François Pouillon part sur les traces d’Étienne Dinet, peintre amoureux de l’islam

L'ethnologue et historien en ethnologie, spécialiste du monde arabe, François Pouillon. Capture d'écran.
L'ethnologue et historien en ethnologie, spécialiste du monde arabe, François Pouillon. Capture d'écran.
Short Url
Publié le Lundi 27 juin 2022

François Pouillon part sur les traces d’Étienne Dinet, peintre amoureux de l’islam

  • Dans son livre, l’auteur évoque la réhabilitation d’Étienne Dinet en Algérie lors de l’indépendance du pays, en 1962
  • Étienne Dinet, à la différence de beaucoup d’autres peintres orientalistes de son époque, a fait le choix de se convertir à l’islam

PARIS: Ethnologue et historien en ethnologie, spécialiste du monde arabe, François Pouillon, le fils de l’architecte Fernand Pouillon, répond aux questions d’Arab News en français au sujet de son dernier livre, Étienne Dinet, peintre en islam. L’Algérie et l’héritage colonial, publié aux éditions Frantz Fanon (Alger).

François Pouillon s’est intéressé aux différentes manières dont sont représentées les sociétés musulmanes de Méditerranée, notamment à travers la photographie, la littérature, la littérature de voyages et la peinture.

Interrogé sur son intérêt pour la peinture orientaliste, François Pouillon nous révèle qu’elle est considérée comme une peinture caricaturale, schématique, qui donne une image falsifiée et sauvage des sociétés orientales. Mais, explique-t-il, l’œuvre d’Étienne Dinet fait office d’exception, sans doute parce que ce peintre a fait le choix de vivre en Algérie, à Bou Saâda, une oasis située aux portes du Sahara.

Réhabilitation
Dans son livre, l’auteur évoque la réhabilitation d’Étienne Dinet en Algérie lors de l’indépendance du pays, en 1962. «Mon enquête a commencé en Algérie, un pays que je connaissais à peine, en 1988. Cette période était favorable à la libéralisation des débats. J’ai pu rencontrer des responsables culturels pour comprendre à quoi correspondait cette réhabilitation d’Étienne Dinet, qui prendra le nom de “Nasreddine” après sa conversion à l’islam. Ce travail présente un historique complet, depuis les premiers séjours de Dinet en Algérie jusqu’à l’époque contemporaine, avec l’ouverture du musée Nasreddine-Dinet à Bou Saâda», nous confie-t-il.

L’auteur explique de quelle manière Étienne Dinet a été réhabilité. «Cela s’est passé lors d’un Conseil des ministres par Ahmed Taleb Ibrahimi, un intellectuel influent qui était ministre de la Culture à cette époque», nous révèle-t-il. «C’est ainsi qu’il a été décidé que le peintre était un représentant de l’Algérie.»

Étienne Dinet, à la différence de beaucoup d’autres peintres orientalistes de son époque, a fait le choix de se convertir à l’islam. Il a effectué le pèlerinage à La Mecque et a voulu être enterré en terre d’islam, dans son oasis, à Bou Saâda», nous explique François Pouillon.

«L’héritage iconographique de la société maghrébine manque d’images. Celles de l’Algérie ont été faites par des non-musulmans, par des étrangers de passage», nous explique l’auteur. Les Algériens trouvent dans la peinture orientaliste, en particulier dans celle d’Étienne Dinet, une représentation de la société algérienne de cette époque coloniale. François Pouillon ajoute: «L’Algérie est le plus beau pays du monde et, pour un peintre, c’est formidable. Il suffit de lire les pages qu’a écrites Fromentin sur les paysages d’Algérie pour s’en convaincre.»

«Recueillir un héritage»
Selon l’auteur, en s’intéressant aux scènes sociales, Étienne Dinet est devenu un peintre ethnologue. «Il voulait rendre compte de cette société qui était en perdition en raison de l’acculturation, de l’exode rural fort. Il désirait recueillir un héritage», explique François Pouillon.

pouillon

C’est cet héritage que les Algériens d’aujourd’hui retrouvent dans cette peinture. Pour l’écrivain, Étienne Dinet a fait le choix d’une transmission non violente. «C’est une vision attendrie du pays et de ses habitants. Le peintre propose une peinture pacifiée et paisible. Il ne voulait pas montrer les aspects violents et cruels de cette période coloniale comme la pauvreté, la misère, les hostilités, les confrontations entre les gens», conclut-il.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
Short Url
  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.


Le décès de Loana pourrait être dû à une chute, selon le parquet

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
Short Url
  • Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies
  • "A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur

NICE: Le décès de Loana, première vedette de la télé-réalité en France, retrouvée morte mercredi à son domicile à Nice, pourrait être dû à une chute, sans intervention d'un tiers, a annoncé jeudi le procureur de Nice, Damien Martinelli.

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours.

La porte de l'appartement étant fermée à clé de l'intérieur, les pompiers sont entrés par une fenêtre. Loana était "manifestement décédée depuis plusieurs jours", et son chien a également été retrouvé mort, selon le communiqué du procureur.

Une plaie à l'arrière du crâne et des ecchymoses dans la région lombaire laissent envisager que le décès puisse être lié à une chute en arrière.

Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies.

"A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur.

La France avait découvert Loana Petrucciani (de son nom complet) en avril 2001 lorsqu'elle a vécu avec d'autres anonymes dix semaines durant 24 heures sur 24 sous l'oeil des caméras de M6.

Le succès du "Loft" a été immédiat et phénoménal et l'émission, considérée comme culte, a inspiré une série pour la plateforme de streaming d'Amazon, Prime Video, en 2024.

Mais Loana a quitté peu à peu le monde du show business et entamé un long déclin personnel, entre violences subies, problèmes de santé, tentatives de suicide, overdoses et épisodes psychiatriques.

"On peut dire que nous avons vécu un conte de fées. Une vie que jamais nous n'aurions osé imaginer. Un rêve éveillé, intense. Et puis, je t'ai vue tomber, te redresser, te battre, lutter, céder... Tu as tout donné, jusqu'au bout", a témoigné sur Instagram le chroniqueur Steevy Boulay, autre "lofteur" de la première édition.