Mort de Shireen Abu Akleh: Al Jazeera soumet l'affaire au procureur de la CPI

La journaliste vedette d'Al Jazeera avait été tuée d'une balle à la tête lors d'un raid de l'armée israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée. (AFP).
La journaliste vedette d'Al Jazeera avait été tuée d'une balle à la tête lors d'un raid de l'armée israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée. (AFP).
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Publié le Mercredi 07 décembre 2022

Mort de Shireen Abu Akleh: Al Jazeera soumet l'affaire au procureur de la CPI

  • L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a reconnu pour la première fois en septembre qu'il y avait "une forte possibilité" pour que Shireen Abu Akleh ait été tuée par l'un de ses soldats
  • Un journaliste de l'AFP à La Haye a vu un avocat représentant Al Jazeera entrer au siège de la CPI pour y soumettre le dossier

LA HAYE: La chaîne de télévision qatarie Al Jazeera a annoncé mardi avoir soumis au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) un dossier accusant l'armée israélienne d'avoir délibérément tué la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh en mai.

Israël et les Etats-Unis ont tous les deux exprimé mardi leur opposition à cette saisine.

Al Jazeera soutient que les éléments transmis à la CPI mettent en évidence "de nouvelles preuves et des images vidéo montrant clairement que Shireen Abu Akleh et ses collègues se sont fait tirer directement dessus par les forces d'occupation israéliennes" le 11 mai.

Ce jour-là, la journaliste vedette d'Al Jazeera avait été tuée d'une balle à la tête lors d'un raid de l'armée israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée.

"Ma famille ne sait toujours pas qui a tiré la balle mortelle et qui était dans la chaîne de commandement qui a tué ma tante", a déclaré lors d'une conférence de presse à La Haye Lina Abu Akleh, nièce de la journaliste.

Après avoir reçu des plaintes d'individus ou de groupes d'individus, le procureur décide de façon indépendante des affaires qu'il compte soumettre aux juges de la Cour.

C'est à ces juges qu'il revient alors de décider si le procureur doit ou non ouvrir une enquête préliminaire, laquelle peut être suivie d'une enquête en bonne et due forme et, le cas échéant, d'une ou plusieurs inculpations.

La CPI, créée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde, a ouvert en 2021 une enquête sur des crimes de guerre présumés dans les Territoires palestiniens. Mais Israël n'est pas membre de la CPI, et a déclaré qu'il ne coopérerait à aucune enquête externe sur la mort de la journaliste.

"Personne n'enquêtera sur les soldats de Tsahal (l'armée israélienne) et personne ne nous prêchera la morale dans la guerre, certainement pas Al Jazeera", a déclaré le Premier ministre israélien Yaïr Lapid dans un communiqué.

"Nous nous y opposons", a lui aussi affirmé à la presse le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price. "La Cour pénale internationale doit se concentrer sur sa mission principale", consistant selon lui à être "le tribunal de dernier recours pour punir et dissuader les crimes atroces", a précisé le porte-parole du département d'Etat à Washington.

Le bureau du procureur de la CPI a pour sa part confirmé qu'il "a reçu la communication" d'Al Jazeera mais qu'il ne commente pas les soumissions individuelles.

«Dissimulation»

Le jour de sa mort, à 51 ans, la journaliste couvrait des affrontements armés déclenchés par une opération militaire israélienne dans le camp de Jénine, bastion des factions armées palestiniennes, où une unité spéciale tentait d'appréhender des suspects.

La journaliste, chrétienne, était équipée d'un gilet pare-balles avec la mention "presse" et d'un casque, et l'Autorité palestinienne et Al Jazeera ont immédiatement accusé l'armée israélienne de l'avoir tuée.

Les preuves montrent également selon la chaîne qu'il n'y avait pas eu de tirs dans la zone, sauf ceux des soldats israéliens. Les journalistes étaient "en pleine vue" et marchaient lentement le long d'une route déserte.

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a reconnu pour la première fois en septembre qu'il y avait "une forte possibilité" pour que Shireen Abu Akleh ait été tuée par l'un de ses soldats, mais certainement pas de façon délibérée.

"L'affirmation des autorités israéliennes selon laquelle Shireen a été tuée par erreur dans un échange de tirs est totalement infondée", selon Al Jazeera, affirmant que les forces israéliennes ont "directement tiré" sur les journalistes.

Rodney Dixon, l'avocat mandaté par Al Jazeera, a estimé qu'il y avait une "tentative de dissimulation complète" des circonstances de la  mort de la journaliste de la part d'Israël.

La mort de la journaliste procède "d'une campagne systématique et à grande échelle" d'Israël contre Al Jazeera, a-t-il affirmé, faisant aussi référence à la destruction de l'immeuble qui abritait le bureau de la chaîne à Gaza lors d'un bombardement israélien en 2021.

"Il y a clairement une tentative de fermer Al Jazeera et de la réduire au silence", a-t-il ajouté.


Un ministre bahreïni accueille le nouvel ambassadeur saoudien à Manama

Hamad bin Faisal Al-Malki (à droite) et Naif bin Bandar Al-Sudairi au palais de Gudaibiya à Manama. (Fourni)
Hamad bin Faisal Al-Malki (à droite) et Naif bin Bandar Al-Sudairi au palais de Gudaibiya à Manama. (Fourni)
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  • M. Al-Malki a souligné les relations fraternelles entre les deux royaumes du Golfe, les décrivant comme fondées sur l'affection mutuelle
  • M. Al-Sudairi a exprimé sa volonté de renforcer la coopération bilatérale et de faire progresser les initiatives conjointes entre les deux pays

MANAMA : Le ministre bahreïni des Affaires ministérielles, Hamad bin Faisal Al-Malki, a reçu jeudi le nouvel ambassadeur d'Arabie saoudite, Naif bin Bandar Al-Sudairi, au palais de Gudaibiya à Manama.

Au cours de la réception officielle, M. Al-Malki a souligné les relations fraternelles entre les deux royaumes du Golfe, les décrivant comme fondées sur une affection mutuelle et des liens historiques profondément enracinés qui ont continué à s'épanouir sous la direction des deux nations.

M. Al-Sudairi a exprimé sa volonté de renforcer la coopération bilatérale et de faire progresser les initiatives conjointes entre les deux pays.


L'Arabie saoudite prend la tête de la condamnation arabe des raids israéliens sur le territoire syrien

Debris lie on the ground at the scene of an Israeli strike in a military facility in Syria's southern Hama governorate, Apr. 3, 2025. (AFP)
Debris lie on the ground at the scene of an Israeli strike in a military facility in Syria's southern Hama governorate, Apr. 3, 2025. (AFP)
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  • Le Royaume exhorte les membres permanents du Conseil de sécurité à se pencher sur les violations commises en Syrie et dans la région
  • L'Égypte affirme que les raids constituent une violation flagrante du droit international

RIYADH : L'Arabie saoudite a pris la tête de la condamnation arabe des frappes aériennes israéliennes qui ont violé la souveraineté de la République arabe syrienne et fait des dizaines de victimes civiles et militaires.

Le ministère saoudien des affaires étrangères a déclaré que les raids israéliens constituaient des "tentatives de menacer la sécurité et la stabilité de la Syrie et de la région en violant les lois internationales".

Le Royaume a exhorté les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies à s'attaquer fermement aux violations israéliennes en cours en Syrie et dans la région, et a appelé à l'activation de mécanismes de responsabilisation.

Au cours de la nuit, les frappes aériennes israéliennes ont visé cinq zones en Syrie, dont la capitale Damas et l'aéroport de Hama. Plusieurs personnes ont été blessées, tandis que les actions et une incursion au sol ont fait 13 morts.

Depuis la chute du régime de Bashar Assad en décembre, Israël s'est emparé de certaines zones du sud de la Syrie pour tenter d'éloigner les forces du nouveau gouvernement de la frontière.

L'Égypte a déclaré jeudi que les raids israéliens constituaient une nouvelle violation flagrante du droit international. Elle a appelé les acteurs internationaux à contraindre Israël à mettre fin à son occupation du territoire syrien et à respecter l'accord de désengagement de 1974.

Le ministère jordanien des affaires étrangères et des expatriés a réitéré le soutien d'Amman à la sécurité, à la stabilité et à la souveraineté de la Syrie. Il a souligné la nécessité pour Israël d'adhérer au droit international et aux résolutions des Nations unies qui appellent au respect de la souveraineté des États et à la non-ingérence dans les affaires intérieures.


Le roi Abdallah en Allemagne: pour une fin de la guerre israélienne à Gaza

Le roi Abdallah II de Jordanie participe à une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand à la chancellerie de Berlin, le 3 avril 2025. (AFP)
Le roi Abdallah II de Jordanie participe à une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand à la chancellerie de Berlin, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le roi Abdallah de Jordanie a exhorté la communauté internationale à mettre fin à la tragédie à Gaza
  • Il a remercié l'Allemagne pour son soutien à la réponse humanitaire dans le territoire côtier palestinien

LONDRES: Le roi Abdallah II de Jordanie a appelé à la fin de la guerre israélienne dans la bande de Gaza et a exhorté à un retour à un accord de cessez-le-feu lors d'une conférence de presse jeudi avec le chancelier allemand Olaf Scholz à Berlin.

Il a déclaré que «la guerre israélienne contre Gaza doit cesser, le cessez-le-feu doit être rétabli et les efforts de réponse humanitaire doivent reprendre», a rapporté l'agence Petra.

La Jordanie envoie de l'aide pour améliorer la situation humanitaire à Gaza, a-t-il ajouté, exhortant la communauté internationale à mettre fin à cette tragédie.

Il a remercié l'Allemagne pour son soutien à la réponse humanitaire dans le territoire côtier palestinien, où plus de 50 000 personnes ont été tuées depuis la fin de l'année 2023 lors de la campagne militaire israélienne.

Il a également mis en garde contre les opérations militaires israéliennes en Cisjordanie occupée, qui ont entraîné la destruction massive de villes et de camps de réfugiés, déplaçant des milliers de familles palestiniennes. Le dirigeant jordanien a souligné l'escalade des attaques contre les lieux saints islamiques et chrétiens à Jérusalem, ce qui accroît les tensions dans la région et sape les efforts de paix.

Le roi Abdallah a déclaré qu'une solution à deux États était essentielle pour garantir la paix et la sécurité des Palestiniens et des Israéliens, ainsi que de l'ensemble de la région, a ajouté Petra.

Des négociations sérieuses

M. Scholz a appelé à un retour à des négociations «sérieuses» pour mettre fin au conflit à Gaza, alors qu'Israël poursuit son assaut contre le Hamas dans le territoire.

«Ce qu'il faut maintenant, c'est un retour au cessez-le-feu et la libération de tous les otages», a déclaré M. Scholz, appelant à un retour à des «négociations sérieuses dans le but de convenir d'un ordre d'après-guerre pour Gaza qui protège la sécurité d'Israël».

S'exprimant aux côtés du roi Abdallah II à Berlin, M. Scholz a également appelé à une augmentation de l'aide humanitaire à Gaza.

«Aucune aide humanitaire n'est parvenue à Gaza depuis un mois, a-t-il déclaré. Cela ne peut et ne doit pas durer.»

Il a ajouté qu'«une paix durable qui stabilise la situation en Cisjordanie et à Gaza ne peut être obtenue que par une solution politique».

Israël a repris ses bombardements intensifs sur Gaza le 18 mars avant de lancer une nouvelle offensive terrestre, mettant fin à un cessez-le-feu de près de deux mois.

Selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, au moins 1 066 personnes ont été tuées à Gaza depuis qu'Israël y a repris ses opérations militaires.

(Avec AFP)