Israël accusé de vouloir briser le système éducatif palestinien à Jérusalem-Est

Les autorités israéliennes cherchent à imposer l'enseignement du programme israélien dans six écoles de Palestine. (AFP)
Les autorités israéliennes cherchent à imposer l'enseignement du programme israélien dans six écoles de Palestine. (AFP)
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Publié le Lundi 29 août 2022

Israël accusé de vouloir briser le système éducatif palestinien à Jérusalem-Est

  • Les autorités israéliennes cherchent à imposer les programmes scolaires israéliens dans six écoles palestiniennes
  • Les autorités israéliennes ont tenté, ces dernières années, de soumettre l'enseignement dans les écoles de Jérusalem-Est à une série de restrictions

RAMALLAH: À la veille de la rentrée scolaire, fixée au 1er septembre, les Palestiniens accusent les autorités israéliennes de se livrer à une guerre contre les écoles de Jérusalem-Est et les programmes scolaires palestiniens que celles-ci enseignent.
Les autorités israéliennes cherchent à imposer les programmes scolaires israéliens dans six écoles palestiniennes.
Les parents des élèves s'opposent à cette mesure; ils préfèrent que leurs enfants suivent le programme palestinien.
Ils affirment que les autorités israéliennes intensifient leurs «attaques» contre les écoles de Jérusalem par le biais d'une série de décisions, de procédures et de menaces qui visent à enseigner par la force le programme éducatif israélien aux élèves palestiniens. Elles menacent de fermer ces écoles et de priver les élèves de tout service éducatif, selon les parents d’élèves.
Le ministère israélien de l'Éducation a retiré le permis permanent à six écoles à Jérusalem; parmi ces établissements, cinq relèvent des écoles Al-Eman et un du Collège abrahamique. Ces écoles se sont vu délivrer un permis temporaire d'un an; en conséquence, elles subissent des pressions pour qu'elles remplacent le programme palestinien par le programme israélien.
Il n'a pas été précisé si cette annulation suppose le retrait des permis et la fermeture définitive des écoles ou si elle implique uniquement la suppression des financements et des allocations versées par le ministère.
«Livres scolaires à contenu incendiaire dans les écoles de Jérusalem-Est» est le titre d'une lettre récemment envoyée par le ministère à plusieurs écoles de la ville. Il a menacé de retirer la licence de toute école qui «utilise des manuels scolaires comportant des contenus incendiaires».
Les autorités israéliennes ont tenté, ces dernières années, de soumettre l'enseignement dans les écoles de Jérusalem-Est à une série de restrictions. La mesure la plus marquante concernait l'enseignement du «programme palestinien détourné dans les écoles affiliées», qui est en apparence identique au programme palestinien. Cependant, ce programme a supprimé un grand nombre de leçons, de pages et de symboles. Les écoles et les parents ont tout de même réussi à résister à ces mesures.
Les parents d'élèves des écoles visées ont ainsi distribué samedi dernier le véritable programme palestinien – non déformé – aux élèves, revendiquant le droit des élèves à l'étudier.
Près de cinquante mille élèves fréquentent les écoles affiliées à la municipalité israélienne de Jérusalem et au ministère israélien de l'Éducation. Treize mille d'entre eux étudient le cursus israélien, tandis que trente-sept mille étudient le cursus palestinien déformé.
En outre, quarante-deux mille élèves inscrits dans des écoles privées à Jérusalem étudient le programme palestinien; ils sont soumis à des pressions et sont contraints de se conformer au programme palestinien déformé.
Dans une déclaration, le Comité des parents d’élèves des collèges abrahamiques a dénoncé les déformations apportées au programme palestinien par les autorités israéliennes; ces modifications constituent, selon le comité, une violation manifeste du droit des élèves et de leurs familles à choisir le cursus scolaire qu'ils souhaitent suivre, ces pratiques étant contraires aux accords d'Oslo, conclus par l'Autorité palestinienne et Israël.
Cela fait des années qu'Israël conteste les programmes scolaires palestiniens qui sont enseignés dans les écoles de Jérusalem-Est, dans les écoles publiques et privées de Cisjordanie ainsi que dans les écoles relevant de l'Unrwa (Office de secours et de travaux des nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, NDLR). Il les accuse d'inciter à la haine contre l'État juif. Israël a par ailleurs intenté une action contre l'Autorité palestinienne auprès de l'Union européenne. Cette dernière a suspendu les aides financières de plusieurs millions de dollars versées à l'Autorité palestinienne, exigeant que celle-ci supprime le «contenu incendiaire». L'Autorité palestinienne dément avec force les allégations israéliennes.
Les parents d’élèves expriment leur inquiétude face aux mesures et aux menaces israéliennes à l'encontre des écoles de Jérusalem. Ils y voient un prétexte pour imposer l'enseignement du programme israélien dans son intégralité dans ces écoles.
D'après eux, Israël cherche à travers ces actions à effacer l'identité palestinienne et à arracher les Palestiniens à leur histoire et à leur idéologie.
Le ministère palestinien des Affaires de Jérusalem a exigé que les élèves, les parents et les établissements scolaires de Jérusalem adhèrent au programme palestinien original, les appelant à rejeter le programme israélien ainsi que sa version déformée. Il a déclaré: «La réaction des élèves du Collège abrahamique et de leurs parents envoie un message explicite à l'occupation; ils rejettent le programme israélien et sa version déformée, par lesquels l'occupation cherche à anéantir l'identité palestinienne.»
Le Comité islamo-chrétien de soutien à Jérusalem et aux Lieux saints a indiqué que l'adhésion au programme palestinien envoie un message clair à l'occupation selon lequel les habitants de Jérusalem sont attachés à leur identité palestinienne et sont résolus à déjouer toute tentative de judaïsation de l'enseignement dans leur ville.
Le porte-parole du gouvernement palestinien, Ibrahim Melhem, a précisé dans un entretien avec Arab News qu'Israël cherchait à contrôler les écoles de Jérusalem-Est en recourant à des méthodes d'extorsion. «Nous sommes confrontés à un défi et nous refusons tout chantage. L'Autorité palestinienne accordera des subventions à ces écoles pour les soutenir, consolider leur ténacité et leur permettre de faire front au chantage auquel se livre Israël», a-t-il fait savoir.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

 


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.