Okhtyrka, la ville ukrainienne qui a dit «  niet  » à l'occupation russe

Okhtyrka, la ville ukrainienne qui a dit «  niet  » à l'occupation russe
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Publié le Mardi 02 août 2022

Okhtyrka, la ville ukrainienne qui a dit «  niet  » à l'occupation russe

  • Le maire d'Okhtyrka, Pavlo Kouzmenko, explique, lui, être parvenu à laisser ses administrés libres et relativement en sécurité en gardant la tête froide
  • Une récente reprise des bombardements fait craindre aux habitants que les Russes puissent bientôt revenir, mais le maire Pavlo Kouzmenko reste confiant

OKHTYRKA: A Okhtyrka, un automobiliste hurle sur un cycliste, des fidèles de l'église évitent un marchand ambulant, une retraitée en survêtements dévore du pain à l'ail et les miettes tombent attirant l'attention d'un pigeon.

Si l'on ignore les décombres qui parsèment la rue, cette scène pourrait se dérouler dans nombre de villes européennes. Mais Okhtyrka, dans le nord-est de l'Ukraine, n'est pas un endroit comme un autre.

Alors que les villes et villages de cette région située près de la frontière russe sont tombées comme des quilles lors de l'invasion par les forces de Moscou lancée le 24 février, cette localité de 48.000 habitants située sur la rivière Vorskla a dit "niet".

Ailleurs, les morts de civils se sont multipliées dans les premières semaines de la guerre, avec par exemple plus de 50 personnes tuées lors de la bataille pour la ville voisine de Trostianets, beaucoup plus petite.

Le maire d'Okhtyrka, Pavlo Kouzmenko, explique, lui, être parvenu à laisser ses administrés libres et relativement en sécurité en gardant la tête froide.

"Seuls 18 civils sont morts. Je ne veux pas me vanter, mais c'est grâce à l'administration de la ville, aux bénévoles, aux personnes qui sont restées dans les abris", dit-il à l'AFP. Le "plus grand défi" était d'éviter la panique, qui aurait "ruiné la défense de la ville".

Une colonne de chars russes a déferlé sur Okhtyrka le premier jour de l'invasion, le 24 février, avec l'intention de la capturer et de se diriger vers la capitale, Kiev. "Ils pensaient qu'ils passeraient très rapidement", se souvient M. Kouzmenko.

Un mois de siège

Le maire -- soudainement propulsé au sommet de la hiérarchie du commandement, les responsables régionaux étant soit indécis soit indisponibles -- a décidé que cette incursion des troupes russes ne passera pas.

M. Kouzmenko a pris la tête d'une riposte immédiate qui a vu les troupes ukrainiennes forcer une retraite précipitée de leurs adversaires, qui ont laissé derrière eux des chars et d'autres équipements.

Un siège d'un mois a suivi, les Russes bombardant presque quotidiennement la ville avec des roquettes Ouragan, Smertch et Grad et détruisant l'hôtel de ville, un centre commercial, les systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement, un dépôt de carburant et la centrale thermique locale.

Ils ont également tué au moins 70 soldats ukrainiens dans une base militaire avec une bombe thermobarique, selon l'ambassadeur d'Ukraine aux États-Unis.

L'ONG Amnesty International a pour sa part évoqué une attaque aux bombes à sous- munitions d'une école maternelle, le deuxième jour du siège, qui a fait trois morts, dont un enfant.

Parmi les autres bâtiments détruits, le centre culturel local, vieux de 108 ans, qui a été attaqué lors d'un bombardement nocturne le 8 mars.

La directrice du centre, Tetyana Bartchenko, 59 ans, retient ses larmes en revivant le tir de missile qui a privé la communauté de son coeur battant. Mais, comme beaucoup d'habitants avec lesquels l'AFP s'est entretenue, elle est pleine de confiance et de gratitude envers les soldats ukrainiens.

"Cette ville n'a jamais été prise, et c'est grâce à l'armée, grâce aux forces de défense territoriale, et grâce au patriotisme des citoyens", se félicite-t-elle.

«Ville héros»

Après un mois d'encerclement, les troupes russes ont reculé, comme dans d'autres régions, le 26 mars.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a désigné Okhtyrka de "ville héros", titre honorifique décerné seulement à une autre ville du nord-est, Kharkiv.

La population est tombée à 20.000 habitants au plus fort des combats, la ville aidant environ 1.000 personnes par jour à fuir, mais elle est aujourd'hui revenue à un nombre proche de celui d'origine.

Nina Kolot, retraitée, explique la coopération qui s'était instaurée entre les civils et les troupes ukrainiennes retranchées à quelques mètres de leurs domiciles.

"Ils étaient là, ils se battaient pour la ville et nous les aidions -- en préparant de la nourriture", raconte à l'AFP cette septuagénaire. "C'est grâce aux soldats que nous sommes restés en sécurité".

Une récente reprise des bombardements fait craindre aux habitants que les Russes puissent bientôt revenir, mais le maire Pavlo Kouzmenko reste confiant.

S'il admet cette éventualité, même faible, il assure que les Russes ne peuvent mener ici que des frappes, mais non s'emparer des villes. "Ils peuvent tenir quelques quelques petits villages, mais ils ont besoin de ressources et ils en ont moins chaque jour".


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.