 août - pour sa première visite à l’étranger depuis son déplacement à Washington en novembre 2025 - le prince héritier et Premier ministre saoudien Mohammed ben Salmane fait un choix diplomatique qui en dit beaucoup sur l’état des relations entre Paris et Riyad.

« C’est sa première visite à l’étranger depuis ce moment-là et donc il a choisi la France », souligne le palais de l’Élysée, qui estime que ce déplacement constitue « un signal important et un geste fort » qui témoigne du « dynamisme de la relation entre la France et l’Arabie saoudite ».

Ce choix intervient pourtant dans un contexte régional particulièrement tendu, avec la guerre avec l’Iran, qui se prolonge depuis plusieurs mois, la fermeture du détroit d’Ormuz et les perturbations des routes énergétiques et commerciales, qui placent la sécurité des approvisionnements au cœur des préoccupations européennes.

Dans ce contexte à risque, l’Arabie saoudite occupe une position stratégique, étant l’un des maillons essentiels des nouvelles routes permettant de relier le Moyen-Orient à l’Europe.

Paris et Riyad ont déjà mis en place une task force bilatérale consacrée aux interconnexions énergétiques et logistiques, qui se réunit au niveau ministériel pendant la visite.

L’objectif est d’identifier les projets prioritaires, de les financer et de permettre leur réalisation.

Il ne s’agit pas seulement de contourner le détroit d’Ormuz, mais de tracer des routes portuaires alternatives, de développer des projets de pipelines, qui seront renforcés ou doublés en volume, ainsi que des liaisons ferroviaires.

La France entend y associer ses entreprises et son expertise, l’enjeu étant de transformer une crise régionale en accélérateur de coopération.

Le Moyen-Orient au cœur des préoccupations bilatérales

Mais la visite de ben Salmane ne se résume évidemment pas aux questions énergétiques. Le Moyen-Orient dans son ensemble est au centre des discussions avec le président Emmanuel Macron, à commencer par l’Iran, le conflit israélo-palestinien, le Liban et la Syrie.

Le Liban occupe notamment une place importante, puisque la France et l’Arabie saoudite travaillent étroitement sur ce dossier et partagent, selon l’Élysée, une même volonté de soutenir la souveraineté du pays et ses autorités.

La Syrie constitue également un sujet majeur, notamment en ce qui concerne les enjeux énergétiques et logistiques.

Au-delà de cette convergence politique, les deux pays partagent d’autres ambitions.

Lundi, le président et le prince héritier coprésident pour la première fois le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien, créé lors de la visite du président français à Riyad à la fin de 2024.

Si cette première réunion intervient près de deux ans après la création du conseil, ce n’est pas faute de contacts, assure l’Élysée, en soulignant que « les contacts bilatéraux sont évidemment très étroits », et en évoquant les échanges réguliers entre les deux dirigeants et les nombreux travaux menés par les différents sous-comités ministériels.

La réunion de Paris donne simplement à cette relation le cadre politique au plus haut niveau qui lui manquait encore.

L’économie est aussi l’un des grands piliers de cette nouvelle étape. Un forum consacré aux investissements franco-saoudiens réunit à Paris les grands dirigeants français et une importante délégation économique saoudienne.

La logique est désormais de rapprocher les ambitions de la Vision 2030 saoudienne et celles de France 2030, d’autant plus que Riyad cherche à transformer son économie et à développer de nouveaux secteurs.

Paris, pour sa part, veut attirer davantage de capitaux étrangers. Le fonds souverain saoudien PIF ayant annoncé l’ouverture d’un bureau à Paris, l’Élysée espère voir se multiplier les investissements saoudiens en France.

La France veut également se positionner sur les grands projets du Royaume, notamment l’Expo 2030, qui se tiendra à Riyad. Là encore, l’objectif est de faire valoir l’expertise française dans des projets dont les dimensions dépassent largement les seuls marchés traditionnels.

La finale de l'Esports World Cup

Interrogée sur un éventuel investissement saoudien dans un parc d’attractions consacré à Dragon Ball Z en région parisienne, l’Élysée esquive en indiquant qu’aucune annonce n’est prévue à ce stade.

Pour ce qui est des accords attendus lundi, plusieurs signatures sont annoncées dans des secteurs aussi variés que le quantique, les transports, l’énergie ou encore la santé, et viennent consolider la relation économique entre les deux pays.

Le sport et le divertissement offrent une illustration de cette nouvelle relation, et ben Salmane a ainsi débuté son séjour parisien en assistant, avec Macron, à la finale de l’Esports World Cup, une compétition initialement prévue à Riyad et délocalisée à Paris.

« Les choses se sont bien passées à Paris », souligne l’Élysée, qui rapporte la satisfaction saoudienne concernant l’organisation, la participation et les résultats de l’événement. Pour Riyad comme pour Paris, l’opération apparaît donc comme « gagnante-gagnante ».

La culture constitue un autre terrain emblématique de ce rapprochement. La coopération franco-saoudienne autour d’AlUla, engagée depuis près d’une décennie, est présentée par l’Élysée comme l’un des piliers de la relation.

Il est donc clair que la relation franco-saoudienne ne repose plus sur un seul secteur, ni même sur une simple proximité politique, mais s’étend de la diplomatie régionale aux infrastructures, de l’énergie à l’intelligence artificielle, et du sport à la culture.