Aïd al-Adha en Algérie: piété, joie et solidarité

Les tâches sont bien définies : pendant que les plus expérimentés égorgent les moutons, les jeunes s'affairent à les dépecer et les nettoyer. (Photo, Amjed  Gasmi)
Les tâches sont bien définies : pendant que les plus expérimentés égorgent les moutons, les jeunes s'affairent à les dépecer et les nettoyer. (Photo, Amjed Gasmi)
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Publié le Dimanche 10 juillet 2022

Aïd al-Adha en Algérie: piété, joie et solidarité

  • Pour beaucoup d’Algériens les fêtes religieuses sont avant tout l’occasion de célébrer la foi et rappeler les vertus du partage et du pardon
  • Nora estime que Aïd el-Adha est une fête de sacrifice au sens littéral du terme pour les familles au revenu modeste

ALGER : En Algérie, la célébration de la fête de l’Aïd el-Adha se déroule dans une ambiance de retrouvailles. Après plus de deux années de Covid, les Algériens ont vécu pleinement cette fête religieuse dans la joie et le partage. 

Dès les premières lueurs du jour, jeunes et moins jeunes se sont rendus dans les différentes mosquées du pays pour accomplir la prière de l’Aïd, à l’issue de laquelle grands et petits se sont donnés de chaleureuses accolades en signe d'amour du musulman pour son prochain.

Pour beaucoup d’Algériens les fêtes religieuses sont avant tout l’occasion de célébrer la foi et rappeler les vertus du partage et du pardon. « C’est le moment de faire l’effort de balayer les rancœurs et les rancunes et de mettre les compteurs à zéro, que cette fête du pardon et du partage, porteuse de tolérance, de sérénité et de paix contribue à raffermir les cœurs », prône l’imam de la grande mosquée d’Alger lors de Khotbat El-Aid.

« Taqabbala-Allahou minna wa minkum, Ghafara-Allahou lana wa lakoum » (Qu’Allah accepte de nous et de vous. Qu’Allah nous pardonne et vous pardonne), disait Samir au moment où il souhaitait un bon aïd à son voisin. « On peut enfin se faire la bise et de se prendre dans les bras », se réjouit-il faisant référence à l’année passée où cette fête religieuse a coïncidé avec l’explosion des cas de Covid dans le pays.

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Dès les premières lueurs du jour, jeunes et moins jeunes se sont rendus dans les différentes mosquées du pays pour accomplir la prière de l’Aïd. (Photo, Amjed Gasmi)

Après les embrassades sincères et l’échanges de vœux, les chefs de familles pressent le pas pour regagner leurs domiciles respectifs pour procéder au sacrifice. Il faut dire que dans de nombreux sites de la capitale, c’est une ambiance de fête familiale qui règne. Des jeunes et des moins jeunes, exhibant couteaux et haches, se sont rassemblés dans les différents espaces d’abattage. Une bonne organisation semble avoir été mise en place dans les quartiers de la Casbah d’Alger. Les tâches sont bien définies : pendant que les plus expérimentés égorgent les moutons, les jeunes s'affairent à les dépecer et les nettoyer. « Cette organisation nous permet non seulement de gagner en temps et en efficacité mais permet aussi de renforcer les liens entre voisins », confie un père de famille.

Place au barbecue…

Il est à peine onze heures et on peut déjà sentir les odeurs des grillades. Nadia a tout préparé : sa table ornée de salades et d’entrées, il ne manque plus que les grillades, qui sont déjà sur le barbecue. « Aujourd’hui nous avons au menu des brochettes de foies enveloppées de crépine qu’on appelle Boulfef, du cœur et des abats », nous explique la mère de famille avant d’ajouter : « pour ce soir j’ai prévu du Bouzellouf (tête de mouton) avec une sauce rouge au goût relevé ».

Aussi, « El Bakbouka » principalement préparée à base d’abats de mouton demeure le plus populaire des plats traditionnels qui marque la célébration de cette fête. D’autres familles préfèrent préparer « Chtitha Mokh » un plat composé de cervelle de mouton et de sauce tomate bien relevée au cumin.

Fête du « sacrifice » au vrai sens du terme

Vêtus de leurs plus beaux habits achetés pour l’occasion, les enfants ont investi les rues de leurs quartiers dès les premières heures de ce samedi. Interrogée par Arab News en français, Nora n’a pas pu cacher sa frustration, elle estime que Aïd el-Adha est une fête de sacrifice au vrai sens du terme pour les familles au revenu modeste. « Un jean très simple coûte 3000 DA.  Un joli petit haut frôle la bagatelle des 6000 DA et les chaussures au moins 3000. .... Je vous laisse faire le calcul » s’indigne-t-elle. Et d’ajouter « Il faut plus de 13000 DA pour habiller une fillette de 11 ans et comme je suis mère de trois enfants, ce budget est à multiplier par trois ».

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Vêtus de leurs plus beaux habits achetés pour l’occasion, les enfants ont investi les rues de leurs quartiers dès les premières heures de ce samedi. (Photo, Amjed Gasmi)

Le total dépasse largement la paie d'un travailleur touchant le salaire minimum (le SNMG - salaire national minimum garanti - en Algérie est de 20.000 DA). La fonctionnaire explique que comme toute mère aux revenus limités, elle a anticipé et a acheté tout ce qu'il faut petit à petit durant l'année.  « En fait, je n’avais pas le choix puisque Aïd el-Adha, c’est surtout la fête du sacrifice et sacrifier un mouton nécessite aussi de l’argent, beaucoup d’argent, entre 60000 et 120000 DA », a-t-elle fait savoir.

Ce même sentiment de frustration nous l’avons retrouvé chez Ammar. « Je n'ai pas réussi à acheter un mouton pour la fête du sacrifice, à cause de la hausse généralisée des prix et de l'inflation dont les effets délétères sont de plus en plus visibles sur les classes moyennes », regrette le père de famille.

Cette journée, célébrée enfin pleinement après deux ans de distanciation sociale, a été marquée par un esprit de solidarité sociale qui se crée, en dépit parfois de certaines inimitiés entre voisins de quartiers notamment populaires.

 


Retrait prochain des soldats américains de Syrie, selon la presse

Retrait prochain des soldats américains de Syrie, selon la presse
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  • Les États-Unis prévoient de retirer leurs 1.000 soldats de Syrie dans les deux prochains mois, selon le Wall Street Journal et CBS, après l’extension du contrôle du gouvernement syrien sur le territoire
  • Washington recentre son attention militaire sur l’Iran, avec des porte-avions déployés dans le Golfe et des frappes envisagées si aucun accord n’est trouvé sur le nucléaire iranien

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient de retirer l'ensemble de leurs 1.000 soldats de Syrie au cours des deux prochains mois, selon la presse américaine.

Washington mettra fin à sa présence dans le pays, a indiqué le Wall Street Journal, après que le gouvernement syrien a étendu son contrôle sur le territoire et a annoncé fin janvier être parvenu à un accord pour intégrer à l'Etat syrien les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, qui jouaient un rôle clé dans la lutte contre l'Etat islamique (EI).

Le média CBS a également fait état de ce projet, citant des responsables américains sous couverts d'anonymat.

Les forces américaines présentes en Syrie ont récemment amorcé leur retrait, notamment la semaine dernière des bases d'al-Tanf et d'al-Chaddadi, utilisées dans le cadre de la lutte menée par la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI).

Les Etats-Unis avaient soutenu les forces kurdes dans leur lutte contre les jihadistes de l'EI à partir de 2014.

Mais après le renversement de Bachar al-Assad fin 2024 et l'arrivée au pouvoir de l'islamiste Ahmad al-Chareh, ils ont soutenu le nouveau président dans sa détermination à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est félicité dimanche de "la trajectoire" suivie par la Syrie, malgré "des jours difficiles".

Dernièrement, les Etats-Unis rassemblent aussi leur attention et leurs capacités militaires autour de l'Iran, qu'ils menacent de frapper si les deux ennemis ne parvenaient pas à conclure un accord au sujet du programme nucléaire iranien.

CNN et CBS ont rapporté mercredi que l'armée américaine était prête à mener des frappes sur l'Iran dès ce week-end, même si Donald Trump n'a selon eux pas encore pris de décision finale.

Washington a dépêché deux porte-avions dans le Golfe et dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases à travers la région.

Sollicité, le Pentagone n'a pas donné de réponse dans l'immédiat à une demande de commentaires.


La médiation saoudienne permet la libération de détenus pakistanais en Afghanistan

Les trois Pakistanais ont été remis à la délégation saoudienne en visite. (X/@Zabehulah_M33)
Les trois Pakistanais ont été remis à la délégation saoudienne en visite. (X/@Zabehulah_M33)
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  • Le porte-parole du gouvernement afghan a indiqué que les détenus ont été libérés en signe de bonne volonté

DUBAÏ : L’Arabie saoudite a facilité la libération de trois détenus pakistanais retenus en Afghanistan, suite à une demande du Royaume et à la visite d’une délégation saoudienne à Kaboul avant le mois sacré du Ramadan.

Le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, a déclaré mardi que les détenus avaient été libérés en signe de bonne volonté, reflétant la politique de l’Afghanistan de maintenir des relations positives avec les autres pays et en reconnaissance des efforts de médiation saoudiens.

Les trois Pakistanais avaient été capturés lors d’affrontements frontaliers entre les forces afghanes et pakistanaises le 12 octobre 2025, et ont été remis à la délégation saoudienne en visite.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël accusé de vouloir étendre Jérusalem vers la Cisjordanie

Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967. (AFP)
Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967. (AFP)
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  • Ces mesures ont été qualifiées d'"illégales" par l'ONU et nombre de capitales arabes et occidentales, alors que la croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée atteint un niveau record
  • Le ministère de la Construction et du Logement a annoncé le 3 février un projet d'extension vers l'ouest de la colonie de Geva Binyamin, ou Adam, située en Cisjordanie occupée, qui aboutirait à la création d'un nouveau quartier en bordure de Jérusalem-Est

JERUSALEM: Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967, à l'heure où les critiques se multiplient face à une annexion rampante du territoire.

Ce projet, encore au stade initial, a été publié début février alors que différentes mesures gouvernementales visant à renforcer le contrôle israélien sur la Cisjordanie font redouter une annexion par Israël de ce territoire palestinien.

Ces mesures ont été qualifiées d'"illégales" par l'ONU et nombre de capitales arabes et occidentales, alors que la croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée atteint un niveau record.

Le ministère de la Construction et du Logement a annoncé le 3 février un projet d'extension vers l'ouest de la colonie de Geva Binyamin, ou Adam, située en Cisjordanie occupée, qui aboutirait à la création d'un nouveau quartier en bordure de Jérusalem-Est, la partie de la ville sainte occupée et annexée par Israël en 1967 après la conquête de la Cisjordanie.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est, dont l'annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale, la capitale du futur Etat auquel ils aspirent.

Un projet "symbolique" 

Le nouveau projet, selon le ministère, prévoit la construction de "2.780 unités de logement et une vaste modernisation des infrastructures" dans le cadre de l'extension de Geva Binyamin, pour un montant d'environ 120 millions de shekels (33 millions d'euros).

Mais selon l'ONG La Paix maintenant, opposée à la colonisation, ce projet reviendrait à "une extension" pure et simple de Jérusalem en Cisjordanie, sans précédent depuis 1967.

"Le nouveau quartier sera partie intégrante de la ville de Jérusalem et en particulier de la colonie de Neve Yaakov, construite dans le nord de Jérusalem", a expliqué mardi à l'AFP Lior Amihai, directeur exécutif de La Paix maintenant.

"Ce qui est unique dans ce cas, c'est que le quartier sera relié directement à Jérusalem (...) mais se trouvera intégralement sur le territoire de la Cisjordanie, adjacent à Jérusalem", a-t-il ajouté, en voyant dans ce projet une dimension "symbolique".

"Tout changement touchant à Jérusalem est sensible, pour l'opinion israélienne mais aussi pour les Palestiniens", souligne-t-il.

"Comme des habitants de Jérusalem" 

Aviv Tatarsky, un chercheur de l'ONG Ir Amim, qui travaille sur la place de Jérusalem dans le conflit israélo-palestinien, affirme lui aussi que ce projet équivaut dans les faits à une expansion de la ville.

"Si des gens y vivent, ils vivront là comme des habitants de Jérusalem", a-t-il déclaré à l'AFP. "Dans la pratique, ce n'est pas la colonie qui sera étendue, mais Jérusalem".

A l'heure où une annexion formelle reste difficilement réalisable, "il est beaucoup plus facile de créer une situation de fait sur le terrain", ajoute le chercheur.

La Paix maintenant a souligné, dans un communiqué illustré par une carte, que le nouveau quartier serait séparé de la colonie d'Adam par le mur érigé par Israël dans les années 2000, qui longe la quasi-totalité de la frontière avec la Cisjordanie mais dont le tracé à cet endroit ne suit pas exactement la limite administrative et dévie vers l'est en contournant une colline.

Il n'existera donc "aucune connexion territoriale" entre la nouvelle colonie et celle d'Adam, ajoute l'ONG.

Hormis Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent aujourd'hui en Cisjordanie dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.

La colonisation s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens, de gauche comme de droite depuis 1967. Elle s'est nettement intensifiée sous l'actuel gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023.

L'expansion de la colonisation juive en Cisjordanie est considérée par l'ONU, avec la poursuite des violences entre populations locales palestiniennes, colons juifs et armée israélienne, comme l'un des principaux obstacles à la résolution du conflit israélo-palestinien.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport de l'ONU.