Les résultats du recensement de la Palestine, une source d'inquiétude pour Israël

Une Palestinienne faisant partie de la Commission de recensement passe devant des soldats israéliens en patrouille dans la ville d'Hébron, en Cisjordanie (Photo, AFP).
Une Palestinienne faisant partie de la Commission de recensement passe devant des soldats israéliens en patrouille dans la ville d'Hébron, en Cisjordanie (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 31 décembre 2022

Les résultats du recensement de la Palestine, une source d'inquiétude pour Israël

  • Les chiffres montrent que les Palestiniens sont désormais égaux aux Juifs en termes de population
  • 14,3 millions de Palestiniens sont distribués dans le monde, selon le sondage

RAMALLAH: Les résultats d'un recensement effectué en 2022 par le Bureau central palestinien des statistiques vont inquiéter les dirigeants israéliens, selon un expert politique palestinien.

«Les Israéliens sont constamment préoccupés par la supériorité démographique palestinienne car ils veulent contrôler les Palestiniens... pourtant, en même temps, ils veulent une société juive pure», a déclaré Ghassan al-Khatib à Arab News.

«Le fait le plus important est que nous sommes égaux aux Juifs en termes de démographie», a-t-il signalé.

Le sondage a montré un taux de croissance élevé chez les Palestiniens et que la moitié d'entre eux faisaient partie de la diaspora vivant hors de Palestine, a-t-il ajouté.

Les chiffres indiquent également que la société palestinienne est jeune, avec plus d'un tiers de sa population âgée de moins de 15 ans.

Al-Khatib a indiqué qu'Israël était incapable de céder la Cisjordanie pour des raisons politiques, mais également incapable de l'annexer pour des raisons démographiques, ce qui constitue un embarras pour Israël.

«Il existe une grande contradiction entre les aspects démographiques et les principes démocratiques en Israël», a-t-il expliqué.

Le sondage montre qu'il y a maintenant environ 14,3 millions de Palestiniens dans le monde. Parmi eux, 5,4 millions se trouvent en Cisjordanie et dans la bande de Gaza – soit une augmentation de 2,4% par rapport à l'année précédente – tandis que 1,7 million se trouvent en Israël, 6,4 millions dans les pays arabes et 761 000 ailleurs dans le monde.

D'ici la fin de l'année, le nombre de Juifs vivant en Israël et dans ses colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est devrait s'élever à 7,1 millions, soit à peu près le même nombre que celui des Palestiniens vivant en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, dans la bande de Gaza et en Israël.

Israël, dont les dirigeants rejettent l'idée que les Palestiniens établissent un État indépendant, a toujours craint qu'ils deviennent majoritaires.

Un haut fonctionnaire du bureau des statistiques, qui a demandé à ne pas être nommé, a déclaré à Arab News que la principale révélation de l'enquête était l'égalité démographique entre le nombre de Juifs vivant en Israël et dans les territoires palestiniens occupés.

«Le fait le plus important est que nous sommes égaux aux Juifs en termes de démographie et de taux de croissance élevé des Palestiniens, et que la moitié des Palestiniens vivent dans la diaspora en dehors de la Palestine», a révélé ce fonctionnaire.

Le sondage montre que les enfants âgés de 14 ans ou moins représentent 38% de la population en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, tandis que les personnes âgées de 65 ans et plus ne représentent que 3% en Palestine, 4% en Cisjordanie et 3% dans la bande de Gaza.

Il montre également que la taille moyenne d'une famille palestinienne est tombée à cinq membres en 2021, contre six en 2010.

Le sondage met également en évidence le problème croissant du chômage, en particulier chez les jeunes diplômés. Dans la bande de Gaza, 45% des personnes en âge de travailler sont sans emploi, alors que ce chiffre s'élève à 14% en Cisjordanie.

Le taux de chômage est de 21% chez les hommes et de 39% chez les femmes.

Le sondage montre qu’en 2022, les autorités israéliennes ont détruit 1 058 bâtiments – dont 353 propriétés résidentielles – en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, dont la plus grande partie (29%) dans le gouvernorat de Jérusalem.

Toutefois, Israël a construit des centaines d'unités de colonisation. Fin 2018, on comptait plus de 700 000 colons vivant dans 151 colonies sur des terres palestiniennes en Cisjordanie.

Selon le ministère palestinien de la Santé, en date de ce lundi, 224 Palestiniens avaient été tués dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

Selon la Commission des affaires des détenus et anciens détenus, 4 700 Palestiniens étaient placés dans les prisons de l'occupation israélienne à la fin du mois de novembre, dont 34 femmes et environ 150 enfants.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Premier ministre du Qatar à Téhéran pour relancer la diplomatie

Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
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  • Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne
  • "Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire"

TEHERAN: Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre.

Déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran qui a riposté en bombardant les pays du Golfe, dont le Qatar, le conflit a baissé en intensité ces derniers mois, se cristallisant autour du détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par Téhéran.

Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne.

"Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire", a indiqué sur X le ministère qatari des Affaires étrangères.

Le Premier ministre qatari a "souligné la nécessité de respecter la souveraineté des pays voisins et la liberté de navigation", et insisté sur "l'importance de poursuivre les efforts diplomatiques pour résoudre les différends par le dialogue", indique le ministère.

Navire attaqué 

L'Iran exclut tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit, par lequel transitait avant fin février un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Une situation inacceptable pour Washington et plusieurs autres pays de la région, qui réclament la réouverture du passage.

En début de semaine, l'Iran et Oman avaient annoncé discuter d'un accord-cadre en vue d'établir un "couloir temporaire" et de déployer un projet conjoint de déminage.

Selon les discussions en cours, les navires entrant dans le Golfe emprunteraient les eaux iraniennes, et ceux en sortant passeraient par les eaux omanaises avant de poursuivre leur route dans les eaux iraniennes, a indiqué Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Mi-août, le Qatar avait appelé Mascate et Téhéran à finaliser un accord, afin de "faciliter" la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre.

Toutefois, un navire a une nouvelle fois été touché par un projectile dans le détroit d'Ormuz dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'agence maritime britannique UKMTO.

Les navires tentant de franchir le détroit sont régulièrement pris pour cible par l'Iran, qui conditionne la réouverture complète du détroit à une série de concessions de Washington et un arrêt de la guerre "sur tous les fronts".

Mais la visite du ministre qatari intervient aussi à un moment où les Etats-Unis, délaissant le volet militaire de la guerre, accentuent la pression économique sur l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Lundi, le ministre des Finances américain Scott Bessent a annoncé un nouveau paquet de sanctions et menacé d'isolement économique tout pays qui continuerait de commercer avec Téhéran.

Bien que la République islamique ait assuré que les Etats-Unis n'obtiendront "rien" avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que son pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques".

Le blocus des ports iraniens, imposé par Washington en représailles au verrouillage d'Ormuz, empêche le pays d'importer de l'essence, alors que la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins, a admis mercredi soir un haut responsable iranien.

Réduction des quotas d'essence 

Après l'annonce des nouvelles sanctions, les files d'attente s'allongeaient devant les stations-service en Iran.

Les autorités ont annoncé une rare réduction des quotas d'essence en vigueur depuis des années, avec des prix majorés pour quiconque souhaiterait les dépasser.

Les prix des carburants en Iran, l'un des principaux producteurs de pétrole mondiaux, sont parmi les plus bas du monde.

En 2019, une hausse soudaine du prix de l'essence avait provoqué des manifestations qui s'étaient étendues à une centaine de villes, faisant des dizaines de morts.

Alors que les Etats-Unis veulent sanctionner les partenaires économiques de l'Iran, le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, a affirmé jeudi que les ventes de pétrole au-delà des eaux territoriales iraniennes se poursuivaient.

"Des livraisons sont effectuées aux clients. (...) Elles ont certes diminué, mais elles ont persisté", a-t-il assuré auprès de l'agence Isna.

Les cours du pétrole brut restent stables jeudi matin, le marché jugeant que les initiatives diplomatiques se poursuivent au Moyen-Orient, le baril de Brent s'échangeant à 88 dollars.


L'Iran annonce des «accords» avec Oman sur un partage des revenus du détroit d'Ormuz

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
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  • Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz
  • Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires"

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime.

"Au cours des négociations avec Oman, certains accords ont été conclus concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit et la part de l'Iran et d'Oman dans ses revenus", a déclaré le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi.

Il a accusé les Etats-Unis d'"entraver les travaux" visant à finaliser un accord.

Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et y prévoyant une opération de déminage.

Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires".

Le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Etats-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens.

L'Iran discute depuis des semaines avec Oman, tout en affirmant que le détroit restera verrouillé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, prévoyant notamment la levée du blocus américain et des sanctions économiques contre Téhéran.

 


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.