Ouverture du procès d'un djihadiste toulousain et de son épouse

Un croquis d'audience réalisé le 25 mars 2019 au palais de justice de Paris montre Abdelkader Merah (Photo, AFP).
Un croquis d'audience réalisé le 25 mars 2019 au palais de justice de Paris montre Abdelkader Merah (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 14 janvier 2023

Ouverture du procès d'un djihadiste toulousain et de son épouse

  • Le Toulousain Jonathan Geffroy, jugé à partir de lundi s'est révélé une précieuse source d'informations
  • Il a révélé notamment que l'EI envisageait d'envoyer des enfants-soldats en Europe

PARIS: C'est le plus bavard des ex-djihadiste de l'organisation Etat islamique (EI). Le Toulousain Jonathan Geffroy, jugé à partir de lundi par la cour d'assises spéciale de Paris aux côtés de son épouse et de sa mère, s'est révélé une précieuse source d'informations depuis son interpellation il y a six ans.

Capturé début 2017 par l’Armée syrienne libre (ASL) tandis qu’il cherchait à fuir la Syrie avec sa femme et ses deux enfants (dont l'un né en Turquie en juin 2017 après l'interpellation du couple), remis aux autorités françaises en septembre de la même année, cet homme de 40 ans a beaucoup parlé aux enquêteurs.

Il a révélé notamment que l'EI envisageait d'envoyer des enfants-soldats  - les "lionceaux du califat" - en Europe "pour y mener des opérations suicides".

Selon Jonathan Geffroy, l'EI avait également prévu de "semer la terreur dans les campagnes françaises" en commettant "de multiples meurtres isolés à la campagne". L'EI souhaitait aussi "cibler une centrale nucléaire française", a confié aux enquêteurs l'ex-djihadiste. Il a en outre livré les noms de dizaines de Français ayant rejoint l'organisation islamiste.

Jugé pour association de malfaiteurs terroriste (AMT), Jonathan Geffroy se présente aujourd'hui comme un "repenti". Mais des rapports d'évaluation en prison notent qu'il adhère toujours "à une vision très rigoriste de l'islam, prônant la séparation des hommes et des femmes lors des fêtes et repas, préférant une femme portant le jilbab ou le niqab et n'écoutant pas d'autre musique que des anasheeds (chants religieux), la musique étant liée au plaisir".

Dans un courrier saisi par la justice en avril 2021, Jonathan Geffroy reprochait vivement à sa femme sa tenue vestimentaire qui ne comportait plus de voile. Ça me fait "faire des cauchemars", écrivait-il.

Jonathan Geffroy avait rejoint la Syrie et les rangs de l'EI en février 2015 avec sa femme marocaine Latifa Chadli, - qui comparaît libre sous contrôle judiciaire également pour AMT - et leur premier enfant, âgé alors seulement de deux mois, partie civile dans le procès de ses parents par l'intermédiaire de l’association SOS Victimes 93.

La mère de Jonathan Geffroy, Denise P., 59 ans, comparait également libre, sous contrôle judiciaire, pour "financement du terrorisme" après avoir envoyé plusieurs milliers d'euros à son fils quand il se trouvait en zone irako-syrienne.

Ami d'Abdelkader Merah
Converti à l'islam en 2007, Jonathan Geffroy s'est rapidement radicalisé, effectuant un premier voyage en Egypte en 2008.

A compter de cette date, il effectuera des séjours réguliers dans ce pays où il rencontrera notamment Abdelkader Merah, le frère de Mohamed Merah - assassin, en 2012 à Toulouse et Montauban, de trois militaires, de trois enfants et un enseignant juifs.

Au cours de ses auditions, Jonathan Geffroy a reconnu avoir brièvement hébergé Mohamed Merah lors d'un séjour en Egypte en 2010.

En 2013, il s'installe au Maroc avec sa première épouse qu'il quitte pour se marier avec Latifa Chadli, âgée aujourd'hui de 40 ans. Le couple quitte le royaume pour s'installer en Egypte en février 2014 et déjà Jonathan Geffroy songe à rejoindre la Syrie "afin de vivre dans une terre d'islam sur laquelle était appliquée la charia".

Malgré la naissance d'un enfant en novembre 2014, Jonathan Geffroy et Latifa Chadli rejoignent en février 2015 la Syrie où ils sont aussitôt pris en charge par l'EI.

Jonathan Geffroy sert dans les rangs de la katiba (brigade) Anwar al-Awlaki, un détachement de l'EI regroupant quelques dizaines de Français dont les frères Jean-Michel et Fabien Clain, également originaires de Toulouse, deux responsables de la propagande de l’EI, qui revendiqueront notamment les attentats du 13 novembre 2015 en France.

Il combattra également à Ramadi en Irak dans les rangs de la katiba d'élite Tariq Ibn Zyad, brigade créée par Abdelilah Himich (l'un des combattants français les plus gradés de l'EI, connu sous le nom de guerre d'Abou Souleymane al-Faransi, le Français) dont ont fait partie notamment les assaillants du Bataclan.

Jonathan Geffroy qui aimerait "refaire sa vie" au Maroc où il envisage d'ouvrir "une boutique de lingerie" avec sa femme encourt 30 ans de réclusion criminelle. Latifa Chadli risque la même peine et Denise P. 10 ans de prison.

Le procès est prévu jusqu'au 23 janvier.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.