L'exposition du Jour de la fondation met en valeur l'histoire de l’Arabie saoudite à travers l'art

L'exposition Estihlal, un mot arabe signifiant prologue ou commencement, a présenté pendant trois jours des œuvres patriotiques (Photo, AN/Abdelaziz Alnoman).
L'exposition Estihlal, un mot arabe signifiant prologue ou commencement, a présenté pendant trois jours des œuvres patriotiques (Photo, AN/Abdelaziz Alnoman).
Les célébrations de la Journée de la fondation ont démarré tôt cette année sur la scène artistique de Riyad grâce aux expositions «Estihlal» (Photo, AN/Abdelaziz Alnoman).
Les célébrations de la Journée de la fondation ont démarré tôt cette année sur la scène artistique de Riyad grâce aux expositions «Estihlal» (Photo, AN/Abdelaziz Alnoman).
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Publié le Mercredi 22 février 2023

L'exposition du Jour de la fondation met en valeur l'histoire de l’Arabie saoudite à travers l'art

  • Des moments importants du passé du Royaume ont été mis en lumière alors que des artistes «montrent leur amour pour leur patrie»
  • Au fond de la salle d'exposition, une installation vidéo invitait les spectateurs à devenir son centre d'intérêt

RIYAD: Les célébrations du Jour de la fondation ont démarré tôt cette année sur la scène artistique de Riyad avec l'exposition «Estihlal», organisée par l'initiative artistique Piece of Feel au Line Furniture du 19 au 21 février.
«Estihlal», mot arabe signifiant prologue ou commencement, était un titre approprié pour l'exposition de trois jours, qui présentait des œuvres d'art patriotiques réalisées par 15 artistes saoudiens des quatre coins du Royaume, honorant l'histoire, les héros et le patrimoine de la région qui ont jeté les bases du pays actuel.
Piece of Feel (part de sensation), est une initiative de la princesse Roqayaih bent Saoud visant à créer une plate-forme pour une société artistique proposant des ateliers, des expositions et des opportunités d'engagement communautaire.
Selon la princesse Roqayaih, également conservatrice de l'exposition, «l'initiative vise à permettre à chaque artiste d'exprimer ses sentiments sur le Jour de la fondation, son amour pour sa nation et l'unification du Royaume.
«J'ai sélectionné chaque œuvre d'art qui porte véritablement les émotions de l'artiste dans la pièce, et pas seulement une pièce qui contribue à l'exposition, parce que cela correspond également à la mission de Piece of Feel», a-t-elle déclaré.
L'exposition présente des œuvres de la princesse Roqayaih, ainsi que des artistes Mohammed al-Ajlan, Ibrahim Alalmai, Modhi Muslih, Wedad Alahmadi, Mohammed Rayes, de la photographe Hadeel al-Jmaan, du sculpteur Mohammed Althaqafi et du calligraphe Bader Aljafen.
Au fond de la salle d'exposition, une installation vidéo invitait les spectateurs à en devenir le centre. En se tenant au centre, face au contenu immersif, ils ont vécu les événements qui se sont déroulés avant la création du premier État saoudien, la fusion de la région, jusqu'au règne du roi Abdelaziz.
«C'est pour donner l'impression que c'est pour vous, en tant que Saoudien. Vous êtes le point central», a-t-elle indiqué en décrivant l'œuvre d'art.
L'œuvre exclusive de la princesse Roqayaih, «Fath Al Riyadh (Unification de Riyad)», offre une partie de l'histoire du Royaume que nous connaissons aujourd'hui. Dans l'obscurité de la nuit, la lune suivant derrière, les héros du passé émergent au premier plan de la toile, juchés sur leurs coursiers, dans des teintes de vert patriotique.
Le roi Abdelaziz est accompagné de ses hommes, dont le grand-père de la princesse Roqayaih, le prince Nasser ben Saoud et son fils le prince Saoud ben Nasser, le prince Mohammed ben Abdel Rahmane, le prince Fahad ben Jiluwi et son frère Abdallah ben Jiluwi.
«Peu de gens connaissent cette histoire et les héros qui ont accompagné le roi Abdelaziz, qui ont tous leur propre histoire et leur contribution à l'acquisition de Riyad. J'ai donc voulu les réunir tous dans un même cadre. La scène est représentée la nuit parce que leur plan a eu lieu pendant la nuit», a-t-elle signalé.
La fête nationale occupe une place particulière dans le cœur de la princesse Roqayaih, non seulement pour sa capacité à rassembler les gens, mais aussi pour son potentiel à éduquer le public saoudien sur son histoire pertinente.
«Le Jour de la fondation signifie beaucoup pour moi, en dehors du fait que c'est ma famille et que l'un de ces héros est mon grand-père. C'est le fondement de ce que nous sommes aujourd'hui. C'est grâce à leurs efforts initiaux.
«Si vous lisez l'histoire, tant de choses ne nous ont jamais été mentionnées, c'est pourquoi j'ai voulu mettre en avant les petits détails, comme ce que le roi Abdelaziz disait avant de prendre une décision (par le calligraphe Bader Aljafen), afin que les gens comprennent la signification de la Journée de la fondation et la différence entre celle-ci et la Journée nationale, également.»
L'artiste numérique Chams Alsehli a actualisé son style surréaliste habituel pour recréer un portrait du roi Abdelaziz.
«Je ne me limite à aucune école d'art, juste mon esprit et mes sentiments, et parfois des rêves qui me viennent. Cette pièce était un défi, mais dans le bon sens du terme. C'était une belle douleur», a-t-elle déclaré à Arab News.
Bien qu’Alsehli n'ait pas l'habitude de créer des œuvres réalistes, elle a mis ce style en pratique pour réaliser l'œuvre numérique présentée dans l'exposition.
Non loin de là, les œuvres de l'artiste de renom Tagrid Albagchi racontent une histoire qui leur est propre. L'œuvre intitulée «Women Driving and Social Life» (Les femmes au volant et la vie sociale) déborde de couleurs et illustre la liberté que les femmes ont acquise depuis qu'elles ont obtenu le droit de conduire. L'œuvre encadre trois véhicules, tous conduits par des femmes, dans le style caractéristique de l'artiste.
L'autre est une œuvre d'art exclusive créée spécialement pour l'exposition.
L'artiste multimédia Mai Hamdan fusionne des aspects et des techniques traditionnelles avec des versions contemporaines dans son œuvre «Mader», un terme arabe qui signifie «passé» et «présent». L'œuvre se compose de pierres précieuses brutes et non taillées, fabriquées à l'aide de résine, qui constituent la couche extérieure de l'œuvre, et d'une broderie traditionnelle Sadu détaillée sous-jacente à l'extérieur.
«Je suis très intéressé par la consolidation de notre identité et de notre patrimoine, c'est pourquoi j'ai commencé à créer des peintures modernes mais intemporelles qui s'éloignent des méthodes traditionnelles», a révélé Hamdan à Arab News.
Pour Hamdan, l'exposition représente l'unification non seulement de l'État, mais aussi des artistes. Ils se sont tous intégrés de manière à présenter une identité solide et un objectif plus grand, indépendamment du balancement de leurs pinceaux ou de la nature de leur moyen.
«Le jour de la fondation est le moment où toutes nos histoires ont commencé», a-t-elle soutenu. «Auparavant, les artistes occidentaux recevaient plus d'attention, mais après la Vision 2030, la situation a complètement changé. L'objectif de la caméra s'est davantage concentré sur les artistes saoudiens dans le but de montrer au monde le nombre d'art, le nombre de talent et le nombre de créations émanant de nos âmes.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Arabofuturs redéfinit les couleurs et les singularités du monde arabe

Gaby Sahha, avec sa peinture de grand format intitulée « Jour » (2022), représente une société cyberpunk faite d’acier. L’artiste explore l’impact des dynamiques de standardisation des sociétés actuelles qui ne laissent pas de places aux multiples identités culturelles. (Photo : Zeina Zbibo)
Gaby Sahha, avec sa peinture de grand format intitulée « Jour » (2022), représente une société cyberpunk faite d’acier. L’artiste explore l’impact des dynamiques de standardisation des sociétés actuelles qui ne laissent pas de places aux multiples identités culturelles. (Photo : Zeina Zbibo)
Hicham Berrada utilise le métal pour faire des masques hybrides entre insectes, végétaux et humains dans sa dernière série de sculptures, intitulée Les Hygres (2023).  (Photo: Zeina Zbibo)
Hicham Berrada utilise le métal pour faire des masques hybrides entre insectes, végétaux et humains dans sa dernière série de sculptures, intitulée Les Hygres (2023). (Photo: Zeina Zbibo)
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  • L’exposition mêle couleurs, matières, et visions du futur ancrées dans différentes perceptions artistiques et cultures du monde arabe
  • L’objectif est de présenté ce qui est en train de se mettre en place dans le monde arabe, aussi bien dans le Golfe qu’en Afrique du Nord

PARIS: Arabofuturs est une exposition d’art contemporain à découvrir à l’Institut du Monde Arabe (IMA) jusqu’au 27 octobre 2024. L’exposition mêle couleurs, matières, et visions du futur ancrées dans différentes perceptions artistiques et cultures du monde arabe.

Dans un entretien accordé à Arab News en français à l’IMA, Élodie Bouffard, commissaire d’Arabofuturs, nous fait voyager à travers les différents éléments de l’exposition, et ces dix-huit artistes du monde arabe et de ces diasporas, parmi lesquelles Zahrah Al Ghamdi, Souraya Haddad Credoz, Aïcha Snoussi, et Hicham Berrada.

L'exposition se déploie sur deux grands plateaux aux scénographies uniques qui essaient d'explorer des territoires et des expressions artistiques variées.

Futurs programmés et futurs hybrides

Sur le premier plateau, à caractère de vaisseau blanc, intitulé « les futurs programmés », les artistes interrogent les sociétés contemporaines, « le capitalisme, l'ultra consumérisme, la question de l’exil, de la diaspora, et des identités souvent dans une démarche postcoloniale, » explique Élodie Bouffard.

Le deuxième espace, plus sombre, avec des lumières néon vertes, s'intéresse aux « futurs hybrides » qui aborde la question des nouveaux imaginaires où les artistes déploient des fictions narratives, esthétiques qui amènent le visiteur dans des mondes organiques, « qui font voyager dans le temps, réfléchir aussi au transhumanisme, à l'avenir de l'humain, à la résilience de la nature, » ajoute-t-elle.

Ces deux espaces de l'exposition montrent que la lecture des futurs est personnelle, où chaque artiste puise dans son expérience personnelle, son histoire et ces préoccupations.

Les thèmes du rapport à la nature et à la société, et la question d'identité, entre autres, invitent le visiteur à se questionner sur les réalités d'un territoire, pertinent dans un contexte global marqué par une montée des tensions sociales et politiques.

L’exposition est le fruit d’un travail de recherche de plus de dix-huit mois. Les commissaires de l‘exposition, Élodie Bouffard et Nawel Dehina, présentent un panel d’artistes allant du Koweït au Maroc, pour présenter des visions différentes du « futur ».

Gulf futurism

L'exposition s’ouvre sur un espace dédié à la création du Golfe, avec le projet de Sophia Al-Maria et Fatima Al Qadiri et la mise en place de leurs concepts du Gulf futurism, développé par les deux artistes en 2012, dans le cadre d'une série photo et d'un entretien dans le magazine Dazed.

« Cet article a été un moment fondateur, ayant amené les artistes à s'intéresser à la question des futurs et de la science-fiction, » explique Élodie.

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Sophia Al-Maria et Fatima Al Qadiri - Série The desert of the unreal, 2012. (Photo: Zeina Zbibo)

La série de photographies et une installation vidéo de Sofia Al Maria, Black Friday, interroge la standardisation des espaces et la solitude qui pourrait en mener, est suivie d’une installation de Zahra Al Ghamdi, qui a été présentée à la biennale d'art contemporain de Diriyah, et qui interroge les nouvelles architectures.

« Elle essaie de créer une nouvelle cosmogonie, nouvelle création sur la question des skyline, et la valorisation du patrimoine, et l'avenir des constructions de métal et de verre, dans des environnements sur lequel il y a une vraie culture, aussi matérielle qu’architecturale, » confirme Élodie.

L’objectif est de présenter ce qui est en train de se mettre en place dans le monde arabe, aussi bien dans le Golfe qu’en Afrique du Nord, et les différentes applications des questions d’architecture, de patrimoine, d’identité et de l’exil.

« Les sujets qui ont liés au futur des sociétés peuvent être ancré dans leur passé. On voulait montrer qu’il n’y a pas un seul futur. C'est notre travail à l’Institut du monde arabe, d’arrêter de voir le monde arabe comme un bloc, » confirme Élodie.

« On a construit ce projet dans cette dynamique des singularités qui s'exprime dans le monde arabe, et la singularité de chacun des artistes, » ajoute-t-elle.

Monde organique… monde à venir

« Quand on parle de futur, tout le monde pense aux jeux vidéo et à l'intelligence artificielle. Alors que les futurs se déploient sur toutes les formes. On trouvait intéressant d'aller questionner les installations, la peinture, la céramique et des mondes organiques, » explique Élodie Bouffard.

L’exposition met en lumières l’utilisation de différents matériaux pour montrer que la question des futurs n'est pas que technique, elle est sensible.

L’idée s’est concrétisée à travers le cuir, une matière organique, pour Zahrah Al Ghamdi. Hala Schoukair, a travaillé sur des micromondes organiques, sur la répétition du mouvement dans la peinture, alors qu'Hicham Berrada a eu recours au métal pour faire des masques hybrides entre insectes, végétaux et humains.

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Soraya Haddad Credoz - Chimère, 2024 (Photo: Zeina Zbibo)

« Soraya Haddad Credoz, a travaillé la céramique, une sorte de magma coloré qui revient d'une matière quasiment vivante pour construire des nouveaux mondes organiques post-apocalyptiques et en même temps d'une grande beauté, » explique Élodie.

Diverses propositions se déploient en une seule exposition, et qui vise à renforcer l’idée des futurs qui s’expriment dans des formes artistiques esthétiques et narratives complexes.

Le manuscrit trouve sa place dans l’exposition, et reflète la question d’archives, d’encyclopédies du futur, et la notion d’archéo-fiction menée par Aïcha Snoussi.

« Aïcha Snoussi recrée des manifestes qui témoignent de sociétés disparues, passées et qui mènent notamment de l'écriture arabe, mais également amazigh, avec une question de symbolique qui recrée des passerelles entre passer présents et futurs, » explique Bouffard.

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Aïcha Snoussi - Chaos archeology, 2022 (Photo: Zeina Zbibo)

Pour sa part, Larissa Sansour, artiste palestinienne, a proposé une vidéo qui fait voyager dans le temps avec des activistes archéologues qui enfouit sous la terre des porcelaines avec le motif du keffieh pour tenter d’avoir des revendications futur sur ce territoire.

« Larissa crée l’œuvre en 2015. Elle met en regard la politisation de l'archéologie en Israël/Palestine et cette vidéo qui est d'une dimension activiste prégnante à un écho tout particulier aujourd'hui, » ajoute Élodie.

On retrouve une démarche d'action dans l'archéologie et dans l’écriture avec Larissa Sansour et Aïcha Snoussi.

Hicham Berrada, s’est penché sur l'archéo-fiction avec un terrarium, faisant partie de sa proposition pour Arabofuturs, qui essaie de démontrer la petitesse des constructions contemporaines.

« Les grandes civilisations ont laissé des monuments immenses. Qu'est-ce qu'il va en rester ? (…) Dans son ce terrarium petit à petit, la végétation va grandir pendant les six mois de l'exposition, » explique Élodie.

L'œuvre d’Hicham Berrada permet de finir la visite sur un basculement dans la dernière section de l'exposition qui s'appelle « monde organique, monde à venir. » 


La beauté naturelle du parc Raghadan à Al-Baha séduit les visiteurs

Le parc Raghadan à Baha comprend une forêt avec un jardin de lavande et une zone centrale qui s'étend sur plus de 20 000 mètres carrés. (SPA)
Le parc Raghadan à Baha comprend une forêt avec un jardin de lavande et une zone centrale qui s'étend sur plus de 20 000 mètres carrés. (SPA)
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RIYAD: Avec ses vastes espaces verts, sa forêt dense et son climat doux, le parc Raghadan est l'une des destinations les plus populaires d'Al-Baha pour les touristes en quête d'activités de plein air.

Dans une interview accordée à l'Agence de presse saoudienne, Ali Al-Sawat, le maire de la région d'Al-Baha, a évoqué les projets municipaux en cours dans le parc forestier de Raghadan.

Il a déclaré : “Ces projets englobent le parc Bahjat Raghadan, qui s'étend sur une superficie d'environ 20 000 mètres carrés, avec une allée principale de 700 mètres et 18 000 mètres carrés d'espaces verts”.

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Le parc Raghadan à Baha comprend une forêt avec un jardin de lavande et une zone centrale qui s'étend sur plus de 20 000 mètres carrés. (SPA)


“Le parc comprend également une cascade impressionnante de 30 mètres, une fontaine interactive, 156 colonnes décoratives, trois zones de jeux pour enfants, trois zones dédiées à la photographie et un pont piétonnier de 25 mètres”.

“Le site, comprenant des cafés et des restaurants, possède également une forêt avec un jardin de lavande et une zone centrale s'étendant sur plus de 20 000 mètres carrés”, a-t-il ajouté.

La place centrale s'étend sur 8 000 mètres carrés et est reliée au jardin, qui occupe environ 5 000 mètres carrés. Une allée de 500 mètres, recouverte de pierres naturelles et agrémentée de cascades, lui est adjacente.

Le projet est éclairé par environ 270 poteaux d'éclairage décoratifs et comprend des statues, des parterres de fleurs, des aires de repos, des ponts en bois et des kiosques.

Le maire souhaite la bienvenue aux touristes et aux visiteurs, les invitant à profiter de l'atmosphère, des vues imprenables, des vallées et de la végétation luxuriante du site.


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Malala appelle le Pakistan à arrêter d'expulser les Afghans, très inquiète pour les filles

La lauréate pakistanaise du prix Nobel de la paix Malala Yousafzai pose pour un portrait lors d’un entretien avec l’AFP à Londres le 12 juillet 2024(AFP)
La lauréate pakistanaise du prix Nobel de la paix Malala Yousafzai pose pour un portrait lors d’un entretien avec l’AFP à Londres le 12 juillet 2024(AFP)
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  • "Il est très inquiétant que le Pakistan force les réfugiés afghans à retourner en Afghanistan. Je suis très inquiète pour les femmes et les filles", a déclaré vendredi cette femme de 27 ans,
  • Début juillet, les Nations unies et les talibans ont entamé des pourparlers à Doha, au Qatar, pour la première fois depuis leur retour au pouvoir.

LONDRES : La prix Nobel de la paix, la Pakistanaise Malala Yousafzai, appelle le Pakistan, dans une interview à l'AFP, à abandonner sa politique d'expulsion des Afghans sans papiers, afin notamment de protéger les femmes et les filles face aux talibans.

"Il est très inquiétant que le Pakistan force les réfugiés afghans à retourner en Afghanistan. Je suis très inquiète pour les femmes et les filles", a déclaré vendredi cette femme de 27 ans, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2014 pour son combat pour le droit des filles à l'éducation.

Malala avait 15 ans quand, le 9 octobre 2012, des membres du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), ont fait irruption dans le car la ramenant de l'école et lui ont tiré une balle dans la tête pour avoir osé faire campagne en faveur de la scolarisation des filles dans sa vallée de Swat (nord-ouest).

Soignée en urgence au Royaume-Uni, elle est devenue un symbole mondial de résistance à l'extrémisme religieux et la porte-voix des filles privées d'instruction, puis en 2014 la plus jeune prix Nobel de la Paix de l'histoire.

Bien qu'il ait prolongé d'un an l'autorisation de séjour des réfugiés afghans au Pakistan, le gouvernement pakistanais a prévenu cette semaine qu'il continuerait à expulser les sans-papiers.

Plus de 600.000 Afghans ont déjà fui le Pakistan voisin depuis qu'Islamabad a ordonné l'an dernier aux sans-papiers de partir sous peine d'être arrêtés.

Des défenseurs des droits humains ont prévenu que certaines personnes renvoyées en Afghanistan risquaient d'être persécutées par les talibans.

Depuis son retour au pouvoir en août 2021, le gouvernement taliban, à l'interprétation austère de l'islam, n'a eu de cesse de réduire les droits des Afghanes. Les écoles secondaires et les universités ont fermé leurs portes aux femmes, tout comme les parcs, salles de sport et hammams.

"Beaucoup de ces filles au Pakistan étudiaient, elles étaient à l'école, ces femmes travaillaient", a expliqué Malala.

"J'espère que le Pakistan reviendra sur sa politique et qu'il protégera les filles et les femmes, notamment en raison de l'avenir sombre qui les attend en Afghanistan", a-t-elle ajouté.

"Je ne peux pas croire que je vis dans une époque où les filles sont privées d'éducation depuis plus de trois ans", a-t-elle déclaré. C'est une situation "choquante".

Le Fonds Malala fait campagne pour que les Nations unies élargissent leur définition des crimes contre l'humanité afin d'y inclure l'"apartheid entre les sexes", expression utilisée par les Nations unies pour décrire la situation en Afghanistan.

- "Protéger" les enfants à Gaza -

Début juillet, les Nations unies et les talibans ont entamé des pourparlers à Doha, au Qatar, pour la première fois depuis leur retour au pouvoir.

Mais les talibans ont posé leurs conditions: les discussions se sont tenues en l'absence de femmes.

"Les dirigeants internationaux doivent comprendre que lorsqu'ils s'assoient avec les talibans et qu'ils excluent les femmes et les jeunes filles, ils rendent service aux talibans", a dénoncé Malala.

Elle demande "aux pays, dont le Canada et la France, qui ont une politique étrangère féministe, de condamner" les discussions de Doha.

Par ailleurs, Malala appelle à un cessez-le-feu "urgent" dans la guerre à Gaza. "Il est horrible de voir combien d'écoles ont été bombardées".

Selon les autorités de la bande de Gaza dirigée par le Hamas, 85% des établissements scolaires du territoire ne peuvent plus fonctionner.

"C'est très préoccupant, car nous savons que les enfants n'ont pas d'avenir lorsqu'ils vivent dans la guerre, lorsque leurs écoles et leurs maisons sont détruites", a déclaré Malala.

Elle appelle à soutenir l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), qui coordonne la quasi-totalité de l'aide à Gaza, et qui consacrait plus de la moitié de son budget avant la guerre à l'éducation.

Mais cette agence fait face à des problèmes de financement depuis que plusieurs pays, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, ont suspendu leur aide au début de l'année, en raison d'accusations israéliennes selon lesquelles des employés étaient impliqués dans l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre.

"J'espère que tous les pays apporteront leur aide et leur soutien, car il s'agit de personnes innocentes et de civils qui doivent être protégés", a plaidé Malala.