Jour de la fondation: L'Arabie saoudite célèbre 300 ans d'histoire

Les Saoudiens ont célébré le jour de la fondation (Photo, SPA).
Les Saoudiens ont célébré le jour de la fondation (Photo, SPA).
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Publié le Jeudi 23 février 2023

Jour de la fondation: L'Arabie saoudite célèbre 300 ans d'histoire

  • Défilés, vols en montgolfière et événements familiaux marquent trois cents ans d’histoire
  • À Djeddah, les célébrations du jour de la fondation ont lieu au sein de plusieurs monuments et bâtiments âgés d’environ quatre cents ans

DJEDDAH/DHAHRAN/RIYAD: L’Arabie saoudite célèbre son deuxième jour de la fondation avec des événements, des activités et un congé de quatre jours.
Célébré le 22 février pour commémorer la fondation du pays par l’imam Mohammed ben Saoud, il a été déclaré jour férié l’année dernière à la suite d’un décret royal émis par le roi Salmane.
Des événements culturels et artistiques ont lieu dans tout le Royaume.

Concours national
À l’occasion du jour de la fondation, l’ONU Arabie saoudite lance un concours de photographie autour du thème «Personnes et biens» afin de mettre en valeur la culture et le patrimoine du Royaume.
Les organisateurs demandent que les images représentent des personnes portant des vêtements régionaux et traditionnels de différentes régions du Royaume, des générations plus jeunes et plus âgées, le patrimoine culturel et l’architecture moderne, ou encore des paysages régionaux.
Les photographes locaux doivent soumettre quatre images haute résolution prises avec un appareil photo numérique.
Les photos peuvent être prises dans n’importe quel style ou format et peuvent être en noir et blanc ou en couleur. À des fins d’impression, les images doivent correspondre au format requis de 3:2, en portrait ou en paysage. La taille minimale des fichiers est de 1 Mo et la taille maximale est de 12 Mo.
Toutes les photos doivent être originales et il incombe au photographe de s’assurer que les droits d’auteur n’ont pas été enfreints.
Chaque photo sera jugée individuellement. Toutes les photos envoyées donnent automatiquement à l’ONU Arabie saoudite le droit de les reproduire pour publication. Les droits d’auteur sont conservés par le photographe.
Les photos gagnantes seront utilisées dans le rapport annuel de l’ONU sur le pays, et une sélection des dix meilleures images sera présentée sur le site Web de l’ONU Arabie saoudite sous forme d’exposition virtuelle. Les images gagnantes mises en ligne dans le cadre du concours peuvent apparaître dans des documents de l’ONU.
L’Organisation mondiale du tourisme de l’ONU (OMT) accordera à dix gagnants une bourse pour suivre un cours dans son Académie de tourisme en ligne. L’OMT exposera également les meilleures photos lors d’événements spéciaux, les promouvra sur ses plates-formes de réseaux sociaux, et certaines images pourront apparaître dans les publications de son choix.
Pour présenter votre candidature, envoyez un courriel à l’adresse suivante: [email protected] dans lequel vous indiquerez vos coordonnées complètes et joindrez les images. pour plus de détails, consultez www.SaudiArabia.UN.org.

Riyad
La capitale du Royaume a célébré le jour de la fondation avec des parades et des spectacles dans toute la ville.
Des familles vêtues de tenues traditionnelles se sont rassemblées pour assister aux parades et aux spectacles colorés, tandis que les rues vibraient au rythme des célébrations.
Mercredi, la place Al-Kindi, dans le Quartier diplomatique, a accueilli une tente du patrimoine comprenant un souk traditionnel, des spectacles et des plats locaux que les visiteurs ont pu déguster. L’événement se poursuivra jeudi.
Le ministère de la Culture a présenté une comédie musicale sur l’histoire de l’Arabie saoudite dans la salle rouge de l’université Princesse Noura. Le spectacle a été donné pour la première fois mercredi et se poursuivra jusqu’au 27 février.
Le ministère a par ailleurs organisé un défilé à l’intersection de la route du prince Turki ben Abdelaziz al-Awwal et de la route du roi Salmane à Riyad, avec des chevaux arabes, des tenues traditionnelles et des spectacles hauts en couleur illustrant trois siècles d’histoire du Royaume.
Al-Liwan, un événement culturel proposant des marchés traditionnels, des séminaires d’information et des représentations théâtrales historiques, a été organisé simultanément dans quatorze villes du Royaume, dont Riyad, Arar, Sakaka, Tabuk, Hail, Buraidah, Dammam, Médine, Taïf, Djeddah, Al-Baha, Abha, Jazan et Najran.
À Riyad, il se poursuivra jusqu’à vendredi.
Le site historique de Diriyah a tenu une parade à l’occasion du jour de la fondation, ainsi que d’autres activités familiales sur quatre sites, dont le JAX Park et le Riyadh Skate Park.
L’une des festivités familiales les plus populaires était le Majlis, un événement éducatif mettant en lumière le patrimoine et la culture du premier État saoudien par le biais de conférences, de débats et d’ateliers organisés à la Bibliothèque nationale du roi Fahd.
De nombreuses célébrations à Riyad se poursuivront au cours des deux prochains jours, et certaines, comme la comédie musicale dans la salle rouge de l’université Princesse Noura, jusqu’au 27 février.
Abderrahmane Saleh al-Wohaibi, premier Saoudien à obtenir un permis de pilote de montgolfière dans le Royaume, s’est joint aux célébrations de Riyad, s’élevant au-dessus de la ville lors de vols effectués mardi et mercredi en partant de deux sites: Marat, une ville historique située à 200 km au nord-ouest de Riyad, et Al-Khararah, au sud-ouest de la ville.
M. Al-Wohaibi a qualifié les vols en montgolfière de geste de gratitude envers son pays.
«Cela fait six mois que je tente d’importer cette montgolfière, et l’idée m’est venue à l’esprit une fois mon permis de pilote délivré», a-t-il déclaré. «J’ai senti que je devais exprimer mon amour pour ce pays d’une manière différente, et j’ai donc choisi notre jour de la fondation pour ce faire.»
La montgolfière de M. Al-Wohaibi a été fabriquée par l’usine Kubicek en République tchèque et est enregistrée en Arabie saoudite auprès de l’Autorité générale de l’aviation civile.
Elle portait une bannière imprimée de 32 mètres de long montrant le logo du jour de la fondation en noir, avec des symboles de la culture du Royaume, tels que le drapeau, des palmiers dattiers, le majlis, un cheval arabe et des manuscrits anciens.
Cette bannière spéciale, dont la préparation a pris plus d’un mois, a été imprimée en Europe.
M. Al-Wohaibi a expliqué que les montgolfières peuvent voler plus haut que les avions, atteignant 63 000 pieds.
«Cependant, en raison de la réglementation et de l’approvisionnement en oxygène, ma montgolfière du jour de la fondation ne dépassera pas 8 000 pieds», a-t-il précisé.

Dhahran
À Dhahran, le centre du roi Abdelaziz pour la connaissance et la culture (Ithra) organise les festivités du jour de la fondation jusqu’à vendredi.
Les visiteurs pourront faire le lien entre le passé et l’avenir du Royaume grâce à une série de programmes culturels.
Environ dix-neuf activités seront proposées à différents moments, notamment un spectacle de danse de l’épée Ardah, ou Najdi Ardah, une pièce de théâtre interactive en plein air racontant l’histoire de la fondation du Royaume, et un film décrivant la vie du prince Faisal, âgé de 13 ans, avant qu’il ne devienne roi.
Cette journée à caractère familial s’adresse aux visiteurs de tous âges.
Le faucon symbolise depuis toujours la gloire et la fierté nationale dans le Royaume. Au cours de l’événement consacré aux faucons saoudiens, les visiteurs ont eu l’occasion de découvrir les différents types de faucons et de voir de près les outils de fauconnerie.
Les gens sont encouragés à s’habiller en tenue traditionnelle. Il y aura de nombreux arrière-plans instagrammables pour prendre des selfies, et des photographes professionnels seront présents pour prendre des photos de groupe.
De même, le Musée des enfants et la Bibliothèque d’Ithra proposeront des activités éducatives qui permettront aux jeunes de découvrir l’identité nationale du pays et qui mettent en valeur l’histoire du Royaume.
Les visiteurs peuvent participer ou simplement s’asseoir et profiter des nombreuses activités de plein air prévues en dehors des portes d’Ithra.
L’entrée au centre est gratuite et celui-ci sera ouvert de 16h à 23h durant la période de fête.

Djeddah
À Djeddah, les célébrations du jour de la fondation se déroulent dans un cadre constitué de plusieurs monuments et bâtiments patrimoniaux âgés d’environ quatre cents ans, selon la Commission du patrimoine.
La célébration a débuté par la célèbre danse folklorique Ardah, qui figure désormais sur la liste du patrimoine mondial immatériel de l’Unesco.
Auparavant, elle n’était pratiquée que par les hommes de la tribu Shammar de la région centrale du Najd avant de partir en guerre, mais aujourd’hui, elle est pratiquée par toutes les tribus lors des célébrations et des événements culturels.
La danse faisait suite à une promenade au cours de laquelle les visiteurs se sont plongés dans des histoires du passé sur la place ouverte historique d’Al-Sham.
Dans un théâtre ouvert, des artistes utilisant des outils et des ustensiles anciens ont joué des scènes du passé, montrant comment les gens pratiquaient le commerce, l’artisanat, le pétrissage de la pâte et la cuisson du pain.
«Nous avons préparé une histoire complète avec huit scènes différentes qui mettront en lumière les plats hijazis et offriront un aperçu du plus ancien marché commercial, où les gens échangeaient nourriture et marchandises», explique à Arab News Ahmad Khamees, créateur de spectacles en direct chez 321 Action Art Production.
«Tous les outils que nous avons utilisés datent de plus de cent ans et ont été apportés par différents musées nationaux et collectionneurs d’antiquités pour transmettre la véritable essence du jour de la fondation.»
La pièce de théâtre interactive a aussi permis aux visiteurs de découvrir l’un des plats traditionnels hijazis, généralement préparé en hiver. Il s’agit du madous, qui est composé de bouillon, d’oignons, de lentilles, de riz et de cumin, et consommé avec du poisson séché salé.
Ceux qui visitent la vieille ville peuvent également déguster du lait dans une gerbah, un ancien type de bouteille fabriquée en peau de chèvre ou de mouton, qui était utilisée pour stocker ou transporter le lait et le ghee.
Chon Yee, un touriste chinois en visite à Al-Balad, Djeddah, pendant les célébrations du jour de la fondation se confie à Arab News: «C’est la première fois que je viens en Arabie saoudite; c’est une région formidable, et je suis aussi amateur d’histoire.»
«C’est mon troisième jour ici et je ne me lasse pas de ces bâtiments extraordinaires, de leur style unique et de leurs fenêtres que je n’ai jamais vues ailleurs. Je suis tellement heureux que le ministère de la Culture paie pour les entretenir», ajoute-t-il.
Outre les kiosques qui proposent de nombreux produits traditionnels et locaux, on trouve une fresque murale où les visiteurs peuvent dessiner pour exprimer leur amour du Royaume, ainsi qu’un photomaton pour immortaliser les moments passés en famille et entre amis en tenue traditionnelle.
Par ailleurs, l’organisation à but non lucratif Monteja, en collaboration avec le Swissotel Living Jeddah, a organisé un bazar familial vendant des produits artisanaux faits main, de la nourriture et des boissons.
Le bazar a rassemblé 15 familles indépendantes au restaurant du Quartier dans le but de créer une plate-forme pour présenter et améliorer leurs moyens de subsistance et pour étudier les moyens de développer leurs entreprises.
«Le jour de la fondation est très spécial pour nous, et célébrer ce jour reflète notre amour pour notre pays bien-aimé. Nous pensons que ce bazar familial rappelle qu’il est important de se tenir main dans la main, de redonner à notre communauté et d’autonomiser ces familles», affirme Maram Aldeen, directrice générale de Moneja.
Les familles productives représentent une part importante de l’économie du Royaume, et le fait de les promouvoir peut constituer un véritable point de départ pour le développement des industries des petites et moyennes entreprises. De plus, plus de 4 000 familles ont besoin de soutien dans la région occidentale, ajoute-t-elle.
«Ce que j’attends de l’organisation de cet événement à l’hôtel, c’est que tous les clients de l’hôtel, les employés et leurs familles, ainsi que de nombreux visiteurs, profitent de l’ambiance et soutiennent ces familles en achetant et en appréciant leurs magnifiques produits.»
«L’hôtel a récemment ouvert à Djeddah, en septembre 2022, et c’est la première année que nous avons l’occasion de célébrer le jour de la fondation en tant qu’hôtel opérationnel. Nous avons toujours voulu contribuer activement et collaborer avec une organisation aussi noble qui promeut et défend une bonne cause en soutenant les familles de producteurs locaux et les talents artisanaux», a souligné Jaouad Sbihi, directeur général du Swissotel Living Jeddah.
«Je considère que c’est une obligation pour notre industrie de soutenir et de promouvoir un tel partenariat en mettant gratuitement à disposition notre plate-forme hôtelière, tout en garantissant que l’intégralité des recettes générées par les ventes soit reversée à l’organisation à but non lucratif. Dans le même temps, nous leur donnons la possibilité de présenter leurs talents et leurs compétences à nos clients, à nos collègues et à la communauté en général, ce qui leur ouvrira organiquement d’autres portes», a-t-il ajouté.
Dans une interview accordée à Arab News, Raja’s Kalantan de Needle and Yarn, qui fabrique des produits en utilisant du fil textile, affirme: «Tous les entrepreneurs sont honorés et apprécient la collaboration de l’organisation avec l’hôtel de luxe Swissotel Living Jeddah. Nous les remercions d’avoir cru en nous. Cela fait plaisir de voir des marques connues défendre une cause sociale et donner du pouvoir à des gens comme nous.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trois journalistes libanais, dont un de la chaîne du Hezbollah, tués par une frappe israélienne

Des hommes se tiennent à côté d’un immeuble endommagé après le largage de tracts d’avertissement par Israël, dans un contexte d’escalade des hostilités entre Israël et le Hezbollah, alors que le conflit entre les États-Unis et Israël avec l’Iran se poursuit, à Beyrouth, au Liban, le 28 mars 2026. (Reuters/Stringer)
Des hommes se tiennent à côté d’un immeuble endommagé après le largage de tracts d’avertissement par Israël, dans un contexte d’escalade des hostilités entre Israël et le Hezbollah, alors que le conflit entre les États-Unis et Israël avec l’Iran se poursuit, à Beyrouth, au Liban, le 28 mars 2026. (Reuters/Stringer)
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  • Trois journalistes ont été tués dans une frappe israélienne au sud du Liban, suscitant de vives condamnations des autorités libanaises, qui dénoncent un « crime de guerre »
  • Le conflit entre Israël et le Hezbollah s’intensifie, avec de lourdes pertes civiles, des attaques contre des secouristes et une aggravation de la crise humanitaire

BEYROUTH: Trois journalistes libanais, dont un correspondant vedette de la chaîne al-Manar du Hezbollah, ont été tués samedi au Liban, les autorités dénonçant un "crime flagrant".

L'armée israélienne a affirmé avoir tué Ali Shoeib, qu'elle qualifie de membre de la force al-Radwan, unité d'élite du Hezbollah, opérant "sous la couverture d'un journaliste".

Depuis que le Liban a été entraîné le 2 mars dans la guerre régionale par une attaque du Hezbollah pro-iranien contre Israël, 1.189 personnes ont été tuées, dont 124 enfants et 51 secouristes et membres du personnel de santé, dans les frappes israéliennes massives, et plus d'un million ont été déplacées.

Les trois journalistes ont été tués par une frappe qui a visé leur voiture dans la région de Jezzine, éloignée de la frontière, dans le sud du Liban, selon une source militaire et les médias pour lesquels ils travaillaient.

Outre Ali Shoeib, correspondant de guerre de longue date d'al-Manar dans le sud du Liban, la journaliste d'al-Mayadeen, chaîne proche du Hezbollah, Fatima Ftouni, et son frère, le caméraman Mohammed Ftouni, ont été tués.

Le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué l'assassinat de son reporter, tandis que des journalistes ont organisé un rassemblement dans le centre de Beyrouth.

- "Crime de guerre" -

Le président libanais Joseph Aoun a qualifié cette frappe de "crime flagrant" et a rappelé que "les journalistes bénéficient d'une protection internationale en temps de guerre".

Le premier ministre Nawaf Salam a quant à lui dénoncé "une violation flagrante du droit international humanitaire".

"Ces actes relèvent de la catégorie des crimes de guerre", a fustigé le ministre de l'Information, Paul Morcos.

Cette attaque intervient alors que deux journalistes de la chaîne russe RT ont été blessés le 19 mars dans une frappe israélienne, qui n'était pas "accidentelle" selon Moscou.

Le 17 mars, le directeur des programmes politiques d'al-Manar, Mohammed Cherri, avait été tué aux côtés de sa femme dans une frappe ayant visé son appartement du centre de Beyrouth, et blessé ses enfants et petits-enfants.

Ce n'est pas la première fois que des journalistes de ces deux chaînes sont visés par l'armée israélienne. En octobre 2024, trois reporters, deux d'al-Mayadeen et un d'al-Manar avaient été tués dans une frappe israélienne dans le sud.

En novembre 2023, deux autres journalistes d'al-Mayadeen avaient été tués par une frappe israélienne dans le sud du pays.

Un mois plus tôt, une frappe a tué le vidéaste de l'agence Reuters, Issam Abdallah, et blessé six autres reporters, dont deux de l'AFP, Dylan Collins et Christina Assi, amputée de la jambe droite.

- Neuf secouristes tués -

Le secteur de la santé est aussi durement touché par l'offensive israélienne: samedi, neuf secouristes ont été tués dans plusieurs frappes israéliennes, selon le ministre de la Santé.

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué 46 secouristes et cinq membres du personnel soignant, a précisé Rakan Nassereddine, ajoutant que 75 attaques ont visé des services de secours et de santé.

Samedi, Israël a poursuivi ses frappes aériennes sur plusieurs localités du sud du Liban, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le Hezbollah a annoncé des attaques contre les forces israéliennes qui progressent dans la région frontalière.

Il a notamment dit avoir frappé un char Merkava à l'aide d'un drone dans la localité de Debel, à majorité chrétienne, où certains habitants sont restés malgré la guerre.

Près de cette localité, un homme qui conduisait sa voiture et son fils ont été tués par "des tirs israéliens", selon l'Ani.

L'armée israélienne a de son côté annoncé poursuivre ses frappes "contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à travers le Liban".

Elle a aussi tenté de larguer des tracts au-dessus de Beyrouth, mais le conteneur ne s'est pas ouvert en vol et est tombé sur un immeuble au sud de Beyrouth, selon un journaliste de l'AFP.

L'armée israélienne a ajouté avoir frappé pendant la nuit des dizaines de cibles du Hezbollah et avoir tué vendredi deux responsables de l'unité de communications du mouvement dans une frappe à Beyrouth.

L'armée libanaise, qui reste à l'écart des violences, a annoncé samedi la mort d'un soldat de 29 ans dans une frappe israélienne dans la région de Nabatiyeh.

Il n'était pas en service, selon un porte-parole de l'armée joint par l'AFP.


Au Liban, un demi-million d'élèves privés d'école à cause de la guerre et des déplacements forcés

Une photographie prise depuis la région de Marjayoun, dans le sud du Liban, montre de la fumée s’élevant du site d’une frappe aérienne israélienne visant le village de Deir al-Zahrani, le 28 mars 2026. (AFP)
Une photographie prise depuis la région de Marjayoun, dans le sud du Liban, montre de la fumée s’élevant du site d’une frappe aérienne israélienne visant le village de Deir al-Zahrani, le 28 mars 2026. (AFP)
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  • La guerre au Liban prive près de 500.000 élèves d’école, beaucoup étant déplacés et contraints de suivre des cours à distance dans des conditions précaires
  • Les difficultés d’accès à internet et le manque de ressources aggravent les inégalités, faisant craindre abandon scolaire, fracture numérique et risques accrus pour les élèves les plus vulnérables

BEYROUTH: Dans une salle d'un lycée transformé en centre d'accueil pour déplacés, Ahmad Melhem essaye tant bien que mal de suivre sur sa tablette un cours préenregistré. Comme des centaines de milliers d'élèves libanais, il est privé d'école en raison de la guerre.

"Nous essayons, avec les moyens du bord, de continuer à étudier pour réaliser nos rêves", explique à l'AFP cet adolescent de 17 ans, alors que certains cours à distance ont repris.

Avec sa famille, ils ont dû fuir la banlieue sud de Beyrouth, pilonnée par l'armée israélienne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, lorsque le Hezbollah a commencé à tirer des roquettes sur Israël, pour venger l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei au premier jour de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran le 28 février.

Avec d'autres familles, ils ont trouvé refuge dans cette salle du lycée Abdel Kader, au coeur de la capitale.

"On a pris des risques pour aller chercher nos livres scolaires", alors que les frappes israéliennes sont quotidiennes sur la banlieue sud, raconte encore Ahmad Melhem, qui veut à tout prix terminer le lycée.

- "La guerre a tout détruit" -

Au total, près de 500.000 élèves ont dû cesser de se rendre en classe depuis le 2 mars, selon l'Unicef; quelque 350 écoles publiques ont été transformées en centre d'accueil, et les établissements scolaires dans les quartiers et localités bombardés par Israël ont fermé leurs portes pour une durée indéterminée.

Les frappes israéliennes ont tué plus de 1.100 personnes, dont 122 enfants, et déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités libanaises.

Dans la salle de classe où s'étalent matelas et couvertures, Ahmad, qui espère plus tard suivre des études d'ingénieur, s'est aménagé un coin avec ses livres et un écran d'ordinateur, mais il ne dispose pas de connexion internet.

Son école privée de la banlieue sud de Beyrouth a fini par reprendre des cours à distance, deux semaines après le début de la guerre, mais avec des aménagements: les matières facultatives restent suspendues, et les cours durent moins longtemps.

Une ONG a installé une connexion internet dans la cour, qui grouille d'enfants en train de jouer et d'adultes qui discutent autour de narguilés, mais Ahmad dit avoir a du mal à se concentrer.

"Les travaux de groupe et les projets scientifiques me manquent", confie le lycéen, qui décrit les cours en présentiel comme "plus stimulants".

Sa mère, Amira Salameh, 41 ans, tente d'aider son fils cadet, huit ans, à suivre lui aussi l'école en ligne.

"Si je laisse tout seul, il se met à rêvasser", dit-elle.  "La guerre a tout détruit, l'éducation est la seule chose qu'il reste à mes enfants."

- "Fracture numérique" -

L'Unicef s'est en particulier inquiété pour les lycéens comme Ahmad qui doivent passer le baccalauréat cette année, craignant qu'ils ne puissent rejoindre les rangs de l'université l'an prochain.

Autre sujet d'inquiétude: un possible abandon de l'école par les filles et adolescentes sous la menace de "mariages forcés", explique le directeur de l'éducation de l'Unicef au Liban, Atif Ratique.

Dans un lycée professionnel de la banlieue nord de Beyrouth, à Dekwaneh, Aya Zahran, 17 ans, passe ses journées "à cuisiner et à travailler à rendre l'endroit vivable", après avoir elle aussi fui la banlieue sud avec sa famille.

"Nous n'avons qu'un téléphone que l'on partage avec mes frères et soeurs" pour suivre les cours en ligne, et souvent, les liens transmis par l'école publique ne fonctionnent pas, dit l'adolescente.

Une illustration du manque de moyens de ces établissements publics, qui n'ont pas les ressources pour donner des cours à distance, et de la "fracture numérique" entre élèves, notamment ceux du sud du pays, les plus affectés par la guerre, selon M. Rafique.

Ces lacunes ont poussé le ministère de l'Education et l'Unicef à lancer une plateforme en ligne de cours préenregistrés. Un service d'assistance par téléphone où les élèves peuvent joindre un professeur sans avoir besoin de connexion internet a aussi été mis en place par l'Unicef et une ONG libanaise.

"Mes enfants sont d'excellents élèves, je ne veux pas qu'ils arrêtent l'école comme nous quand nous étions enfants", clame Nassima Ismaël, déplacée de l'est du pays, en évoquant sa propre enfance pendant la guerre civile (1975-1990).


L'armée israélienne dit faire face à un tir de missile du Yémen

Les Houthis manifestent en solidarité avec l’Iran et le Liban dans la capitale yéménite Sanaa le 27 mars 2026. (AFP)
Les Houthis manifestent en solidarité avec l’Iran et le Liban dans la capitale yéménite Sanaa le 27 mars 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne a détecté un missile tiré depuis le Yémen par les Houthis, première menace directe depuis un mois de conflit, déclenchant l'activation des systèmes de défense anti-aérienne
  • Les Houthis, alliés à l'Iran et à l'"axe de la résistance", menacent d'intervenir militairement contre Israël et les États-Unis en cas d'escalade régionale

JERUSALEM: L'armée israélienne a indiqué samedi avoir détecté un tir de missile depuis le Yémen, une première en un mois de guerre au Moyen-Orient, après que les rebelles Houthis soutenus par Téhéran ont menacé de se joindre au conflit.

Les forces israéliennes ont "identifié le tir d'un missile depuis le Yémen en direction du territoire israélien, les systèmes de défense anti-aérienne sont en action pour intercepter cette menace", a indiqué l'armée sur Telegram.

Les Houthis sont alliés à Téhéran au sein de ce que l'Iran a baptisé "axe de la résistance", aux côtés du Hezbollah libanais, du Hamas palestinien et de groupes armés irakiens pro-iraniens.

"Nous sommes prêts à une intervention militaire directe en cas de nouvelle alliance avec les Etats-Unis et Israël contre l'Iran (...), de conduite d'opérations hostiles à l'Iran ou tout pays musulman depuis la mer Rouge (...), et en cas de poursuite de l'escalade contre la République islamique" d'Iran, a déclaré vendredi le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, dans une vidéo diffusée sur X.

Ces insurgés pro-iraniens, qui contrôlent une grande partie du Yémen, avaient mené de nombreuses attaques contre Israël et les navires commerciaux en mer Rouge pendant la guerre entre Israël et le Hamas palestinien à Gaza, entre 2023 et 2025.

Leurs tirs de missiles et de drones avaient fortement perturbé le trafic dans cette voie maritime stratégique, aujourd'hui utilisée notamment par l'Arabie saoudite pour exporter son pétrole sans passer par le détroit d'Ormuz, où la navigation est bloquée par Téhéran.