Le Premier ministre libanais s'engage à poursuivre des réformes cruciales

Najib Mikati, Premier ministre intérimaire du Liban, s’exprime lors de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU à New York, mercredi (Photo, Reuters).
Najib Mikati, Premier ministre intérimaire du Liban, s’exprime lors de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU à New York, mercredi (Photo, Reuters).
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Publié le Vendredi 23 septembre 2022

Le Premier ministre libanais s'engage à poursuivre des réformes cruciales

  • Les députés libanais saluent l'accord entre l'Arabie saoudite, la France et les États-Unis sur la «prochaine phase de la feuille de route du sauvetage»
  • L'Arabie saoudite, les États-Unis et la France ont exprimé leur soutien continu à la souveraineté, à la sécurité et à la stabilité du Liban

BEYROUTH: Le Premier ministre intérimaire du Liban, Najib Mikati, a promis d'aller de l'avant avec les réformes urgentes nécessaires après que l'Arabie saoudite, la France et les États-Unis se sont mis d'accord sur une feuille de route de sauvetage pour le pays en crise.

Les représentants des trois pays ont publié une déclaration commune tôt jeudi à l'issue d'une réunion en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La déclaration souligne leur volonté de travailler avec le Liban, mais prévient que le soutien à la prochaine phase du sauvetage est soumis au respect de dispositions clés.

Il s'agit notamment de «la formation d'un gouvernement capable de mettre en œuvre les réformes structurelles et économiques nécessaires de toute urgence dans le but de résoudre les crises politique et économique du Liban, en particulier les réformes nécessaires afin de parvenir à un accord avec le Fonds monétaire international», a indiqué la déclaration commune.

L'Arabie saoudite, les États-Unis et la France ont exprimé leur soutien continu à la souveraineté, à la sécurité et à la stabilité du Liban.

L'ambassadeur saoudien au Liban, Walid Bukhari, a publié sur Twitter que la déclaration conjointe portait un message selon lequel l'accord de Taëf est «le gardien de l'unité nationale et de la paix civile au Liban».

Le député Marwan Hamadeh a appelé les partis politiques libanais à lire attentivement la déclaration conjointe et le tweet de l'ambassadeur saoudien.

Il a appelé à une conférence visant à former un État tripartite qui permettrait au Hezbollah de devenir «un partenaire dans la gouvernance».

Mikati, qui représentait le Liban à l'Assemblée générale des Nations unies, a abordé la crise sociale et économique du pays dans un discours prononcé mercredi soir.

Il a prévenu que la crise menaçait toutes les institutions, faisait passer la majorité de la population sous le seuil de pauvreté et provoquait une fuite des cerveaux parmi les jeunes du pays.

Le Premier ministre intérimaire s'est engagé à faire avancer les réformes législatives et administratives, et a souligné que le Liban comptait sur ses amis internationaux, surtout parmi les pays arabes.

Il a réitéré l'engagement du Liban envers l'accord de Taëf et s'est engagé à traiter avec fermeté toute menace à ses dispositions.

Mikati a signalé aux représentants qu'«un État libanais souverain, indépendant, fort et capable est essentiel à la paix, à la sécurité, à la stabilité et à la prospérité dans la région».

Le député Abdel Rahman al-Bizri a déclaré à Arab News que la déclaration conjointe entre l’Arabie saoudite, les États-Unis et la France reflète les espoirs de tous les Libanais en termes de tenue d'élections présidentielles, de formation d'un gouvernement efficace et de mise en œuvre de réformes politiques.

Le député George Okais a indiqué que la déclaration mettait en évidence les questions cruciales qui doivent être abordées si le Liban veut retrouver la stabilité.

Un observateur politique a déclaré à Arab News que les termes décrits dans la déclaration conjointe s'inscrivent dans la continuité de l'accord de Taëf.

La déclaration insiste sur la mise en œuvre de toutes les résolutions internationales, notamment celles qui limitent la fourniture d'armes aux forces armées et aux forces de sécurité intérieure du Liban.

Les trois pays ont également souligné l'importance d'organiser des «élections dans les délais opportuns», le Parlement libanais s'apprêtant à élire un nouveau président.

«Il est de la plus grande importance d'élire un président qui puisse unir le peuple libanais et travailler avec les acteurs régionaux et internationaux de manière à surmonter la crise actuelle», a montré la déclaration conjointe.

«Nous affirmons qu’il est primordial pour le gouvernement libanais de mettre en œuvre les dispositions des résolutions 1559, 1680, 1701, 2650 du Conseil de sécurité des Nations unies et d'autres résolutions internationales pertinentes, dont celles émises par la Ligue arabe, et de s'engager à respecter l'accord de Taëf qui permet de préserver l'unité nationale et la paix civile au Liban», a soutenu la déclaration conjointe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: l'armée israélienne déclare que toute la zone au sud du fleuve Zahrani est une «zone de combat»

Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
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  • L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban
  • "A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier

JERUSALEM: L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

Dans un message sur les réseaux sociaux semblant acter la fin du cessez-le-feu plus que précaire entre Israël et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans cette région à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

"A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier.

"Au Liban, nous intensifions nos opérations afin de porter des coups toujours plus sévères à l'organisation Hezbollah", a déclaré de son côté le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une cérémonie de réception d'un nouvel avion ravitailleur pour l'armée de l'Air.

"Cette mission est conduite de manière méthodique, sur tous les fronts — dans les airs comme au sol — avec responsabilité et détermination, face à un ennemi affaibli et durement éprouvé", a-t-il dit selon une vidéo de la cérémonie diffusée par le service de presse de l'armée.

"Le Hezbollah déploie contre nous une large gamme de menaces, notamment celle des drones" explosifs, a-t-il ajouté promettant de poursuivre "sans relâche [les] efforts [pour infliger] à l'ennemi un coût élevé, tant sur la ligne de front qu'en profondeur".


Liban: le Hezbollah dit mener des combats directs avec des forces israéliennes dans le sud

Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
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  • Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué
  • Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité

BEYROUTH: Le Hezbollah a indiqué mercredi mener des combats avec des forces israéliennes dans une localité située à la lisière de la "ligne jaune" établie dans le sud du Liban par Israël, qui étend ses opérations terrestres dans le pays.

L'armée israélienne avait élargi et intensifié ses frappes mardi sur des villes et villages dans le sud du Liban et dans des zones de l'est du pays limitrophes du sud, faisant au moins 31 morts selon les autorités.

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué.

Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité.

Ce village, situé au nord du fleuve Litani, revêt une importance stratégique pour sa proximité avec la ville de Nabatiyé, grande ville du sud visée par un nouvel appel à évacuation israélien avant des frappes, le deuxième depuis mardi.

Israël dit cibler le Hezbollah, qu'il accuse de violer le cessez-le-feu.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" que l'armée israélienne a établie dans le sud du Liban à une dizaine de kilomètres de la frontière, zone qu'elle interdit d'accès aux habitants et où elle mène de larges opérations de démolition.

Parallèlement à cette avancée, Israël a annoncé mardi étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune", malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril.

"Nous intensifions notre action au Liban" et "nous renforçons la zone de sécurité afin de protéger les localités du nord" d'Israël, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.


L'Iran juge peu probable la reprise de la guerre avec les Etats-Unis

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis
  • Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre.

Dans le même temps, comme une étape de plus vers un retour à la normale, l'accès à internet a été partiellement rétabli en Iran, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks. Et dans le ciel, le trafic a désormais pleinement repris dans 10 aéroports du pays.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis. Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces.

"La probabilité d'une guerre est faible en raison de la faiblesse de l'ennemi", a lancé mercredi Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens, cité par l'agence de presse Tasnim. Mais "les forces armées se tiennent en alerte, leurs chargeurs pleins", a-t-il ajouté, jurant de "transformer la zone" allant de l'est à l'ouest du Golfe en "un cimetière pour les agresseurs".

La veille, la République islamique avait déjà menacé de riposter à tout "acte malveillant", accusant Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit de lundi à mardi des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Alors que les pays musulmans célèbrent l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, le président iranien Massoud Pezeshkian a délivré à cette occasion un message contre "les tyrans de notre époque".

 "Globalement positives"

Mercredi, les cours du pétrole fléchissaient de nouveau et les Bourses européennes ont ouvert en petite hausse.

Si l'enthousiasme des marchés est retombé après les signaux positifs du weekend, "il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU) entre les Etats-Unis et l'Iran", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

Car le dialogue n'est pas rompu: l'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables au Qatar, une première depuis le début des hostilités.

Ce déplacement avait pour but de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes, en juin 2025.

Au-delà de la "ligne jaune" 

Donald Trump, qui doit réunir mercredi son gouvernement, cherche de son côté une issue à cette guerre impopulaire qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Si le mémorandum est signé (...), Trump revendiquera un succès diplomatique, les prix du carburant devraient baisser et l'Iran aura obtenu ce qu'il recherchait depuis le début: la fin des hostilités actives et un répit économique, avant d'être contraint de faire des concessions sur la question nucléaire", écrit sur son site le groupe de réflexion International Crisis Group.

A condition que son allié israélien, désireux de renverser la République islamique, ne fasse pas dérailler les discussions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé une intensification de l'offensive de l'armée israélienne au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.

De nouvelles frappes mardi ont fait 31 morts, selon le gouvernement libanais. Et Israël a dit étendre ses opérations terrestres au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du pays.