Royaume-Uni: l'un des «Beatles» présumés de l'EI inculpé après son arrestation

Un oiseau sur une statue de justice lors du procès d'El Shafee Elsheikh, l'un des « Beatle » d'ISIS, au tribunal du district oriental de Virginie le 7 avril 2022, à Alexandrie, en Virginie. (Brendan Smialowski/AFP)
Un oiseau sur une statue de justice lors du procès d'El Shafee Elsheikh, l'un des « Beatle » d'ISIS, au tribunal du district oriental de Virginie le 7 avril 2022, à Alexandrie, en Virginie. (Brendan Smialowski/AFP)
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Publié le Jeudi 11 août 2022

Royaume-Uni: l'un des «Beatles» présumés de l'EI inculpé après son arrestation

  • Arrêté à l'aéroport londonien de Luton en provenance de Turquie, Aine Leslie Davis, 38 ans, doit être présenté à la justice devant la Westminster Magistrates Court dans la matinée
  • Les quatre membres des «Beatles», ainsi surnommés en raison de leur accent britannique, sont accusés d'avoir enlevé au moins 27 journalistes et travailleurs humanitaires issus des États-Unis, du Royaume-Uni, d'Europe, de la Nouvelle-Zélande...

LONDRES: Un membre présumé des "Beatles" du groupe jihadiste Etat islamique (EI), cellule spécialisée dans la capture, la torture et l'exécution d'otages occidentaux, doit comparaître jeudi devant la justice britannique, juste après son arrestation à son retour de Turquie et son inculpation.

Interpellé à l'aéroport londonien de Luton mercredi soir, Aine Leslie Davis, 38 ans, doit être présenté à la justice devant la Westminster Magistrates Court à Londres dans la matinée, a précisé Scotland Yard dans un communiqué.

Selon le parquet antiterroriste britannique, il a été expulsé par les autorités turques. Il a été inculpé à Londres pour des infractions relatives au financement d'activités terroristes remontant à 2014 et possession d'arme à feu remontant à 2013-2014 "à des fins liées au terrorisme", a précisé un porte-parole du parquet, soulignant que la procédure est en cours et le droit du suspect à un procès équitable.

Aine Leslie Davis était sous le coup d'un mandat d'arrêt émis en janvier 2015 par la justice britannique.

Interpellé en Turquie en novembre 2015, il y était depuis emprisonné après avoir été condamné à sept ans et demi de prison pour des infractions terroristes par un tribunal local.

Les quatre membres de ces "Beatles", où Davis serait "Paul", ainsi surnommés en raison de leur accent britannique, sont accusés d'avoir enlevé au moins 27 journalistes et travailleurs humanitaires issus des États-Unis, du Royaume-Uni, d'Europe, de la Nouvelle-Zélande, de la Russie et du Japon.

Ils sont aussi soupçonnés d'avoir torturé et tué, notamment par décapitation, les journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, ainsi que des travailleurs humanitaires Peter Kassig et Kayla Mueller. L'EI avait diffusé des vidéos de propagande montrant leurs exécutions sur les réseaux sociaux.

«Réflexe de survie»

Le plus connu du groupe, Mohamed Emwazi, alias "Jihadi John", a été tué par un drone américain en Syrie en 2015. Il apparaissait dans de multiples vidéos d'égorgement.

Les deux autres "Beatles", Alexanda Kotey (38 ans, "Ringo") et El Shafee Elsheikh (34 ans, "George"), anciens ressortissants britanniques, ont été arrêtés en janvier 2018 par une milice kurde en Syrie et remis aux forces américaines en Irak avant d'être envoyés au Royaume-Uni.

Ils ont finalement été extradés en 2020 aux Etats-Unis, en Virginie, pour des accusations de prise d'otages, de complot visant à tuer des citoyens américains et de soutien à une organisation terroriste étrangère.

Alexanda Kotey a plaidé coupable pour son implication dans ces meurtres en septembre et été condamné à la prison à perpétuité en avril. El Shafee Elsheikh a été reconnu coupable de tous les chefs d'accusation en avril, et connaîtra sa peine la semaine prochaine.

En 2014, la femme d'Aine Leslie Davis, Amal El-Wahabi, était devenue la première personne au Royaume-Uni à être condamnée pour avoir financé des jihadistes de l'EI pour avoir tenté d'envoyer 20.000 euros à son mari en Syrie. Lors de son procès, a l'issue duquel elle été emprisonnée pendant 28 mois, son époux avait été dépeint comme étant un trafiquant de drogue avant son départ pour la Syrie.

A leur apogée, les "Beatles" avaient acquis une solide réputation de cruauté synonyme de prestige dans les rangs de l'EI.

"Ils se considéraient comme les forces spéciales du califat", avait expliqué à l'AFP fin 2020 l'ex-otage français Nicolas Hénin, décrivant "une très grande arrogance, un niveau de conviction et de mépris pour les faits et un détachement par rapport à la violence qui étaient assez stupéfiants".

Selon l'ancien journaliste français, devenu consultant dans l'antiterrorisme, le crédit de leur surnom, qui relève du "réflexe de survie d'otage", revient à John Cantlie, correspondant de guerre et "grand amateur de rock'n roll".


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.