Quand Noah le chef accueille Macron le président dans son «village» du Cameroun

Yannick Noah, casquette vissée sur la tête, en short et pieds nus, à Etoudi, son quartier à la sortie de la capitale Yaoundé. (Photo, AFP)
Yannick Noah, casquette vissée sur la tête, en short et pieds nus, à Etoudi, son quartier à la sortie de la capitale Yaoundé. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 25 juillet 2022

Quand Noah le chef accueille Macron le président dans son «village» du Cameroun

Yannick Noah, casquette vissée sur la tête, en short et pieds nus, à Etoudi, son quartier à la sortie de la capitale Yaoundé. (Photo, AFP)
  • «Ce n'est pas moi qui reçois le président français, mais tout le village», annonce l'ex-tennisman franco-camerounais
  • «Mon rôle de chef est surtout d'aider les personnes âgées et de tout faire pour que les enfants reçoivent une bonne éducation», explique-t-il

YAOUNDÉ: Yannick Noah est populaire comme champion de tennis et chanteur en France mais aussi comme chef traditionnel au Cameroun, où il accueillera mardi le président Emmanuel Macron pour promouvoir « le dialogue » entre Européens et Africains. 

« Ce n'est pas moi qui reçois le président français, mais tout le village », annonce l'ex-tennisman franco-camerounais, casquette vissée sur la tête, en short et pieds nus, à Etoudi, son quartier à la sortie de la capitale Yaoundé, qui abrite aussi le palais présidentiel. 

Après la solennité de l'entretien avec le président camerounais Paul Biya, Emmanuel Macron devrait tomber la veste lorsqu'il passera les portes du « village Noah ». Ce sera la première rencontre entre les deux hommes. 

A l'entrée, une pancarte malicieuse précise que Roland-Garros, le lieu de l'exploit qui a rendu célèbre le tennisman en 1983, est situé à 7 091 km. 

39 ans après ce sacre, l'ex-champion reste, à 62 ans, l'un des Français les plus populaires, grâce notamment à son succès dans la musique. 

Mais c'est désormais à Etoudi qu'il passe environ six mois par an, « et sans doute de plus de plus de temps à l'avenir ». 

C'est ici que ce natif de Sedan (Ardennes), où son père Zacharie était footballeur, a vécu son enfance, entre 2 et 12 ans, lorsque ses parents sont rentrés dans le pays paternel. « C'était très différent à l'époque. J'ai grandi au milieu de la brousse, j'allais à la rivière car il n'y avait ni eau ni électricité. Avec le temps, la ville a entouré le village et il est devenu un quartier de Yaoundé », raconte-t-il. 

« Mon destin »  

Son enracinement à Etoudi s'est renforcé lorsqu'il a hérité du titre de chef traditionnel au décès de son père en 2017. 

Il a alors décidé de développer le « country club » que ce dernier avait créé sur le terrain familial, y ajoutant bar, restaurant, terrains de tennis et de basket, mais aussi de jolis bungalows de style traditionnel au milieu d'un vaste parc à la végétation luxuriante. 

Yannick Noah accorde aussi beaucoup d'attention à l'école créée par sa mère, professeure de français, dans le jardin de la maison familiale dans les années 1960. 400 élèves du quartier y sont aujourd'hui éduqués en français et anglais, les deux langues officielles du Cameroun. 

« Mon rôle de chef est surtout d'aider les personnes âgées et de tout faire pour que les enfants reçoivent une bonne éducation », explique-t-il. 

Après avoir accueilli Emmanuel Macron à l'entrée du « village Noah », il le conduira au caveau familial, un simple bâtiment blanc sous de grands manguiers et avocatiers, où reposent son grand-père et son père. D'autres chefs coutumiers, en tenues traditionnelles, y seront présents, témoignant de l'importance que revêt pour Yannick Noah la « dimension spirituelle » de ce lieu où il « dialogue avec les ancêtres ». 

Puis, dans le parc, Emmanuel Macron rencontrera une douzaine de jeunes Camerounais et Français ayant travaillé ensemble sur l'avenir des relations entre Yaoundé et Paris, la bonne gouvernance, l'environnement et les questions de la mémoire coloniale. 

« Comme Franco-Camerounais, je suis toujours sensible aux relations entre les deux pays. Je n'ai pas trop le choix, c'est mon destin », sourit Yannick Noah, qui ne veut toutefois pas répondre à des questions politiques, toujours sensibles au Cameroun, dirigé depuis près de 40 ans par Paul Biya. 

Yannick Noah espère que le « village Noah » deviendra le rendez-vous pour ses cinq enfants, qui habitent « un peu partout dans le monde », et ses petits-enfants afin qu'ils y « cultivent leurs racines camerounaises ». 

Dans la soirée, la réception se terminera par un concert de jeunes musiciens camerounais, avant que le maître des lieux ne prenne le micro, comme il le fait souvent à l'improviste, pour « trois, quatre ou... dix chansons ». Dont ses tubes dansants Saga Africa, Métisse et Back to Africa... 


Droits de douane : le gouvernement prépare le public à des choix budgétaires difficiles

François Bayrou, Premier ministre français
François Bayrou, Premier ministre français
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  • La hausse des droits de douane décidée par Donald Trump pourrait avoir des conséquences importantes sur les finances publiques françaises.
  • François Bayrou précise qu'il partagera avec les Français le 15 avril « le cadre général » des choix à faire pour le budget de 2026.

PARIS : La hausse des droits de douane décidée par Donald Trump pourrait avoir des conséquences importantes sur les finances publiques françaises : le Premier ministre a prévenu samedi qu'elle pourrait coûter « plus de 0,5 % du PIB », tandis que Bercy va réunir un premier « Conseil des entreprises » pour préparer sa réponse.

Avec la hausse brutale des droits de douane décidée par le président américain, « le risque de pertes d’emplois est absolument majeur, comme celui d’un ralentissement économique, d’un arrêt des investissements », a jugé le Premier ministre dans un entretien au journal Le Parisien dimanche.

« La déstabilisation qu’il a provoquée fragilisera l'économie mondiale pour longtemps », ajoute le chef du gouvernement, dont la volonté est « de tenir l’objectif du retour aux 3 % de déficit public en 2029. Mais la crise peut tout changer », admet-il. 

François Bayrou précise qu'il partagera avec les Français le 15 avril « le cadre général » des choix à faire pour le budget de 2026.

« Il faut que les Français soient associés à deux nécessités : trouver les moyens de notre indépendance, de notre sécurité, de notre défense, mais aussi de notre capacité de production. Ensuite, il explique, par la nécessité de sortir de la malédiction de la dette.

« Ces choix ne seront pas faits sans eux », poursuit le chef du gouvernement, qui affirme qu'il partagera « avec eux toutes les données des choix que nous avons à faire » et qu'ils « connaîtront tout de la situation ».  

Le président américain Donald Trump a signé un décret généralisant des droits de douane de 10% minimum sur toutes les importations arrivant aux États-Unis et de 20% pour les produits arrivant de l'UE.

"Dans ces temps difficiles, nous devons faire équipe avec nos entreprises. C'est pourquoi je vais réunir un +Conseil des entreprises + – une instance de dialogue régulier avec les représentants du  Medef, de la  CPME, de l’U2P, du Meti et de l’Afep. L’idée, c’est de structurer notre travail sur tout sujet, national ou international, ayant un impact sur notre économie", a détaillé Eric Lombard.

"Les entreprises ont besoin d’écoute, de visibilité, d’être accompagnées et de prendre part aux décisions", selon lui. 


Le chef de la diplomatie française est attendu Alger pour réinitialiser la relation entre la France et l'Algérie

Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères (Photo AFP)
Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères (Photo AFP)
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  • Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, est attendu à Alger ce dimanche, où il rencontrera son homologue Ahmed Attaf.
  • La visite de Jean-Noël Barrot « vise à détailler un programme de travail bilatéral ambitieux, à en décliner les modalités opérationnelles », à élaborer des objectifs conjoints et un calendrier de mise en œuvre.

PARIS : Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, est attendu à Alger ce dimanche, où il rencontrera son homologue Ahmed Attaf pour « concrétiser » la reprise du dialogue sur les sujets les plus sensibles qui affectent la relation bilatérale, dont la question migratoire.

Cette semaine, devant les parlementaires, le ministre français a expliqué que la France devait « se saisir » de l'espace diplomatique ouvert par les présidents français et algérien « pour obtenir des résultats » sur les dossiers migratoire, judiciaire, sécuritaire et économique. 

 Il y a désormais une volonté conjointe de reprendre langue pour retrouver une relation apaisée et équilibrée « dans une logique de résultats et d'efficacité », insiste-t-on à Paris.

La visite de Jean-Noël Barrot « vise à détailler un programme de travail bilatéral ambitieux, à en décliner les modalités opérationnelles », à élaborer des objectifs conjoints et un calendrier de mise en œuvre, a ainsi expliqué jeudi Christophe Lemoine, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Pour préparer le voyage de Jean-Noël Barrot, Emmanuel Macron avait réuni plusieurs ministres en première ligne dans les relations avec l'Algérie, mardi.

La reprise des contacts entre les préfectures et les consulats algériens en France est d'ores et déjà actée, afin que les demandes de réadmission en voie d'être présentées par les autorités françaises puissent l'être dans les conditions normales.

Concrètement, Paris attend des autorités algériennes qu'elles augmentent leur taux de délivrance des laisser-passer consulaires dans les délais utiles, qui est actuellement d'environ 40 %.

Le retour de l'ambassadeur d'Algérie à Paris, rappelé à l'été 2024, signalerait aussi la volonté de dialogue en toute bonne foi. 

Le cas de Boualem Sansal devrait également être discuté.

Emmanuel Macron a plaidé pour « une issue humanitaire » pour cet écrivain âgé et malade, détenu depuis mi-novembre et condamné à 5 ans de prison, une décision contre laquelle il a fait appel.

Cette semaine encore, Jean-Noël Barrot estimait que celui-ci était détenu « sans fondement ».

Mais le parquet algérien, qui avait requis 10 ans de prison, a fait appel également cette semaine, éloignant la possibilité d'une grâce présidentielle à brève échéance, à moins que les deux parties ne se désistent.

À Alger, Jean-Noël Barrot sera notamment accompagné de Romaric Roignan, le nouveau directeur de la région Afrique du nord et Moyen-Orient du ministère des Affaires étrangères.

Sa visite précède enfin celle de son homologue, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, qui doit se rendre prochainement dans le pays pour relancer la coopération judiciaire.


La Martinique signale un cas de chikungunya

Cette photographie prise le 21 mars 2025 montre un emballage du vaccin IXCHIQ contre le chikungunya, dans une pharmacie de Saint-Denis de la Réunion. Une maladie invalidante transmise par les moustiques, le chikungunya, a tué deux personnes âgées sur l'île française de La Réunion, dans l'océan Indien, ont annoncé les autorités locales le 21 mars. (Photo Richard BOUHET / AFP)
Cette photographie prise le 21 mars 2025 montre un emballage du vaccin IXCHIQ contre le chikungunya, dans une pharmacie de Saint-Denis de la Réunion. Une maladie invalidante transmise par les moustiques, le chikungunya, a tué deux personnes âgées sur l'île française de La Réunion, dans l'océan Indien, ont annoncé les autorités locales le 21 mars. (Photo Richard BOUHET / AFP)
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  • « Le patient, originaire de La Réunion, a séjourné dans l'île durant la deuxième quinzaine du mois de mars et a présenté des symptômes évocateurs de la maladie », précise l'autorité sanitaire dans un communiqué de presse.
  • Une épidémie de chikungunya sévit actuellement à La Réunion, où 6 000 cas ont été comptabilisés la semaine dernière.

FORT-DE-FRANCE, FRANCE : Un cas de chikungunya importé de l'île de La Réunion a été observé en Martinique au mois de mars, a indiqué vendredi l'Agence régionale de santé (ARS) de l'île des Antilles.

« Le patient, originaire de La Réunion, a séjourné dans l'île durant la deuxième quinzaine du mois de mars et a présenté des symptômes évocateurs de la maladie », précise l'autorité sanitaire dans un communiqué de presse.

Une épidémie de chikungunya sévit actuellement à La Réunion, où 6 000 cas ont été comptabilisés la semaine dernière.

Le CHU de l'île de l'Océan Indien a également activé le plan blanc vendredi, qui permet de déprogrammer certaines opérations ou de rappeler du personnel en congés dans les hôpitaux pour faire face à l'afflux de patients. 

L'Agence régionale de santé (ARS), Santé publique France, la collectivité territoriale de Martinique et la municipalité concernée ont déployé les mesures préventives nécessaires pour limiter la propagation du virus.

Ces actions incluent la recherche et la destruction des lieux de ponte des moustiques, les traitements contre les moustiques adultes si nécessaire, ainsi que la sensibilisation des habitants du quartier concerné.

« Le chikungunya est une maladie virale transmise principalement par la piqûre de la femelle moustique du genre Aedes, notamment Aedes aegypti en Martinique », prévient l'ARS.

Ce moustique est également vecteur de la dengue et du Zika. En Martinique, le nombre de cas de dengue a connu un rebond soudain à la fin du mois de mars. 160 nouveaux cas cliniques évocateurs ont été comptabilisés du 24 au 30 mars, contre 45 la semaine précédente.

Santé publique France qualifie toutefois ces cas de « sporadiques » dans son dernier bulletin.