Ethiopie: 8 500 Tigréens détenus illégalement dans des camps, selon un organisme officiel

Un camion de l'armée éthiopienne, appartenant au premier groupe de troupes éthiopiennes quittant la capitale somalienne Mogadiscio, part le 23 janvier 2007 après une cérémonie de départ (Photo, AFP).
Un camion de l'armée éthiopienne, appartenant au premier groupe de troupes éthiopiennes quittant la capitale somalienne Mogadiscio, part le 23 janvier 2007 après une cérémonie de départ (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 30 juin 2022

Ethiopie: 8 500 Tigréens détenus illégalement dans des camps, selon un organisme officiel

  • Ces personnes - hommes, femmes et enfants - sont retenues depuis décembre dans deux camps à Semera
  • Plusieurs personnes sont mortes de maladie, car les soins médicaux et l'aide humanitaire dans les camps sont très limités

ADDIS ABEBA: La Commission éthiopienne des droits humains (EHRC), organisme officiel, a exigé mercredi la libération immédiate de 8.560 Ethiopiens originaires du Tigré, région en conflit avec le gouvernement fédéral, détenus depuis six mois dans deux camps "sans base légale et de manière discriminatoire".

Selon l'EHRC, institution publique mais statutairement indépendante, ces personnes - hommes, femmes et enfants - sont retenues depuis décembre dans deux camps à Semera, capitale de la région de l'Afar voisine du Tigré, les familles étant séparées, hommes et femmes n'étant pas détenus ensemble.

Ces individus "ont fait l'objet d'arrestations arbitraires et illégales basées sur leur appartenance ethnique (...) et devraient donc être relâchés immédiatement", a déclaré le chef de la Commission, Daniel Bekele, dans un communiqué.

Ces arrestations ont été menées dans les districts d'Abala, Konaba et Berhale, frontaliers du Tigré, "à l'initiative des responsables sécuritaires de la région Afar, en collaboration avec les responsables civils locaux" des divers échelons administratifs, selon l'EHRC: "les Tigréens ont été d'abord triés puis transportés en véhicules" jusqu'aux camps.

Les responsables de la région Afar ont affirmé "restreindre les mouvements des individus pour leur propre sécurité ainsi que pour effectuer un filtrage de ceux soupçonnés de crimes ou représentant un risque pour la sécurité", selon l'EHRC, à qui les personnes retenues ont affirmé l'être "contre leur gré".

Plusieurs personnes sont mortes de maladie, car les soins médicaux et l'aide humanitaire dans les camps sont très limités et il est interdit à ceux qui y sont retenus de se rendre dans un établissement de santé, sauf pour accoucher, a souligné la Commission.

"Cette situation n'a aucune base légale, en plus de soumettre ceux vivant dans les camps à de multiples violations des droits humains, elle doit donc cesser immédiatement et sans préconditions", a exigé M. Bekele.

"Si certains veulent rester dans les camps jusqu'à leur retour chez eux, cela doit être de leur plein gré et sans restrictions à leurs mouvements" et toute l'aide nécessaire doit leur être apportée ainsi qu'à ceux désirant rentrer chez eux ou aller ailleurs, a-t-il ajouté.

"Quant à ceux raisonnablement soupçonnés d'infractions", ils ne peuvent être détenus que "via une procédure pénale régulière et uniquement sur la base d'une décision de justice", a rappelé le patron de l'EHRC.

Le conflit au Tigré a commencé en novembre 2020 quand Abiy Ahmed y a envoyé l'armée fédérale déloger les dirigeants de la région - issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) - qui contestaient son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases de l'armée fédérale sur place.

Le conflit a ensuite débordé courant 2021 dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar, après que le TPLF a repris le contrôle de la quasi-totalité du Tigré.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.