La campagne visant à restaurer le patrimoine de l'Irak prend de l'ampleur

La construction traditionnelle de bateaux a fait son retour en Irak grâce au projet «Ark ReImagined (Photo, AN/Rachad Salim).
La construction traditionnelle de bateaux a fait son retour en Irak grâce au projet «Ark ReImagined (Photo, AN/Rachad Salim).
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Publié le Jeudi 21 juillet 2022

La campagne visant à restaurer le patrimoine de l'Irak prend de l'ampleur

  • «Le berceau de la civilisation» abrite plus de 10 000 sites archéologiques remontant à 5 500 ans
  • La volonté de protéger les sites archéologiques irakiens s'est intensifiée au cours des dernières années

BAGDAD: Dans la ville de Mossoul, dans le nord de l'Irak, entourée de bâtiments réduits en ruines depuis des années, les décombres de la mosquée Al-Nouri reprennent peu à peu vie. Cette structure emblématique – et beaucoup d'autres dans la célèbre vieille ville de Mossoul – a été endommagée par Daech pendant la bataille qui a fait rage ici en décembre 2017.

Le projet «Faire revivre l'esprit de Mossoul», dirigé par l'Unesco et visant à reconstruire les sites patrimoniaux endommagés de la ville, apporte aux Irakiens l'espoir que cette cité au riche passé puisse briller à nouveau.

Célèbre pour son minaret penché qui lui a donné son surnom de «bossu» ou «Al-Hadba» en arabe, Al-Nouri a été construite au XXIIe siècle. En juillet 2014, le leader de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi, s'est tenu à la chaire de la mosquée et y a décrété que l'Irak et la Syrie feraient désormais partie du «califat» du groupe terroriste.

Trois ans plus tard, le célèbre minaret de la mosquée est détruit par Daech, un acte que le Premier ministre irakien de l'époque qualifie alors de «reconnaissance officielle de la défaite» du groupe.

Le projet «Faire revivre l'esprit de Mossoul», un projet dirigé par l'Unesco pour reconstruire les sites patrimoniaux endommagés de la ville, apporte de l'espoir aux Irakiens et aux étrangers (Photo fournie).

Daech a utilisé l'explosion de la structure à des fins de propagande, attribuant sa destruction à une frappe aérienne de la coalition mondiale dirigée par les États-Unis. «Les partisans des djihadistes s'en servent pour blâmer l'Occident et les Américains», a déclaré Alberto Fernandez, alors vice-président du Middle East Media Research Institute, au journal USA Today en 2017.

En 2018, un an après l'expulsion de Daech de la ville, les Émirats arabes unis se sont engagés à verser 49,5 millions d’euros pour financer la restauration de Mossoul, une somme que la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, a jugée comme étant «la contribution la plus importante et la plus inédite jamais vue pour reconstruire le patrimoine culturel en Irak».

Le projet de rénovation est l'une des nombreuses initiatives lancées ces dernières années par des entités locales, régionales et internationales qui cherchent à restaurer les nombreux sites historiques importants mais endommagés en Irak.

Un atelier à Huwair enseigne l'art de fabriquer des pagaies (Photo, AN/Rachad Salim).

«Faire revivre l'esprit de Mossoul» se concentrera sur la documentation et le nettoyage du site, l'élaboration de plans pour sa reconstruction, et enfin, quatre années de restauration et de reconstruction fidèle du minaret de la mosquée Al-Nouri et des bâtiments adjacents. Il est également prévu de restaurer les jardins historiques de la ville et de construire un mémorial et un musée du site.

Réputé depuis longtemps pour être le berceau de la civilisation, l'Irak abrite plus de 10 000 sites du patrimoine culturel, depuis les cités de Sumer, vieilles de 5 500 ans (où sont conservées les plus anciennes écritures du monde), jusqu'aux vestiges archéologiques des cultures akkadienne, babylonienne, assyrienne, parthe et abbasside.

«Ces périodes, en particulier la période abbasside, qui a déployé de grands efforts dans le but de sauvegarder et développer les connaissances anciennes des cultures et empires précédents, ont façonné notre monde actuel», a déclaré à Arab News Lanah Haddad, directrice régionale de TARII, l'institut de recherche académique en Irak.

«L'idée de l'Irak comme berceau de la civilisation ne s'arrête pas à ces périodes, elle se poursuit jusqu'à ce jour avec ses hauts et ses bas», a-t-elle souligné.

Abou Haider et Rachad Salim à Guffa sur le Tigre à Qishla Baghdad (Ali Jawad Mousafiri/Photo fournie).

Depuis la défaite de Daech en Irak, le pays connaît une période de calme fragile après des années de guerre et de destruction. Alors que le peuple irakien attend toujours une classe politique capable de former un gouvernement cohésif afin de résoudre ses problèmes socio-économiques, la stabilité relative du pays a donné aux Irakiens et aux agences internationales une chance d'entamer le processus de reconstruction après des décennies de violence.

Selon Jaafar Jotheri, géoarchéologue à l'université d'Al-Qadisiyah en Irak, l'histoire récente de l'Irak a connu cinq vagues de destruction.

Le déclin et l'implosion de l'Empire ottoman, la guerre Iran-Irak dans les années 1980 et la guerre du Golfe au début des années 1990, suivis des sanctions de l'ONU et de la communauté internationale contre l'Irak jusqu'en 2003, constituent les trois premières phases de destruction. Pendant la période des sanctions contre l'Irak, la contrebande d'antiquités irakiennes a prospéré.

La quatrième phase de destruction s'est déroulée pendant l'invasion et l'occupation menées par les États-Unis à partir de 2003, au cours de laquelle les sites archéologiques ont été détruits par des opérations militaires et des pillages.

Le 15 mai de cette année mémorable, le grand ayatollah Ali al-Sistani a émis une fatwa ordonnant la protection des antiquités irakiennes, un mois après le début du pillage qui a suivi l'invasion américaine.

Community Jameel est une organisation philanthropique et de services lancée par la famille saoudienne Jameel en 2003. Depuis 2020, Community Jameel aide les communautés irakiennes en mettant l'accent sur la préservation culturelle (Photo fournie).

«L’intervention des chefs religieux et des institutions pour demander instamment l'arrêt de la contrebande d'objets anciens a complètement changé la donne», a indiqué Jotheri. «Les gens ont commencé à reconnaître à nouveau leur importance.»

Puis a commencé ce qu'il appelle «une période de guérison» - le début des projets de restauration pour reconstruire les structures du grand passé de l'Irak. Mais cette période a été tragiquement écourtée par la cinquième phase de destruction, qui s'est produite lors du déchaînement de Daech.

«Après la défaite de Daech, la communauté locale et internationale, consciente de la façon dont Daech utilisait le patrimoine culturel à des fins de propagande, a réalisé l'importance de l'archéologie pour l'identité d'un État», a signalé Jotheri.

Malgré la prise de conscience croissante de l'importance cruciale de la protection de l'histoire et de la culture de l'Irak, ces efforts sont souvent négligés ou oubliés.

«En tant que chercheurs irakiens, aux côtés de la communauté internationale, nous nous efforçons également de sensibiliser le peuple irakien à l'importance du patrimoine. Ce n'est pas leur priorité en ce moment - l'électricité, les emplois et l'éducation, la scolarisation des enfants, voilà les priorités actuelles des Irakiens», a expliqué Jotheri.

Selon Lanah Haddad, directrice régionale de l'Institut de recherche académique en Irak, les jeunes et les chefs d'entreprise sont très désireux de renouer avec leur patrimoine (Photo fournie).

Bien que d'autres questions prennent souvent le pas sur la préservation historique, le désir de protéger les sites archéologiques irakiens s'est intensifié ces dernières années.

Depuis 2020, Community Jameel, une organisation philanthropique et de services lancée par la famille saoudienne Jameel en 2003, aide les communautés irakiennes en mettant l'accent sur la préservation culturelle. En tant qu'organisation internationale, Community Jameel se consacre à l'utilisation d'une approche qui mêle art, science, données et technologie.

«L'un de nos principaux mandats consiste à essayer de soutenir les systèmes qui conservent, préservent, documentent et diffusent les connaissances, en particulier au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et dans le Sud en général», a déclaré George Richards, directeur de Community Jameel, à Arab News.

«Avec l'Irak, la santé est au cœur de nos préoccupations. En partenariat avec l'Organisation mondiale de la santé, les acteurs locaux sur le terrain et une organisation appelée Culturunners, nous avons cocréé le Fonds culturel pour la santé en Irak, conçu pour soutenir les acteurs culturels irakiens de différents types utilisant les arts et la culture de manière à relever les défis de la santé.»

La volonté de restaurer les célèbres sites du patrimoine irakien ne se limite pas à Mossoul. Le Fonds irakien pour la santé culturelle a soutenu le projet «Ark Re-Imagined» de l'artiste irakien Rachad Salim, qui vise à faire revivre les pratiques culturelles traditionnelles dans les marais de Bassora, dans le sud de l'Irak, en construisant des bateaux et en faisant participer diverses parties de la communauté.

«Nous étions également intéressés par la façon dont le projet de Salim s'attaquait à divers problèmes de santé au sein de la communauté des marais, qu'il s'agisse de santé sociale, mentale ou environnementale», a affirmé Richards. «À la Communauté Jameel, nous soutenons une approche innovante, mais nous nous assurons qu'elle est fondée sur des preuves.»

L'emblématique mosquée Al-Nouri datant du XXIIe siècle à Mossoul est en cours de réparation après avoir été laissée en ruines par Daech en 2017 (Photo, AN/Rachad Salim).

L'accent mis sur la restauration du patrimoine culturel présente de nombreux avantages, surtout environnementaux. Les zones humides uniques de Bassora sont fortement touchées par le changement climatique, et Salim a étudié comment la relance des pratiques culturelles liées à la construction de bateaux a également permis de régénérer l'écosystème des marais.

«Le fait de renouer avec les pratiques traditionnelles a permis de rétablir un sentiment d'appartenance, d'utilité et de dignité au sein d'une communauté qui a dû faire face à la guerre et, désormais, au changement climatique», a déclaré Richards à Arab News.

L’artiste Salim a détaillé sa mission à Arab News. «Mon travail consiste à faire revivre la construction de bateaux, l'architecture et l'artisanat traditionnels du centre, du sud et de l'ouest de l'Irak dans des communautés qui ont subi des tragédies répétées, amenées au bord de l'extinction par les conflits, les déplacements et les traumatismes. J'engage des artisans à travers le pays pour faire revivre et documenter ce qui reste des pratiques traditionnelles», a-t-il détaillé.

Si, au cours de la dernière décennie, de nombreuses entités internationales ont participé à la restauration de sites du patrimoine en Irak. Haddad de Tarii a constaté que ces dernières années, un intérêt croissant des Irakiens et de la région du Golfe est de bon augure pour la renaissance historique et culturelle du pays.

«La restauration de la mosquée Al-Nouri et de l'église de l'horloge adjacente est cruciale et, à mon avis, symbolique, car elle montre qu'un autre pays à majorité musulmane, les Émirats arabes unis, se consacre à la reconstruction, à la recherche et aux fouilles en Irak», a indiqué Haddad, qui a effectué des travaux archéologiques en Irak au cours de la dernière décennie.

 «J'ai constaté une forte augmentation des projets de restauration et de préservation du patrimoine en Irak parmi les Irakiens et la communauté internationale.

«Je peux voir un développement et un changement énormes de la part de l'État et de la communauté, et aussi dans le niveau d'intérêt des pays étrangers travaillant en Irak, surtout après Daech. Beaucoup de choses ont changé», a-t-elle ajouté.

Le tourisme a également connu un essor, le gouvernement irakien accordant depuis mars 2021 des visas touristiques aux citoyens d'une douzaine de pays, dont la Chine, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Russie et les États membres de l'UE.

«Je peux voir dans la communauté, chez les jeunes, chez les propriétaires d'entreprises qu'il y a une énorme soif de renouer avec leur patrimoine», a affirmé Haddad.

«Les jeunes nés après 2003 n'ont ni vu ni vécu la période de paix. Ils en ont assez de la guerre, des conflits et de la corruption. La seule chose qu'ils veulent, c'est une bonne vie et une identité. Ils veulent une identité qui ne soit pas politisée et qui ne soit pas fondée sur le sectarisme.

«Le meilleur moyen d'y parvenir, comme je le vois dans les efforts de cette génération, est une connexion avec le patrimoine riche et diversifié de l'Irak.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Syrie accuse Israël de vouloir la «déstabiliser» après une incursion et des frappes meurtrières

 Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
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  • Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée
  • Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays

DAMAS: Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz,  dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.

"Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie", a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée.

Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.

Le ministère syrien a affirmé que l'aéroport avait été "presque entièrement détruit" et évoqué des "dizaines de blessés civils et militaires".

"Protectorat turc" 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l'aéroport de Hama.

Un correspondant de l'AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.

Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l'AFP.

En Israël, l'armée a affirmé avoir "frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d'autres infrastructures militaires dans la région de Damas".

Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l'AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d'établir des "positions militaires" en Syrie dont une "à l'intérieur de la base T4".

Lors d'une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie "un rôle négatif en Syrie" et "au Liban". "Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc", a-t-il dit.

Appels au combat 

A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l'incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l'ouest de Deraa, ayant suivi une "incursion israélienne" dans la région, "où les forces de l'occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément".

Selon l'OSDH, il s'agit d'habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l'avancée des troupes israéliennes.

L'armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été "éliminés" dans des frappes terrestres et aériennes.

"La présence d'armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l'Etat d'Israël", a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l'armée "ne permettrait pas l'existence d'une menace militaire en Syrie".

Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.

Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu'il qualifie de "jihadistes".

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février "la démilitarisation totale du sud de la Syrie" et affirmé qu'il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.

Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.


La Défense civile de Gaza fait état d'au moins 15 morts dans une frappe israélienne dans le nord

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
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  • L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.
  • "L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X

GAZA: La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré que les frappes avaient visé plusieurs maisons dans le quartier de Choujaiya, dans la ville de Gaza. "Il y a encore un certain nombre de personnes piégées sous les décombres", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.

"L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X.

"Vous devez évacuer ces zones immédiatement et vous rendre dans les abris connus dans l'ouest de la ville de Gaza", a-t-il ajouté.


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
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  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.