L'armée israélienne prévoit de déplacer un millier de Palestiniens à l'insu du gouvernement

Le commandement du district central de l'armée a commencé à préparer le déplacement des résidents en novembre (Photo fournie).
Le commandement du district central de l'armée a commencé à préparer le déplacement des résidents en novembre (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 12 janvier 2023

L'armée israélienne prévoit de déplacer un millier de Palestiniens à l'insu du gouvernement

  • Les préparatifs auraient commencé en novembre, mais les plans n'ont été présentés au gouvernement que la semaine dernière
  • Les plans concernent 12 villages de Cisjordanie

RAMALLAH: Selon des sources israéliennes, des responsables des forces armées israéliennes ont planifié le déplacement forcé d'environ 1 000 Palestiniens des villages de Masafer Yatta, près du sud d'Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, à l'insu du gouvernement israélien.
Le commandement du district central de l'armée a commencé à préparer le déplacement des résidents en novembre afin que l'armée puisse effectuer des exercices d'entraînement réguliers dans la région, ont indiqué ces sources.
Le plan n'aurait été présenté pour la première fois au gouvernement que la semaine dernière, après l'arrivée du nouveau gouvernement, et le déplacement des résidents devrait avoir lieu cette année. La décision a été communiquée par des responsables de l'administration civile israélienne, qui supervise les affaires civiles dans les territoires occupés, à l'Autorité palestinienne lors d'une réunion la semaine dernière en Cisjordanie.
Le déplacement forcé de civils à partir ou à l'intérieur des Territoires palestiniens est interdit par le droit international humanitaire.
Des représentants de l'Autorité palestinienne ont affirmé aux habitants de Masafer Yatta que des responsables de l'administration civile les avaient informés de plans visant à déplacer les résidents de 12 villages, soit une augmentation par rapport aux huit qui étaient inclus dans la dernière pétition sur la question, qui a échoué, et présentée par les résidents à la Cour suprême. Les responsables des forces armées israéliennes proposent que les résidents des villages soient déplacés vers deux nouveaux sites dans la région et qu'ils puissent choisir l'emplacement de l'un d'eux.
Des sources politiques et sécuritaires israéliennes auraient exprimé leur inquiétude quant au comportement des responsables militaires dans cette affaire, avertissant qu'il s'agit d'un «signal d'alarme» concernant les futurs plans affectant les Palestiniens et la capacité de l'armée à tenir tête aux politiciens, à l'extrême droite et aux colons qui «font pression sur les officiers supérieurs et attendent d'eux qu'ils prennent des décisions conformes à leurs idées en fonction de considérations politiques et non professionnelles».
Nidal Younes, chef du Conseil des villages de Masafer Yatta, a déclaré à Arab News que les attaques de l'armée, de la police et des colons israéliens contre les Palestiniens ont considérablement augmenté depuis que la Cour suprême israélienne a décidé, en mai, de déplacer huit communautés, de restreindre la circulation des résidents d'autres villages, d'empêcher les non-résidents d'entrer dans certains villages et de confisquer les machines agricoles et les véhicules. Les colons ont d'après lui attaqué les résidents de Masafer Yatta, leurs pâturages pour le bétail, et les ont empêchés de labourer leurs terres et de cultiver les plantes utilisées pour nourrir leur bétail.
«L'objectif de l'escalade des attaques contre nous est de rendre nos vies difficiles et impossibles, et donc de nous obliger et de nous pousser à quitter nos villages et à laisser nos terres pour qu'ils les contrôlent», a affirmé Younes.
Les villages de Masafer Yatta occupent une superficie d'environ 35 km carrés et comprennent cinq écoles et cinq centres médicaux. Environ 1 150 Palestiniens de 215 ménages y vivent, dont 569 enfants.
Les habitants dépendent de l'aide humanitaire en raison du régime de planification restrictif et discriminatoire auquel ils sont confrontés. Les autorités israéliennes ont émis des ordres de démolition ou d'arrêt des travaux contre la plupart des maisons, des abris pour animaux et des infrastructures communautaires dans les villages, au motif qu'ils ont été construits sans les permis de construire requis, qu'il est presque impossible pour les Palestiniens d'obtenir. Cela a entravé le développement de logements, d'infrastructures et de moyens de subsistance adéquats.
Outre la menace de démolition de leurs maisons, les communautés palestiniennes sont également confrontées à la violence des colons d'un avant-poste voisin qui ont bloqué les routes de la région, attaqué des agriculteurs et incendié des meules de foin et des zones de pâturage. Cette situation a mis en péril la sécurité physique des villageois, a eu des répercussions négatives sur leur santé mentale et psychosociale, a abaissé leur niveau de vie et a accru leur dépendance vis-à-vis de l'aide humanitaire.
L'élevage de bétail constitue la principale source de revenus de la communauté, mais l'accès aux pâturages a été réduit par l'armée et les activités de colonisation.
Younes Arar, chef de l'unité des relations internationales à la Commission de résistance aux colonies et au mur, a déclaré à Arab News que l'inquiétude grandit au sein des villageois restants, étant donné que les autorités israéliennes ont retiré huit des douze communautés des villages de Masafer Yatta à la suite de la décision de la Cour suprême l'année dernière – et surtout depuis que le nouveau gouvernement israélien d'extrême droite est arrivé au pouvoir fin décembre.
Arar a signalé que les démolitions de bâtiments et la destruction de terres à Masafer Yatta par les autorités israéliennes ont augmenté ces deux dernières semaines, et que les Palestiniens prévoient des manifestations pour tenter de résister au déplacement forcé des résidents.
Les responsables palestiniens se sont dits déçus des efforts déployés par la communauté internationale pour empêcher les autorités israéliennes de mettre en œuvre leurs plans de déplacement forcé, en particulier de la faiblesse des déclarations publiées par l'UE et l'ONU, qui n'ont pas dépassé le stade de l'expression de leur inquiétude et n'ont inclus aucune mesure afin d’essayer de contraindre les autorités israéliennes à faire marche arrière.
Les organisations humanitaires et les donateurs ont apporté leur aide pour répondre aux besoins des communautés restantes de Masafer Yatta, notamment en matière d'eau et d'électricité, et pour prévenir les déplacements forcés. Cependant, les autorités israéliennes entraveraient ces efforts en émettant des ordres de démolition ou d'arrêt des travaux, en confisquant les véhicules et les équipements, en limitant l'accès aux terres et en empêchant les travailleurs humanitaires d'entrer dans la zone.
Les écoles de la zone, construites avec le soutien de donateurs internationaux, font l'objet d'ordres de démolition en attente, tout comme les centres médicaux. Les activistes préviennent que les expulsions forcées créent de nombreux besoins humanitaires qui doivent être pris en compte afin de garantir que les personnes soient protégées et aient accès aux services essentiels.


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie saoudite prend la tête de la condamnation arabe des raids israéliens sur le territoire syrien

Debris lie on the ground at the scene of an Israeli strike in a military facility in Syria's southern Hama governorate, Apr. 3, 2025. (AFP)
Debris lie on the ground at the scene of an Israeli strike in a military facility in Syria's southern Hama governorate, Apr. 3, 2025. (AFP)
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  • Le Royaume exhorte les membres permanents du Conseil de sécurité à se pencher sur les violations commises en Syrie et dans la région
  • L'Égypte affirme que les raids constituent une violation flagrante du droit international

RIYADH : L'Arabie saoudite a pris la tête de la condamnation arabe des frappes aériennes israéliennes qui ont violé la souveraineté de la République arabe syrienne et fait des dizaines de victimes civiles et militaires.

Le ministère saoudien des affaires étrangères a déclaré que les raids israéliens constituaient des "tentatives de menacer la sécurité et la stabilité de la Syrie et de la région en violant les lois internationales".

Le Royaume a exhorté les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies à s'attaquer fermement aux violations israéliennes en cours en Syrie et dans la région, et a appelé à l'activation de mécanismes de responsabilisation.

Au cours de la nuit, les frappes aériennes israéliennes ont visé cinq zones en Syrie, dont la capitale Damas et l'aéroport de Hama. Plusieurs personnes ont été blessées, tandis que les actions et une incursion au sol ont fait 13 morts.

Depuis la chute du régime de Bashar Assad en décembre, Israël s'est emparé de certaines zones du sud de la Syrie pour tenter d'éloigner les forces du nouveau gouvernement de la frontière.

L'Égypte a déclaré jeudi que les raids israéliens constituaient une nouvelle violation flagrante du droit international. Elle a appelé les acteurs internationaux à contraindre Israël à mettre fin à son occupation du territoire syrien et à respecter l'accord de désengagement de 1974.

Le ministère jordanien des affaires étrangères et des expatriés a réitéré le soutien d'Amman à la sécurité, à la stabilité et à la souveraineté de la Syrie. Il a souligné la nécessité pour Israël d'adhérer au droit international et aux résolutions des Nations unies qui appellent au respect de la souveraineté des États et à la non-ingérence dans les affaires intérieures.


Le roi Abdallah en Allemagne: pour une fin de la guerre israélienne à Gaza

Le roi Abdallah II de Jordanie participe à une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand à la chancellerie de Berlin, le 3 avril 2025. (AFP)
Le roi Abdallah II de Jordanie participe à une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand à la chancellerie de Berlin, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le roi Abdallah de Jordanie a exhorté la communauté internationale à mettre fin à la tragédie à Gaza
  • Il a remercié l'Allemagne pour son soutien à la réponse humanitaire dans le territoire côtier palestinien

LONDRES: Le roi Abdallah II de Jordanie a appelé à la fin de la guerre israélienne dans la bande de Gaza et a exhorté à un retour à un accord de cessez-le-feu lors d'une conférence de presse jeudi avec le chancelier allemand Olaf Scholz à Berlin.

Il a déclaré que «la guerre israélienne contre Gaza doit cesser, le cessez-le-feu doit être rétabli et les efforts de réponse humanitaire doivent reprendre», a rapporté l'agence Petra.

La Jordanie envoie de l'aide pour améliorer la situation humanitaire à Gaza, a-t-il ajouté, exhortant la communauté internationale à mettre fin à cette tragédie.

Il a remercié l'Allemagne pour son soutien à la réponse humanitaire dans le territoire côtier palestinien, où plus de 50 000 personnes ont été tuées depuis la fin de l'année 2023 lors de la campagne militaire israélienne.

Il a également mis en garde contre les opérations militaires israéliennes en Cisjordanie occupée, qui ont entraîné la destruction massive de villes et de camps de réfugiés, déplaçant des milliers de familles palestiniennes. Le dirigeant jordanien a souligné l'escalade des attaques contre les lieux saints islamiques et chrétiens à Jérusalem, ce qui accroît les tensions dans la région et sape les efforts de paix.

Le roi Abdallah a déclaré qu'une solution à deux États était essentielle pour garantir la paix et la sécurité des Palestiniens et des Israéliens, ainsi que de l'ensemble de la région, a ajouté Petra.

Des négociations sérieuses

M. Scholz a appelé à un retour à des négociations «sérieuses» pour mettre fin au conflit à Gaza, alors qu'Israël poursuit son assaut contre le Hamas dans le territoire.

«Ce qu'il faut maintenant, c'est un retour au cessez-le-feu et la libération de tous les otages», a déclaré M. Scholz, appelant à un retour à des «négociations sérieuses dans le but de convenir d'un ordre d'après-guerre pour Gaza qui protège la sécurité d'Israël».

S'exprimant aux côtés du roi Abdallah II à Berlin, M. Scholz a également appelé à une augmentation de l'aide humanitaire à Gaza.

«Aucune aide humanitaire n'est parvenue à Gaza depuis un mois, a-t-il déclaré. Cela ne peut et ne doit pas durer.»

Il a ajouté qu'«une paix durable qui stabilise la situation en Cisjordanie et à Gaza ne peut être obtenue que par une solution politique».

Israël a repris ses bombardements intensifs sur Gaza le 18 mars avant de lancer une nouvelle offensive terrestre, mettant fin à un cessez-le-feu de près de deux mois.

Selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, au moins 1 066 personnes ont été tuées à Gaza depuis qu'Israël y a repris ses opérations militaires.

(Avec AFP)


Nouvelles opérations israéliennes à Gaza, au moins 30 morts selon la Défense civile

Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza. (AFP)
Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza. (AFP)
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  • "Dans le cadre de cette opération, les soldats ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas", a ajouté l'armée dans un communiqué
  • Les soldats "autorisent l'évacuation des civils de la zone de combat par des voies organisées pour leur sécurité", a-t-elle assuré

GAZA: L'armée israélienne a lancé une nouvelle offensive au sol vendredi à Gaza-Ville, intensifiant ses opérations dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 30 morts, selon la Défense civile.

Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza.

Dans le même temps, l'armée israélienne a intensifié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant avant l'aube deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban.

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte.

"Dans le cadre de cette opération, les soldats ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas", a ajouté l'armée dans un communiqué.

Les soldats "autorisent l'évacuation des civils de la zone de combat par des voies organisées pour leur sécurité", a-t-elle assuré.

Selon la Défense civile à Gaza, au moins 30 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes depuis l'aube.

"Augmenter la pression" 

Après deux mois de trêve dans la guerre à Gaza et plusieurs semaines de tractations infructueuses sur la façon de la prolonger, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d'opérations terrestres dans la bande de Gaza dévastée et assiégée.

Le gouvernement Netanyahu affirme que la pression militaire est le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

La guerre à Gaza a été déclenchée par une attaque d'une violence et d'une ampleur sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

L'attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées durant l'attaque, 58 sont toujours otages à Gaza, dont 34 sont mortes selon l'armée.

Israël a juré de détruire le Hamas qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, et mené une offensive dévastatrice dans le territoire palestinien dans laquelle au moins 50.523 personnes ont été tuées, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré M. Netanyahu mercredi.

Jeudi, l'armée israélienne a annoncé avoir visé "600 cibles terroristes" à Gaza depuis le 18 mars.

La quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés par les combats, dont des dizaines de milliers ont trouvé refuge dans des écoles, hôpitaux ou autres bâtiments publics.

Israël qui a visé des centres ou sont réfugiés ces déplacés accuse le Hamas d'utiliser ces bâtiments à des fins militaires. Le Hamas dément.

Frappes au Liban et en Syrie 

Au Liban, l'armée israélienne a annoncé avoir tué un "commandant" du Hamas, Hassan Farhat, dans une frappe à Saïda (sud). Selon elle, Hassan Farhat "a orchestré de nombreuses attaques terroristes contre des civils israéliens et des soldats" depuis le début de la guerre à Gaza.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas, ont confirmé la mort d'un de leurs commandants, Hassan Farhat, et de son fils, également membre des Brigades, dans la frappe. La fille de Hassan Farhat a également péri, ont précisé les Brigades dans un communiqué.

A Saïda, le correspondant de l'AFP a vu un appartement, au quatrième étage d'un immeuble, détruit et en flammes.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé "une agression flagrante contre la souveraineté libanaise" et une "claire violation" de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre entre Israël et le Hezbollah libanais, un allié du Hamas.

En Syrie, l'armée israélienne a aussi intensifié ses frappes meurtrières ces derniers jours et a mené une incursion terrestre dans la sud du territoire syrien. Elle a y visé notamment des bases et un aéroport militaires.

Les autorités syriennes ont dénoncé "une tentative préméditée de déstabiliser" le pays.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti jeudi le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.