The Line de NEOM: L'harmonie entre le développement urbain et la préservation de la nature

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a annoncé les plans du projet The Line à NEOM le 25 juillet (Photo fournie).
Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a annoncé les plans du projet The Line à NEOM le 25 juillet (Photo fournie).
Short Url
Publié le Mardi 26 juillet 2022

The Line de NEOM: L'harmonie entre le développement urbain et la préservation de la nature

  • Selon Mohammed ben Salmane, le projet mettra en lumière des modes de vie alternatifs
  • Le design étroit vise à réduire l'empreinte de l'homme sur le paysage et à améliorer l'efficacité

RIYAD: Avec quelque 56 % de la population mondiale vivant aujourd'hui dans les villes, la durabilité urbaine et le bien-être public deviennent une source de préoccupation croissante pour les gouvernements du monde entier.

Pour relever ces défis, l'Arabie saoudite expérimente de manière audacieuse la conception des espaces urbains avec sa ville intelligente et révolutionnaire NEOM et son projet phare, The Line.

Lundi, le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane a annoncé les plans de The Line, l'un des nombreux mégaprojets en cours dans le cadre du plan de réforme et de diversification économique Vision 2030 du Royaume.

EN CHIFFRES

The Line: Une position stratégique

40 % du monde est à moins de six heures de vol

13 % du commerce mondial traverse la mer Rouge

Il a déclaré que la conception permettrait de clarifier la structure interne de la ville sur plusieurs niveaux et de résoudre les problèmes des villes horizontales et plates traditionnelles, en parvenant à une harmonie entre le développement urbain et la préservation de la nature, selon l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a lancé en janvier 2021 l'idée et la vision initiales de la ville qui redéfinit le concept de développement urbain et ce à quoi les villes du futur devraient ressembler.

Lors de l'annonce, lundi, le prince héritier a déclaré que The Line permettrait d'atteindre une «vie idéale» et de relever les défis urgents auxquels l'humanité est confrontée.

Le concept de The Line incarne la façon dont les communautés urbaines vivront à l'avenir dans un environnement sans routes, sans voitures et sans émissions. (Photo fournie)

«NEOM est l'un des projets les plus importants de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite et The Line est l'affirmation de notre ferme engagement à présenter un projet au monde entier. NEOM est un lieu pour ceux qui rêvent d'un avenir meilleur», a-t-il déclaré.

Le concept de The Line incarne la façon dont les communautés urbaines vivront à l'avenir dans un environnement sans routes, sans voitures et sans émissions, a-t-il ajouté.

Le prince héritier a déclaré que le projet, qui offre une nouvelle approche de l’urbanisme, fonctionnera avec 100 % d'énergie renouvelable et donnera la priorité à la santé des personnes.

Différent des grands bâtiments, le concept superpose les parcs publics et les zones piétonnes, les écoles, les habitations et les lieux de travail. (Photo fournie)

«L'idée de superposer verticalement les fonctions de la ville et de donner aux gens la possibilité de se déplacer de manière fluide en trois dimensions pour y accéder est un concept appelé urbanisme à gravité zéro», a-t-il déclaré.

Selon le plan de conception révélé lundi, The Line aura une façade extérieure en miroir qui donnera à la structure son caractère unique et permettra même à sa petite superficie de se fondre dans la nature, tandis que son intérieur sera construit pour créer «des expériences extraordinaires et des moments magiques», a ajouté le prince héritier.

The Line pourra accueillir à terme 9 millions de résidents et sera construite sur une superficie de 34 kilomètres carrés, ce qui est inédit par rapport à d'autres villes de capacité similaire, selon la déclaration de lundi.

Le concept de The Line incarne la façon dont les communautés urbaines vivront à l'avenir dans un environnement sans routes, sans voitures et sans émissions. (Photo fournie)

À la différence des hauts immeubles, le concept superpose des parcs publics et des zones piétonnes, des écoles, des habitations et des lieux de travail.

Cette conception étroite vise à réduire l'empreinte de l'homme sur le paysage et à améliorer l'efficacité. La ville sera dotée d'une liaison ferroviaire à grande vitesse dont le temps de transit de bout en bout ne dépassera pas les vingt minutes.

Le climat idéal au sein de la structure, tout au long de l'année, permettra aux résidents de profiter de la nature environnante tout en se promenant. Les résidents auront également accès à toutes les installations de The Line à moins de cinq minutes de marche.

«The Line sera créée par une équipe d'architectes et d'ingénieurs de renommée mondiale, dirigée par NEOM, afin de développer ce concept révolutionnaire pour la ville du futur», a déclaré le prince héritier Mohammed ben Salmane.

En outre, la conception de la ville sera entièrement numérisée, et la construction sera amplement industrialisée grâce à des technologies de construction et des processus de fabrication qui progressent considérablement.

Le climat idéal au sein de la structure, tout au long de l'année, permettra aux résidents de profiter de la nature environnante tout en se promenant. (Photo fournie)

Le projet a déjà été bien accueilli pour son audace et son ambition. Selon Mohammed Ramady, un économiste basé à Londres, la vision de The Line n'est rien moins que révolutionnaire, malgré un certain scepticisme de la part des promoteurs urbains traditionnels.

«Le concept d'urbanisme à gravité zéro sera accepté par les générations futures comme un mode de vie urbain viable, basé sur les énergies renouvelables, comparable aux développements urbains historiques qui n'ont pas été facilement acceptés», a déclaré M. Ramady à Arab News.

«Les propositions audacieuses du prince héritier soulignent avec justesse ce qu'est NEOM, dont toute l'humanité, et pas seulement l'Arabie saoudite, pourra bénéficier.»

Pour Mohammed al-Suwayed, PDG de Razeen Capital, l'attrait de NEOM réside dans sa jeunesse et sa volonté de rompre avec les anciennes façons de construire et de vivre.

«Je ne suis toujours pas sûr que le monde ait compris le message du prince héritier à propos de NEOM», a déclaré Al-Suwayed à Arab News.

«C'est une idée qui vise à défier les normes. Je pense que NEOM n'est pas destiné à ceux qui ont des compétences et une expérience traditionnelles. Il est destiné aux jeunes dont l'expérience traditionnelle est limitée, mais qui sont ambitieux et visionnaires, et en même temps pragmatiques.»

Situé dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, au bord de la mer Rouge, sur une superficie d'environ 26 500 kilomètres carrés et composé de 41 îles côtières, NEOM – qui signifie «nouvel avenir» – est présenté comme un laboratoire vivant pour l'entrepreneuriat, les nouvelles technologies, les nouveaux modèles d'habitabilité et la préservation de l'environnement.

Soutenu par le Fonds d'investissement public saoudien, ainsi que par des investisseurs locaux et internationaux, le projet NEOM, d'une valeur de 500 milliards de dollars, comprendra des villes hyperconnectées et cognitives, des ports et des zones d'activité, des centres de recherche, des centres de sport et de divertissement et des destinations touristiques.

Sa situation géographique montre qu'il est idéalement placé pour attirer les investissements mondiaux en tirant parti des routes commerciales existantes. Près de 13 % du commerce mondial passe par la mer Rouge, et quelque 40 % du monde se trouve à moins de six heures de vol.

La situation géographique unique de NEOM garantit un climat tempéré, environ 10 degrés Celsius plus frais en moyenne que le reste du Conseil de coopération du Golfe, dans une région montagneuse qui abrite certains des terrains les plus variés du Royaume.

La durabilité étant au cœur du projet, quelque 95 % des terres de NEOM sont conservées pour protéger l'environnement. Toute l'énergie de NEOM sera 100 % renouvelable, qu'il s'agisse de l'énergie solaire, de l'énergie éolienne ou de la production d'hydrogène, ce qui garantit un environnement urbain propre et non pollué.

Les communautés seront construites autour des personnes, et non des voitures, avec des passerelles surélevées reliant le site. Les routes et les rues seront remplacées par des places et des boulevards piétonniers remplis de parcs et d'espaces verts. Les communautés dotées d'intelligence artificielle apprendront et prévoiront des moyens de faciliter la vie et faire gagner du temps aux résidents et aux entreprises.

The Line elle-même reliera quatre écologies distinctes: la côte, le désert, les montagnes et la haute vallée. La nature sera intégrée au cœur des communautés, ce qui améliore l'habitabilité et le bien-être. Elle sera également soutenue par des zones agricoles, favorisant une production alimentaire locale et durable.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a lancé l'idée et la vision initiales dans le but de redéfinir le concept de développement urbain et ce à quoi devraient ressembler les villes du futur.

«Lors du lancement de The Line l'année dernière, nous nous sommes engagés à une révolution civilisationnelle qui met l'humain au premier plan, basée sur un changement radical de la planification urbaine», a-t-il déclaré lundi.

«Les conceptions révélées aujourd'hui pour les communautés verticales de la ville remettront en question les villes plates et horizontales traditionnelles et créeront un modèle de préservation de la nature et d'amélioration de l'habitabilité.»

«The Line s'attaquera aux défis auxquels l'humanité est confrontée dans la vie urbaine d'aujourd'hui et mettra en lumière d'autres façons de vivre.»

 «Nous ne pouvons pas ignorer les crises de l'habitabilité et de l'environnement auxquelles sont confrontées les villes du monde entier, et NEOM est à la pointe de la recherche de solutions nouvelles et innovantes pour résoudre ces problèmes. NEOM conduit une équipe composée des esprits les plus brillants en matière d'architecture, d'ingénierie et de construction pour faire de l'idée de construire vers le haut une réalité», a-t-il ajouté.

L'annonce des plans de The Line s'inscrit dans la continuité des progrès réalisés par NEOM dans le développement de ses projets phares, tels qu'Oxagon, sa ville de fabrication et d'innovation réimaginée, et Trojena, sa destination de tourisme de montagne qui offrira la première station de ski en plein air du Golfe Arabique.

D'une superficie d'environ 48 kilomètres carrés, Oxagon comprendra la plus grande plateforme flottante du monde et sera alimentée à 100 % par des énergies propres.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Short Url
  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.


Amnesty appelle la Syrie à enquêter sur les massacres d'alaouites en tant que «crimes de guerre»

Le président par intérim Ahmad al-Chareh s'est engagé à poursuivre les auteurs des massacres et a formé une commission d'enquête qui n'a pas encore annoncé ses résultats. (AFP)
Le président par intérim Ahmad al-Chareh s'est engagé à poursuivre les auteurs des massacres et a formé une commission d'enquête qui n'a pas encore annoncé ses résultats. (AFP)
Short Url
  • Début mars, les régions du littoral dans l'ouest de la Syrie ont été le théâtre des pires massacres depuis la prise du pouvoir en décembre par une coalition dirigée par des islamistes radicaux
  • Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1.700 civils, en grande majorité des alaouites, minorité dont est issu le président déchu Bachar al-Assad, ont été tués

BEYROUTH: Amnesty International a appelé jeudi les autorités syriennes à veiller à ce que les auteurs des massacres d'alaouites en mars rendent des comptes et à enquêter sur ces tueries en tant que "crimes de guerre".

"Le gouvernement syrien doit veiller à ce que les responsables d’une vague de massacres visant des civils alaouites dans des zones côtières soient amenés à rendre des comptes", a affirmé l'ONG dans un communiqué.

Amnesty a également réclamé que ces massacres fassent "l'objet d'enquêtes en tant que crimes de guerre".

Début mars, les régions du littoral dans l'ouest de la Syrie ont été le théâtre des pires massacres depuis la prise du pouvoir en décembre par une coalition dirigée par des islamistes radicaux.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1.700 civils, en grande majorité des alaouites, minorité dont est issu le président déchu Bachar al-Assad, ont été tués.

Ces massacres ont eu lieu après des attaques sanglantes de partisans de l'ancien pouvoir contre les forces de sécurité. Ces dernières, des groupes qui leur sont alliés et des jihadistes étrangers ont été pointés du doigt dans le bain de sang.

L'ONU a indiqué avoir recueilli des témoignages selon lesquels les auteurs des massacres "ont effectué des descentes dans les maisons, demandant aux habitants s'ils étaient alaouites ou sunnites avant de les tuer ou de les épargner en fonction de leur réponse".

Le président par intérim Ahmad al-Chareh s'est engagé à poursuivre les auteurs des massacres et a formé une commission d'enquête qui n'a pas encore annoncé ses résultats.

"Les éléments de preuve que nous avons recueillis indiquent que des milices affiliées au gouvernement ont délibérément pris pour cible des civils de la minorité alaouite dans le cadre de graves attaques de représailles, abattant des personnes de sang-froid et à bout portant", a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

"Pendant deux jours, les autorités ne sont pas intervenues pour mettre fin aux homicides. Une fois de plus, c’est la population civile syrienne qui paie le prix des actions des parties au conflit qui règlent leurs comptes", a-t-elle ajouté.

Amnesty a demandé au gouvernement syrien de "prendre des mesures immédiates pour qu’aucune personne et aucun groupe ne soit pris pour cible en raison de son appartenance confessionnelle".

Lundi, douze autres civils, en majorité des alaouites, ont été tués par des hommes armés dans l'ouest et le centre de la Syrie selon l'OSDH.


L'Arabie saoudite condamne la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa par un ministre israélien d'extrême droite

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 17 juillet 2024. (Screengrab/AFP)
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 17 juillet 2024. (Screengrab/AFP)
Short Url
  • Le ministère des Affaires étrangères critique les atteintes au caractère sacré du lieu saint.
  • Les violations israéliennes du droit international entravent les efforts de paix et menacent la sécurité mondiale.

RIYAD :  l'Arabie saoudite a condamné la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa dans la partie occupée de Jérusalem, mercredi, par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, un homme d'extrême droite.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré qu'il condamnait fermement « la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa par le ministre israélien de la Sécurité nationale sous la protection de la police d'occupation ».

Le ministère a réitéré sa condamnation des attaques contre le caractère sacré de la mosquée Al-Aqsa, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Il a également condamné les forces israéliennes pour avoir pris pour cible une clinique de l'UNRWA dans le camp de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, et a dénoncé les attaques contre les organisations de l'ONU et les organisations humanitaires ainsi que leur personnel. 

Le ministère a déclaré : « Le Royaume condamne les violations persistantes par Israël du droit international et du droit humanitaire international et affirme son rejet catégorique de tout ce qui pourrait porter atteinte au statut historique et juridique de Jérusalem et de ses lieux saints.

Il ajoute que les violations israéliennes du droit international entravent les efforts de paix et menacent la sécurité mondiale.

Le ministère a souligné l'importance de protéger les organisations de l'ONU et les organisations humanitaires, ainsi que leur personnel, et a demandé que les autorités israéliennes soient tenues responsables de toutes les violations.

La visite de M. Ben-Gvir dans l'enceinte d'Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem, a été vivement condamnée par la Jordanie et le groupe militant palestinien Hamas.

Réintégration du gouvernement israélien

Le ministre, chef du parti israélien anti-arabe Otzma Yehudit, s'est rendu sur le site après avoir réintégré le gouvernement le mois dernier, à la suite de la reprise de la guerre à Gaza.

Ben Gvir avait quitté le cabinet en janvier pour protester contre l'accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Depuis la formation du gouvernement de Benjamin Netanyahu à la fin de l'année 2022, M. Ben Gvir s'est rendu à plusieurs reprises sur le site d'Al-Aqsa, suscitant à chaque fois l'indignation de la communauté internationale.

Le ministère jordanien des Affaires étrangères a également condamné la visite de mercredi en la qualifiant de « prise d'assaut » et de « provocation inacceptable ».

Le Hamas a parlé d'une « escalade provocatrice et dangereuse », affirmant que cette visite s'inscrivait dans le cadre du génocide en cours contre le peuple palestinien. 

« Nous appelons le peuple palestinien et les jeunes de Cisjordanie à intensifier la confrontation pour défendre notre terre et nos valeurs sacrées, au premier rang desquelles la mosquée Al-Aqsa », a déclaré l'organisation dans un communiqué.

Ce site est le troisième lieu saint de l'islam et un symbole de l'identité nationale palestinienne.

Connu des juifs sous le nom de Mont du Temple, il est également le lieu le plus sacré du judaïsme, car il abrite le second temple détruit par les Romains en 70 après Jésus-Christ.

Selon le statu quo maintenu par Israël, qui occupe l'est de Jérusalem et sa vieille ville depuis 1967, les juifs et les autres non-musulmans sont autorisés à visiter l'enceinte pendant des heures précises, mais ils n'ont pas le droit d'y prier ou d'y exposer des symboles religieux.

Le porte-parole de M. Ben Gvir a déclaré à l'AFP que le ministre « s'y est rendu parce que le site a été ouvert aux non-musulmans après 13 jours », période durant laquelle l'accès était réservé aux musulmans pour la fête de l'Aïd Al-Fitr et la fin du mois sacré musulman du Ramadan.

Ces dernières années, un nombre croissant d'ultranationalistes juifs ont défié les règles, notamment Ben Gvir, qui y a prié publiquement en 2023 et 2024.

Le gouvernement israélien a déclaré à plusieurs reprises qu'il avait l'intention de maintenir le statu quo dans le complexe, mais les craintes des Palestiniens quant à son avenir en ont fait un point chaud de la violence.

Rapport complémentaire de l'AFP.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com