Nasa: Le télescope James Webb va livrer l'image «la plus profonde» de l'univers

Le 12 juillet, la Nasa entend rendre publique la première spectroscopie du télescope James Webb d'une planète lointaine, une exoplanète (Photo, Reuters).
Le 12 juillet, la Nasa entend rendre publique la première spectroscopie du télescope James Webb d'une planète lointaine, une exoplanète (Photo, Reuters).
Short Url
Publié le Jeudi 30 juin 2022

Nasa: Le télescope James Webb va livrer l'image «la plus profonde» de l'univers

  • James Webb doit notamment permettre d'observer les premières galaxies formées après le Big Bang
  • Le télescope pourrait rester opérationnel pendant 20 ans, le double de la durée de vie initialement prévue

WASHINGTON: La Nasa va dévoiler "l'image la plus profonde jamais prise de notre univers" le 12 juillet, grâce à son nouveau télescope spatial James Webb, a déclaré mercredi Bill Nelson, le patron de l'agence américaine.

"C'est plus loin que tout ce que l'humanité a pu regarder auparavant", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse au Space Telescope Science Institute à Baltimore, centre d'opérations de ce bijou d'ingénierie à 10 milliards de dollars lancé en décembre et se trouvant désormais à 1,5 million de kilomètres de la Terre.

James Webb est capable de regarder plus loin dans le cosmos que tous les télescopes avant lui grâce à son immense miroir principal, et ses instruments percevant les signaux infrarouges, ce qui lui permet de scruter à travers les nuages de poussière.

"Il va explorer les objets du système solaire et les atmosphères des exoplanètes en orbite autour d'autres étoiles, nous donnant des indices pour savoir si leurs atmosphères sont potentiellement similaires à la nôtre", a expliqué Bill Nelson.

"Cela répondra peut-être à certaines de nos questions: d'où venons-nous? Qu'y a-t-il d'autre? Qui sommes-nous? Et bien sûr, il répondra à des questions que nous ne connaissons même pas encore."

James Webb doit notamment permettre d'observer les premières galaxies, formées seulement quelques centaines de millions d'années après le Big Bang, et des exoplanètes.

Grâce à un lancement efficace par Arianespace, partenaire de la Nasa, le télescope pourrait rester opérationnel pendant 20 ans, le double de la durée de vie initialement prévue, s'est réjouie Pam Melroy, administratrice adjointe de l'agence spatiale américaine.

Le 12 juillet, la Nasa entend rendre publique la première spectroscopie du télescope James Webb d'une planète lointaine, une exoplanète.

La spectroscopie est un outil permettant de connaître la composition chimique et moléculaire d'objets lointains, et, dans le cas d'une planète, peut aider à déterminer son atmosphère, à détecter la présence d'eau ou à analyser son sol.

Selon Nestor Espinoza, astronome du Space Telescope Science Institute, les spectroscopies d'exoplanètes étaient jusque-là très limitées, comparé à ce dont le télescope James Webb est capable.

"C'est comme être dans une pièce très sombre et vous n'avez qu'un petit trou d'épingle par lequel vous pouvez regarder", a-t-il dit à propos de la technologie actuelle. Avec ce nouveau télescope, "vous avez ouvert une énorme fenêtre, vous pouvez voir tous les petits détails".


Nouvelle-Zélande: les restes de deux enfants retrouvés dans des valises vendues aux enchères

Les restes de deux enfants, en âge d'être à l'école primaire, ont été découverts dans des valises achetées aux enchères dans un entrepôt d'Auckland, confirme la police néo-zélandaise. (AFP)
Les restes de deux enfants, en âge d'être à l'école primaire, ont été découverts dans des valises achetées aux enchères dans un entrepôt d'Auckland, confirme la police néo-zélandaise. (AFP)
Short Url
  • Selon l'inspecteur Tofilau Faamanuia Vaaelua, les corps étaient probablement conservés depuis plusieurs années et les victimes auraient entre cinq et dix ans
  • Un voisin de la famille qui a fait la découverte a dit au New Zealand Herald qu'il s'occupait de leur maison car ils avaient quitté Auckland pour échapper à l'attention des médias

WELLINGTON: Les restes de deux enfants, en âge d'être à l'école primaire, ont été découverts dans des valises achetées aux enchères dans un entrepôt d'Auckland, a confirmé jeudi la police néo-zélandaise.

Selon l'inspecteur Tofilau Faamanuia Vaaelua, les corps étaient probablement conservés depuis plusieurs années et les victimes auraient entre cinq et dix ans.

Les corps reposaient dans deux valises de taille identique, a-t-il précisé.

"La nature de la découverte rend l'enquête complexe, en raison, notamment, du temps écoulé entre la mort et la découverte", a ajouté M. Vaaelua.

Il a fallu, pour cette macabre découverte, qu'une famille achète une remorque chargée d'objets vendus en vrac dans un entrepôt.

La famille en question n'est pas liée à la mort, mais est "naturellement bouleversée par la découverte" et a demandé le respect de sa vie privée, a insisté M. Vaaelua.

Elle a pu recevoir une aide pour faire face à ce traumatisme.

La police se penche sur les autres objets, ménagers ou personnels, contenus dans la remorque pour identifier les victimes.

Elle examine également des heures de vidéo surveillance, mais les moments clés pourraient avoir été effacés du fait du grand délai entre la mort et la découverte des corps.

Pour cette même raison, l'autopsie rencontre des difficultés à identifier les enfants, a expliqué M. Vaaelua.

L'entrepôt et la propriété où les valises ont été emmenées ont été minutieusement examinées par la police scientifique.

La police néo-zélandaise a fait appel à l'agence internationale Interpol, même si elle pense que leurs proches se trouvent dans le pays.

M. Vaaelua s'est dit compatissant envers la famille des enfants, qui ne savait peut-être pas qu'ils étaient morts.

"Ce n'est pas une enquête facile", a reconnu l'inspecteur.

"Peu importe depuis combien de temps ou combien d'années vous travaillez et vous enquêtez sur des affaires horribles, ce n'est jamais facile".

"Ce que je peux dire, c'est que nous faisons de grands progrès dans l'enquête ADN", a-t-il ajouté.

"L'équipe d'enquête travaille très dur pour que la ou les personnes responsables de la mort de ces enfants rendent des comptes".

Un voisin de la famille qui a fait la découverte a dit au New Zealand Herald qu'il s'occupait de leur maison car ils avaient quitté Auckland pour échapper à l'attention des médias.


Liz Truss nettement en tête pour remplacer Boris Johnson à Downing Street

La ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss. (AFP)
La ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss. (AFP)
Short Url
  • La ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss, nettement en tête, semble en très bonne position pour devenir Première ministre en septembre
  • Elle a 32 points d'avance sur son concurrent, l'ancien ministre des Finances Rishi Sunak : 66% des membres du parti conservateur la soutiennent, seulement 34% lui préférant M. Sunak, selon le sondage

LONDRES: La ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss, nettement en tête, semble en très bonne position pour devenir Première ministre en septembre en remplacement de Boris Johnson, selon un nouveau sondage publié jeudi.

Elle a 32 points d'avance sur son concurrent, l'ancien ministre des Finances Rishi Sunak : 66% des membres du parti conservateur la soutiennent, seulement 34% lui préférant M. Sunak, selon ce sondage YouGov/Sky News qui ne tient pas compte des 13% qui n'ont pas encore décidé.

Il y a deux semaines, un sondage YouGov/The Times lui donnait une avance de 38 points.

Plusieurs débats souvent acrimonieux ont opposé ces dernières semaines les deux candidats à la succession de Boris Johnson, dans un contexte économique et social particulièrement tendu, avec une inflation dépassant les 10% et des grèves dans de nombreux secteurs face à l'érosion du pouvoir d'achat.

Boris Johnson, désormais aux abonnés absents, avait été contraint à démissionner le 7 juillet, après plus de 50 démissions dans son entourage, lassé des scandales et de ses mensonges à répétition.

Les quelque 200 000 membres du parti conservateur votent cet été par correspondance ou en ligne, pour désigner celui ou celle qui va le remplacer comme chef du parti et donc comme Premier ministre. Son nom sera connu le 5 septembre.

Quelque 57% des membres du parti (majoritairement des hommes, blancs, âgés) disent avoir déjà voté, 38% ne l'ont pas fait. Liz Truss, 47 ans, positionnée très à droite et se revendiquant volontiers de Margaret Thatcher, a selon le même sondage 37 points d'avance chez ceux qui ont déjà voté (68% contre 31% pour M. Sunak).

Le sondage, mené auprès de 1 089 membres du parti, montre aussi que les deux candidats restent moins populaires que Boris Johnson, qui s'il était dans la course obtiendrait 46% des suffrages des membres du parti, contre 24% pour Truss et 23% pour Sunak.


Au Canada, la baie d'Hudson, refuge estival pour des milliers de bélugas

Un groupe de bélugas nage et se nourrit dans la baie d'Hudson, à l'extérieur de Churchill, dans le nord du Canada, le 9 août 2022. (AFP)
Un groupe de bélugas nage et se nourrit dans la baie d'Hudson, à l'extérieur de Churchill, dans le nord du Canada, le 9 août 2022. (AFP)
Short Url
  • Sous la surface un peu trouble, les bélugas semblent s'amuser de la présence de la grappe de touristes venus à Churchill pour les observer
  • Cette petite ville de 800 habitants n'est pas facile d'accès puisque seul le train ou l'avion permettent de s'y rendre. Aucune route n'y mène

CHURCHILL: Soudain, ils sont cinq, six à entourer la planche de paddle, ils plongent d'un côté pour ressortir de l'autre, sous la surface deux petits yeux et comme un immense sourire: tous les étés, quelque 55 000 bélugas migrent des eaux arctiques vers la baie d'Hudson, au Canada.

Loin de la Seine où un béluga s'est égaré début août au nord de Paris, cet estuaire canadien permet à ces petites baleines blanches, qui se déplacent en banc, de mettre bas dans ces eaux relativement plus chaudes et abritées.

Sous la surface un peu trouble, les bélugas semblent s'amuser de la présence de la grappe de touristes venus à Churchill pour les observer. Cette petite ville de 800 habitants n'est pas facile d'accès puisque seul le train ou l'avion permettent de s'y rendre. Aucune route n'y mène.

Pendant plus de sept mois de l'année, entre novembre et juin, toute la baie est entièrement glacée. La fonte marque le retour des bélugas. L'endroit y est idéal pour eux: ils peuvent se protéger des orques, et les estuaires sont riches en nourriture.

Il est facile de distinguer les plus jeunes qui sont encore gris aux côtés des adultes qui affichent leur blancheur. Sous la surface, ils semblent tout le temps sourire.

Mais ce qui frappe surtout chez ces baleines, c'est leur communication, que l'on peut entendre depuis la surface par moments.

Hydrophone 

Surnommés "canaris de la mer" en raison de la cinquantaine de vocalisations (sifflement, claquement, tintement...) qu'ils émettent, ce sont des animaux "sociaux" avec un "système de communication très complexe", raconte Valeria Vergara, qui les étudie depuis des années.

"Le béluga est une espèce centrée sur le son. C'est, pour eux, comme la vision pour nous", explique la chercheuse à la fondation Raincoast Conservation.

Tournée vers le haut-parleur de l'hydrophone, cette scientifique de 53 ans tente de faire le tri dans la multitude de sons qui remontent des profondeurs. Pour une oreille non experte, c'est un ensemble surprenant et cacophonique.

"Les bélugas doivent compter sur le son pour communiquer mais aussi se localiser, pour trouver leur chemin, de la nourriture...", ajoute celle qui a appris à reconnaitre "les cris de contact" qui servent notamment aux mères pour guider leurs petits.

Les nouveau-nés, qui mesurent 1,80 mètre et pèsent 80 kg, restent dépendants de leur mère pendant deux ans. A l'âge adulte, ce mammifère, qui évolue généralement dans les eaux glacées autour du Groenland et au nord du Canada, de la Norvège et de la Russie, peut atteindre une taille de six mètres et vit entre 40 et 60 ans.

La population de bélugas de la baie d'Hudson est la plus importante au monde. Mais la diminution des glaces en raison du changement climatique, dans une zone qui se réchauffe trois à quatre fois plus vite que le reste de la planète, est un motif d'inquiétude pour les chercheurs.