Au procès de Nice, des témoignages d'enfants révèlent des blessures à vif

Un policier se tient à côté d'un cadavre recouvert d'un drap bleu sur le front de mer de la Promenade des Anglais à Nice, sur la Côte d'Azur, le 15 juillet 2016 (Photo, AFP).
Un policier se tient à côté d'un cadavre recouvert d'un drap bleu sur le front de mer de la Promenade des Anglais à Nice, sur la Côte d'Azur, le 15 juillet 2016 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 12 octobre 2022

Au procès de Nice, des témoignages d'enfants révèlent des blessures à vif

  • L'attentat de Nice a tué 86 personnes, dont quinze mineurs
  • Plus de 150 enfants en souffrance sont toujours suivis à l'hôpital Lenval

PARIS: L'une avait quatre ans et l'autre 16 au moment de l'attaque au camion-bélier sur la promenade des Anglais le 14 juillet 2016. Toutes deux ont survécu mais leur témoignage mardi au procès de l'attentat de Nice ont révélé des blessures invisibles.

"Moi, je voulais juste des bonbons. Et je ne savais pas ce qui allait se passer. Et à mon petit âge de quatre ans (à l'époque des faits, ndlr), c'est difficile de comprendre ça", a raconté avec ses mots d'enfants la jeune K. par la voix de son avocate, Sylvie Topaloff.

K. aurait dû témoigner par visioconférence depuis Nice, mais le président de la cour d'assises spéciale de Paris, Laurent Raviot, y a mis son veto en raison de son jeune âge.

La mère de la fillette, Hager Ben Aouissi, 38 ans, avait raconté vendredi à la cour comment elle n'avait pas hésité à se jeter entre les roues du camion de 19 tonnes conduit par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, en plaquant sa fille au sol, pour lui sauver la vie.

Dans sa lettre, la petite fille explique: "J'ai compris quand on s'est relevé avec maman et que j'ai vu le camion continuer".

"Au début c'était une très bonne soirée et ensuite elle s'est transformée en moche", résume la fillette qui, depuis l'attentat, est suivie au Centre d’évaluation pédiatrique du psychotraumatisme (CE2P) de l'hôpital Lenval de Nice et souffre de sérieux troubles de stress post-traumatique (TSPT)

Lors de son audition vendredi, sa mère avait raconté comment sa fille avait "complètement régressé" depuis l'attentat. "Elle n'a pas arrêté de dire qu'elle voulait retourner dans mon ventre. Elle a repris la tétine, le biberon", avait détaillé Mme Ben Aouissi.

La petite fille est toujours la proie de réminiscences qui provoquent chez elle de violentes crises d'angoisse. Comme beaucoup d'adultes survivants, elle souffre d'un sévère complexe de culpabilité.

«Je souhaite mourir»

Kimberley avait 16 ans au moment de l'attaque.

Sa souffrance à la barre est pénible à supporter. "Rien ne vous oblige à témoigner", lui dit d'une voix douce le président. Courageuse, elle continue.

Le soir du 14 juillet, était sa "première sortie de nuit autorisée". Une joie immense avant de voir "des corps voltiger en l'air".

"Vous savez la phrase qu’on dit ? 'J’ai vu ma vie défiler devant mes yeux' et bien je me suis vue bébé, enfant et ado. Je regardais droit dans les yeux ce terroriste en espérant qu’il me voie pleurer et qu’il ait un tilt comme quoi il faut s’arrêter mais non, rien…", se souvient-elle.

La jeune femme est sauve mais les blessures invisibles ne font que commencer.

Elle n'est plus capable de rien. A la maison "c'est ma maman qui me lavait, me brossait les dents, me faisait manger comme si j’étais un bébé". Chaque nuit, ce sont des cauchemars et des hallucinations. "Je voyais des corps partout dans la maison, du sang sur moi, du sang partout", dit-elle, la voix brisée.

"J’ai commencé les mutilations en cachette car je n'avais aucune raison de continuer à vivre (...) Plus les jours passaient, plus je ressentais ce besoin de mourir".

Sa vie se passe désormais à l'hôpital. Elle n'a plus que la peau sur les os.

"J’ai commencé à m’en vouloir et à en vouloir à mes parents. Pourquoi je suis née ? Pourquoi je ne suis pas morte à la place de tout le monde ?", poursuit-elle. Sur le banc des parties civiles, son père s'effondre.

"Est-ce que je suis heureuse aujourd’hui ?", s'interroge-t-elle. "Non. Rien n'a changé, je pleure toujours autant, mes idées noires sont constamment présentes, même à l’heure où je vous parle (...) Maintenant je souris je montre que je vais bien même si ce n’est pas le cas".

Cauchemars et hallucinations persistent y compris "en pleine rue". "Je souhaite mourir à chaque anniversaire pour que ma douleur enfin s’arrête".

L'attentat de Nice a tué 86 personnes, dont quinze mineurs. Des centaines d’autres ont subi un choc traumatique plus ou moins important.

Plus de 150 enfants en souffrance sont toujours suivis à l'hôpital Lenval.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.