Une porte-parole de Pékin raillée pour un tweet sur Taïwan

La ministre adjointe des Affaires étrangères Hua Chunying s'exprime lors d'une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères à Pékin, le 4 août 2022. (AFP).
La ministre adjointe des Affaires étrangères Hua Chunying s'exprime lors d'une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères à Pékin, le 4 août 2022. (AFP).
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Publié le Lundi 08 août 2022

Une porte-parole de Pékin raillée pour un tweet sur Taïwan

  • La Chine estime que Taïwan, une île peuplée d'environ 23 millions d'habitants, est l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise
  • L'argument de Mme Hua pour affirmer la souveraineté de la Chine sur Taïwan a provoqué l'hilarité de nombre d'internautes étrangers

PÉKIN : Une porte-parole de la diplomatie chinoise faisait l'objet lundi d'une avalanche de moqueries en ligne, pour un tweet dans lequel elle justifie l'appartenance de Taïwan à la Chine... par le nombre de restaurants chinois sur l'île.

"Baidu Maps (une des principales applications de plans en Chine, NDLR) montre qu'il y a à Taipei 38 restaurants (proposant de la cuisine de la province chinoise) du Shandong et 67 restaurants de nouilles (de la province) du Shanxi", a écrit dimanche Hua Chunying sur Twitter, réseau social bloqué en Chine.

"Les papilles ne mentent pas. #Taïwan a toujours fait partie de la Chine. L'enfant perdu depuis longtemps finira par rentrer chez lui", a souligné en anglais la porte-parole, très connue du grand public dans son pays.

La Chine estime que Taïwan, une île peuplée d'environ 23 millions d'habitants, est l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949).

L'argument de Mme Hua pour affirmer la souveraineté de la Chine sur Taïwan a provoqué l'hilarité de nombre d'internautes étrangers.

"Il y a plus de 100 restaurants de (nouilles) ramen à Taipei, donc Taïwan fait définitivement partie du Japon", raillait ainsi sur Twitter l'un d'eux, dans une réponse au tweet de la porte-parole.

"Google Maps montre qu'il y a 17 McDonald's, 18 KFC, 19 Burger King et 19 Starbucks à Pékin. Les papilles ne mentent pas. La #Chine a toujours fait partie de l'Amérique", écrivait ironiquement un autre en reprenant la même formulation que Mme Hua.

Hua Chunying, connue pour ses remarques parfois acerbes et pas toujours diplomatiques, est très active sur Twitter.

Comme elle, de nombreux diplomates chinois ont investi ces dernières années le réseau social à l'oiseau bleu pour défendre, parfois avec véhémence et controverse, la position de leur gouvernement.

L'une des figures de cette génération de diplomates décomplexés est Zhao Lijian, un autre porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Au début de la pandémie, M. Zhao avait notamment provoqué une vive polémique en suggérant que des athlètes militaires américains avaient peut-être apporté le Covid-19 en Chine lors d'une compétition sportive.


«  Extrême droite », « post fasciste »: la difficile qualification des nouveaux populismes

Au milieu des années 1990, le patron du MSI, Gianfranco Fini, a lui-même théorisé le "post-fascisme", "c'est-à-dire des fascistes qui ont évolué", rappelle Stéphane François, à l'image des "post-communistes" italiens qui avaient pris leur distance avec Moscou. (AFP).
Au milieu des années 1990, le patron du MSI, Gianfranco Fini, a lui-même théorisé le "post-fascisme", "c'est-à-dire des fascistes qui ont évolué", rappelle Stéphane François, à l'image des "post-communistes" italiens qui avaient pris leur distance avec Moscou. (AFP).
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  • La victoire dimanche en Italie du parti de Giorgia Meloni, Fratelli d'Italia, renvoie au "post fascisme" et à "l'extrême droite"
  • "Pour l'instant, Mme Meloni est post-fasciste", soutient Stéphane François, une notion contestée par Pascal Perrineau, selon qui les évolutions doctrinales de Fratelli d'Italia "vont bien au-delà du post-fascisme"

PARIS: La victoire dimanche en Italie du parti de Giorgia Meloni, Fratelli d'Italia, renvoie au "post fascisme" et à "l'extrême droite", des qualificatifs parfois récusés par les intéressés, notamment par Marine Le Pen en France, mais globalement validés par les chercheurs qui pointent toutefois des nuances selon les formations.

« Extrême droite »

Le Rassemblement national est-il d'extrême droite? "Oui, parce qu'il y a la volonté de Marine Le Pen de changer le +socle de constitutionnalité+", notamment avec l'introduction de la "préférence nationale", estime le professeur de sciences politiques Stéphane François, de l'université de Mons (Belgique).

Le politologue Pascal Perrineau considère également que le qualificatif "a du sens" concernant le parti qui compte 89 députés en France, mais préfère lui appliquer le terme de "droite radicale" et relève qu'"en matière économique et sociale, il n'est plus situable à l'extrême de la droite".

Concernant Fratelli d'Italia, c'est "plutôt un parti d'extrême droite - avec des marqueurs comme le nativisme [qui discrimine les personnes pas nées sur le territoire national], le rejet des élites - mais qui tend à édulcorer son discours pour passer à un parti très conservateur", note Stéphane François.

Pascal Perrineau estime également que l'atlantisme affiché par la leader italienne fait qu'il est "compliqué" de la classer à l'extrême droite, a contrario de la Ligue de Matteo Salvini - membre de la coalition victorieuse en Italie et allié historique du Rassemblement national.

« Néo-fascisme » et «post-fascisme »

Quid du fascisme et de ses dérivés ? Créé à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le Mouvement social italien (MSI) - dont le Front national fondé par Jean-Marie Le Pen en 1972 se voulait le calque, en reprenant l'emblème de la flamme tricolore - entendait rassembler les nostalgiques de Mussolini dans un parti "néo-fasciste".

Au milieu des années 1990, le patron du MSI, Gianfranco Fini, a lui-même théorisé le "post-fascisme", "c'est-à-dire des fascistes qui ont évolué", rappelle Stéphane François, à l'image des "post-communistes" italiens qui avaient pris leur distance avec Moscou.

Giorgia Meloni, à la tête de Fratelli d'Italia, héritier direct du MSI, reconnaît encore aujourd'hui à Mussolini d'avoir "beaucoup accompli", sans l'exonérer de ses "erreurs" tout en affirmant que, dans son parti, "il n'y a pas de place pour les nostalgiques du fascisme".

"Pour l'instant, Mme Meloni est post-fasciste", soutient Stéphane François, une notion contestée par Pascal Perrineau, selon qui les évolutions doctrinales de Fratelli d'Italia "vont bien au-delà du post-fascisme".

Les deux chercheurs conviennent en outre que le qualificatif ne peut pas s'appliquer à Marine Le Pen: "ni le Front national ni le Rassemblement national ne sont dans la tradition fasciste, mais dans celles des ligues du XIXe siècle et des années 1920", résume M. François.

« (National-)populisme »

Rejet des élites et "opposition à la globalisation", qu'elle soit économique, politique - "l'Union européenne, le G7, le G20" - ou sociétale, "c'est-à-dire contre les sociétés cosmopolites": le RN, Fratelli d'Italia ou la Ligue relèvent tous d'un "national-populisme", avance Pascal Perrineau.

"Leur idéologie rompt un lien avec la démocratie représentative", abonde Stéphane François, même si les deux chercheurs notent que le "populisme" n'est pas l'apanage de l'extrême droite: "la France insoumise en France ou, au moins à un moment, Podemos en Espagne et Syriza en Grèce", relèvent également du concept.

« Identitaires »

Définis par Stéphane François comme ceux qui "mettent en avant une identité et, dans le cas de l'extrême droite, de l'identité blanche et d'une unité culturelle en Europe", les "identitaires" et leurs thèses prospèrent auprès d'Eric Zemmour en France ou de la Ligue en Italie, mais beaucoup moins chez Fratelli d'Italia ou au RN, estime le chercheur.

L'idée renvoie à la théorie constestée du "grand remplacement", c'est-à-dire la supposée substitution de la population européenne par une population immigrée, un concept que Marine Le Pen a toujours dit percevoir avec circonspection.

"Au FN comme au RN, l'idée que les colonies font partie de la France a toujours été bien plus forte que les Antillais ne sont pas de ma race+", fait valoir Stéphane François.


Manifestations en Iran: plus de 75 morts en 10 jours selon une ONG

Les protestations, qui ont repris lundi soir, ont éclaté le 16 septembre après le décès à l'hôpital de la jeune Iranienne de 22 ans, Mahsa Amini, arrêtée trois jours auparavant à Téhéran pour non respect du code vestimentaire strict pour les femmes en République islamique d'Iran. (AFP).
Les protestations, qui ont repris lundi soir, ont éclaté le 16 septembre après le décès à l'hôpital de la jeune Iranienne de 22 ans, Mahsa Amini, arrêtée trois jours auparavant à Téhéran pour non respect du code vestimentaire strict pour les femmes en République islamique d'Iran. (AFP).
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  • Selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, "au moins 76 personnes ont été tuées dans les manifestations" dont "six femmes et quatre enfants"
  • Lundi soir, les protestations ont été ponctuées des mêmes slogans de "Mort au dictateur" dans la capitale et dans d'autres villes, selon des témoins

PARIS: Plus de 75 personnes ont été tuées en Iran dans la répression de la contestation déclenchée il y a onze jours par la mort d'une femme détenue par la police, selon une ONG, des pays occidentaux appelant Téhéran à cesser l'usage de la force.

Les autorités iraniennes avancent de leur côté un bilan de 41 morts incluant des membres des forces de l'ordre. Elles ont aussi annoncé l'arrestation de plus de 1.200 manifestants. Des militants, avocats et journalistes ont aussi été interpellés selon des ONG.

Les protestations, qui ont repris lundi soir, ont éclaté le 16 septembre après le décès à l'hôpital de la jeune Iranienne de 22 ans, Mahsa Amini, arrêtée trois jours auparavant à Téhéran pour non respect du code vestimentaire strict pour les femmes en République islamique d'Iran.

Selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, "au moins 76 personnes ont été tuées dans les manifestations" dont "six femmes et quatre enfants", dans 14 provinces du pays. L'IHR a affirmé avoir obtenu des "vidéos et des certificats de décès confirmant des tirs à balles réelles sur des manifestants".

Depuis le décès de Mahsa Amini, des Iraniens manifestent tous les soirs à Téhéran et ailleurs dans le pays.

Photos du guide déchirées 

De nombreux policiers casqués et armés de bâtons prennent alors position pour tenter d'empêcher les rassemblements.

Certains manifestants lancent depuis des toits d'immeubles des slogans antigouvernementaux entrecoupés de "Femme, Vie et liberté", raconte Ali, un habitant de la capitale.

Lundi soir, les protestations ont été ponctuées des mêmes slogans de "Mort au dictateur" dans la capitale et dans d'autres villes, selon des témoins.

A Sanandaj, chef-lieu de la province du Kurdistan (nord-ouest), d'où est originaire Mahsa Amini, des femmes sont montées sur des toits de voitures et enlevé leur voile, selon des images publiées par IHR. Aucune force de police n'était visible sur les images.

A Tabriz (nord-ouest), des policiers tirant du gaz lacrymogène contre les manifestants apparaissent sur une vidéo diffusée par l'IHR, où l'on entend aussi des coups de feu.

De récentes vidéos des protestations publiées par l'AFP, ont montré la police anti-émeute frappant des manifestants à coups de matraque et des étudiants déchirant de grandes photos du guide suprême iranien Ali Khamenei et de son prédécesseur, l'ayatollah Khomeiny, père fondateur de la République islamique.

Et d'après des groupes de défense des droits humains, elle a aussi tiré des plombs et à balles réelles sur les protestataires qui ont lancé des pierres, incendié des voitures de police et mis le feu à des bâtiments publics.

D'autres images ont montré des femmes mettant le feu à leur voile, ou se coupant symboliquement les cheveux, encouragées par la foule, dans plusieurs villes.

L'Iran dénonce des "complots étrangers" derrière le mouvement de contestation, pointant du doigt les Etats-Unis, son ennemi juré.

« Emeutiers »

Son chef de la diplomatie Hossein Amir-Abdollahian a critiqué "l'approche interventionniste des Etats-Unis dans les affaires de l'Iran", leur reprochant de soutenir "les émeutiers".

L'Union européenne a dénoncé l'usage "généralisé et disproportionné de la force" contre les manifestants, Berlin appelant les autorités iraniennes à "ne pas recourir à la violence".

Condamnant une "répression brutale", la France a dit examiner avec ses partenaires européens "les options disponibles en réaction à ces nouvelles atteintes massives aux droits des femmes et aux droits de l'Homme en Iran".

Le président américain Joe Biden a dénoncé la répression des manifestations, se disant solidaire des "femmes courageuses d'Iran".

Et le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a dit sa "grande inquiétude" face à la "réponse violente (…) des forces de sécurité" ainsi que les "restrictions (...) sur les communications téléphoniques, l'Internet et les réseaux sociaux."

Mais les autorités iraniennes restent fermes.

Samedi, le président conservateur Ebrahim Raïssi a appelé les forces de l'ordre à agir "fermement contre ceux qui portent atteinte à la sécurité et la paix du pays et du peuple".

Après lui, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, a exclu toute "indulgence" envers les instigateurs des "émeutes".

Néanmoins, le grand ayatollah Hossein Nouri Hamédani, important religieux conservateur et ardent défenseur de l'ayatollah Khamenei, a appelé les autorités à "écouter les demandes du peuple".

Les protestations sont les plus importantes depuis celles de novembre 2019, provoquées par la hausse des prix de l'essence en Iran, qui avaient été sévèrement réprimées (230 morts selon un bilan officiel, plus de 300 selon Amnesty International).


Japon: chassé-croisé de pro et anti-Abe en marge de ses funérailles nationales

Des décorations de l'ancien premier ministre japonais Shinzo Abe sont vues sur la scène lors des funérailles d'État d'Abe au Nippon Budokan à Tokyo, le 27 septembre 2022. (AFP).
Des décorations de l'ancien premier ministre japonais Shinzo Abe sont vues sur la scène lors des funérailles d'État d'Abe au Nippon Budokan à Tokyo, le 27 septembre 2022. (AFP).
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  • Des milliers de Japonais ordinaires et de tous âges ont afflué tôt mardi matin aux abords du Nippon Budokan, haut lieu de compétitions d'arts martiaux, de concerts et de cérémonies officielles en plein coeur de la capitale
  • Calmement, les uns après les autres, ils ont déposé des gerbes de fleurs et se sont brièvement recueillis devant un portrait d'Abe installé sous une tente dressée pour l'occasion près du Budokan

TOKYO : "Bienfaiteur" du Japon pour les uns, "fasciste" pour les autres: partisans et détracteurs de l'ancien Premier ministre assassiné Shinzo Abe ont étalé leurs divisions mardi à Tokyo en marge de ses funérailles nationales qui étaient censées être un moment d'union sacrée.

Des milliers de Japonais ordinaires et de tous âges ont afflué tôt mardi matin aux abords du Nippon Budokan, haut lieu de compétitions d'arts martiaux, de concerts et de cérémonies officielles en plein coeur de la capitale où les funérailles nationales étaient organisées.

Calmement, les uns après les autres, ils ont déposé des gerbes de fleurs et se sont brièvement recueillis devant un portrait d'Abe installé sous une tente dressée pour l'occasion près du Budokan.

"Je ne crois pas que le Japon aura un jour un meilleur leader" que lui, a déclaré à l'AFP Yoshiko Yokota, 48 ans, se souvenant avec émotion de sa rencontre avec Abe dans un restaurant où elle assurait le service: "bien que je ne sois qu'une personne ordinaire, Abe m'a regardée dans les yeux et m'a dit 'merci'".

"Avant Abe, le Japon a souffert pendant des années d'indécision politique" a estimé Tomoya Kagawa, un ouvrier du BTP âgé de 37 ans venu de la grande banlieue de Tokyo pour rendre hommage à l'ancien Premier ministre, dont il appréciait précisément la "détermination sans faille".

"Il a apporté de grandes contributions au Japon", a-t-il ajouté, citant la conclusion d'accords de libre-échange et le renforcement de l'alliance avec les Etats-Unis.

Bilan controversé

Shinzo Abe a battu le record de longévité d'un Premier ministre au Japon (plus de huit ans et demi étalés entre 2006-2007 et 2012-2020).

Il s'était fait connaître à l'étranger par sa politique de relance budgétaire et monétaire massive surnommée les "Abenomics" - dont les résultats sont toutefois mitigés - et par une intense activité diplomatique.

Mais au Japon, il était aussi haï par beaucoup pour son discours nationaliste, sa volonté de réviser la Constitution pacifiste et de nombreuses affaires de clientélisme impliquant son entourage.

Loin de faire de lui un martyr, son assassinat le 8 juillet dernier en plein meeting électoral à Nara (Ouest du Japon) a encore davantage terni son image auprès de ses détracteurs.

Car son assassin présumé ciblait à travers lui l'Eglise de l'Unification, surnommée la "secte Moon", une organisation religieuse controversée qui cultivait des liens avec de nombreux élus du Parti libéral-démocrate au pouvoir (PLD, droite), dont Abe a longtemps été le président.

Environ 60% des Japonais interrogés lors de derniers sondages étaient contre ces funérailles nationales, devenues rarissimes au Japon pour d'anciens responsables politiques depuis l'après-guerre.

L'opposition parlementaire a critiqué un choix unilatéral du Premier ministre actuel Fumio Kishida, dont Abe était le mentor, d'autres ont aussi été irrités par la facture salée de la cérémonie (l'équivalent de 12 millions d'euros).

«Restaurez la démocratie!»

"Ne pleurons jamais ce fasciste d'Abe", pouvait-on ainsi lire mardi sur la pancarte d'un opposant à la cérémonie qui a rassemblé au Budokan quelque 4 300 participants, dont 700 dignitaires étrangers du monde entier.

Quelques milliers de personnes ont manifesté devant le Parlement japonais pendant que les funérailles nationales se tenaient quelques kilomètres plus loin.

"Je trouve simplement que c'est impardonnable que tant d'argent du contribuable soit dépensé" pour cela, s'est indignée Kanako Harada, une réalisatrice indépendante âgée de 37 ans.

"Je m'oppose aux funérailles nationales parce que le gouvernement les a imposées sans écouter les gens" et donc sans respecter la Constitution, a déclaré à l'AFP Toshiro Inoue, 71 ans, venu de Yokohama (au sud-ouest de Tokyo) pour participer à la manifestation.

Les diverses affaires politico-financières autour d'Abe et du PLD sous sa présidence ont aussi "normalisé le fait pour un responsable politique de mentir avec impunité", a également estimé M. Inoue.

Alors qu'une minute de silence était observée au Budokan, les protestataires ont crié à l'unisson: "ne nous imposez pas le silence! Annulez les funérailles nationales! Restaurez la démocratie!"