Afghanistan: les talibans célèbrent un an de pouvoir

Des talibans surveillent un avant-poste dans le village de Tawakh du district d'Anaba, dans la province du Panjshir, le 8 juillet 2022. (Photo, AFP)
Des talibans surveillent un avant-poste dans le village de Tawakh du district d'Anaba, dans la province du Panjshir, le 8 juillet 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 15 août 2022

Afghanistan: les talibans célèbrent un an de pouvoir

Des talibans surveillent un avant-poste dans le village de Tawakh du district d'Anaba, dans la province du Panjshir, le 8 juillet 2022. (Photo, AFP)
  • «Nous sommes peut-être pauvres, nous sommes peut-être confrontés à des difficultés, mais le drapeau blanc de l'islam flottera désormais haut pour toujours en Afghanistan», se réjouit l'un d'eux
  • Le 15 août 2021, les fondamentalistes islamistes s'emparaient sans combattre de la capitale Kaboul, au terme d'une offensive éclair menée sur tout le territoire contre des forces gouvernementales en déroute

KABOUL: Les talibans ont décrété ce lundi jour férié pour célébrer le premier anniversaire de leur retour au pouvoir en Afghanistan, une année marquée par une forte régression des droits des femmes et une profonde crise humanitaire. 

Le 15 août 2021, les fondamentalistes islamistes s'emparaient sans combattre de la capitale Kaboul, au terme d'une offensive éclair menée sur tout le territoire contre des forces gouvernementales en déroute, à la faveur du retrait des troupes américaines et de l'Otan après 20 ans d'intervention militaire dans le pays. 

« Nous avons rempli l'obligation du jihad et libéré notre pays », résume Niamatullah Hekmat, un combattant taliban entré à Kaboul ce jour-là, quelques heures seulement après la fuite hors du pays du président déchu Ashraf Ghani. 

Le retrait chaotique des forces étrangères s'est poursuivi jusqu'au 31 août, avec des dizaines de milliers de civils en panique se précipitant vers l'unique aéroport de la capitale pour être évacuées hors du pays, sur n'importe quel vol disponible. 

Les images stupéfiantes de foules prenant d'assaut des avions stationnés sur le tarmac, grimpant sur des appareils ou s'accrochant à un avion-cargo de l'armée américaine en train de décoller ont marqué le monde. 

Excepté ce lundi décrété férié, aucune célébration officielle n'a jusque-là été annoncée pour marquer l'anniversaire, mais la télévision d'État a indiqué qu'elle diffuserait des programmes spéciaux, sans autre précision. 

Un an après, les combattants talibans expriment leur joie de voir aujourd'hui leur mouvement exercer le pouvoir, au moment où, de leur côté, les agences d'aides humanitaire s'alarment de voir la moitié des 38 millions d'habitants du pays confrontés à une pauvreté extrême. 

« Quand nous sommes entrés dans Kaboul, et quand les Américains sont partis, ce furent des moments de joie », poursuit Niamatullah Hekmat, désormais membre des forces spéciales et affecté à la garde du palais présidentiel. 

Mais pour les Afghans ordinaires, et particulièrement les femmes, le retour des talibans n'a fait qu'amplifier les difficultés. 

Très vite et en dépit de leur promesse initiale, les nouveaux maîtres du pays sont largement revenus à l'interprétation ultra-rigoriste de l'islam qui avait caractérisé leur premier passage au pouvoir entre 1996 et 2001, restreignant très fortement les droits des femmes. 

« Tout nous a été arraché »  

Celles-ci sont exclues de nombreux emplois publics et interdites de voyager seules en dehors de leur ville. 

En mars, les islamistes ont fait refermer aux filles les lycées et collèges, quelques heures à peine après leur réouverture pourtant annoncée de longue date. 

Et début mai, le chef suprême de talibans a ordonné aux femmes de porter un voile intégral en public, de préférence la burqa. 

« Depuis le jour où ils sont arrivés, la vie a perdu son sens », se désole Ogai Amail, une habitante de Kaboul. « Tout nous a été arraché, ils sont même entrés dans notre espace personnel », poursuit-elle. 

Samedi à Kaboul, des combattants talibans ont violemment dispersé à coups de crosse de fusil et de tirs en l'air une quarantaine de femmes qui manifestaient pour le droit au travail et à l'éducation. 

Si les Afghans reconnaissent une baisse de la violence avec la fin de la guerre depuis l'arrivée au pouvoir des talibans, beaucoup d'entre-eux sont touchés de plein fouet par une crise économique et humanitaire aigüe. 

« Les gens qui viennent dans nos magasins se plaignent tellement des prix élevés que nous, commerçants, commençons même à détester ce que nous faisons », déplore Noor Mohammad, un commerçant de Kandahar, dans le sud du pays, berceau historique et centre du pouvoir taliban. 

Pour les combattants islamistes cependant, la joie de la victoire éclipse la crise économique actuelle. 

« Nous sommes peut-être pauvres, nous sommes peut-être confrontés à des difficultés, mais le drapeau blanc de l'islam flottera désormais haut pour toujours en Afghanistan », se réjouit l'un d'eux, en faction dans un parc public de Kaboul. 


Plus de 200 vols annulés aux Canaries à cause de pluies diluviennes

Ces annulations ont été décidées en raison de la tempête Hermine, qui s'abat depuis samedi sur les Canaries. Cette tempête a conduit les autorités à placer en état d'alerte l'ensemble de l'archipel. (Photo d'illustration/AFP).
Ces annulations ont été décidées en raison de la tempête Hermine, qui s'abat depuis samedi sur les Canaries. Cette tempête a conduit les autorités à placer en état d'alerte l'ensemble de l'archipel. (Photo d'illustration/AFP).
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  • Selon l'Aena, 215 vols au total ont été annulés au départ et à destination de cet archipel situé dans l'océan Atlantique, en face du Maroc. Vingt-cinq vols ont par ailleurs été déviés
  • Ces annulations ont concerné principalement des trajets assurés par la compagnie régionale Binter et par la compagnie Iberia. Quelques vols internationaux ont également été touchés

MADRID : Plus de 200 vols ont été annulés dimanche dans l'archipel espagnol des Canaries en raison des pluies torrentielles et des forts coups de vent liés à la tempête tropicale Hermine, a annoncé le gestionnaire des aéroports espagnols (Aena).

Selon l'Aena, 215 vols au total ont été annulés au départ et à destination de cet archipel situé dans l'océan Atlantique, en face du Maroc. Vingt-cinq vols ont par ailleurs été déviés.

Ces annulations ont concerné principalement des trajets assurés par la compagnie régionale Binter et par la compagnie Iberia. Quelques vols internationaux ont également été touchés.

Ces annulations ont été décidées en raison de la tempête Hermine, qui s'abat depuis samedi sur les Canaries. Cette tempête a conduit les autorités à placer en état d'alerte l'ensemble de l'archipel.

D'après l'agence météorologique espagnole (Aemet), des niveaux de précipitations record pour un mois de septembre ont été enregistrés dans plusieurs stations météo de l'archipel, notamment sur l'île de Tenerife.

Selon l'Aemet, les fortes précipitations dues à Hermine devraient se poursuivre jusqu'à lundi.


En Bulgarie, des russophiles célèbrent Poutine

La guerre en Ukraine n'a pas ébranlé les convictions des russophiles bulgares, qui se sont rassemblés dimanche dans le centre du pays dans une ambiance festive. (Photo, AFP)
La guerre en Ukraine n'a pas ébranlé les convictions des russophiles bulgares, qui se sont rassemblés dimanche dans le centre du pays dans une ambiance festive. (Photo, AFP)
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  • Dans cet Etat pauvre des Balkans qui a rejoint l'Otan en 2004 et l'UE en 2007, de nombreux habitants, nostalgiques du régime communiste, regardent encore vers l'Est
  • Cette fête se tient habituellement au bord du lac Koprinka. Mais cette année, la maire de la commune, Galina Stoïanova, a refusé d'accueillir l'événement vu le contexte international

KALOFER: Chanson Kalinka, drapeaux russes et tee-shirts à l'effigie de Poutine: la guerre en Ukraine n'a pas ébranlé les convictions des russophiles bulgares, qui se sont rassemblés dimanche dans le centre du pays dans une ambiance festive. 

Dans cet Etat pauvre des Balkans qui a rejoint l'Otan en 2004 et l'UE en 2007, de nombreux habitants, nostalgiques du régime communiste, regardent encore vers l'Est. 

Hristo Ganev, chauffeur de 60 ans, est arrivé sur place en tout début de matinée. 

Sur les stands proposant toutes sortes de produits à la gloire de la Russie, des casquettes aux tasses de thé, il a acheté un tee-shirt frappé du "Z" de l'offensive en Ukraine, avec le dessin d'un soldat armé jusqu'aux dents. 

"Sans la Russie, la Bulgarie n'aurait pas existé", dit-il à l'AFP, en référence notamment à la guerre russo-turque de 1877-1878, qui a mis fin à cinq siècles de domination ottomane. 

Marié à une Russe qu'il a rencontrée quand il travaillait en Sibérie à la fin des années 1980, cet homme à la carrure imposante défend la politique du président Vladimir Poutine, convaincu qu'il "combat le nazisme". 

Il se déclare même "favorable à une guerre nucléaire, si c'est le prix à payer pour se libérer de la domination américaine". 

« Aimer la Russie comme sa sœur » 

Cette fête se tient habituellement au bord du lac Koprinka. Mais cette année, la maire de la commune, Galina Stoïanova, a refusé d'accueillir l'événement vu le contexte international. 

Et c'est à une demi-heure de route de là, dans un site montagneux surplombant la ville de Kalofer, que les participants se sont retrouvés. 

"C'est le seul rassemblement libre dans le monde", se félicite Nikolaï Malinov, responsable d'un parti rassemblant les russophiles bulgares. 

Il oeuvre pour une association internationale, idée approuvée selon lui par le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov qu'il a rencontré en personne début septembre à Moscou. 

Accusé en 2019 d'espionnage en faveur de Moscou, M. Malinov a été décoré la même année de l'Ordre de l'amitié par Vladimir Poutine. 

"Pour les Bulgares, aimer la Russie, c'est comme aimer sa soeur, sa mère", a-t-il lancé dimanche, sous les applaudissements de la foule. 

Parmi les plus jeunes venus au rassemblement, le président d'une formation de la jeunesse communiste, Gueorgui Ivanov, 17 ans, emmitouflé dans un drapeau en l'honneur de Staline. 

"J'apprécie les régimes autoritaires parce qu'ils garantissent l'unité sans se soucier des minorités ethniques et sexuelles", argue ce lycéen, peu ému par les accusations de crimes de guerre qu'auraient commis Moscou en Ukraine. 

Impasse politique 

A ses côtés, Veneta, une septuagénaire qui n'a pas voulu donner son nom de famille, porte une banderole défendant les "référendums" d'annexion à la Russie menés dans quatre régions ukrainiennes... et souhaite le même sort à la Bulgarie. 

Les deux pays partagent des langues proches, l'alphabet cyrillique et le christianisme orthodoxe. Et sous la dictature communiste, Sofia était considéré comme l'allié le plus fidèle de Moscou. 

Les Bulgares sont encore près de la moitié à juger que la Russie n'est pas responsable de la situation actuelle et nombreux sont ceux qui s'opposent à la livraison d'armes à Kiev, selon un sondage Eurobaromètre effectué en avril. 

A une semaine de nouvelles élections législatives dans ce pays meurtri par les crises politiques, on regrette la stabilité passée. 

Pour Tatiana Ivanova, une Russe de 66 ans qui vit depuis 40 ans en Bulgarie, "il est fâcheux que les Bulgares, largement russophiles, se laissent gouverner par une poignée de pro-occidentaux". 

Dans son viseur, l'ancien Premier ministre libéral Kiril Petkov, pro-européen convaincu. Vainqueur du dernier scrutin de novembre 2021, son cabinet a été renversé par une motion de censure en juin. 

Dimanche, il tentera de revenir au pouvoir. Mais la tâche paraît ardue: le conservateur Boïko Borissov, qui a dirigé le pays quasiment sans interruption de 2009 à avril 2021, est donné gagnant même s'il aura du mal à former une coalition, de l'avis des analystes. 

Après quatre votes en un an et demi, ils pronostiquent déjà un retour aux urnes dans les mois à venir. 


Bangladesh: 24 morts après le naufrage d'un bateau dans une rivière

Des pêcheurs tentent de relever un bateau échoué après avoir pêché dans le golfe du Bengale à Teknaf, le 28 mars 2022. (Photo, AFP)
Des pêcheurs tentent de relever un bateau échoué après avoir pêché dans le golfe du Bengale à Teknaf, le 28 mars 2022. (Photo, AFP)
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  • «Les pompiers et les plongeurs recherchent d'autres corps», a déclaré un responsable de la police locale, Shafiqul Islam, en confirmant que les corps de 24 personnes avaient été retrouvés, principalement des femmes et des enfants
  • Les médias locaux ont indiqué qu'au moins dix personnes avaient été secourues et hospitalisées

DACCA: Au moins 24 personnes sont mortes et autant sont portées disparues après le naufrage dimanche, dans une rivière du nord du Bangladesh, d'un bateau transportant des pèlerins hindous. 

"Les pompiers et les plongeurs recherchent d'autres corps", a déclaré un responsable de la police locale, Shafiqul Islam, en confirmant que les corps de 24 personnes avaient été retrouvés, principalement des femmes et des enfants. 

Le bateau transportait jusqu'à 50 pèlerins hindous qui se rendaient dans un temple datant de plusieurs siècles. Il a soudainement basculé et coulé au milieu de la rivière Karotoa, près de la ville de Boda (nord), a précisé la police. 

Un autre officier de police a déclaré que jusqu'à 25 personnes restent portées disparues. 

Les médias locaux ont indiqué qu'au moins dix personnes avaient été secourues et hospitalisées. 

Des images prises avec des téléphones portables, relayées par la chaîne de télévision Channel 24, montrent l'embarcation surchargée se retourner soudainement, projetant les passagers dans les eaux de la rivière aux couleurs de boue. 

longue liste  

Des dizaines de personnes sur les berges à une vingtaine de mètres se sont mises à pousser des cris et à hurler en voyant la scène. Le temps était calme au moment du drame. 

Des milliers d'hindous du Bangladesh, pays à majorité musulmane, se rendent chaque année au temple de Bodeshwari. Dimanche marquait le début de la Durga Puja, la principale fête hindoue au Bangladesh -comme dans l'est de l'Inde - qui attire de grandes foules dans les temples. 

Cet accident allonge une longue liste de catastrophes comparables dans ce pays de 170 millions d'habitants, pauvre et traversé par de nombreux cours d'eau. 

Les tragédies liées aux naufrages de bateaux sont principalement imputées au manque d'entretien, aux standards de sécurité laxistes et à la surpopulation à bord. 

En décembre dernier plus de 40 personnes ont péri dans l'incendie d'un ferry bondé qui a pris feu dans le sud du pays. 

Les flammes s'étaient déclarées tôt le matin alors que la plupart des passagers dormaient, près de Jhakakathi, une localité rurale à quelque 250 kilomètres au sud de la capitale Dacca. 

En juin 2021 un ferry a coulé à Dacca après une collision avec un autre navire, tuant au moins 32 personnes. 

Au moins 78 personnes sont mortes en février 2015 lorsqu'un bateau surpeuplé est entré en collision avec un cargo dans une rivière à l'ouest de la capitale.