Dans l'ouest de la France, le recyclage de vieux navires en plein essor

L'énorme pince rouge montée au sommet d'une longue pelle articulée saisit inlassablement la ferraille, la cisaille puis l'arrache (Photo, AFP).
L'énorme pince rouge montée au sommet d'une longue pelle articulée saisit inlassablement la ferraille, la cisaille puis l'arrache (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 05 août 2022

Dans l'ouest de la France, le recyclage de vieux navires en plein essor

  • Doté d'installations classées pour la protection de l'environnement, le chantier brestois est le seul de la façade Atlantique habilité à déconstruire les navires à fort tonnage
  • D'une superficie de 15 000 m2, il est inscrit depuis 2016 sur la Liste européenne des installations agréés de recyclage de navires

BREST: Depuis la déconstruction du TK Bremen, cargo maltais en 2011, le recyclage de vieux navires ne cesse de se développer au port de Brest, dans l'ouest de la France. C'est là que deux anciens cargos, le Karl et l'Antigone Z, vont être déconstruits, avant le pétrolier russe Varzuga.

Doté d'installations classées pour la protection de l'environnement, le chantier brestois est le seul de la façade Atlantique habilité à déconstruire les navires à fort tonnage.

D'une superficie de 15 000 m2, il est inscrit depuis 2016 sur la Liste européenne des installations agréés de recyclage de navires, qui en recense une trentaine dans l'Union européenne et douze autres en Grande-Bretagne, en Turquie et aux États-Unis.

Et c'est une aubaine pour le port de cette commune de l'extrême ouest de la France, puisque depuis 2019, une réglementation européenne impose la déconstruction des bateaux battant pavillon européen dans un chantier agréé par l'Union européenne.

Dans le port de Brest, au 5e quai est, l'activité bat son plein. L'énorme pince rouge montée au sommet d'une longue pelle articulée saisit inlassablement la ferraille, la cisaille puis l'arrache. En quelques jours, il ne reste plus qu'un tas de débris des deux anciens navires frigorifiques de 600 tonnes.

Avant cela, ils ont été nettoyés de leurs liquides, hydrocarbures, huiles et gaz dangereux, puis désamiantés. Les cales, la laine de verre et les plaques de bois et de métal ont également été retirés.

La ferraille, ramassée dans la forme de radoub à l'aide de pelles aimantées, rejoint ensuite des fonderies européennes et françaises, notamment ArcelorMittal à Dunkerque (port du nord de la France).

La filière est née à Brest avec la déconstruction du TK Bremen qui s'était échoué sur une plage du Morbihan en 2011. "Depuis, elle se développe", assure à l'AFP Olivier Lebosquain, directeur du chantier Navaleo du groupe Les Recycleurs bretons qui emploie une quarantaine de personnes.

En 2020 et 2021, il a notamment déconstruit les trois derniers sous-marins diesel de la Marine nationale française. Après le Karl et l'Antigone Z, il démantèlera le pétrolier brise-glace russe Varzuga, de 165 mètres de long et 6.600 tonnes. Ce sera le plus gros navire de commerce jamais déconstruit en France.

"Nous venons de déconstruire deux bateaux et nous avons un plan de charge qui est encore important", se félicite Pierre Rolland, président de Navaleo. Le chantier prévoit la création de 10 à 15 emplois par an au cours des prochaines années.

En 2021, l'entreprise a exporté depuis Brest quelque 30.000 tonnes d'acier provenant d'opérations de démantèlement de navires militaires ou "ventouses", ces bateaux en piètre état abandonnés dans les ports par des armateurs peu scrupuleux.

États «peu regardants»

"On peut imaginer que ces bateaux seraient partis en Asie principalement, on peut donc se réjouir que la filière de déconstruction navale à Brest se développe", souligne M. Lebosquain.

Certains États membres de l'Union européenne contournent pourtant la réglementation de 2019 en changeant le pavillon de leurs navires en fin de vie afin de les faire déconstruire dans des chantiers qui proposent des prix attractifs, au détriment des règlementations sociales, sanitaires et environnementales.

Au cours du premier trimestre 2022, 129 navires de charge ont été déconstruits dans le monde, relève le dernier bulletin "A la casse" de l'association écologiste "Robin des Bois". Seuls quatre l'ont été dans des chantiers agréés par l'Union européenne.

"Les autres navires sont partis ou en partance au Bangladesh, en Inde, au Pakistan ou en Turquie", le plus souvent sur des plages aménagées, précise à l'AFP l'association.

Sur ces 129 navires, 43 ont changé de pavillon pour adopter celui d'États comme Saint-Kitts-et-Nevis, les Comores ou les Palaos afin d'échapper à la réglementation européenne, regrette "Robin des Bois".

Navaleo assure cependant être de plus en plus approché par des armateurs français et européens ne souhaitant pas ou plus "dépavillonner" leurs bateaux.

"Ces armateurs nous questionnent très régulièrement et on a des projets en cours qu'on espère voir aboutir en 2023 et 2024", s'enthousiasme Pierre Rolland.


En France, un rassemblement en soutien à Marine Le Pen se tient dans un climat de tensions

Des représentants du parti, dont Franck Allisio (3eL), Emmanuel Fouquart (2eL), Romain Tonussi (5eL), tiennent une banderole lors d'un rassemblement de soutien à la présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen, après sa condamnation pour un système d'emplois fictifs au Parlement européen, à Marseille, le 5 avril 2025. (Photo Clement MAHOUDEAU / AFP)
Des représentants du parti, dont Franck Allisio (3eL), Emmanuel Fouquart (2eL), Romain Tonussi (5eL), tiennent une banderole lors d'un rassemblement de soutien à la présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen, après sa condamnation pour un système d'emplois fictifs au Parlement européen, à Marseille, le 5 avril 2025. (Photo Clement MAHOUDEAU / AFP)
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PARIS : Alors que la France s'approche à grands pas de l'élection présidentielle, l'extrême droite organise dimanche à Paris un rassemblement de soutien à sa cheffe de file, Marine Le Pen, condamnée à une peine d'inéligibilité, dans un climat de tensions avec des contre-manifestations attendues dans la capitale.

Dans un contexte international marqué par des crises - conflit russo-ukrainien, Proche-Orient, guerre commerciale lancée par Donald Trump -, et une crise politique latente en France, le pays a subi la semaine dernière une très forte secousse judiciaire et politique.

La lourde condamnation en première instance du premier parti de France, le Rassemblement national (RN), dans l'affaire des assistants parlementaires européens pour détournement de fonds publics, et l'hypothèse sérieuse de l'inéligibilité de Marine Le Pen, l'une des favorites pour la prochaine présidentielle, ont mis la classe politique en tension, alors que nous approchons de l'échéance prévue pour la succession d'Emmanuel Macron. 

D'ici là, à l'été 2026, la cour d'appel de Paris doit se prononcer sur le sort de la triple candidate à l'élection présidentielle, condamnée en première instance à quatre ans de prison dont deux ferme, ainsi qu'à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire.

La présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale ne compte pas pour autant renoncer d'emblée et passer le flambeau au président de son parti, Jordan Bardella.

Au contraire, le parti d'extrême droite est à l'offensive : il a dénoncé des « juges tyrans » à l'Assemblée nationale selon les mots du député RN Jean-Philippe Tanguy et appelle à un rassemblement de soutien à Mme Le Pen devant les Invalides, un monument emblématique de Paris qui abrite le tombeau de Napoléon, à 13 heures GMT. 

Dans le journal Le Parisien, le Premier ministre centriste François Bayrou a jugé qu'il n'était « ni sain ni souhaitable » d'organiser un rassemblement pour protester contre une décision de justice.

Même son de cloche à droite : Xavier Bertrand, le président de droite de la région des Hauts-de-France, terre d'élection de Mme Le Pen, redoute la perspective d'un « mauvais remake du Capitole », en référence à l'envahissement du Congrès de Washington par les partisans de Donald Trump le 6 janvier 2021.

« Ce n'est pas une manifestation contre des juges, mais pour la démocratie, pour Marine Le Pen, pour la souveraineté populaire », a rétorqué Sébastien Chenu, vice-président du RN.

Le parti de gauche radicale La France Insoumise (LFI) ainsi que les écologistes organiseront au même moment un contre-rassemblement face au RN, place de la République à Paris, à environ 5 kilomètres des Invalides.

Un autre meeting, prévu depuis des mois, se tiendra à Saint-Denis, au nord de Paris, à l'appel de Renaissance, le parti centriste proche du camp présidentiel.

Gabriel Attal, l'ancien jeune Premier ministre qui dirige cette formation, a battu le rappel après l'annonce du rassemblement du RN, pour défendre « l’État de droit », « la démocratie et nos valeurs ».

« Est-ce que l'on veut que la France devienne l'Amérique de Trump ou pas ? », s'est interrogé un proche de M. Attal.


Droits de douane : le gouvernement prépare le public à des choix budgétaires difficiles

François Bayrou, Premier ministre français
François Bayrou, Premier ministre français
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  • La hausse des droits de douane décidée par Donald Trump pourrait avoir des conséquences importantes sur les finances publiques françaises.
  • François Bayrou précise qu'il partagera avec les Français le 15 avril « le cadre général » des choix à faire pour le budget de 2026.

PARIS : La hausse des droits de douane décidée par Donald Trump pourrait avoir des conséquences importantes sur les finances publiques françaises : le Premier ministre a prévenu samedi qu'elle pourrait coûter « plus de 0,5 % du PIB », tandis que Bercy va réunir un premier « Conseil des entreprises » pour préparer sa réponse.

Avec la hausse brutale des droits de douane décidée par le président américain, « le risque de pertes d’emplois est absolument majeur, comme celui d’un ralentissement économique, d’un arrêt des investissements », a jugé le Premier ministre dans un entretien au journal Le Parisien dimanche.

« La déstabilisation qu’il a provoquée fragilisera l'économie mondiale pour longtemps », ajoute le chef du gouvernement, dont la volonté est « de tenir l’objectif du retour aux 3 % de déficit public en 2029. Mais la crise peut tout changer », admet-il. 

François Bayrou précise qu'il partagera avec les Français le 15 avril « le cadre général » des choix à faire pour le budget de 2026.

« Il faut que les Français soient associés à deux nécessités : trouver les moyens de notre indépendance, de notre sécurité, de notre défense, mais aussi de notre capacité de production. Ensuite, il explique, par la nécessité de sortir de la malédiction de la dette.

« Ces choix ne seront pas faits sans eux », poursuit le chef du gouvernement, qui affirme qu'il partagera « avec eux toutes les données des choix que nous avons à faire » et qu'ils « connaîtront tout de la situation ».  

Le président américain Donald Trump a signé un décret généralisant des droits de douane de 10% minimum sur toutes les importations arrivant aux États-Unis et de 20% pour les produits arrivant de l'UE.

"Dans ces temps difficiles, nous devons faire équipe avec nos entreprises. C'est pourquoi je vais réunir un +Conseil des entreprises + – une instance de dialogue régulier avec les représentants du  Medef, de la  CPME, de l’U2P, du Meti et de l’Afep. L’idée, c’est de structurer notre travail sur tout sujet, national ou international, ayant un impact sur notre économie", a détaillé Eric Lombard.

"Les entreprises ont besoin d’écoute, de visibilité, d’être accompagnées et de prendre part aux décisions", selon lui. 


Le chef de la diplomatie française est attendu Alger pour réinitialiser la relation entre la France et l'Algérie

Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères (Photo AFP)
Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères (Photo AFP)
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  • Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, est attendu à Alger ce dimanche, où il rencontrera son homologue Ahmed Attaf.
  • La visite de Jean-Noël Barrot « vise à détailler un programme de travail bilatéral ambitieux, à en décliner les modalités opérationnelles », à élaborer des objectifs conjoints et un calendrier de mise en œuvre.

PARIS : Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, est attendu à Alger ce dimanche, où il rencontrera son homologue Ahmed Attaf pour « concrétiser » la reprise du dialogue sur les sujets les plus sensibles qui affectent la relation bilatérale, dont la question migratoire.

Cette semaine, devant les parlementaires, le ministre français a expliqué que la France devait « se saisir » de l'espace diplomatique ouvert par les présidents français et algérien « pour obtenir des résultats » sur les dossiers migratoire, judiciaire, sécuritaire et économique. 

 Il y a désormais une volonté conjointe de reprendre langue pour retrouver une relation apaisée et équilibrée « dans une logique de résultats et d'efficacité », insiste-t-on à Paris.

La visite de Jean-Noël Barrot « vise à détailler un programme de travail bilatéral ambitieux, à en décliner les modalités opérationnelles », à élaborer des objectifs conjoints et un calendrier de mise en œuvre, a ainsi expliqué jeudi Christophe Lemoine, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Pour préparer le voyage de Jean-Noël Barrot, Emmanuel Macron avait réuni plusieurs ministres en première ligne dans les relations avec l'Algérie, mardi.

La reprise des contacts entre les préfectures et les consulats algériens en France est d'ores et déjà actée, afin que les demandes de réadmission en voie d'être présentées par les autorités françaises puissent l'être dans les conditions normales.

Concrètement, Paris attend des autorités algériennes qu'elles augmentent leur taux de délivrance des laisser-passer consulaires dans les délais utiles, qui est actuellement d'environ 40 %.

Le retour de l'ambassadeur d'Algérie à Paris, rappelé à l'été 2024, signalerait aussi la volonté de dialogue en toute bonne foi. 

Le cas de Boualem Sansal devrait également être discuté.

Emmanuel Macron a plaidé pour « une issue humanitaire » pour cet écrivain âgé et malade, détenu depuis mi-novembre et condamné à 5 ans de prison, une décision contre laquelle il a fait appel.

Cette semaine encore, Jean-Noël Barrot estimait que celui-ci était détenu « sans fondement ».

Mais le parquet algérien, qui avait requis 10 ans de prison, a fait appel également cette semaine, éloignant la possibilité d'une grâce présidentielle à brève échéance, à moins que les deux parties ne se désistent.

À Alger, Jean-Noël Barrot sera notamment accompagné de Romaric Roignan, le nouveau directeur de la région Afrique du nord et Moyen-Orient du ministère des Affaires étrangères.

Sa visite précède enfin celle de son homologue, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, qui doit se rendre prochainement dans le pays pour relancer la coopération judiciaire.