La Ligue arabe lance un appel pour la protection des migrants

Des migrants portent un bateau de passeurs sur leurs épaules alors qu’ils se préparent à embarquer sur la plage de Gravelines, dans le nord de la France, pour tenter de traverser la Manche. (AFP)
Des migrants portent un bateau de passeurs sur leurs épaules alors qu’ils se préparent à embarquer sur la plage de Gravelines, dans le nord de la France, pour tenter de traverser la Manche. (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 20 décembre 2022

La Ligue arabe lance un appel pour la protection des migrants

  • Les migrants ont dû faire face à plusieurs défis majeurs au cours des trois dernières années, notamment la pandémie de Covid-19, la guerre russo-ukrainienne et une augmentation du racisme et de la discrimination
  • Selon les estimations de l’Organisation internationale pour les migrations, plus de 35 000 migrants sont morts ou ont disparu depuis 2014

LE CAIRE: La Ligue arabe exhorte les pays du monde entier à reconnaître la valeur des migrants, mais aussi à s’attaquer aux problèmes qui aboutissent à l’exploitation des personnes fuyant les conflits et autres catastrophes.

Pour marquer la Journée internationale des migrants, qui se tient le 18 décembre de chaque année, la Ligue arabe a déclaré dans un communiqué que de nombreux migrants contribuent de manière positive aux économies des pays où ils vivent.

La Ligue arabe ajoute que les problèmes liés à la migration et aux réfugiés ont de plus en plus fait partie intégrante des préoccupations des dirigeants mondiaux au cours de la dernière décennie. Ces sujets ont été discutés lors du Forum d’examen des migrations internationales de mai 2022, sur la base de l’adoption de résolutions en 2018 dans le cadre du «Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières».

La Ligue arabe souligne dans sa déclaration que les migrants ont dû faire face à plusieurs défis majeurs au cours des trois dernières années, notamment la pandémie de Covid-19, la guerre russo-ukrainienne et une augmentation du racisme, de la discrimination, de la xénophobie et de l’islamophobie.
Outre les risques auxquels les migrants sont confrontés, ils sont également victimes des trafiquants d’êtres humains, qui les piègent pendant de longues périodes aux frontières ou en mer.

L’institution insiste sur l’importance de la Déclaration d’Alger publiée lors de la 31e session ordinaire du sommet de la Ligue arabe en novembre 2022, au cours de laquelle les États membres se sont engagés à lutter contre l’islamophobie et à promouvoir la tolérance et le respect.

En ce qui concerne les incidents récurrents de migrants bloqués sur des navires de sauvetage en Méditerranée, la Ligue arabe soutient que les cas doivent être traités en fonction de plusieurs critères, notamment s’il s’agit d’enfants et de femmes non accompagnés.

L’organisme précise que toutes les nations doivent respecter les conventions internationales de l’Organisation des nations unies (ONU) en matière de droits de l'homme, ce qui implique de secourir les personnes en détresse et de leur fournir des repas et des abris adéquats.

Haïfa Abou Ghazaleh, secrétaire générale adjointe de la Ligue arabe et directrice du département des affaires sociales de l’organisme, indique qu’une action conjointe et coordonnée est indispensable pour sauver des vies et lutter contre toutes les formes de discrimination.

Selon l’ONU, les migrants et les personnes déplacées font partie des groupes les plus vulnérables et les plus marginalisés de la société, bien qu’ils soient une source de prospérité, d’innovation et de développement durable dans leur propre pays et dans leur pays d’accueil.

Selon les estimations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 35 000 migrants sont morts ou ont disparu depuis 2014. Bien qu’il n’y ait pas de chiffres exacts sur la proportion de disparitions forcées dans ces cas, les informations disponibles indiquent que la plupart des disparitions se produisent pendant la détention ou la déportation, ou sont le résultat d’un passage clandestin.

Selon des informations publiées sur le site Web de l’ONU le 25 octobre 2022, l’OIM a documenté la mort d’au moins 5 684 personnes le long des routes migratoires vers et à l’intérieur de l’Europe depuis le début de l’année 2021. Par ailleurs, elle appelle les pays d’Europe et d’ailleurs à prendre des mesures immédiates et concrètes pour sauver des vies et réduire le nombre de décès pendant les périples migratoires.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Short Url
  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Short Url
  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Short Url
  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.