PS: Faure démet une dirigeante du Rhône pour un «propos à caractère raciste»

Le Premier secrétaire et député du Parti socialiste (PS) de gauche français, Olivier Faure, s'exprime lors du débat sur le projet de loi de réforme du système de retraite à l'Assemblée nationale à Paris, le 6 février 2023. (Photo, AFP)
Le Premier secrétaire et député du Parti socialiste (PS) de gauche français, Olivier Faure, s'exprime lors du débat sur le projet de loi de réforme du système de retraite à l'Assemblée nationale à Paris, le 6 février 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 04 mars 2023

PS: Faure démet une dirigeante du Rhône pour un «propos à caractère raciste»

  • La direction du parti «a immédiatement demandé à Christiane Constant sa démission. N'ayant pas reçu de lettre de démission de sa part à cette heure, le Premier secrétaire Olivier Faure démet Christiane Constant de ses fonctions»
  • Olivier Faure, précise le PS, «proposera au Bureau national, une fois installé par le Conseil national du samedi 11 mars, de saisir la Commission nationale des conflits pour lancer une procédure interne de sanction pouvant aller jusqu'à l'exclusion»

PARIS: Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a annoncé samedi démettre de ses fonctions Christiane Constant, tout juste élue première secrétaire fédérale du PS dans le Rhône, et auteur d'un message "contenant un propos à caractère raciste" qui a fuité dans la presse, a indiqué le parti. 

"A la suite de son élection comme première secrétaire fédérale du Rhône du Parti socialiste jeudi soir, Christiane Constant a écrit un message contenant un propos à caractère raciste. Le combat anti-raciste est au fondement de l'identité du Parti socialiste qui condamne avec la plus grande fermeté ces propos inacceptables et pénalement répréhensibles", écrit le PS dans un communiqué. 

La direction du parti "a immédiatement demandé à Christiane Constant sa démission. N'ayant pas reçu de lettre de démission de sa part à cette heure, le Premier secrétaire Olivier Faure démet Christiane Constant de ses fonctions" et "la suspend du Parti socialiste", ajoute-t-on de même source. 

Olivier Faure, précise le PS, "proposera au Bureau national, une fois installé par le Conseil national du samedi 11 mars, de saisir la Commission nationale des conflits pour lancer une procédure interne de sanction pouvant aller jusqu'à l'exclusion". 

Selon le quotidien Le Progrès et LyonMag, Christiane Constant, après son élection comme première fédérale du Rhône, écrit dans un message téléphonique: "on a éliminé tous ces macaques". 

Mme Constant défendait la ligne d'Olivier Faure. Le département est également celui de l'adversaire du premier secrétaire, Hélène Geoffroy, maire de Vaulx-en-Velin, opposée à l'accord électoral conclu entre le PS et les autres forces de gauche dont La France insoumise. 

Mme Geoffroy a salué dans un communiqué la décision d'Olivier Faure tout en dénonçant la "légèreté" du choix de Mme Constant pour l'élection interne dans ce département "en dépit de toutes les alertes et mises en garde, y compris au sein de leur motion". 

"Les propos tenus par Christiane Constant, coutumière des approximations de langage à l'égard de ses camarades sont inacceptables et relèvent d'impensés que l'on ne peut que condamner fermement au Parti socialiste", écrit également Mme Geoffroy, originaire de la Guadeloupe. 

Elle dit souhaiter "la construction d'une gouvernance collégiale et apaisée qui peut passer par une mise sous tutelle de la fédération" rhodanienne par la direction nationale. 

"Ces propos insultants et à connotation raciste sont intolérables. J’adresse mes profonds regrets et ma pleine solidarité aux camarades du Parti socialiste ciblés dans ce message", avait également réagi Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne. 

Le PS reste secoué par les conflits et désaccords internes un mois après son congrès de Marseille, qui a débouché, après plusieurs semaines d’invectives et d'accusations de fraude, sur un compromis avec la reconduction comme premier secrétaire d'Olivier Faure, au sein d'une gouvernance collective dans laquelle son principal opposant, Nicolas Mayer-Rossignol, est devenu premier secrétaire délégué. 


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».