Ukraine: La Russie mise au banc des accusés au Conseil de sécurité, Lavrov de marbre

Blinken a jugé essentiel qu'«aucun pays ne puisse redessiner les frontières d'un autre pays par la force» (Photo, AFP).
Blinken a jugé essentiel qu'«aucun pays ne puisse redessiner les frontières d'un autre pays par la force» (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 23 septembre 2022

Ukraine: La Russie mise au banc des accusés au Conseil de sécurité, Lavrov de marbre

  • Présent dans la salle pour prononcer son discours, Sergueï Lavrov, le visage fermé, n'a pas assisté aux discours des autres ministres
  • Intervenant le premier, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé à enquêter sur le «catalogue de cruautés» qui ont lieu en Ukraine

NATIONS UNIES: Le face-à-face tant attendu n'a pas vraiment eu lieu: les ministres des Affaires étrangères du Conseil de sécurité de l'ONU ont exigé jeudi que la Russie de Vladimir Poutine rende des comptes pour son invasion de l'Ukraine, devant leur homologue russe Sergueï Lavrov qui les a globalement snobés.

"Je ne crois pas que quiconque dans la salle du Conseil de sécurité, de Wang Yi (le chef de la diplomatie chinoise) à Tony Blinken (l'Américain), n'ait un tant soit peu ménagé Vladimir Poutine ou Lavrov", a commenté un haut responsable américain à l'issue de la réunion, sous couvert de l'anonymat.

Présent dans la salle pour prononcer son discours, Sergueï Lavrov, le visage fermé, n'a pas assisté aux discours des autres ministres, cédant sa place à la table du Conseil à son adjoint, et a quitté la salle après son discours, ont confirmé des sources diplomatiques.

"Il ne souhaite pas entendre", a lancé le Britannique James Cleverly, tandis que l'Ukrainien Dmytro Kouleba, invité, jugeait qu'"à l'image des soldats russes sur le champ de bataille, les diplomates russes fuient eux aussi".

Convoquée par la présidence française du Conseil de sécurité, la réunion avait pour thème la situation en Ukraine et l'"impunité" des crimes commis depuis l'invasion du pays par la Russie en février dernier.

Russie prise à partie

Prenant tour à tour la parole, les ministres, à commencer par la Française Catherine Colonna, ont pris à partie la Russie de Poutine, dénonçant son agression de l'Ukraine et la récente escalade, dont la prochaine tenue de référendums d'annexion dans les territoires ukrainiens sous contrôle russe.

"Il n'y a pas de paix sans justice", a-t-elle assuré, notant que les responsables devraient "répondre" de leurs crimes.

"On ne peut pas laisser le président Poutine s'en tirer comme ça", a affirmé pour sa part le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken.

"Cet ordre international qui nous réunit ici aujourd'hui et qu'on s'efforce de sauvegarder est mis en pièces devant nos yeux", a-t-il affirmé en accusant le président russe d'avoir "mis de l'huile sur le feu qu'il a allumé", démontrant "son mépris total pour la Charte des Nations unies".

M. Blinken, qui a refusé toute rencontre avec son homologue russe depuis l'invasion, a jugé essentiel qu'"aucun pays ne puisse redessiner les frontières d'un autre pays par la force".

En réponse, le ministre russe des Affaires étrangères a rejeté les accusations occidentales et dénoncé "l'impunité" de Kiev.

"Il y a une tentative aujourd'hui de nous imposer une narration complètement différente parlant d'une agression russe comme étant à l'origine de cette tragédie", a-t-il plaidé, accusant l'Ukraine de "russophobie" et d'être un "Etat totalitaire nazi".

"Kiev doit son impunité à ses partenaires occidentaux", a encore affirmé M. Lavrov, accusant "les Etats-Unis et leurs alliés, avec la connivence d'organisations internationales des droits humains, de couvrir les crimes commis par le régime de Kiev".

«Catalogue de cruautés»

Le Conseil a par ailleurs pu entendre détailler nombre d'exactions commises en Ukraine.

Intervenant le premier, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé à enquêter sur le "catalogue de cruautés" qui ont lieu en Ukraine.

Les rapports des services humanitaires de l'ONU énumèrent "un catalogue de cruautés: exécutions sommaires, violences sexuelles, torture et autres traitements inhumains et dégradants contre les civils et les prisonniers de guerre", a déclaré M. Guterres à l'ouverture de cette réunion.

"Toutes ces accusations doivent faire l'objet d'enquêtes, pour garantir la responsabilité", a-t-il ajouté.

Dmytro Kouleba a, lui, insisté sur la nécessité pour l'Occident de continuer à fournir des armes à son pays.

"Le meilleur moyen de prévenir d'autres atrocités par les Russes est d'envoyer à l'Ukraine plus d'armes", a-t-il plaidé, en réitérant l'appel du président ukrainien Volodymyr Zelensky visant à créer un tribunal spécial pour juger M. Poutine.

Egalement présent à cette réunion, le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan, qui a ouvert une enquête en Ukraine sur les crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés quelques jours seulement après l'invasion russe du 24 février.

"De mon point de vue, les échos de Nuremberg devraient être entendus aujourd'hui", a-t-il dit, en référence à la ville allemande où s'étaient tenus les procès contre les nazis pour crimes contre l'humanité.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.