L'approvisionnement énergétique mondial doit être «durable», selon Aramco

La centrale Wasit de gaz d’Aramco. Les experts estiment que l'hydrogène pourrait contribuer à la réduction des émissions de CO2 en rendant les hydrocarbures conventionnels durables. Aramco a récemment effectué une démonstration de la chaîne d'approvisionnement de l'ammoniac bleu (Reuters / Fichier Photo)
La centrale Wasit de gaz d’Aramco. Les experts estiment que l'hydrogène pourrait contribuer à la réduction des émissions de CO2 en rendant les hydrocarbures conventionnels durables. Aramco a récemment effectué une démonstration de la chaîne d'approvisionnement de l'ammoniac bleu (Reuters / Fichier Photo)
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Publié le Mercredi 18 novembre 2020

L'approvisionnement énergétique mondial doit être «durable», selon Aramco

  • «Chaque année, dans le cadre du cycle naturel du carbone, la Terre recycle 20 fois plus de C02 que les humains en émettent»
  • L’hydrogène pourrait aider à réduire le CO2 en rendant les hydrocarbures conventionnels durables

JEDDAH: L’efficacité de n’importe quel vaccin contre la Covid-19 dépend entièrement du secteur de l'énergie pour en produire à l’échelle planétaire, a déclaré mardi Ahmad Al-Khowaiter, directeur de la technologie chez Aramco.

«Heureusement, nous avons un système d’énergie en place qui peut alimenter la fabrication, le transport et le stockage des milliards de doses (de vaccin) nécessaires pour anéantir le virus», a-t-il affirmé.

Ces propos ont eu lieu lors d'un point de presse autour de la résolution des deux défis mondiaux en matière d'énergie et de climat dans le cadre du sommet du G20 à Riyad, où Al-Khowaiter a expliqué comment l'approvisionnement énergétique mondial, bien qu'il ait été «une force pour le bien» et qu’elle soit fiable et abordable, devait également être plus durable.

«La question n'est pas de savoir si nous devons réduire nos émissions, mais comment? Et pour moi, ce processus débute par une réflexion plus fondamentale », a-t-il ajouté. «Nous devons cesser de penser au système énergétique mondial comme une économie linéaire de ressources infinies avec une capacité illimitée à absorber les déchets. Au lieu de cela, et en nous inspirant de la nature, nous devons la traiter comme un système circulaire.

«Chaque année, dans le cadre du cycle naturel du carbone, la Terre recycle 20 fois plus de C02 que les humains en émettent, l'isolant dans les arbres ou les planctons, où il devient de l'énergie utilisée par d'autres organismes, une source de vie et de croissance, plutôt qu'une source de dommage», a-t-il ajouté.

Le système énergétique doit être conçu pour faire de même, a-t-il révélé. «C'est ce qu'on entend par économie circulaire du carbone, un concept véhiculé par l'Arabie saoudite pendant la présidence du G20. Au lieu de prendre, de fabriquer et de jeter, nous devons de plus en plus réduire, recycler et réutiliser».

Al-Khowaiter a toutefois cité le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdul Aziz bin Salman, en déclarant: «Nous ne croyons pas en une économie à faibles émissions de carbone. Nous croyons en une économie à faible production. C'est ce qui compte pour l'avenir de la planète».

Al-Khowaiter a signalé que l'hydrogène pourrait aider à réduire le CO2 en rendant les hydrocarbures conventionnels durables. «Cela pourrait nous permettre de recycler le CO2 grâce aux carburants synthétiques, mais surtout, avec la capture du carbone, nous pouvons éliminer le CO2 associé au processus de la production d'hydrogène. De plus, l'hydrogène est durable à la faveur de la production d'énergie renouvelable».

Pour prouver le concept de la capture du carbone lors de la production de produits à faible ou à zéro émission de carbone, le responsable a déclaré qu’Aramco a récemment effectué une démonstration de la chaîne d'approvisionnement de l'ammoniac bleu.

«Nous avons pris du gaz naturel, l'avons converti en hydrogène, puis en ammoniac, et nous avons capturé le CO2 qui en résultait pour ensuite l’isoler dans notre projet de récupération assistée du pétrole. (L'ammoniac bleu) a été expédié du royaume à nos partenaires au Japon, où il est à présent utilisé dans la production d'électricité à zéro émission de carbone. Ce n'est qu'un exemple de ce qui est possible aux fins d'une approche d'économie circulaire du carbone », a-t-il expliqué.

Il a de plus ajouté que, aussi importants que soit le recyclage, et malgré les progrès réalisés ces dernières années, les énergies renouvelables ne permettent pas à elles seules d’atteindre les objectifs de l'Accord de Paris.

Aramco investit dans toutes les technologies pertinentes, a déclaré Al-Khowaiter, mais la technologie seule n'est pas la solution accomplie, car une bonne politique qui l’anime est également nécessaire. «Cela signifie soutenir nos marchés en croissance du carbone et de l'hydrogène, tout comme l'éolien et le solaire l'étaient à leurs débuts, avec des programmes de motivations claires pour les entreprises à chaque étape de la production, de la capture du carbone, à son transport, à son stockage et ainsi à sa réutilisation».

Avec une réelle détermination et un optimisme raisonnable aux sujets des intérêts communs mondiaux, les humains peuvent donc relever les défis ensemble, a-t-il conclu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com