Quel lien entre tempêtes hivernales et réchauffement climatique?

Des résidents pelletent des trottoirs à Buffalo, New York, le 27 décembre 2022 (Photo, AFP).
Des résidents pelletent des trottoirs à Buffalo, New York, le 27 décembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 29 décembre 2022

Quel lien entre tempêtes hivernales et réchauffement climatique?

  • Même si un tel rapprochement semble complètement contre-intuitif, certaines connexions ont clairement pu être identifiées
  • D'autres, en revanche, sont encore très discutées par la communauté scientifique

WASHINGTON: La planète se réchauffe, hivers compris. Pourtant, les Etats-Unis ont expérimenté ces dernières années de violentes tempêtes hivernales, qui ont amené les experts à se pencher de plus près sur le lien entre ces épisodes de froid extrême et le changement climatique.

Même si un tel rapprochement semble complètement contre-intuitif, certaines connexions ont clairement pu être identifiées. D'autres, en revanche, sont encore très discutées par la communauté scientifique.

Car si le lien entre réchauffement climatique et vagues de chaleur est très direct, le comportement de tempêtes hivernales est lui gouverné par de complexes dynamiques atmosphériques, plus difficiles à étudier.

Malgré tout, "il y a certains aspects des tempêtes hivernales (...) où le lien avec le changement climatique est assez solide", a déclaré à l'AFP Michael Mann, climatologue à l'université de Pennsylvanie.

Le réchauffement des masses d'eau, comme les lacs ou les océans, influence par exemple la quantité de neige qui tombe.

Aux Etats-Unis, un mécanisme appelé "effet de lac" survient notamment autour de la région des Grands Lacs, à la frontière canadienne. C'est d'ailleurs dans cette zone que se situe la ville de Buffalo, particulièrement touchée par la tempête ayant frappé les Etats-Unis cette année, en plein week-end de Noël.

La collision entre de l'air froid venu du nord avec l'eau plus chaude de ces lacs, provoque une convection qui débouche sur des chutes de neige.

"Plus la température de ces lacs est chaude, plus il y a d'humidité dans l'air, et plus la possibilité de neige issue d'un effet de lac est grande", a décrit Michael Mann dans un texte publié en 2018. "Sans surprise, on voit une augmentation sur le long terme des chutes de neige liées à l'effet de lac, avec le réchauffement des températures au cours du siècle dernier."

Vortex polaire

En revanche, d'autres mécanismes, comme l'effet du changement climatique sur les courants aériens que sont le vortex polaire et le Jet stream, ne font pas l'objet d'un consensus.

Le vortex polaire est une masse d'air au-dessus du pôle nord, situé en haute altitude dans la stratosphère (nous vivons dans la troposphère, et la stratosphère est située juste au-dessus).

Il est encerclé d'une bande d'air en rotation, qui agit comme une barrière entre l'air froid du nord, et celui plus doux au sud. Mais lorsque le vortex polaire s'affaiblit, cette bande d'air commence à onduler et prendre une forme plus ovale, apportant davantage d'air froid vers le sud.

Selon une étude de 2021, ce type de perturbation survient de plus en plus souvent, et se répercute dans les deux semaines qui suivent plus bas dans l'atmosphère, là où se trouve le jet stream.

Ce courant aérien qui souffle d'ouest en est, en suivant là aussi la frontière entre air froid et chaud, serpente alors de telle manière qu'il permet à l'air froid du nord de faire intrusion à de plus basses latitudes, notamment sur l'est des Etats-Unis.

"Tout le monde est d'accord pour dire que lorsque le vortex polaire est perturbé, il y a une augmentation de la probabilité de violentes tempêtes hivernales", a déclaré à l'AFP Judah Cohen, auteur principal de cette étude et climatologue pour l'Atmospheric and Environmental Research (AER).

Et ce vortex polaire "étiré" est exactement ce qui a été observé juste avant la tempête ayant frappé les Etats-Unis en ce mois de décembre, a-t-il souligné. C'était également le cas en février 2021, lorsqu'un froid glacial s'était abattu sur le Texas, provoquant des coupures d'électricité massives.

«Débat actif»

Mais le coeur du débat se trouve ailleurs. Car la question clé est la suivante: par quoi ces perturbations accrues du vortex polaire sont-elles causées?

Selon M. Cohen, elles sont liées aux changements dans l'Arctique, accélérés par le changement climatique. D'une part la fonte rapide de la banquise, et d'autre part une augmentation de la couverture neigeuse en Sibérie.

"C'est un sujet que j'étudie depuis plus de 15 ans, et je suis aujourd'hui plus confiant dans ce lien que je ne l'ai jamais été", a-t-il dit à l'AFP.

Ce dernier point reste toutefois "un débat actif au sein de la communauté scientifique", a souligné Michael Mann. "Les modèles climatiques ne capturent pas encore toute la physique sous-jacente pouvant être pertinente pour la façon dont le changement climatique impacte le comportement du jet stream."

De futures études seront donc encore nécessaires dans les années qui viennent, afin de percer le mystère de ces complexes réactions en chaîne.


Le président chinois appelle à un cessez-le-feu à Gaza

Xi s'exprimait à Brasilia, où il a été reçu mercredi par le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pour une visite d'Etat. (AFP)
Xi s'exprimait à Brasilia, où il a été reçu mercredi par le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pour une visite d'Etat. (AFP)
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  • Le président chinois Xi Jinping a appelé mercredi à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et à "mettre fin rapidement à la guerre", a rapporté l'agence officielle Chine nouvelle
  • Les Etats-Unis ont empêché mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU d'appeler à un cessez-le-feu "immédiat, inconditionnel et permanent" à Gaza, un nouveau veto en soutien à leur allié israélien dénoncé avec force par les Palestiniens

BRASILIA: Le président chinois Xi Jinping a appelé mercredi à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et à "mettre fin rapidement à la guerre", a rapporté l'agence officielle Chine nouvelle.

Il s'est dit "préoccupé par l'extension continue du conflit à Gaza" et a demandé la mise en œuvre de la solution à deux Etats et "des efforts inlassables en vue d'un règlement global, juste et durable de la question palestinienne".

Xi s'exprimait à Brasilia, où il a été reçu mercredi par le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pour une visite d'Etat.

Les Etats-Unis ont empêché mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU d'appeler à un cessez-le-feu "immédiat, inconditionnel et permanent" à Gaza, un nouveau veto en soutien à leur allié israélien dénoncé avec force par les Palestiniens.

 


L'envoyé américain Hochstein va rencontrer Netanyahu jeudi

L'envoyé américain Amos Hochstein cherche à négocier un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le Hezbollah. (AP)
L'envoyé américain Amos Hochstein cherche à négocier un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le Hezbollah. (AP)
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  • L'émissaire américain Amos Hochstein, qui tente de faire aboutir un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah libanais, doit rencontrer jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu

JERUSALEM: L'émissaire américain Amos Hochstein, qui tente de faire aboutir un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah libanais, doit rencontrer jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a-t-on appris de source officielle.

Omer Dostri, porte-parole de M. Netanyahu, a confirmé que les deux hommes devaient se voir dans la journée. La rencontre doit avoir lieu à 12H30 (10H30 GMT), selon un communiqué du Likoud, le parti du Premier ministre. Selon des médias israéliens, M. Hochstein a atterri en Israël mercredi soir en provenance du Liban et s'est entretenu dans la soirée avec Ron Dermer, ministre des Affaires stratégiques et homme de confiance de M. Netanyahu.


Cessez-le-feu à Gaza: nouveau veto américain au Conseil de sécurité de l'ONU

Les Etats-Unis ont empêché mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU d'appeler à un cessez-le-feu "immédiat, inconditionnel et permanent" à Gaza, un nouveau veto en soutien à leur allié israélien dénoncé avec force par les Palestiniens. (AFP)
Les Etats-Unis ont empêché mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU d'appeler à un cessez-le-feu "immédiat, inconditionnel et permanent" à Gaza, un nouveau veto en soutien à leur allié israélien dénoncé avec force par les Palestiniens. (AFP)
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  • "Il n'y a aucune justification possible à un veto contre une résolution tentant de stopper les atrocités", a lancé l'ambassadeur palestinien adjoint à l'ONU Majed Bamya
  • "Nous sommes humains et nous devrions être traités comme tels", a-t-il ajouté en tapant du poing sur la table du Conseil, jugeant que le texte bloqué n'était déjà que "le strict minimum"

NATIONS-UNIES: Les Etats-Unis ont empêché mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU d'appeler à un cessez-le-feu "immédiat, inconditionnel et permanent" à Gaza, un nouveau veto en soutien à leur allié israélien dénoncé avec force par les Palestiniens.

"Il n'y a aucune justification possible à un veto contre une résolution tentant de stopper les atrocités", a lancé l'ambassadeur palestinien adjoint à l'ONU Majed Bamya.

"Nous sommes humains et nous devrions être traités comme tels", a-t-il ajouté en tapant du poing sur la table du Conseil, jugeant que le texte bloqué n'était déjà que "le strict minimum".

Les Palestiniens plaidaient en effet pour une résolution dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations unies qui permet au Conseil de prendre des mesures pour faire appliquer ses décisions, par exemple avec des sanctions, ce qui n'était pas le cas.

Le texte préparé par les dix membres élus du Conseil, vu par l'AFP, exigeait "un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent qui doit être respecté par toutes les parties" et "la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages".

"Nous avons été très clairs pendant toutes les négociations que nous ne pouvions pas soutenir un cessez-le-feu inconditionnel qui ne permette pas la libération des otages", a justifié après le vote l'ambassadeur américain adjoint Robert Wood, estimant que le Conseil aurait envoyé au Hamas "le message dangereux qu'il n'y a pas besoin de revenir à la table des négociations".

La résolution "n'était pas un chemin vers la paix mais une feuille de route vers plus de terrorisme, de souffrance, de massacres", a commenté l'ambassadeur israélien Danny Danon, remerciant les Etats-Unis.

La plupart des 14 autres membres du Conseil, qui ont tous voté pour, ont déploré le veto américain.

"C'est une génération entière d'enfants que nous abandonnons à Gaza", a lancé l'ambassadrice slovène adjointe Ondina Blokar Drobic, estimant qu'un message uni et "sans équivoque" du Conseil aurait été "un premier pas pour permettre à ces enfants d'avoir un avenir".

En protégeant les autorités israéliennes, "les Etats-Unis de facto cautionnent leurs crimes contre l'humanité", a dénoncé de son côté Louis Charbonneau, de Human Rights Watch.

"Directement responsables"

Le Hamas a lui accusé les Américains d'être "directement responsables" de la "guerre génocidaire" d'Israël à Gaza.

Le 7 octobre 2023, des commandos infiltrés dans le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza voisine ont mené une attaque qui a entraîné la mort de 1.206 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP fondé sur les données officielles, incluant les otages tués ou morts en captivité.

Ce jour-là, 251 personnes ont été enlevées. Au total, 97 restent otages à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l'armée.

En représailles, Israël a lancé une campagne de bombardements massifs suivie d'une offensive terrestre à Gaza, qui ont fait au moins 43.985 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

La quasi-totalité des quelque 2,4 millions d'habitants ont été déplacés dans ce territoire en proie à un désastre humanitaire.

Depuis le début de la guerre, le Conseil de sécurité de l'ONU peine à parler d'une seule voix, bloqué plusieurs fois par des veto américains, mais aussi russes et chinois.

Les quelques résolutions adoptées n'appelaient pas à un cessez-le-feu inconditionnel et permanent. En mars, avec l'abstention américaine, le Conseil avait ainsi demandé un cessez-le-feu ponctuel pendant le ramadan --sans effet sur le terrain--, et avait adopté en juin une résolution américaine soutenant un plan américain de cessez-le-feu en plusieurs phases accompagnées de libérations d'otages, qui n'a jamais abouti.

Certains diplomates espéraient qu'après la victoire de Donald Trump, les Etats-Unis de Joe Biden seraient plus flexibles dans les négociations, imaginant une répétition de décembre 2016.

A quelques semaines de la fin du mandat de Barack Obama, le Conseil avait alors adopté, pour la première fois depuis 1979, une résolution demandant à Israël de cesser la colonisation dans les Territoires palestiniens occupés. Un vote permis par la décision des Américains de ne pas utiliser leur droit de veto, alors qu'ils avaient toujours soutenu Israël jusqu'alors sur ce dossier.