Le gouvernement turc sous pression dans le dossier des taxes sismiques évaporées

Les secouristes recherchent des survivants dans les débris d'un bâtiment effondré le 1er novembre 2020 à Izmir, après qu'un puissant tremblement de terre ait frappé la côte ouest de la Turquie et certaines parties de la Grèce. (Photo, AFP)
Les secouristes recherchent des survivants dans les débris d'un bâtiment effondré le 1er novembre 2020 à Izmir, après qu'un puissant tremblement de terre ait frappé la côte ouest de la Turquie et certaines parties de la Grèce. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 06 novembre 2020

Le gouvernement turc sous pression dans le dossier des taxes sismiques évaporées

  • «Le gouvernement collecte ces impôts auprès des contribuables sous forme de taxes sismiques puis les fusionne dans le budget général»
  • La taxe a été introduite après un séisme de magnitude 7,4 dans la région de Marmara en 1999 qui a fait 17 000 morts

DJEDDAH: La pression augmente sur le gouvernement turc pour expliquer le sort de plusieurs milliards de dollars levés par une taxe sismique obligatoire que les Turcs paient depuis plus de 20 années. Un tremblement de terre de magnitude 7,0 a frappé Izmir vendredi dernier, tuant au moins 110 personnes.

La taxe a été introduite après un séisme de magnitude 7,4 dans la région de Marmara en 1999 qui a fait 17 000 morts. L'argent récolté est censé être utilisé pour financer des projets de renforcement des bâtiments et préparer les villes à mieux faire face aux tremblements de terre.

Cependant, les experts et les politiciens de l'opposition affirment qu'une grande partie des recettes de la taxe n'a pas été dépensée pour des mesures de protection contre les tremblements de terre, et les demandes de compte fusent de toute part.

Les citoyens turcs ont payé jusqu'à 147,2 milliards de livres turques (17,5 milliards de dollars) en taxes sismiques depuis 1999. Le principal parti d’opposition du pays, le Parti républicain du peuple (CHP), accuse le gouvernement de détourner de plus de 71 milliards de lires qui auraient dû être utilisées pour protéger les villes contre les séismes.

Jeudi, l'éminent journaliste turc Fatih Altayli a déclaré que depuis 2011, une partie de ces impôts a peut-être été dépensée pour s'occuper d'environ 5 millions de réfugiés syriens.

La Turquie a reçu 6 milliards d'euros (7 milliards de dollars) d'aide de l'UE pour aider le pays à faire face aux vagues interminables de migrants et de réfugiés.

Une accusation réitérée par le chef du CHP, Kemal Kilicdaroglu, lors d'un discours parlementaire. En abordant le sujet de ces taxes il a lancé: «Mais lorsque il s’agit de Syriens, il y a toujours beaucoup d'argent».

Alpay Antmen, avocat et politicien du CHP, a déclaré à Arab News: «Cet argent était destiné à la transformation urbaine et pour rendre les habitations dans les zones sismiques plus résistantes. Mais les quelques 70 milliards de lires ont été dépensés à d'autres fins, et le capital a été transféré aux entrepreneurs proches du gouvernement».

Antmen a affirmé avoir soumis une demande parlementaire l'année dernière au ministre du Trésor et des Finances, Berat Albayrak, sur l'utilisation des taxes sismiques. Il a été renvoyé au ministère de l'Intérieur, qui lui a dit qu'il n'avait aucune information sur ce sujet. «Le gouvernement collecte ces impôts auprès des contribuables sous forme de taxes sismiques puis les fusionne dans le budget général», a déclaré Antmen. «Les ressources financières du gouvernement sont épuisées au point où il doit utiliser tous les outils disponibles».

L’AFAD, l’Agence turque de gestion des catastrophes et des situations d’urgence, qui relève du ministère de l’Intérieur, a été sévèrement critiquée pour sa réaction face au séisme d’Izmir. Elle aurait demandé aux gens d’envoyer un SMS s’ils ont besoin de couvertures.

Les allégations de corruption dans l'utilisation des taxes sismiques ne datent pas d’aujourd’hui. En janvier, par exemple, le président Recep Tayyip Erdogan a réagi à ces revendications en disant: « Nous l'avons dépensé là où il est censé être dépensé… nous n'avons pas le temps de rendre des comptes pour des affaires comme celle-ci».

Le CHP appelle maintenant le gouvernement à rendre des comptes en exigeant une transparence totale sur la façon dont ces taxes ont été utilisées. «Lorsque vous dépensez l'argent des contribuables, vous devez justifier ses dépenses», a déclaré Antmen. «Sans quoi la situation est inacceptable. Des dizaines de milliards de dollars ont toutefois été gaspillés pour alléger le fardeau de la dette des entrepreneurs progouvernementaux».

Le CHP a déclaré que si les revenus de la taxe sismique avaient été utilisés correctement, des millions de bâtiments à travers le pays auraient pu être renforcés pour les aider à survivre à de puissants tremblements de terre qui ne manquent pas de frapper la Turquie. Le pays est situé le long de diverses  lignes de faille actives.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien s'entretient avec le président iranien 

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  • Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian
  • Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian, a rapporté tôt vendredi l'Agence de presse saoudienne.
Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région et ont passé en revue plusieurs questions d'intérêt commun.


L'Arabie saoudite condamne l'escalade militaire israélienne et l'attaque contre un centre culturel à Gaza

L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
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  • L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien
  • Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag

RIYADH : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a condamné jeudi la poursuite de l'escalade militaire israélienne dans les territoires palestiniens occupés, y compris les frappes sur les abris pour les civils déplacés à Gaza.

Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag, à l'est de Rafah. Cet entrepôt contenait des fournitures médicales destinées aux patients et aux blessés de Gaza.

Le ministère a déclaré que l'absence de mécanismes internationaux efficaces de responsabilisation a permis aux forces israéliennes de persister dans leurs violations du droit international et des principes humanitaires. Il a averti que l'impunité persistante contribue à l'intensification de la violence et constitue une menace pour la stabilité régionale et mondiale.

L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien.


L'armée israélienne intensifie ses opérations à Gaza, 30 morts selon les secours

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
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  • Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza
  • Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban

GAZA: L'armée israélienne a lancé une nouvelle offensive au sol vendredi à Gaza-Ville, intensifiant ses opérations dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 30 morts, selon la Défense civile.

Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza.

Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban.

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte.

"Les soldats y ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas", a-t-elle dit, ajoutant que les soldats "autorisaient l'évacuation des civils de la zone de combat".

A Choujaïya, la Palestinienne Elena Helles raconte à l'AFP qu'elle ne peut sortir de sa maison, comme de nombreux habitants.

"Nous sommes coincés avec ma famille chez ma soeur. L'armée d'occupation est très proche de nous. Les obus et les missiles tombent sur les maisons et les tentes (de déplacés). La mort nous menace de toutes parts", dit-elle.

Selon la Défense civile locale, au moins 30 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes dans la bande de Gaza. Une source hospitalière a fait état de 25 morts dans une frappe sur une habitation de Khan Younès (sud).

"Arrêtez, ça suffit!" 

"C'était comme le Jour du Jugement dernier: ils ont bombardé avec des missiles, tout est devenu sombre, nous avons commencé à chercher nos enfants et nos biens, mais tout a disparu. Nos enfants ont disparu", Raghda al-Sharafa, en pleurant, au lendemain d'une frappe israélienne contre une école où étaient réfugiés des déplacés à Gaza-ville: "Arrêtez, ça suffit!"

La quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés par les combats et vivent dans des conditions très dures, Israël bloquant l'entrée de l'aide humanitaire dans le territoire dévasté et assiégé.

Après deux mois de trêve à Gaza et plusieurs semaines de tractations infructueuses sur la façon de la prolonger, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d'opérations terrestres dans le territoire.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés dans le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza voisine où le mouvement islamiste a pris le pouvoir en 2007.

L'attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée.

Israël a juré de détruire le Hamas, et mené en représailles une offensive dévastatrice à Gaza qui a fait au moins 50.609 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

Selon ce ministère, au moins 1.249 Palestiniens ont été tués depuis la reprise des bombardements intenses israéliens le 18 mars dernier.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas pour qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré M. Netanyahu mercredi.

Frappes au Liban et en Syrie 

Au Liban, l'armée israélienne a annoncé vendredi avoir tué dans une frappe à Saïda Hassan Farhat, un "commandant" du Hamas qui "a orchestré de nombreuses attaques terroristes contre des civils et soldats israéliens".

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont confirmé dans un communiqué la mort de Hassan Farhat, et de son fils, également membre des Brigades. La fille de Hassan Farhat a également péri, selon elles.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé "une agression flagrante contre la souveraineté libanaise" et une "claire violation" de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre entre Israël et le Hezbollah libanais, un allié du Hamas.

En Syrie, l'armée israélienne a aussi intensifié ses frappes meurtrières ces derniers jours et mené une incursion terrestre dans la sud du territoire syrien. Elle a y visé notamment des bases et un aéroport militaires.

Les autorités syriennes ont dénoncé "une tentative préméditée de déstabiliser" le pays.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.