Quelle stratégie française en Afrique après la fin de l’opération Barkhane?

Le président français Emmanuel Macron a annoncé le 9 novembre 2022 que la France mettait fin à sa mission anti-djihadiste Barkhane en Afrique après plus d'une décennie, précisant qu'une nouvelle stratégie serait élaborée avec les partenaires africains. (AFP).
Le président français Emmanuel Macron a annoncé le 9 novembre 2022 que la France mettait fin à sa mission anti-djihadiste Barkhane en Afrique après plus d'une décennie, précisant qu'une nouvelle stratégie serait élaborée avec les partenaires africains. (AFP).
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Publié le Samedi 12 novembre 2022

Quelle stratégie française en Afrique après la fin de l’opération Barkhane?

  • Le président français n’a pas surpris en officialisant la fin de l'opération Barkhane, trois mois après le départ des derniers soldats français au Mali
  • Emmanuel Macron a dévoilé les grandes lignes stratégiques de défense de la France pour l'horizon 2030

PARIS: En déplacement à Toulon, le 9 novembre, le président Emmanuel Macron a dévoilé les grandes lignes stratégiques de défense de la France pour l'horizon 2030. À ce moment de la détérioration de l’ordre international, le président français n’a pas surpris en officialisant la fin de l'opération Barkhane, trois mois après le départ des derniers soldats français au Mali. 

Certes, depuis février dernier, le compte à rebours a démarré pour redéfinir la présence française au Sahel et en Afrique de l'Ouest, mais, cette fois, un rendez-vous est pris d’ici à six mois pour élaborer une nouvelle stratégie de la France en Afrique, après consultations avec les partenaires de Paris sur le continent.

La définition d’une nouvelle stratégie n’ouvre pas nécessairement la voie à une adaptation du rôle français et de son renforcement sur le continent africain, sans l’établissement d’une politique multidimensionnelle avec un effort particulier pour gagner la bataille de l’opinion publique – celle de l’image et de la communication. 

Fin d’une époque pour la politique africaine de la France 

Le redéploiement français au Sahel a coïncidé avec le déclenchement de la guerre d’Ukraine. Même si, au début, il n’y avait aucun lien direct entre les deux événements, le contexte international pèserait par la suite sur les choix français en Afrique.

Certaines sources estiment que les priorités françaises pour la défense sur les plans national et européen incitent Paris à se hâter pour alléger ses engagements internationaux, notamment en Afrique où Barkhane, la plus grande opération extérieure, est à l’œuvre sur une partie de ce continent depuis 2014. Mais la nouvelle orientation française au Sahel et dans l’Afrique de l’Ouest précédait la guerre russe et découle surtout de l’évolution de l’action française depuis 2013, du bilan mitigé des deux opérations Serval et Barkhane, des deux coups d’État à Bamako et Ouagadougou, de l’irruption du facteur Wagner et de la campagne de dénigrement de la France (orchestrée par de forces extérieures, selon Paris, ou produit d’une image altérée par l’époque coloniale).

Indépendamment de raisons du changement français et de son timing, on peut dire que cette fin d’une époque de la politique française classique en Afrique suppose des révisions et des remises en cause.

Ainsi, une source de l’Élysée a annoncé en amont «une adaptation significative des bases françaises en Afrique». Mais, pratiquement, cette annonce est sans conséquence sur le dispositif militaire français dans la région, car les soldats français se sont déjà retirés du Mali, et 3 000 militaires français restent déployés au Niger, au Tchad et au Burkina Faso.

Sur le terrain miné du Sahel, la France cherche donc à réduire l'exposition et la visibilité de ses forces militaires en Afrique et de se concentrer sur la coopération et le partenariat opérationnel.

Bataille d’influence en Afrique 

Pour entamer une nouvelle politique africaine de la France, les intéressés insistent sur l’anticipation, la clarification et la transparence afin de corriger les erreurs de la conduite. Mais tout redéploiement militaire ou toute nouvelle politique de communication suppose une perception différente et, au mieux, une réconciliation avec l’opinion publique africaine. 

Ces dernières années, on a pu constater l’hostilité croissante des populations locales à l'égard de la France, alimentée par les réseaux sociaux et la désinformation généralisée, au sein de laquelle l'influence de puissances rivales, Moscou en tête, se renforce via réseaux sociaux et médias officiels. Tout cela pousse le président français à insister sur les nouvelles menaces «hybrides» et la nécessité pour la France de développer, ses capacités «d’influence» pour gagner la bataille pour l'influence en Afrique.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».