A Damas, une foire pour relancer l'artisanat et l'industrie d'Alep

"Fabriqué à Alep" peut-on lire en calligraphie arabe tracée à la main par cet exposant. (AFP).
"Fabriqué à Alep" peut-on lire en calligraphie arabe tracée à la main par cet exposant. (AFP).
La foire se tient dans la Tekkiye Souleymaniyé, complexe décoré d'arches et de dômes typiques de l'architecture ottomane, rassemblant une mosquée, une ancienne école et un souk de métiers artisans, autour d'une succession de cours intérieures. (AFP).
La foire se tient dans la Tekkiye Souleymaniyé, complexe décoré d'arches et de dômes typiques de l'architecture ottomane, rassemblant une mosquée, une ancienne école et un souk de métiers artisans, autour d'une succession de cours intérieures. (AFP).
Dans la Tekkiye Souleymaniyé, Sonali Ghazal exhibe fièrement ses marshmallows parfumés à la pistache d'Alep ou à l'eau de rose.  "Nous avons réussi à fabriquer des marshmallows en Syrie, et on leur a apporté une touche alépine", s'amuse l'enseignante de 42 ans. (AFP).
Dans la Tekkiye Souleymaniyé, Sonali Ghazal exhibe fièrement ses marshmallows parfumés à la pistache d'Alep ou à l'eau de rose. "Nous avons réussi à fabriquer des marshmallows en Syrie, et on leur a apporté une touche alépine", s'amuse l'enseignante de 42 ans. (AFP).
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Publié le Jeudi 05 novembre 2020

A Damas, une foire pour relancer l'artisanat et l'industrie d'Alep

  • A Damas, Joseph Tobjian espère trouver un public à qui vendre son légendaire savon d'Alep, qu'il n'arrive plus à exporter
  • En 2012 le clan Tobjian, d'origine arménienne, a fui les violences à Alep pour le Canada. L'atelier familial, qui employait à son heure de gloire une quarantaine d'ouvriers, a été ravagé

DAMAS : Sous les élégantes arches d'un complexe ottoman à Damas, Joseph Tobjian espère trouver un public à qui vendre son légendaire savon d'Alep, qu'il n'arrive plus à exporter après des années d'une guerre dévastatrice.

Comme lui, plus de 130 marchands ont fait le déplacement pour participer pendant une semaine à la foire des "Producteurs 2020". L'initiative met à l'honneur l'artisanat et l'industrie d'Alep, métropole du nord et ancien poumon économique de Syrie, célèbre pour ses souks ancestraux et ses ateliers, aujourd'hui ruinés par les combats.

Organisée avec le soutien du gouvernement, la foire permet de présenter à un public syrien savons traditionnels, bijoux, mais aussi ameublement et prêt-à-porter. Et même des marshmallows "made in Syria".

"J'ai passé ma vie entre l'huile de laurier et le savon, cette odeur ne me quitte pas", souligne M. Tobjian, 61 ans, derrière une table où s'alignent flacons et produits cosmétiques naturels.

"Nous sommes à Damas à la recherche d'un marché alternatif, après l'arrêt des exportations", ajoute le sexagénaire à l'élégante chevelure grisonnante, se disant "surpris" par le grand nombre de visiteurs, notamment les commerçants de Damas intéressés par les produits cosmétiques et avec lesquels il espère conclure de futurs contrats.

La foire se tient dans la Tekkiye Souleymaniyé, complexe décoré d'arches et de dômes typiques de l'architecture ottomane, rassemblant une mosquée, une ancienne école et un souk de métiers artisans, autour d'une succession de cours intérieures.

 "Redonner vie"

En 2012 le clan Tobjian, d'origine arménienne, a fui les violences à Alep pour le Canada. L'atelier familial, qui employait à son heure de gloire une quarantaine d'ouvriers, a été ravagé.

Ne pouvant supporter l'exil, la famille a fait le pari du retour en 2018 après une reprise par le pouvoir de Bachar al-Assad d'importants pans du territoire. Elle s'est installée dans des locaux plus modestes à Alep pour confectionner les savons, ces petits cubes verts, autrefois très prisés des touristes, fabriqués à base d'huile d'olive et de laurier.

"On a hérité cet artisanat de nos pères et grands-pères, nous ne voulons pas qu'il s'arrête", s'enorgueillit M. Tobjian. "Nous devons tous tout faire pour redonner vie à nos ateliers et usines." 

Le marché couvert d'Alep, avec ses souks animés, était le plus grand au monde avec ses 4.000 échoppes et 40 caravansérails, qui attiraient depuis des siècles artisans et marchands venus des quatre coins du globe.

Après des années de combats dévastateurs contre les rebelles, le pouvoir syrien, soutenu par l'allié russe, a reconquis fin 2016 Alep. Classée au patrimoine mondial de l'Unesco, la vieille ville a été l'une des principales lignes de front.

Certaines des zones ont été progressivement restaurées, mais les quartiers historiques portent partout les stigmates des affrontements.

La zone industrielle d'Alep, la plus grande du pays, a été elle aussi ravagée par les combats, qui ont mis à l'arrêt la plupart des usines.

 "Prix d'or"

Ces deux dernières années, certaines enseignes ont repris du service. Et avec l'appui du gouvernement, 70 ateliers ont rouvert leurs portes. Mais dans le pays visé par des sanctions économiques occidentales, quelles débouchées pour la production?

Certains espèrent que la foire de Damas sera synonyme d'opportunités économiques, explique l'un des organisateurs, Alaa Helal.

"La guerre a détruit les infrastructures des industriels à Alep", et les sanctions entravent les importations de carburant pour les usines, reconnaît-il. 

Dans la Tekkiye Souleymaniyé, Sonali Ghazal exhibe fièrement ses marshmallows parfumés à la pistache d'Alep ou à l'eau de rose.

"Nous avons réussi à fabriquer des marshmallows en Syrie, et on leur a apporté une touche alépine", s'amuse l'enseignante de 42 ans.

Elle avait l'habitude d'offrir ces sucreries à ses élèves. Mais avec la guerre, elles ont disparu du marché, en raison des difficultés à l'importation et "quand par miracle on les trouvait, elles étaient vendues à prix d'or".

Désormais, elle va de nouveau pouvoir les distribuer à ses élèves. "Mais cette fois-ci, avec les saveurs de la pistache d'Alep."           


Le prince héritier saoudien s'entretient avec le président iranien 

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  • Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian
  • Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian, a rapporté tôt vendredi l'Agence de presse saoudienne.
Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région et ont passé en revue plusieurs questions d'intérêt commun.


L'Arabie saoudite condamne l'escalade militaire israélienne et l'attaque contre un centre culturel à Gaza

L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
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  • L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien
  • Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag

RIYADH : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a condamné jeudi la poursuite de l'escalade militaire israélienne dans les territoires palestiniens occupés, y compris les frappes sur les abris pour les civils déplacés à Gaza.

Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag, à l'est de Rafah. Cet entrepôt contenait des fournitures médicales destinées aux patients et aux blessés de Gaza.

Le ministère a déclaré que l'absence de mécanismes internationaux efficaces de responsabilisation a permis aux forces israéliennes de persister dans leurs violations du droit international et des principes humanitaires. Il a averti que l'impunité persistante contribue à l'intensification de la violence et constitue une menace pour la stabilité régionale et mondiale.

L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien.


L'armée israélienne intensifie ses opérations à Gaza, 30 morts selon les secours

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
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  • Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza
  • Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban

GAZA: L'armée israélienne a lancé une nouvelle offensive au sol vendredi à Gaza-Ville, intensifiant ses opérations dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 30 morts, selon la Défense civile.

Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza.

Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban.

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte.

"Les soldats y ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas", a-t-elle dit, ajoutant que les soldats "autorisaient l'évacuation des civils de la zone de combat".

A Choujaïya, la Palestinienne Elena Helles raconte à l'AFP qu'elle ne peut sortir de sa maison, comme de nombreux habitants.

"Nous sommes coincés avec ma famille chez ma soeur. L'armée d'occupation est très proche de nous. Les obus et les missiles tombent sur les maisons et les tentes (de déplacés). La mort nous menace de toutes parts", dit-elle.

Selon la Défense civile locale, au moins 30 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes dans la bande de Gaza. Une source hospitalière a fait état de 25 morts dans une frappe sur une habitation de Khan Younès (sud).

"Arrêtez, ça suffit!" 

"C'était comme le Jour du Jugement dernier: ils ont bombardé avec des missiles, tout est devenu sombre, nous avons commencé à chercher nos enfants et nos biens, mais tout a disparu. Nos enfants ont disparu", Raghda al-Sharafa, en pleurant, au lendemain d'une frappe israélienne contre une école où étaient réfugiés des déplacés à Gaza-ville: "Arrêtez, ça suffit!"

La quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés par les combats et vivent dans des conditions très dures, Israël bloquant l'entrée de l'aide humanitaire dans le territoire dévasté et assiégé.

Après deux mois de trêve à Gaza et plusieurs semaines de tractations infructueuses sur la façon de la prolonger, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d'opérations terrestres dans le territoire.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés dans le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza voisine où le mouvement islamiste a pris le pouvoir en 2007.

L'attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée.

Israël a juré de détruire le Hamas, et mené en représailles une offensive dévastatrice à Gaza qui a fait au moins 50.609 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

Selon ce ministère, au moins 1.249 Palestiniens ont été tués depuis la reprise des bombardements intenses israéliens le 18 mars dernier.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas pour qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré M. Netanyahu mercredi.

Frappes au Liban et en Syrie 

Au Liban, l'armée israélienne a annoncé vendredi avoir tué dans une frappe à Saïda Hassan Farhat, un "commandant" du Hamas qui "a orchestré de nombreuses attaques terroristes contre des civils et soldats israéliens".

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont confirmé dans un communiqué la mort de Hassan Farhat, et de son fils, également membre des Brigades. La fille de Hassan Farhat a également péri, selon elles.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé "une agression flagrante contre la souveraineté libanaise" et une "claire violation" de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre entre Israël et le Hezbollah libanais, un allié du Hamas.

En Syrie, l'armée israélienne a aussi intensifié ses frappes meurtrières ces derniers jours et mené une incursion terrestre dans la sud du territoire syrien. Elle a y visé notamment des bases et un aéroport militaires.

Les autorités syriennes ont dénoncé "une tentative préméditée de déstabiliser" le pays.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.