Débordements après la victoire du Maroc: suspension des subventions à un quartier de Fréjus

Un supporter marocain agite un drapeau national pour célébrer la victoire de son équipe nationale après le match de football de la Coupe du monde entre le Maroc et l'Espagne, sur les Champs Elysées à Paris le 6 décembre 2022. (Photo d'illustration, STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Un supporter marocain agite un drapeau national pour célébrer la victoire de son équipe nationale après le match de football de la Coupe du monde entre le Maroc et l'Espagne, sur les Champs Elysées à Paris le 6 décembre 2022. (Photo d'illustration, STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
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Publié le Mercredi 07 décembre 2022

Débordements après la victoire du Maroc: suspension des subventions à un quartier de Fréjus

  • L'élu a confirmé mercredi dans un communiqué la suspension de ces subventions, qui «représentent aujourd'hui un total de 69 000 euros», dont 11 000 euros pour des «cours de français et soutien aux femmes»
  • Selon une source policière, le quartier de la Gabelle a connu «un peu de caillassages» mardi soir, ainsi que des tirs de feu de Bengale par «une trentaine de gamins cagoulés»

MARSEILLE: Le président de l'agglomération de commune de Fréjus (Var) a annoncé mercredi la suspension des subventions à un quartier de cette ville dirigée par le RN, après des "incidents consécutifs à la victoire du Maroc en coupe du monde" la veille.

"Face à de nouveaux tirs de mortiers, des jets de pierres et des fumigènes, la police a de nouveau dû intervenir dans le quartier de la Gabelle", avait réagi mardi soir sur Twitter Frédéric Masquelier, maire LR de Saint-Raphaël et président d'Estérel Côte d'Azur Agglomération.

En conséquence, "toutes les aides de l'agglomération (pour ce quartier) sont immédiatement suspendues", avait-il ajouté.

L'élu a confirmé mercredi dans un communiqué la suspension de ces subventions, qui "représentent aujourd'hui un total de 69.000 euros", dont 11.000 euros pour des "cours de français et soutien aux femmes" ou "20.000 euros pour la création d'une micro crèche sur le quartier". Cette dernière subvention devait être votée vendredi en Conseil communautaire.

"C'est un appel à la responsabilité" des habitants, a-t-il déclaré à l'AFP: "Tout le monde semble considérer ça (les incidents) comme normal, mais ça n'arrive pas dans d'autres quartier de la ville (de Fréjus) qui ont la même sociologie".

"C'est un quartier qui a bénéficié de nombreuses aides publiques, nous avons fait des efforts très importants qui doivent avoir des contreparties", a-t-il ajouté.

Selon une source policière, le quartier de la Gabelle a connu "un peu de caillassages" mardi soir, après la victoire du Maroc en quarts-de finale de la coupe du monde contre l'Espagne, ainsi que des tirs de feu de Bengale par "une trentaine de gamins cagoulés". Mais il n'y a eu aucune interpellation et aucun blessé parmi les forces de l'ordre, a indiqué cette source à l'AFP.

Sur sa page Facebook, le maire Rassemblement national de Fréjus, David Rachline, a de son côté évoqué des "débordements en marge de la rencontre Espagne-Maroc mais aussi en réaction à une opération de police le matin par les services municipaux en collaboration avec la police nationale".

Fin septembre, M. Masquelier avait fait voter une résolution dans sa ville pour obliger les associations de Saint-Raphaël qui demandent des subventions publiques à participer à cinq cérémonies patriotiques par an. Saisie par un conseiller municipal d'opposition, la préfecture du Var en a demandé le retrait, ce que refuse le maire.

"Il y a une cohérence" entre les deux décisions, a dit à l'AFP M. Masquelier, également secrétaire départemental de LR pour le Var: "L'argent public est orienté en fonction d'un certain nombre de critères. Je souhaite qu'il le soit en fonction d'une bonne citoyenneté".


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».