Des créatrices saoudiennes lancent une start-up pour recruter des mannequins

Bien que les fondatrices de Clay, Lina Malaika (à droite) et Farah Hammad (à gauche), considèrent toujours leur entreprise comme une start-up, leur excellente réputation à Djeddah et dans l’espace numérique de la région Mena est évidente. (Photo fournie)
Bien que les fondatrices de Clay, Lina Malaika (à droite) et Farah Hammad (à gauche), considèrent toujours leur entreprise comme une start-up, leur excellente réputation à Djeddah et dans l’espace numérique de la région Mena est évidente. (Photo fournie)
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Publié le Lundi 14 novembre 2022

Des créatrices saoudiennes lancent une start-up pour recruter des mannequins

  • Les deux femmes ont chacune un studio, ce qui rend la rencontre physique possible, mais pour le moment, la plupart des interactions se font par téléphone
  • Les deux entrepreneuses déclarent qu’elles ne font pas cela pour la célébrité, mais pour combler un vide et servir de plate-forme afin de faire progresser l’industrie.

DHAHRAN: Par une nuit ordinaire de novembre 2020, Lina Malaika et Farah Hammad ont eu une conversation qui a changé leur vie. En pleine pandémie mondiale, le duo a décidé d’établir un partenariat commercial qui, espéraient-elles, consoliderait leurs communautés et leur ouvrirait une nouvelle voie dans le monde des affaires.
Les deux femmes travaillent à leur compte: Lina Malaika est dans le secteur de la création depuis plus d’une décennie en tant que réalisatrice, styliste et entrepreneuse. Quant à Farah Hammad, elle est styliste avec un sens aigu de la couleur et de la texture et des créations qui s’étendent sur plusieurs continents.

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Le mannequinat est généralement plus centré sur les femmes, mais Clay compte également cinq mannequins hommes. L’un d'eux, Abdallah Ali, a grandi à Riyad et a rejoint Clay après avoir travaillé en tant qu’indépendant. Son look polyvalent et cette assurance qui le distinguent lui permettent d’adopter sans problème des looks urbains et traditionnels. Photo fournie.

«Lina et moi sommes des agents artistiques et Clay est le nom sous lequel nous travaillons. Nous ne sommes pas encore une agence, mais nous avons l’intention de le devenir. Nous espérons trouver des investisseurs qui nous permettront de devenir une véritable agence», déclare Farah Hammad à Arab News.
Tout commence lorsque les deux femmes se rencontrent en septembre 2020 et décident peu de temps après de créer leur entreprise, Clay Models.
C’est une idée originale de Lina qui a commencé sa carrière au sein du magazine Destination Jeddah une dizaine d’années auparavant, avant de devenir directrice de la création chez TheLoftMe, un studio de création basé dans sa ville natale, située sur la côte du Royaume.

 

EN BREF

• En pleine pandémie mondiale, le duo a décidé d’établir un partenariat commercial qui, espéraient-elles, consoliderait leurs communautés et leur ouvrirait une nouvelle voie dans le monde des affaires.
• Le nom «Clay» est le premier qui vient à l’esprit de Lina Malaika. Elle voulait un nom «court, ludique et polyvalent» qui soit aussi malléable qu’un bloc d’argile que l’on peut façonner. C’est un mot qui pourrait décrire le maquillage, les cheveux, les vêtements ou le mannequinat.
• Les deux femmes ont chacune un studio, ce qui rend la rencontre physique possible, mais pour le moment, la plupart des interactions se font par téléphone. Elles disposent actuellement de trente mannequins, mais elles en recherchent davantage

Pour chacun de ces rôles, elle avait besoin de modèles pour les séances photo et elle trouvait assez contraignant et décourageant de constamment gérer une base de données pour les mannequins locaux.
Il n’y avait rien d’équivalent à l’époque, précise-t-elle, car de nombreuses femmes devaient encore obtenir l’autorisation de leur famille pour être photographiées et voir ces images publiées dans les médias était encore tabou à bien des égards.
Lina Malaika décide alors d’étudier le cinéma à New York et la mode à Londres avant de revenir s’installer chez elle. Elle constate qu’elle doit continuellement effectuer la même tâche: celle de trouver des modèles pour chacun de ses rôles. Elle décide alors de prendre les choses en main. Elle disposait d’un Rolodex de mannequins, mais elle voulait simplifier son utilisation.

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Le mannequin saoudien Malak Monzer.

«J’ai toujours pensé que j’avais tout ce qu’il fallait pour réussir. Mais j’avais besoin d’un partenaire parce que je ne peux pas tout faire toute seule. Oui, je suis une personne créative, mais je ne suis pas nécessairement une femme d’affaires», soutient Lina.
Farah faisait face à un obstacle similaire à chaque fois qu’elle avait un tournage à réaliser pour sa maison de création de mode.
Élevée dans plusieurs pays, partageant son temps entre Djeddah, l’Europe et les États-Unis, cette globe-trotteuse est un modèle de stabilité. Son attention et son empathie envers ceux qui l’entourent donnent l’impression qu’elle recueille des pensées et les tisse dans le monde avec une ficelle invisible. C’est une femme d’action.
Unir leurs forces semblait être le destin des deux femmes.
«Nous sommes sur la même longueur d’onde et nous partageons plus ou moins la même mentalité. Nous nous sommes vraiment comprises. Je ne me souviens pas exactement de la conversation, mais je lui ai fait part de mon idée de transformer cette base de données en une agence de mannequins.»
«Je lui ai dit que si elle ne se joignait pas à moi, je ne le ferais jamais. En effet, j’avais tellement d’idées à l’esprit, mais elles ne prenaient jamais vie. J’ai tout un tas d’idées inachevées. Nous sommes complémentaires de ce point de vue. Elle a commencé instantanément et l’idée a pris forme. Elle a créé le site Web le lendemain matin. Ce n’est pas une blague», précise Lina.
«Honnêtement, j’avais peur. J’étais un peu sceptique au départ parce que j’ai mis des années à créer mon entreprise et à bâtir mon réseau. Alors, quand elle a évoqué le sujet, je lui ai dit que je devais y réfléchir, mais que c’était plutôt un oui. Ensuite, je me suis dit que ce serait une excellente opportunité», déclare Farah à Arab News.
L’Arabie saoudite s’ouvrait de plus en plus sur le monde et elles ont décidé de saisir l’occasion.
«C’était pendant la pandémie de Covid-19, tu te souviens? À l’époque, il y avait beaucoup d’incertitude et de “nous allons mourir”. En plus d’être une entreprise, cette initiative était parfaite pour moi. Je répétais souvent à Farah que c’était un outil d’adaptation parce que nous faisions face à des transitions personnelles parallèles, et cela nous a aidées. C’était un moyen pour nous de nous évader», précise Lina.
Le nom «Clay» est le premier qui vient à l’esprit de Lina Malaika. Elle voulait un nom «court, ludique et polyvalent» qui soit aussi malléable qu’un bloc d’argile que l’on peut façonner. C’est un mot qui pourrait décrire le maquillage, les cheveux, les vêtements ou le mannequinat.
«Nous avons fait appel à un avocat pour rédiger les contrats. Nous voulions que le contrat soit souple afin qu’il soit équitable pour tout le monde et qu’il ne constitue pas d’obstacle au projet et à la vie du mannequin. C’était très important pour nous afin que le mannequin se sente en confiance. Nous ne sommes pas là pour dominer, mais nous voulons tisser des liens avec nos mannequins et les maintenir, ainsi qu’avec nos clients», confie Lina à Arab News.
Le mannequinat est généralement plus centré sur les femmes, mais Clay compte également cinq mannequins hommes.
L’un d’eux, Abdallah Ali, a grandi à Riyad et a rejoint Clay après avoir travaillé en tant qu’indépendant. Son look polyvalent et cette assurance qui le distinguent lui permettent d’adopter sans problème les looks urbains et traditionnels.
«En tant que mannequin indépendant, l’un des obstacles auxquels j’ai dû faire face en début de carrière était la prise de contact entre le modèle et le client. Heureusement, Clay a intensifié ses efforts, devenant l’une des principales agences de mannequins en Arabie saoudite. Même si j’avais ma clientèle, travailler avec Clay constitue un avantage pour renforcer collectivement les normes de l’industrie locale», explique M. Ali à Arab News.
Il était important pour Clay de proposer des options aux clients et de ne pas enfermer un modèle dans une catégorie. Leur site Web comporte une section pour les modèles saoudiens, internationaux et masculins, avec toutes leurs caractéristiques. Clay ne représente aucune personne âgée de moins de 21 ans.
«Il ne faut pas oublier qu’avant la nouvelle vision saoudienne, la plupart des marques – toutes les marques de luxe – photographiaient des produits qui nous étaient dédiés dans la région du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en utilisant des mannequins étrangers. Les tournages dans des lieux étrangers qui ne nous représentent pas ne nous plaisent pas. Et lentement, les marques ont commencé à prendre conscience qu’elles devaient s’adresser aux clients.»
«De nombreux mannequins se sont rendus à Dubaï, car il n’était toujours pas acceptable d’organiser des séances photo en Arabie saoudite. Par la suite, les marques ont commencé à recruter des mannequins locaux en Arabie saoudite. C’était très important pour nous de commencer ici puisque l’initiative était inexistante», renchérit Lina.
Alors que les mannequins sont réputés pour être des divas, les deux jeunes femmes n’ont rencontré qu’un seul mannequin qui s’est mal comporté et qui a manqué de respect au client en étant en retard et en adoptant une attitude désagréable.
Elles n’ont aucune tolérance pour les comportements non professionnels et elles ont remboursé le client en s’excusant. Le mannequin a été rapidement licencié, alors qu’il lui avait été accordé une seconde chance, dont elle a également abusé. La marque a de nouveau fait appel aux services de Clay et cela témoigne de l’engagement de Clay à préserver les liens avec les clients.
«Ils reviennent vers nous en raison du degré de professionnalisme dont nous faisons preuve», poursuit Lina.
Bien que les fondatrices de Clay considèrent toujours leur entreprise comme une start-up, leur excellente réputation à Djeddah et dans l’espace numérique de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (Mena) est évidente.
Les deux femmes ont chacune un studio, ce qui rend la rencontre physique possible, mais pour le moment, la plupart des interactions se font par téléphone.
«Nous voulons nous développer et nous sommes à la recherche de talents. Si nous pouvons en obtenir davantage, nous pourrons alors trouver des investisseurs pour grandir… les possibilités sont illimitées», souligne Lina.
Pour tous ceux qui espèrent décrocher une place convoitée chez Clay, le professionnalisme est une nécessité, mais une présence en ligne est également essentielle. Dans le monde saturé des médias numériques et sociaux, chaque mannequin en herbe a la possibilité d’ouvrir un compte Instagram et de partager des photos.
«Il est essentiel de disposer d’un portfolio, composé par des stylistes, des designers et des photographes pour voir à quoi les modèles ressemblent devant l’objectif. Ils pourraient ne pas être photogéniques. On fait des recherches et on regarde des vidéos YouTube des mannequins pour observer leur façon de poser. Pour certains, c’est simplement un loisir qu’ils ne prennent pas vraiment au sérieux», insiste Farah.
Bien que les deux jeunes femmes effectuent l’essentiel du travail de contrôle qualité, elles disposent de quelques agents indépendants qui les aident en cas de besoin. Jusqu’à présent, elles ont les mêmes réflexes lorsqu’il s’agit de recruter un mannequin dans la famille Clay et elles n’ont jamais été en désaccord sur les personnes à inclure.
Elles disposent actuellement de trente mannequins, mais elles en recherchent davantage.
Les deux entrepreneuses déclarent qu’elles ne font pas cela pour la célébrité, mais pour combler un vide et servir de plate-forme afin de faire progresser l’industrie.
«D’autres agences prélèvent un pourcentage sur le tarif du mannequin, chose que nous ne faisons pas. Nous ajoutons notre pourcentage au tarif du mannequin. Le mannequin nous paie pour exécuter les tâches ingrates – comme si nous étions leurs agents. Nous simplifions la vie du client puisque tout est fait. Il n’a ainsi rien à gérer. Tout ce que les clients doivent faire, c’est prendre rendez-vous. Tout le monde est content. C’est une situation bénéfique pour les mannequins, le client et nous. C’est la recette parfaite du succès», conclut Lina.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Theater Tour », une initiative pour célébrer la culture locale dans toute l'Arabie saoudite

Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
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  • La pièce primée Bahr est jouée pour la première fois à Bahreïn, puis à Jubail, Dammam et Al-Ahsa.
  • Ce nouveau projet vise à stimuler le théâtre local, l'engagement communautaire et la sensibilisation culturelle dans tout le pays.

RIYAD : Jeudi, la Commission saoudienne du théâtre et des arts du spectacle a lancé l'initiative « Theater Tour », qui vise à présenter des représentations théâtrales exceptionnelles dans les villes, les gouvernorats et les villages du Royaume.

Le projet a pour objectif de promouvoir la scène culturelle et les arts du spectacle, tout en encourageant l'engagement communautaire, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

La première phase débutera avec la pièce Bahr (Mer), qui se déroulera du 3 avril au 3 mai, a ajouté l'agence de presse saoudienne.

La production débutera à Baha du 3 au 5 avril au théâtre du prince Sultan bin Abdulaziz du centre culturel, avant de se rendre à Jubail du 17 au 19 avril dans la salle de conférence de la commission royale à Al-Fanateer.

Elle se poursuivra à Dammam du 24 au 26 avril au théâtre de l'université Imam Abdulrahman bin Faisal, puis se terminera à Al-Ahsa du 1^(er) au 3 mai au théâtre de la Société pour la culture et les arts. 

Ce projet s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Commission pour mieux faire connaître le secteur du théâtre et des arts du spectacle, tout en veillant à ce que les services culturels soient accessibles dans les zones mal desservies et auprès des communautés marginalisées.

Il vise également à soutenir les troupes de théâtre locales, à stimuler la production théâtrale et à renforcer la contribution du secteur culturel au produit intérieur brut national.

L'initiative favorise également les opportunités d'investissement et sert de plateforme pour découvrir et soutenir les talents émergents, a rapporté la SPA.

La pièce Bahr, écrite par Abdulrahman Al-Marikhi et mise en scène par Sultan Al-Nawa, a été saluée par la critique et a remporté plusieurs prix prestigieux, notamment ceux du meilleur acteur, du meilleur scénario et de la meilleure production globale lors du premier festival de théâtre de Riyad, ainsi que ceux des meilleurs effets musicaux et du meilleur metteur en scène lors du 19ᵉ festival de théâtre du Golfe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Semaine de l'Art à Riyad : « Une constellation d'événements » qui redéfinit les frontières de l'art

La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
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  • Cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.
  • La princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah a expliqué que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres.

RIYAD : La première édition de la Semaine de l'Art à Riyad débute le 6 avril dans la capitale du Royaume. Initiative non commerciale, cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.

Dans un communiqué, la princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah, responsable de la Semaine de l'Art à Riyad, a expliqué les inspirations et les objectifs de l'événement: "La Semaine de l'Art de Riyad est née de la conviction que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres. Riyad est depuis longtemps une ville en pleine croissance et, grâce à cette plateforme, nous espérons contribuer à son avenir culturel - un avenir ouvert, dynamique et profondément enraciné dans le patrimoine et l'innovation".

La conservatrice Vittoria Mataresse est à la tête d'une équipe comprenant les conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à cet événement.

La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)
La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)

"Il était très important pour nous d'être ludique et de ne pas avoir le type de structure ou de format rigide que nous avons l'habitude de voir. La Semaine de l'Art de Riyad se situe entre une exposition et une foire d'art. Il s'agit en fait d'une constellation d'événements", explique M. Matarrese à Arab News. "Contrairement aux grands événements artistiques qui imposent souvent des thèmes universels et s'appuient sur des artistes mondialement établis, nous voulions travailler dans le cadre d'un écosystème artistique régional, en embrassant les textures, les urgences et les sensibilités de la péninsule arabique. Nous essayons de retracer quelque chose de très spécifique et, de cette manière, nous proposons un écart critique (par rapport au format normal)".

Le thème de l'édition inaugurale de cet événement est « At the Edge ». Il réunit plus de 45 galeries provenant du Royaume-Uni, du monde arabe et d’autres régions du globe. Trois sous-thèmes principaux sont explorés : « Vie quotidienne », « Paysages » et « Motifs ».

Le quartier de JAX de Diriyah accueillera trois expositions majeures offrant un aperçu de l'identité culturelle de l'Arabie saoudite. Un certain nombre d'artistes saoudiens établis dont les studios sont basés à JAX ouvriront également leurs portes au public. Au centre de Riyad, plus de 15 galeries hébergées dans le centre Al-Mousa présenteront également des expositions, et un programme plus large à travers la ville proposera plusieurs conférences et collaborations.  

« La Semaine de l'Art de Riyad est vraiment différente », explique Gandit-Lelandais, qui travaille dans la région depuis plus de vingt ans et se concentre sur l'art arabe contemporain, dans une interview accordée à Arab News. « Le marché et l'écosystème sont uniques ici. Je pense qu'il est important d'arrêter d'appliquer les formats européens et américains dans d'autres contextes, car ils n'ont pas nécessairement besoin de s'adapter. Le format lui-même peut être réinventé pour mieux correspondre à l'identité locale ».

L'équipe a conçu l'événement comme "un parapluie sous lequel tout le monde peut se rassembler", explique Gandit-Lelandais. "Il s'adresse au public, aux amateurs d'art et aux collectionneurs".

"Avec la croissance rapide de Riyad, le type de dialogue que nous avons établi est très important pour attirer les gens ici, mais pas avec un regard occidental sur la façon dont l'art devrait être", ajoute-t-elle.

« Je suis très enthousiaste à l'idée de relier nos artistes locaux et notre scène locale (au reste du monde). Je pense qu'une fondation éducative est très excitante et très nécessaire à l'heure actuelle pour les artistes, les praticiens de l'art, les jeunes collectionneurs et tous ceux qui en font partie. Nous voulions permettre à ces générations d'artistes d'Arabie saoudite de se raconter, au-delà du cadre habituel », a expliqué Mme Harasani, seule Saoudienne de l'équipe de commissaires, à Arab News.

Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)
Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)

Bien qu'aucun des commissaires ne vive à Riyad, ils offrent tous un regard nuancé et sensible sur la capitale.

“J'ai tellement travaillé à Riyad que je m'y sens chez moi”, explique Mme Harasani. « Riyad est culturellement différente de Djeddah, ma ville d'origine, et il a été fascinant de découvrir la scène artistique locale. Je pensais que cela ressemblerait à la scène de la région du Hedjaz, mais c'est totalement autre chose. J'ai énormément appris en réalisant qu'étant tous originaires d'Arabie saoudite, il existe une multitude de façons de travailler, de créer et de communiquer ». 

Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)
Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)

L'expansion rapide de Riyad, tant sur le plan physique que culturel, au cours de la dernière décennie, contribue à la richesse et à la diversité présentées à la Semaine de l’Art, affirment les commissaires.

"C'est là toute la beauté du Moyen-Orient : dix ans ici équivalent à cent ans ailleurs", explique Mme Matarrese. "Je pense que ce qui est vraiment astucieux dans ce que fait l'Arabie saoudite en ce moment, c'est qu'elle a appris des erreurs commises par d'autres et qu'elle cherche activement à mieux gérer la situation."

"Il y a une chose qui est importante dans l'ADN de ce que nous faisons", poursuit-elle. "Nos visiteurs ne sauront pas à quoi s'attendre. Nous avons vraiment repoussé les limites de ce qui pourrait être montré ; nous essayons de déconstruire les modèles d'exposition conventionnels, d'expérimenter quelque chose d'autre et de réarticuler le dialogue entre les différentes parties du monde de l'art".

Pour Mme Harasani, cet événement constitue un nouveau jalon dans les progrès artistiques accomplis par le Royaume au cours de ces dernières années. 

« Cela n'existait pas quand j'étais enfant », confie-t-elle. « Le fait que nous puissions aujourd'hui voir nos rêves se réaliser, et assister à des projets d'envergure comme la Semaine de l'Art de Riyad, me fait me sentir extrêmement chanceuse et privilégiée d'en faire partie ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Alia Kong utilise le métavers pour tisser des liens entre des étudiants chinois et saoudiens

Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
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  • Le projet Superbund Alpha permet aux étudiants de créer des avatars virtuels et d'enseigner leur culture aux autres.
  • La jeune fondatrice a pour objectif d'organiser un voyage d'études en Arabie saoudite pour ses camarades.


RIYAD: A tout juste 13 ans, l'étudiante chinoise Alia Kong est à l'origine d'une initiative qui utilise le pouvoir de la technologie pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de Hong Kong.

Le projet Superbund Alpha, qui vise à créer un espace ouvert permettant aux étudiants internationaux d'entrer en contact les uns avec les autres, permet aux utilisateurs de créer des avatars virtuels dans le métavers.

Les étudiants des deux pays pourront créer un espace personnalisé et promouvoir leur culture dans le cadre d'un atelier virtuel. La jeune visionnaire espère que cela contribuera à tisser des liens solides entre eux. 

« J'aimerais créer ce lien entre Riyad et Hong Kong », a déclaré M. Kong à Arab News. « Imaginez que vous puissiez créer votre propre patrimoine culturel et l'améliorer grâce à l'informatique spatiale, avec seulement des messages et des images.

En outre, dans le cadre de ce projet, elle a mis en place une expérience immersive pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de classe.

L'histoire de Mme Kong a commencé il y a cinq ans, lorsque, à l'âge de huit ans, elle a décidé, avec 25 amis, de créer une organisation à but non lucratif appelée Kids Power Society. L'objectif du groupe était d'éduquer les élèves aux différentes cultures, d'améliorer le bien-être mental et de promouvoir la positivité.

L'adolescente prévoit maintenant d'organiser la journée Superbund Event Day, qui se tiendra simultanément à Hong Kong et en Arabie saoudite, en réalité virtuelle et dans la réalité. 

Mme Kong a souligné l'importance d'adopter les technologies émergentes, affirmant que la génération Alpha pouvait envisager le mode de vie qu'elle souhaitait grâce au métavers.

Son admiration pour l'Arabie saoudite lui vient des histoires que lui a racontées son parrain, Alaudeen Alaskary, ancien consul général d'Arabie saoudite à Hong Kong. Il est aujourd'hui conseiller honoraire du programme d'échange virtuel Superbund.

Mme Kong, qui a déjà visité le Royaume, a déclaré qu'elle prévoyait d'organiser un voyage d'étudiants destiné à enseigner à ses pairs l'histoire culturelle de l'Arabie saoudite.

« Il (Alaskary) m'a fait découvrir la culture et le mode de vie des Saoudiens. J'adore assister à ses réunions et à ses fêtes du samedi. (Ils sont) très chaleureux, aimants et nous apprécions tous la compagnie des autres », a-t-elle déclaré.

En juillet 2024, le groupe organisera un événement virtuel, Superbund Virtual Society, qui devrait rassembler plus de 100 participants venus de Hong Kong, de Chine continentale, du Canada et d'Arabie saoudite.

« Ce nouvel écosystème basé sur la technologie blockchain nous permettra d'enregistrer nos actifs numériques avec nos identités d'avatars... Les choses peuvent être créées dans le virtuel et avoir un impact sur la réalité », a déclaré M. Kong.

« J'ai un concept où l'ancienne génération crée le matériel technologique, ou le matériel dont nous avons besoin pour accéder au logiciel qui pourrait être créé par les jeunes générations, et avec le contenu, le logiciel et le matériel finalisés, nous pouvons nous réunir et combler ce fossé entre les générations. »

Au cours des cinq dernières années, Kids Power Society a publié quatre livres de science-fiction, avec la contribution de 125 enfants du monde entier. Les bénéfices ont été reversés à l'hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique à Vancouver et à l'association Sowers Action de Hong Kong.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com