L'envoyé américain pour la Corne de l'Afrique est arrivé en Ethiopie

Durant son séjour, M. Hammer aura aussi "l'opportunité de vérifier les progrès dans la livraison de l'aide humanitaire" et dans "l'établissement des responsabilités dans les violations des droits humains", a récemment indiqué le département d'Etat. (AFP).
Durant son séjour, M. Hammer aura aussi "l'opportunité de vérifier les progrès dans la livraison de l'aide humanitaire" et dans "l'établissement des responsabilités dans les violations des droits humains", a récemment indiqué le département d'Etat. (AFP).
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Publié le Samedi 30 juillet 2022

L'envoyé américain pour la Corne de l'Afrique est arrivé en Ethiopie

  • Gouvernement fédéral et rebelles tigréens ont répété ces dernières semaines être prêts à des négociations de paix
  • Redwan Hussein, conseiller national à la Sécurité nationale du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, a indiqué que le «gouvernement était prêt à discuter à tout moment et n'importe où»

ADDIS ABEBA : L'envoyé spécial américain pour la Corne de l'Afrique, Mike Hammer, est arrivé vendredi en Ethiopie, en vue notamment "d'appuyer les efforts vers une paix durable" entre le gouvernement et les autorités rebelles de la région du Tigré, a annoncé l'ambassade des Etats-Unis.

"Il rencontrera des responsables du gouvernement, des partis politiques et de la société civile", a poursuivi l'ambassade américaine à Addis Abeba sur son compte Twitter, sans préciser si une rencontre avec les dirigeants rebelles du Tigré était prévue.

Durant son séjour, M. Hammer aura aussi "l'opportunité de vérifier les progrès dans la livraison de l'aide humanitaire" et dans "l'établissement des responsabilités dans les violations des droits humains", a récemment indiqué le département d'Etat.

Gouvernement fédéral et rebelles tigréens ont répété ces dernières semaines être prêts à des négociations de paix.

Ils divergent toutefois sur l'identité du médiateur, Addis Abeba souhaitant que les discussions soient parrainées par l'Union africaine (UA), ce que refusent les autorités rebelles du Tigré.

Redwan Hussein, conseiller national à la Sécurité nationale du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, a indiqué jeudi que le "gouvernement était prêt à discuter à tout moment et n'importe où", en ajoutant toutefois que "les discussions devraient commencer sans précondition"

La veille, cité par la télévision officielle tigréenne, le chef des rebelles du Tigré, Debrestsion Gebremichael, avait répété qu'aucune discussion ne commencerait avant que soient rétablis les services essentiels (électricité, télécommunications, banque, carburant...) dont la région est privée depuis plus d'un an.

Le conflit au Tigré a commencé en novembre 2020 quand Abiy Ahmed y a envoyé l'armée fédérale déloger les autorités régionales qui contestaient son autorité, les accusant d'avoir attaqué des bases militaires.

Initialement défaits, les rebelles tigréens ont repris courant 2021 l'essentiel du contrôle de la région, depuis largement coupée du reste du pays.

Les combats ont quasiment cessé au Tigré depuis une trêve décidée en mars, permettant une reprise des livraisons d'aide humanitaire par la route après trois mois d'interruption, mais la situation humanitaire y reste catastrophique.

Contentieux sur le Nil

Lors de sa visite, M. Hammer tentera également de favoriser une solution diplomatique au contentieux autour du Gerd, le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne que l'Ethiopie a construit sur le Nil Bleu et qui suscite la colère de l'Egypte et du Soudan, riverains du Nil en aval, qui craignent pour leur approvisionnement en eau.

L'envoyé spécial américain était ces derniers jours au Caire, où il s'est notamment entretenu avec des responsables du gouvernement "de la sécurité hydrique de l'Egypte" et "du Gerd", selon l'ambassade américaine au Caire.

Dans un communiqué vendredi au Caire, le ministère égyptien des Affaire étrangères a rejeté le début du troisième remplissage du réservoir Gerd par l'Ethiopie.

L'Egypte "a reçu un message de la partie éthiopienne le 26 juillet, indiquant que l'Ethiopie continuerait à remplir le réservoir du barrage de la Renaissance pendant la saison des inondations en cours".

En conséquence, l'Egypte a envoyé une lettre au Conseil de sécurité de l'ONU "pour exprimer son objection et son rejet total de la poursuite par l'Ethiopie du remplissage unilatéral du barrage de la Renaissance sans accord".

Le communiqué souligne que l'Egypte conserve son "droit légitime de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer et protéger sa sécurité nationale, y compris contre tout risque que les mesures unilatérales de l'Ethiopie pourraient entraîner à l'avenir".

Le barrage, d'une valeur de 4,2 milliards de dollars (3,7 milliards d'euros), devrait produire plus de 5.000 mégawatts d'électricité, soit plus du double de la production éthiopienne. Il a commencé à produire de l'électricité en février.

La capacité totale du réservoir est de 74 milliards de mètres cubes. Après avoir annoncé avoir rempli son objectif de 4,9 milliards de mètres cubes en 2020, l'Ethiopie avait annoncé l'année suivante avoir ajouté 13,5 milliards de mètres cubes.


L'Iran a présenté une nouvelle proposition aux Etats-Unis via le Pakistan (média d'Etat)

A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
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  • L’Iran a soumis une nouvelle proposition de négociation visant à relancer le dialogue avec les États-Unis pour mettre fin au conflit
  • Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans ces discussions, qui restent bloquées malgré les efforts diplomatiques

TEHERAN: L'Iran a présenté une nouvelle offre en vue de la reprise des négociations avec les Etats-Unis, actuellement au point mort, pour mettre fin durablement à la guerre, a annoncé l'agence officielle iranienne Irna.

"La République islamique a transmis jeudi soir le texte de sa dernière proposition au Pakistan, médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis", selon l'agence, qui n'a pas donné plus de détails.


Téhéran active ses défenses aériennes, Trump prêt à ignorer le Congrès

Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Téhéran a activé sa défense antiaérienne malgré un cessez-le-feu fragile, tandis que Washington affirme que la limite légale des 60 jours pour autoriser la guerre ne s’applique plus, ce qui suscite des tensions politiques
  • Le conflit et le blocage du détroit d’Ormuz provoquent une flambée des prix du pétrole et une crise énergétique mondiale, avec des risques économiques majeurs

TEHERAN: Téhéran a activé jeudi soir ses systèmes de défense antiaérienne contre des drones et des petits avions, à l'approche des 60 jours du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, date limite après laquelle Donald Trump doit théoriquement demander l'autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre.

Mais son gouvernement a laissé entendre qu'il ignorera cette obligation qui incombe au président américain en principe vendredi, et que les démocrates se retrouvent impuissants à faire respecter.

Les Etats-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l'Iran le 28 février, et instauré un cessez-le-feu depuis le 8 avril, en dépit duquel le bras de fer entre entre Téhéran et Washington se poursuit, propulsant les cours des hydrocarbures à des sommets inédits depuis quatre ans.

Selon la Constitution américaine, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Une loi adoptée en 1973 permet cependant au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d'urgence, à condition, s'il engage des troupes américaines plus de 60 jours, qu'il obtienne une autorisation du pouvoir législatif.

Vendredi représente donc la date limite, mais le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a argué jeudi qu'en raison du cessez-le-feu "l'horloge des 60 jours est suspendue".

"Les hostilités qui ont commencé le samedi 28 février sont terminées", a ajouté à l'AFP un haut responsable de l'administration américaine. "Il n'y a pas eu d'échanges de tirs entre les forces armées américaines et l'Iran depuis le mardi 7 avril".

Washington impose un blocus des ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, faisant s'envoler les prix du pétrole.

Un haut responsable américain a évoqué une possible prolongation de cette mesure "pendant des mois".

Face à la perspective d'un enlisement du conflit, le Brent, la référence mondiale du pétrole brut, a brièvement dépassé jeudi les 126 dollars, un sommet depuis début 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Vendredi, il gagnait 0,59% à 111,05 dollars vers 05H00 GMT.

- "Défaite honteuse" -

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé jeudi que les Etats-Unis avaient subi une "défaite honteuse" face à l'Iran.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui dénoncé le blocus américain comme un "prolongement des opérations militaires".

A Téhéran, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir, contre des drones et des aéronefs dont la provenance n'a pas été communiquée.

"Le bruit de la défense antiaérienne a cessé après environ 20 minutes d'activité et de riposte contre de petits aéronefs", ont indiqué les agences Tasnim et Fars précisant que Téhéran se trouvait de nouveau dans une "situation normale".

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré la trêve et de premières discussions le 11 avril à Islamabad, la diplomatie semble dans l'impasse.

Pendant que les négociations piétinent, les répercussions du blocage d'Ormuz se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale, entre pénuries rampantes, poussées d'inflation et révisions à la baisse de la croissance.

"Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire", a jugé le patron de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol.

- "Au bord du gouffre" -

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est aussi alarmé de l'"étranglement" de l'économie planétaire en raison de la paralysie du détroit.

"C'est à présent le temps du dialogue, de solutions qui nous éloignent du bord du gouffre et de mesures capables d'ouvrir une voie vers la paix", a-t-il plaidé dans un message sur X.

Sur le front libanais, de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays ont fait au moins dix-sept morts jeudi.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre ce dernier et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, considérant le Liban "à un tournant". "Son peuple a l'occasion historique de reprendre en main son pays et de forger son avenir", a-t-elle estimé sur X.

Les opérations menées au Liban par Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, ont fait plus de 2.500 morts et plus d'un million de déplacés depuis début mars, selon les autorités.


L'accord entre l'UE et le Mercosur entre en vigueur, de façon provisoire

Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
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  • L’accord UE–Mercosur entre en vigueur provisoirement, créant une vaste zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs avec baisse des droits de douane sur plusieurs produits
  • Soutenu par certains pays pour dynamiser l’économie, il est vivement critiqué notamment en France pour les risques de concurrence déloyale envers les agriculteurs européens

BRUXELLES: Il est vivement dénoncé par la France et le monde agricole mais plébiscité par Bruxelles, l'Espagne et l'Allemagne: l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur entre en vigueur vendredi, de façon provisoire.

Ce traité, fruit de plus de 25 ans de tractations ardues, va créer l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs.

Les premières conséquences de son application sont immédiates, d'après Bruxelles.

Dès vendredi, les droits de douanes sur les voitures, produits pharmaceutiques ou le vin, que l'UE exporte vers l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay seront "supprimés ou considérablement réduits".

"C'est une grande journée", a salué le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, qualifiant cet accord d'"historique".

"C'est en réalité une journée bien sombre", rétorque l'eurodéputée française Manon Aubry à l'AFP. Les agriculteurs européens "vont se confronter à une concurrence déloyale de centaines de milliers de tonnes de denrées agricoles qui vont inonder le marché européen, avec des normes sanitaires et environnementales au rabais", alerte l'élue de gauche radicale, très investie sur ce dossier.

- Les tracteurs à Bruxelles -

Cet accord commercial a fait l'objet d'innombrables rebondissements depuis les premières négociations, lancées à la fin des années 1990.

Et pour cause: les deux camps sont fondamentalement divisés quant à ses effets.

Pour ses partisans, Berlin et Madrid en tête, ce texte va permettre de relancer l'économie européenne, en souffrance face à la concurrence de la Chine et aux droits de douane des Etats-Unis.

Pour ses détracteurs, le risque est au contraire de bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants. On retrouve ici la France, la Pologne, et de nombreux agriculteurs.

Dans l'espoir d'amadouer ce camp-ci, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.

Mais rien n'y a fait.

Equipés de tracteurs, fumigènes et drapeaux, les agriculteurs sont venus crier leur colère jusque dans les rues de Bruxelles et de Strasbourg, devant le Parlement européen.

Et le traité de libre-échange, qui facilite l'entrée en Europe de bœuf, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui inquiètent les filières concernées, a finalement été signé mi-janvier.

- Diversifier les partenariats -

Le Parlement européen a dans la foulée saisi la justice pour vérifier la légalité de l'accord.

En attendant cette décision de la Cour de justice de l'UE, d'ici peut-être plus d'un an, la Commission a décidé d'appliquer cet accord de façon provisoire, ce qu'elle est en droit de faire.

Une décision là encore critiquée par la France - son président Emmanuel Macron a parlé d'une "mauvaise surprise" - et les agriculteurs.

Au sein des cortèges du monde agricole, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souvent cristallisé les critiques, se faisant vilipender nommément.

Celle-ci rétorque que l'UE n'a d'autre choix que de diversifier ses partenariats commerciaux face au retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Elle a donc aussi scellé un accord commercial avec l'Inde fin janvier et avec l'Australie en mars.

Pour marquer l'entrée en vigueur de celui du Mercosur vendredi, la cheffe de l'exécutif européen échangera, aux côtés du président du Conseil européen, Antonio Costa, par visioconférence, avec les dirigeants des pays du Mercosur.