Frankly Speaking: L'Arabie saoudite et les EAU pourraient mener la bataille des énergies renouvelables dans le monde

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) possèdent le potentiel requis pour devenir des pionniers dans le domaine des énergies renouvelables, alors que les effets dévastateurs du changement climatique se font de plus en plus sentir. Capture d'écran.
L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) possèdent le potentiel requis pour devenir des pionniers dans le domaine des énergies renouvelables, alors que les effets dévastateurs du changement climatique se font de plus en plus sentir. Capture d'écran.
Short Url
Publié le Lundi 03 octobre 2022

Frankly Speaking: L'Arabie saoudite et les EAU pourraient mener la bataille des énergies renouvelables dans le monde

  • Les initiatives écologiques menées aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite servent de modèles aux pays qui souhaitent se tourner vers les énergies renouvelables
  • En raison des dégâts occasionnés aujourd’hui par le changement climatique à travers le monde, les pays développés sont tenus d'assumer leur part de responsabilité dans la réduction des émissions de carbone

DUBAÏ: L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) possèdent le potentiel requis pour devenir des pionniers dans le domaine des énergies renouvelables, alors que les effets dévastateurs du changement climatique se font de plus en plus sentir. C'est ce qu'a déclaré Adnan Amin, ancien directeur général de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables et conseiller principal de Sultan al-Jaber, l'envoyé spécial des EAU pour le changement climatique.

Dans une entrevue avec Katie Jensen, animatrice de Frankly Speaking, le talk-show d'Arab News qui reçoit des personnalités politiques et des chefs d'entreprise, M. Amin s'est penché sur les changements profonds intervenus dans l'orientation des EAU vers les énergies vertes et sur l'incidence de ces changements sur la tendance régionale vers les énergies renouvelables.

Les EAU proposent l'énergie solaire la plus économique et l'une des plus grandes centrales solaires au monde. Ils ambitionnent de tripler, voire de quadrupler leur puissance solaire d'ici à  2025 et n'abandonneront pas l'exportation de produits à base de combustibles fossiles. En revanche, ils sont en passe de s'imposer comme un chef de file dans le domaine des énergies renouvelables aux côtés de la Compagnie pétrolière nationale d'Abu Dhabi. Ils produiront par ailleurs «le pétrole le moins polluant au monde», affirme M. Amin.

Les critiques s'accordent à reconnaître que l'empreinte carbone par habitant reste importante aux EAU et que le pétrole et le gaz génèrent le tiers du produit intérieur brut (PIB) annuel du pays. Pour M. Amin, cette situation est en partie imputable aux températures extrêmes de la région. Il ajoute que le pays n'émet que moins de 0,5% des émissions mondiales de CO2.

«L'engagement du gouvernement des Émirats arabes unis en faveur de la décarbonisation est incontestable et l'intensité des émissions de carbone diminue chaque année», fait observer Katie Jensen.

katie
Katie Jensen.

M. Amin prévoit que les avancées accomplies par les EAU en matière d'infrastructures énergétiques propres encourageront d'autres pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite, à suivre la même voie. Il a qualifié de «ville à faible émission de carbone» Neom (projet de ville intelligente et de zone économique indépendante située dans le nord du Royaume, qui fonctionnera exclusivement avec des énergies renouvelables).

«L'Arabie saoudite consacre ces derniers temps de gros investissements à la production d'énergies renouvelables. L'investissement consacré à la recherche et au développement dans le domaine scientifique et technologique dans ce pays est très impressionnant. On constate que l'Arabie saoudite fait des essais sur toute une série de technologies. Ainsi, il ne fait pas de doute que toutes sortes d'innovations se produisent dans ce pays, qu'il s'agisse d'énergie verte, de géothermie, d'énergie solaire révolutionnaire ou encore de nouveaux matériaux de construction.»

En dépit de l'engagement mondial à se tourner vers les énergies propres, les politiques nationales et internationales complexes contraignent souvent les gouvernements à revenir sur leurs promesses de législation en matière de climat. Le président américain, Joe Biden, qui est attendu au Moyen-Orient le mois prochain, s'est engagé à diminuer de moitié les émissions de CO2 d'ici à 2030.

En raison de la hausse du prix des carburants, M. Biden a toutefois été contraint de réclamer une plus grande production de combustibles fossiles. «Les prix élevés de l'essence à la pompe compromettent les chances électorales des partis au pouvoir», indique M. Amin, faisant allusion aux élections de mi-mandat qui auront lieu en novembre prochain aux États-Unis.

carburant
En raison de la hausse du prix des carburants, les États-Unis ont été contraints d'augmenter leur production de combustibles fossiles. (Photo d'archive AP)


Selon M. Amin, si les gouvernements peinent à adopter des actions sérieuses en matière de changement climatique, «beaucoup s'attendent à voir les États-Unis s'engager davantage dans ce domaine et agir sérieusement, tant au niveau national qu'international».

Pour pallier la montée en flèche des prix des carburants, de nombreux pays accélèrent leur production de combustibles fossiles ainsi que les infrastructures indispensables à cette production. Toutefois, ces dernières ont une échéance, prévient M. Amin.

«Les actifs liés à la production de combustibles fossiles risquent d'être bloqués sur le long terme dans des pays qui, franchement, possèdent la capacité technologique et financière d'avancer à grands pas vers les énergies propres», explique-t-il, avant d'ajouter qu'il incombe aux États de s'efforcer de trouver des solutions plus propres et plus avancées pour répondre à la crise énergétique croissante que traverse le monde.

«Nous nous attendons à ce que les gouvernements se tournent avec plus de vigueur vers cette opportunité pour éviter que les problèmes du passé ne se reproduisent. Ils sont tenus de trouver des solutions pour l'avenir», ajoute-t-il. Les investissements dans de nouvelles infrastructures, les énergies propres, l'agriculture résiliente au changement climatique et la sécurité de l'eau, selon lui, «sont les domaines qui présentent un risque réel à l'avenir».

Les émissions de carbone dans le monde risquent d’augmenter en raison de la volonté de l'Europe de réduire sa dépendance à l'égard du pétrole et du gaz russes dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la crise du carburant. Toutefois, M. Amin se montre optimiste, car cela pourrait encourager les pays à se tourner vers des sources d'énergies renouvelables telles que les énergies solaire, éolienne, géothermique et hydroélectrique.

 

europe
La volonté de l'Europe de réduire sa dépendance à l'égard du pétrole et du gaz russes pourrait encourager les pays à se tourner vers des sources d'énergies renouvelables, selon M. Amin. (Photo illustration: Reuters)

«Il faut consacrer davantage d'investissements aux énergies renouvelables et adopter les infrastructures propices à la production de ces énergies. Cela passe notamment par l'investissement dans l'innovation et les technologies», explique M. Amin. Pour lui, si les conditions nécessaires à la croissance du secteur des énergies renouvelables existent déjà, il convient toutefois de développer davantage la numérisation, les réseaux à ultrahaute tension, la stabilité des réseaux et les compteurs intelligents.

«Les dirigeants politiques ont intérêt à réaliser cette transition de toute urgence, dans la mesure où les impacts du changement climatique menacent de s'aggraver au fil des ans».

Les EAU ont récemment investi 50 milliards de dollars (1 dollar = 0,94 euro) dans des projets d'énergie propre. Cependant, les pays ne s'engagent pas tous dans la lutte contre le changement climatique. Les nations développées, responsables de la majeure partie des émissions de carbone qui ont ruiné le climat de la planète, refusent souvent d'assumer leurs responsabilités, selon M. Amin.

EAU
Les Émirats arabes unis ont récemment investi 50 milliards de dollars dans des projets d'énergie propre; cependant, les pays ne s'engagent pas tous dans la lutte contre le changement climatique. (Photo d'archive AFP)

«Le climat est une problématique mondiale qui presse tous les pays du monde à unir leurs efforts pour y remédier. Mais il exige avant tout [et c'est la question abordée à Bonn lors des réunions intersectorielles] que tous les pays partagent les responsabilités», affirme-t-il, faisant allusion à la conférence de Bonn sur le changement climatique qui s'est tenue au début du mois en Allemagne dans le cadre de la Convention-cadre des nations unies sur les changements climatiques.

Les pays qui émettent la plus grande quantité de CO2, ajoute M. Amin, sont tenus de «prendre part à la solution et de soutenir les pays les plus vulnérables, qui pâtissent actuellement des conséquences néfastes du changement climatique».

Lors de la 26e Conférence des nations unies sur le changement climatique (COP26), qui s'est tenue à Glasgow en 2021, les dirigeants mondiaux ont insisté sur la nécessité de lutter sans délai contre le changement climatique. L'ambassadeur d'Arabie saoudite au Royaume-Uni, le prince Khaled ben Bandar, avait fait cette déclaration à Arab News: «L'Arabie saoudite se tient prête, désireuse et capable de se positionner au sein de la communauté internationale pour trouver une solution à ce problème et de faire tout son possible pour y remédier.»

Au cours de la COP26, le Royaume s'est engagé à éliminer les émissions nettes de carbone d'ici à 2060 dans le cadre de l'Initiative verte de l'Arabie saoudite. M. Amin explique que les conférences à venir (la prochaine se tiendra en Égypte cette année et la COP28 aux EAU en 2023) viseront à faire évoluer les promesses climatiques et de les concrétiser sur le terrain.

 

arabie
Cette photo aérienne du 13 janvier 2020 montre des champs circulaires de l'oasis verte de Wadi ad-Dawasir, en Arabie saoudite. (Photo d'archive AFP)

«Nous avons évoqué la crise énergétique mondiale et les pressions exercées par plusieurs pays. Nous nous sommes penchés sur les financements qui font défaut. La prochaine COP, qui se déroulera en Égypte, revêt une grande importance. C'est la première Conférence sur les changements climatiques qui aura lieu depuis celle de Glasgow. Il s'agira donc d’une rencontre consacrée à la réalisation des engagements. Le gouvernement égyptien et le reste du monde désirent que l'on passe à la mise en œuvre, loin des discussions.»

Les pays développés, responsables en grande partie du changement climatique, manifestent une «grande résistance» à l'idée de soutenir les pays vulnérables et en développement dans leur lutte contre les incidences du changement climatique, s'inquiète M. Amin. Il garde toutefois espoir: en attendant que la conférence COP28 se tienne aux EAU, les pays auront dressé le bilan des efforts consentis au niveau international en matière de lutte contre le changement climatique. «Un programme sera alors élaboré pour les cinq années à venir.»

Outre sa dimension internationale, le changement climatique constitue, selon M. Amin, un enjeu intersectoriel qui se répercutera sur le monde entier et entraînera des effets catastrophiques.

«Je crains que nous soyons confrontés à l’avenir à de multiples crises qui frapperont périodiquement différentes parties du monde et qui menaceront les chaînes alimentaires mondiales. Nous sommes déjà vulnérables en termes de sécurité alimentaire. L'agriculture paraît vulnérable au climat dans de nombreux pays pauvres qui sont menacés de souffrir de graves pénuries alimentaires à l'avenir.»

«La gestion de l'eau s'impose de toute urgence. Dans la mesure où les ressources en eau douce baissent, nous sommes de plus en plus confrontés à des conflits autour de ressources telles que la nourriture et l'eau.»

M. Amin précise que la sécheresse, l'élévation du niveau des mers, la fonte des glaces, la dégradation des ressources et d'autres conséquences du changement climatique menacent de provoquer des vagues massives de migration, les populations se voyant contraintes de se déplacer vers de nouvelles régions pour assurer leur survie.

«Si nous ne mettons pas un frein aux effets du changement climatique, l'ensemble de ces crises combinées engendrera une instabilité impossible à gérer dans le monde», conclut-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes malgré la prolongation de la trêve

Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
Short Url
  • Israël a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban après avoir ordonné l’évacuation de plusieurs villages, malgré la prolongation récente de la trêve entre les deux pays lors de négociations à Washington
  • Les violences continuent d’aggraver la crise humanitaire : plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la trêve et près d’un million de personnes ont été déplacées au Liban depuis le début du conflit régional

BEYROUTH: Israël mène de nouvelles frappes sur le sud du Liban samedi après avoir ordonné aux habitants de neuf villages d'évacuer, malgré la prolongation d'un mois et demi de la trêve lors de négociations entre les deux pays la veille à Washington.

"Les forces de défense israéliennes ont commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban", a affirmé l'armée israélienne dans un communiqué.

L'Agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle) a rapporté des frappes sur au moins cinq villages du sud, précédées un mouvement d'exode des habitants vers Saïda, la grande ville du sud, et Beyrouth.

L'armée israélienne avait auparavant ordonné aux habitants de neuf villages des régions de Saïda et Nabatiyé de les évacuer en prévision de frappes.

Ces frappes sur le sud dévasté se poursuivent malgré l'annonce vendredi soir de la prolongation d'une trêve entrée en vigueur le 17 avril entre les deux pays, et qui devait expirer dimanche.

Israël et le Liban mènent des négociations à Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à ces négociations et continue de revendiquer des attaques contre l'armée israélienne qui occupe désormais une partie du sud du pays, et épisodiquement contre le nord d'Israël.

Plus de 400 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars et près de 3.000 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées depuis, selon les chiffres officiels.


"J'aurais voulu passer le bac": déception après l'annulation des examens au Moyen-Orient et au Mali

Une femme passe devant une école fermée à Beyrouth le 18 novembre 2024, dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Une femme passe devant une école fermée à Beyrouth le 18 novembre 2024, dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Short Url
  • Le ministère français de l’Éducation a annulé les épreuves du brevet et du baccalauréat dans plusieurs pays du Moyen-Orient et au Mali en raison de la situation sécuritaire, remplaçant les examens par les moyennes annuelles des élèves
  • De nombreux élèves et enseignants au Liban expriment leur déception, estimant que le bac représentait une récompense symbolique pour leurs années de travail et craignant une perte du prestige du diplôme français

BEYROUTH: "J'aurais voulu passer le bac comme une récompense de mon travail": des élèves et professeurs expriment leur déception après la récente annonce de l'annulation des épreuves écrites et orales du brevet et du bac dans les établissements français de pays du Moyen-Orient et au Mali.

Cette année, les candidats scolarisés dans les établissements français homologués du Bahreïn, des Émirats arabes unis, d'Irak, d'Iran, d'Israël, du Koweït, du Liban, du Qatar et du Mali, ainsi que ceux inscrits en classes réglementées auprès du Centre national d'enseignement à distance (Cned), "se verront attribuer leur moyenne annuelle dans les enseignements concernés", a indiqué mardi le ministère français de l'Education nationale.

Cette mesure, liée à la guerre au Moyen-Orient et à la situation sécuritaire critique au Mali, concerne les épreuves écrites du diplôme national du brevet, les épreuves anticipées de français, à l'écrit comme à l'oral, et de mathématiques du baccalauréat général et technologique, ainsi que les épreuves de spécialité et de philosophie et le grand oral en classe de Terminale.

"Les candidats se présentant sous statut individuel pourront se présenter à la session de remplacement prévue en septembre 2026", tant pour le brevet que pour le baccalauréat, a précisé le ministère.

"J'aurais voulu faire le bac honnêtement, donc j'étais un peu triste d'apprendre qu'ils vont l'annuler", a réagi Yana Abdallah, 18 ans, élève du Collège des Saints-Coeurs Kfarhbab, au Liban.

Pour cette élève, qui affiche entre 16 et 17/20 de moyenne, se confronter à l'examen aurait marqué symboliquement la fin d'un cycle: "Nous avons travaillé pour le bac depuis notre entrée à l'école", rappelle-t-elle. Le passer aurait été comme une "récompense pour toute la fatigue que m'a valu mon travail".

Son école, qui se basera sur les notes du contrôle continu, n'a pas exclu la possibilité d'organiser un second bac blanc pour ne pas léser les élèves.

Les examens organisés "étaient jusqu'à présent comme une préparation mais sans que les élèves n'y mettent toute leur concentration", souligne Yana Abdallah, jugeant que son établissement essaye de les aider "autant que possible".

- "Suite désastreuse" -

Selon les chiffres de l'ambassade de France, le Liban compte en Terminale 3.166 élèves dans des établissements officiellement reconnus par les autorités et 402 élèves en candidats libres.

"Je suis contre l'annulation de ce diplôme, chaque fois que le bac a été annulé, la suite a été désastreuse", a témoigné auprès de l'AFP Hyam Merheb, 73 ans, à la retraite, ancienne enseignante de français pendant 45 ans au Liban.

"Le bac français a gardé son prestige malgré tous les événements par lesquels on est passé", juge-t-elle. "C'est la seule image encore positive que l'on peut avoir de notre pays et de l'enseignement tel qu'il était auparavant".

La décision du gouvernement est "incompréhensible", "tout le monde était prêt" pour faire passer les épreuves, avec des aménagements (moins de textes à préparer pour l'oral de français, par exemple), a aussi réagi auprès de l'AFP une enseignante et représentante syndicale du Grand lycée franco-libanais de Beyrouth, qui souhaite rester anonyme.

"Personne ne s'attendait à cette décision, les élèves de terminale avaient reçu leur convocation ce (mardi) matin", a-t-elle rapporté, déplorant avoir appris la nouvelle par la presse.

A Bamako au Mali, l’école française "Liberté" comptait à la rentrée de septembre 1.380 élèves, dont 600 en classe d'examens. "Mais, nous en avons perdu 80 en cours d'année, partis à cause de l’insécurité", a appris l'AFP auprès de membres de l’association des parents d’élèves de l’établissement.

"Notre combat est de faire en sorte que le lycée puisse ouvrir à la rentrée de septembre prochain", poursuit-on de même source.

En raison de la situation sécuritaire critique, les cours sont désormais assurés uniquement en ligne.

Selon le ministère, des mesures d'aménagement pourront également être décidées dans d'autres pays, jusqu'à 15 jours avant le début des épreuves, si les conditions locales ne permettent pas leur organisation.

Le coup d'envoi du baccalauréat sera donné le 11 juin avec l'épreuve écrite anticipée de français pour les élèves de Première.


Le Liban et Israël prolongent leur cessez-le-feu de 45 jours

Des délégations du Liban et d’Israël participent cette semaine à des discussions à Washington qui ont conduit à une prolongation du cessez-le-feu existant. (Département d’État)
Des délégations du Liban et d’Israël participent cette semaine à des discussions à Washington qui ont conduit à une prolongation du cessez-le-feu existant. (Département d’État)
Short Url
  • Le Liban et Israël ont accepté de prolonger leur cessez-le-feu de 45 jours après des discussions jugées « positives » à Washington
  • Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril, les frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban ont continué, causant des centaines de morts selon les autorités libanaises

WASHINGTON: Israël et le Liban ont donné leur accord à une prolongation d'un mois et demi du cessez-le-feu pendant de nouvelles négociations entre les deux pays à Washington, même si de nouvelles frappes israéliennes ont visé le sud du Liban vendredi.

Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dit avoir "reçu des messages" de Washington en faveur de la reprise des négociations pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, ajoutant être ouvert à une aide de Pékin.

Le cessez-le-feu israélo-libanais, qui arrivait à expiration dimanche, "va être prolongé de 45 jours afin de permettre de nouveaux progrès", a annoncé la diplomatie américaine après une nouvelle session de négociations directes entre des représentants d'Israël et du Liban jeudi et vendredi.

Le département d'Etat américain a précisé qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin. D'ici là, le Pentagone réunira des délégations militaires des deux pays le 29 mai.

L'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, a déclaré à l'issue des pourparlers qu'il serait essentiel de garantir la sécurité de son pays.

"Il y aura des hauts et des bas, mais les chances de réussite sont grandes ", a-t-il écrit sur le réseau X.

La délégation libanaise a salué de son côté une prolongation qui ouvre la voie "à une stabilité durable", mais insisté sur la nécessité d'un "processus par étapes et vérifiable", soutenu par Washington.

- "Irresponsable" -

S'exprimant depuis le Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a accusé le Hezbollah pro-iranien d'avoir entraîné le pays dans une nouvelle guerre "irresponsable".

"Assez de ces aventures irresponsables servant des projets ou intérêts étrangers", a-t-il lancé, appelant au soutien des pays arabes, et plus largement de la communauté internationale, dans les négociations avec Israël.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël poursuit ses frappes au Liban, disant viser le Hezbollah, et le mouvement chiite continue de tirer des roquettes sur des positions israéliennes.

Le Liban a annoncé la mort de six personnes, dont trois secouristes du Comité islamique de santé, affilié au Hezbollah, dans un bombardement israélien dans le sud du pays.

Plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Au moment des discussions à Washington vendredi, l'armée israélienne a émis des ordres d'évacuation pour une dizaine de secteurs dans le sud du Liban et annoncé "mener des frappes contre l'infrastructure du Hezbollah dans la région de Tyr".

- "Des femmes et enfants" -

"Il n'y a ici que des femmes, des enfants et des personnes âgées. Cette frappe cause de nouveaux déplacements de personnes", a déclaré à l'AFP Hafez Ramadan, qui vit près de l'immeuble visé par la frappe, qui abritait selon lui surtout des déplacés.

Les frappes à Tyr ont fait 37 blessés, dont six membres du personnel médical de l'hôpital, quatre enfants et neuf femmes, selon le ministère de la Santé.

Le Hezbollah a revendiqué des attaques de drones contre des casernes dans le nord d'Israël, ainsi que d'autres contre les forces israéliennes positionnées dans plusieurs localités libanaises frontalières. L'armée israélienne est déployée dans cette zone pour pouvoir, selon elle, protéger la population du nord d'Israël des tirs du mouvement pro-iranien.

Israël, comme les Etats-Unis, appelle Beyrouth à désarmer le Hezbollah.

"Le Liban négocie pour un avenir dans lequel ses frontières seront respectées (et) sa souveraineté assurée seulement" par son armée,  a souligné aussi la délégation libanaise à Washington.

Un des hauts responsables du mouvement pro-iranien, Mahmoud Qomati, a qualifié les négociations avec Israël "d'humiliantes" et dénoncé "un complot contre le pays".

- "Bonnes intentions" -

Du côté de Téhéran, le ministre des Affaires étrangères, en visite en Inde, s'est dit ouvert à une aide de la Chine pour mettre fin au conflit, au lendemain de propos à Pékin de Donald Trump, selon qui son homologue chinois Xi Jinping a proposé d'aider à rouvrir le détroit d'Ormuz.

"Nous savons que (les) Chinois ont de bonnes intentions. Toute initiative de leur part susceptible de soutenir la diplomatie serait donc la bienvenue", a déclaré M. Araghchi.

Les Gardiens de la Révolution iraniens permettent désormais à davantage de navires de passer par le détroit, quasi paralysé par Téhéran depuis le début de la guerre, a affirmé la télévision publique.

La veille, la chaîne avait fait état de plus de 30 navires autorisés à transiter par le détroit, qui voit passer d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

De son côté, le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte sont arrivés "sur zone" au large de la péninsule arabique où ils sont prépositionnés en cas de déclenchement d'une mission "neutre" pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo.