«Les liens turco-saoudiens s’annoncent sous de meilleurs auspices»

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, serre la main du président turc, Recep Tayyip Erdogan, au complexe présidentiel d’Ankara. (Photo, SPA)
Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, serre la main du président turc, Recep Tayyip Erdogan, au complexe présidentiel d’Ankara. (Photo, SPA)
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Publié le Jeudi 23 juin 2022

«Les liens turco-saoudiens s’annoncent sous de meilleurs auspices»

  • La visite du prince héritier, Mohammed ben Salmane, laisse espérer la conclusion d’un accord sur des pactes économiques, militaires et de défense, estime un député de l’AKP au pouvoir
  • «Avec la levée, le 20 juin, de l’interdiction de voyager liée à la Covid-19, Ankara et Riyad peuvent à présent se concentrer sur le développement du secteur du tourisme», déclare le député

ANKARA: La visite du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, en Turquie marque le début d’une nouvelle ère de relations bilatérales, laissant derrière elle les «pires jours» des deux nations, a déclaré mercredi un député de premier plan à Arab News.

C’est l’avis de Halil Ozcan, président de la commission d’amitié turco-saoudienne depuis quatre législatures. «Nous avons laissé derrière nous les pires jours de nos relations bilatérales. Après la visite en avril du président turc, Recep Tayyip Erdogan, les deux pays se sont engagés à renforcer leurs liens en laissant de côté le passé et en tournant une nouvelle page dans leurs relations», déclare-t-il dans une interview exclusive accordée à Arab News.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, raccompagne le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, à Ankara. (Photo, SPA)

Ozcan, qui considère l’Arabie saoudite comme un «pays frère», affirme que la Turquie cherche à renouveler sa coopération et ses partenariats stratégiques antérieurs dans plusieurs domaines, notamment la sécurité et les efforts conjoints de lutte contre le terrorisme.

«Nous espérons que des mesures concrètes sérieuses dans les domaines économique, militaire et de la défense seront prises dans un avenir proche en guise de compensation pour les années passées. La visite du prince héritier aboutira, nous l’espérons, à la conclusion d’accords généraux dans ces domaines», dit-il.

Le président, Recep Tayyip Erdogan, accueille le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, au complexe présidentiel d’Ankara. (Photo, SPA)

Ozcan est diplômé du département d’études islamiques de l’université du roi Saoud et a également enseigné en Arabie saoudite. Il est également le fondateur du Centre de langue arabe de Sanliurfa, sa ville natale, où se concentre majoritairement la population arabe de Turquie.

«La Turquie et l’Arabie saoudite sont deux pays importants dans leur région. Tout partenariat stratégique contribuera beaucoup à la stabilité régionale, et la Turquie est toujours prête à servir de médiateur (…) pour les conflits régionaux», souligne le député du parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP).

Le président, Recep Tayyip Erdogan, accueille le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, au complexe présidentiel d’Ankara. (Photo, SPA)

Selon Ozcan, les dirigeants des deux nations se concentreront dans un premier temps sur l’amélioration du commerce et des investissements conjoints. Il précise par ailleurs que les Saoudiens ont des investissements importants et stratégiques en Turquie.

«Dans le cadre de l’assouplissement des mesures de prévention liées au coronavirus, l’Arabie saoudite a levé le 20 juin l’interdiction imposée à ses citoyens de se rendre en Turquie. Cette décision, qui a été prise avant la visite de mercredi, renforcera également les liens touristiques. Les deux pays espèrent diversifier leurs liens commerciaux et augmenter le volume de leurs échanges à court terme en prenant des mesures mutuelles», explique-t-il. 

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, raccompagne le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, à Ankara. (Photo, SPA)

Les exportations de la Turquie vers l’Arabie saoudite se sont élevées à environ 838,5 millions d’euros en 2021, tandis que les importations de l’Arabie saoudite en provenance de la Turquie ont augmenté de 2,8% au cours des deux premiers mois de 2022.

Attirer davantage de touristes saoudiens fait partie des priorités de la Turquie. Le pays est une destination de vacances prisée par de nombreuses familles saoudiennes, tandis que les pèlerins turcs se rendent en Arabie saoudite pour le Hajj. Le premier groupe de pèlerins est récemment arrivé dans la ville sainte de La Mecque pour accomplir les rituels islamiques annuels.

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, étreint le président turc, Recep Tayyip Erdogan, à Ankara avant de quitter la Turquie. (Photo, SPA)

Le pays vise à augmenter la contribution du secteur touristique à son produit intérieur brut de 15% cette année, grâce au lancement de projets communs.

La commission parlementaire devrait se rendre régulièrement en Arabie saoudite au cours de la période à venir, le premier voyage étant prévu après les vacances de l’Eid.

Halil Ozcan, président de la commission d’amitié turco-saoudien. (Photo fournie)

Ozcan indique enfin que l’ambassade de Turquie à Riyad assure le suivi des questions commerciales. «Nous ferons de notre mieux pour surmonter les défis à venir afin de rétablir les liens économiques et commerciaux», déclare-t-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie saoudite intercepte des drones visant le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolier de Shaybah

L'Arabie saoudite a déclaré que des attaques de drones avaient visé le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolifère de Shaybah. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
L'Arabie saoudite a déclaré que des attaques de drones avaient visé le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolifère de Shaybah. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
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  • Une série d'attaques de drones déjouées par les défenses aériennes du royaume
  • Le ministère de la Défense a fait état d'un certain nombre d'attaques dans une série de messages sur X au cours de la journée

RIYAD: L'Arabie saoudite a abattu jeudi des drones qui visaient le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolier de Shaybah, dans le sud-est du pays.

Le ministère de la Défense a fait état d'un certain nombre d'attaques dans une série de messages sur X au cours de la journée.

"Un drone ennemi a été abattu alors qu'il tentait de s'approcher" du quartier diplomatique de la capitale, a déclaré tôt jeudi un porte-parole du ministère.

Au moins six drones ont été "interceptés et détruits" plus tard dans la journée dans le quartier vide "en direction du champ pétrolier de Shaybah", selon les déclarations.
Auparavant, le ministère avait déclaré qu'au moins 20 drones avaient été abattus dans la région de l'Est.

L'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe sont confrontés à des vagues d'attaques de missiles et de drones iraniens depuis qu'Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre l'Iran le 28 février.

Ces attaques ont visé la base aérienne Prince Sultan, l'ambassade des États-Unis à Riyad, des champs pétroliers et des infrastructures énergétiques.

Le ministre saoudien de la défense, le prince Khalid bin Salman, a condamné les attaques lors d'un appel avec son homologue turc.

Le ministère saoudien des affaires étrangères a salué l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies d'une résolution exigeant la fin des attaques de l'Iran contre les États du Golfe et la Jordanie.


Liban: nouvelle frappe en plein jour sur Beyrouth, Israël menace de «prendre des territoires»

Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban. (AFP)
Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban. (AFP)
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  • L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth"
  • Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de Beyrouth - et la première en plein jour - depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël

BEYROUTH: Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban.

La guerre a fait depuis le 2 mars plus de 687 morts, dont 98 enfants, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel.

Les explosions ont généré la panique et une épaisse colonne de fumée noire se dégage d'un immeuble du quartier de Bachoura, situé à proximité d'un des principaux centres d'affaires de la capitale, accueillant aussi des institutions.

L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth", peu après un avertissement inédit à évacuer dans le centre de la capitale libanaise. Selon elle, le groupe avait "caché des millions de dollars pour financer ses activités" sous le bâtiment visé.

Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de Beyrouth - et la première en plein jour - depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

Une cinquième frappe sur un quartier central a par ailleurs visé un bureau de la société financière Al-Qard al-Hassan, liée au Hezbollah, a constaté l'AFP.

"C'est une guerre que nous n'avons pas voulue, au contraire, nous travaillons jour et nuit pour l'arrêter", a déclaré jeudi à la télévision le Premier ministre Nawaf Salam.

Un peu plus tôt, le ministre israélien de la Défense Israël Katz avait déclaré avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban.

"J'ai averti le président libanais que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire et à empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du nord et de tirer sur Israël, nous prendrons des territoires et le ferons nous-mêmes", a-t-il dit.

Selon Israël, le groupe chiite a mené mercredi soir une attaque coordonnée avec l'Iran, lançant quelque "200 roquettes et environ 20 drones", combinés à des missiles balistiques tirés par Téhéran.

Désolation 

Le Hezbollah a également revendiqué jeudi des tirs de missiles sur les systèmes de défense antiaérienne dans la région de Césarée (centre d'Israël), où le Premier ministre Benjamin Netanyahu a une résidence.

A Beyrouth, une frappe israélienne a fait 12 morts et 28 blessés à l'aube sur le front de mer de Ramlet al-Bayda où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah, selon un dernier bilan officiel.

"Nous avons soudain entendu le fracas d'une explosion", a raconté Aseel Habbaj, une femme portant son bébé, qui dormait dans une tente avec sa famille. Elle dit avoir "vu des gens tués étendus par terre".

"Nous avons choisi cet endroit parce qu'on aurait jamais imaginé qu'Israël frappe" en plein Beyrouth, a dit Dalal al-Sayed, 40 ans.

Après la première frappe, "une deuxième a suivi", entrainant "un carnage", a-t-elle dit.

Un correspondant de l'AFP sur place a vu des taches de sang sur le trottoir et des éclats d'obus ont atteint quelques tentes.

Des frappes ont également visé jeudi Aramoun, un quartier résidentiel au sud de Beyrouth, hors des bastions du Hezbollah, faisant cinq morts et cinq blessé, selon un nouveau bilan des autorités.

Et deux enseignants ont été tués sur un campus de l'Université publique libanaise en lisière de la banlieue sud, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne continue de frapper quasi quotidiennement la banlieue sud de Beyrouth, fief du groupe chiite dont une grande partie de la population a fui.

Un photographe de l'AFP a été témoin d'un spectacle de désolation dans la banlieue déserte: immeubles en ruines, certains encore en feu, gravats jonchant les rues.

Alors que toutes les issues diplomatiques semblent bloquées, Israël a massé des troupes à sa frontière avec le Liban et son armée s'est avancée dans plusieurs villages frontaliers.

L'armée israélienne a étendu jeudi son appel à évacuer côté libanais, demandant aux habitants de se déplacer au-delà d'un fleuve à environ 40 kilomètres de la frontière.

"Le déplacement massif de population que nous constatons ici (au Liban, ndlr) est sans précédent", a déclaré à l'AFP Carl Skau, le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM).

"On a enregistré quelque 800.000 personnes en une semaine, c'est énorme", a-t-il dit depuis Beyrouth.

 


L'armée israélienne annonce avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
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  • "Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires"
  • "L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.

"Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires", a déclaré l'armée dans un communiqué.

L'armée fait probablement référence à une installation située à Parchin, au sud-est de Téhéran, où, selon l'Institut pour la science et la sécurité internationale, un organisme basé aux Etats-Unis spécialisé dans la surveillance de la prolifération nucléaire, l'Iran mène des activités militaires secrètes.

"L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte.

Début mars, l'armée israélienne avait annoncé avoir frappé un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire de l'Iran dans la région de Téhéran, où d'après elle des scientifiques travaillaient sur "un élément clé de la capacité du régime iranien à développer des armes atomiques".

Israël et les Occidentaux affirment que l'Iran cherche à se doter de l'arme atomique, ce que la République islamique dément tout en défendant son droit à développer un programme nucléaire civil.

Israël a lancé le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, une offensive massive pour faire disparaître la "menace existentielle" que représentent selon lui les programmes nucléaire et balistique iraniens.

Les responsables israéliens affirment que Téhéran avait intensifié ses efforts pour se doter de l'arme atomique depuis la fin de la guerre de 12 jours déclenchée en juin 2025 par Israël, au cours de laquelle les Etats-Unis avaient bombardé trois installations nucléaires, dont une usine d'enrichissement.