En Afghanistan, une cité bouddhiste millénaire menacée de disparition

L'Afghanistan est en passe de sacrifier une partie de son histoire. Mais l'enjeu économique est tel que le destin de Mes Aynak semble depuis longtemps scellé. (Photo, AFP)
L'Afghanistan est en passe de sacrifier une partie de son histoire. Mais l'enjeu économique est tel que le destin de Mes Aynak semble depuis longtemps scellé. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 22 juin 2022

En Afghanistan, une cité bouddhiste millénaire menacée de disparition

  • Oubliée pendant des siècles avant d'être découverte par hasard par un géologue français au début des années 1960, Mes Aynak, dans la province du Logar, a été comparée à Pompéi ou au Machu Picchu
  • Les ruines du site, qui s'étend sur 1000 hectares, sont perchées en altitude, sur un sommet massif dont les flancs bruns trahissent la présence de cuivre, et sur d'autres crêtes alentour

MES AYNAK : A environ 40 kilomètres au sud-est de Kaboul, perdue dans l'immensité des cimes rocailleuses, se cache une large cité bouddhiste millénaire qui risque de disparaître à jamais, engloutie dans l'exploitation par un consortium chinois d'un des plus grands gisements de cuivre au monde.

Oubliée pendant des siècles avant d'être découverte par hasard par un géologue français au début des années 1960, Mes Aynak, dans la province du Logar, a été comparée à Pompéi ou au Machu Picchu pour son ampleur et son importance historique.

Les ruines du site, qui s'étend sur 1000 hectares, sont perchées en altitude, sur un sommet massif dont les flancs bruns trahissent la présence de cuivre, et sur d'autres crêtes alentour.

En 2007, le géant minier chinois Metallurgical group corporation (MCC), à la tête d'un consortium public qui a ensuite pris le nom MJAM, a signé un contrat de trois milliards de dollars pour en exploiter le minerai, sur 30 ans.

La crainte de voir disparaître un lieu considéré comme autrefois l'un des carrefours commerciaux les plus prospères sur la route de la Soie a suscité une mobilisation internationale. MJAM a dû autoriser des fouilles et retarder l'ouverture de la mine.

Quinze ans plus tard, celle-ci n'existe toujours pas. L'insécurité et des désaccords entre Pékin et Kaboul sur les termes financiers du contrat ont provoqué de nouveaux délais.

Mais avec la fin de la guerre et le retour au pouvoir en août des talibans, contraints de trouver de nouvelles sources de financement pour compenser le gel de l'aide internationale, le projet est redevenu prioritaire pour les deux parties.

Malgré les pillages du début du siècle, Mes Aynak "est l’un des plus beaux sites bouddhistes" et "l'un des plus beaux sites archéologiques" au monde, témoigne pour l'AFP Bastien Varoutsikos, archéologue pour la société française Iconem qui travaille depuis plusieurs années à numériser le lieu et son patrimoine.

Située à la confluence des cultures hellénistique et indienne, Mes Aynak était une vaste cité organisée autour de l'extraction et du commerce du cuivre, une activité dans laquelle les moines bouddhistes auraient été impliqués.

Les objets découverts datent essentiellement du 2e au 9e siècle après JC, mais une occupation antérieure est aussi possible. De la poterie remontant à l'âge du Bronze, bien avant la naissance du Bouddhisme, a aussi été retrouvée sur place.

«Devoir» de préservation

Les archéologues ont dégagé des monastères bouddhistes, des stupas, des forteresses, des édifices administratifs et des habitations. Des centaines de statues, des fresques, des céramiques, des pièces de monnaie et des manuscrits ont aussi été mis au jour.

Au début des années 2010, il s'agissait "d'un des plus gros projets archéologiques au monde", souligne M. Varoutsikos. MJAM avait donné trois ans aux archéologues, qui se sont concentrés sur la zone directement menacée par la mine, quand plusieurs décennies auraient été nécessaires pour fouiller complètement le site.

Finalement, le délai imparti s'est étiré, la situation sécuritaire empêchant les Chinois de construire les infrastructures envisagées. Des milliers d'objets ont été dénichés. Certains ont été emmenés au musée de Kaboul, d'autres sont conservés à proximité.

Sous leur précédent régime, les talibans avaient choqué le monde entier en dynamitant les Bouddhas géants de Bamiyan en mars 2001. Mais aujourd'hui, ils se disent déterminés à préserver les découvertes de Mes Aynak, resté intact depuis août.

"C'est le devoir du ministère de l'Information et de la Culture de les protéger", déclare à l'AFP Esmatullah Burhan, le porte-parole du ministère des Mines et du Pétrole.

Mais, même si le discours paraît sincère, beaucoup des vestiges sont simplement trop encombrants ou fragiles pour être déplacés et semblent voués à la disparition.

Les archéologues, qui n'ont pas eu le temps de tout excaver, ne sauront peut-être jamais si le sol n'aurait pas recelé d'autres trésors.

"Il y a des choses qui ne sont pas vraiment bougeable", certaines "qui peuvent continuer à être déplacées" et d'autres "qui peuvent être encore fouillées", observe M. Varoutsikos, reconnaissant que "la stratégie n'est pas encore très claire".

Les Chinois privilégient une exploitation à ciel ouvert, plutôt que souterraine, de la mine. La montagne de cuivre serait ainsi éventrée et tous les fragments du passé ensevelis.

Conséquences environnementales

Si ce choix est confirmé, la seule solution sera alors "de continuer la fouille aussi longtemps et de manière aussi exhaustive que possible" et "de bouger tout ce qui peut être bougé" avant le début de l'exploitation, souligne M. Varoutsikos.

Mais cela dépendra de la "collaboration internationale" et du "financement", relève-t-il.

L'Afghanistan est assis sur d'immenses ressources minérales (cuivre, fer, bauxite, lithium, terres rares...), estimées à plus de 1 000 milliards de dollars.

Les talibans, qui espèrent tirer annuellement plus de 300 millions de dollars de Mes Aynak - quand le budget de l'Etat est de 500 MUSD pour 2022 -, veulent accélérer le processus.

"Ce projet doit commencer, il ne doit plus être retardé", ont-ils répété ces dernières semaines à MJAM, selon M. Burhan. Les "discussions sont finies à environ 80%", indique le porte-parole, seuls des "points techniques" restant à régler, ce qui devrait être fait prochainement.

Les talibans exigent que le contrat, qui prévoyait notamment la construction d'une centrale électrique alimentant la mine et Kaboul, et d'une voie ferrée vers le Pakistan, soit respecté. Ils insistent aussi pour que le cuivre soit transformé localement et que la main d'oeuvre employée soit afghane.

La Chine, dont l'économie a un gros besoin de cuivre, renâcle à satisfaire ces demandes. MJAM, qui n'a pas souhaité répondre à l'AFP, continue aussi à réclamer une baisse des royalties dues.

Le projet se double d'inquiétudes sur ses conséquences environnementales. L'extraction du cuivre est polluante et nécessite de grandes quantités d'eau, or le Logar est une région déjà aride.

A en croire M. Burhan, les talibans prêtent "une attention stricte" à ces questions et veilleront à ce que le consortium remplissent ses obligations en la matière.

L'Afghanistan est en passe de sacrifier une partie de son histoire. Mais l'enjeu économique est tel que le destin de Mes Aynak semble depuis longtemps scellé.


Royaume-Uni : Nadhim Zahawi nommé nouveau ministre des Finances

Le nouveau ministre britannique Nadhim Zahawi à Downing Street (Photo, AFP).
Le nouveau ministre britannique Nadhim Zahawi à Downing Street (Photo, AFP).
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  • M. Zahawi, 55 ans, a cofondé le réputé institut de sondage YouGov
  • Il a gagné en popularité en assurant la gestion de la vaccination des Britanniques pendant la pandémie

LONDRES: Le Premier ministre britannique Boris Johnson a nommé mardi soir son ministre de l'Éducation, Nadhim Zahawi, au poste de ministre des Finances, dont Rishi Sunak a démissionné avec fracas quelques heures plus tôt.

Les services de M. Johnson ont indiqué que la reine Elizabeth II avait approuvé la nomination de M. Zahawi. Ce Kurde né en Irak est arrivé au Royaume-Uni avec sa famille sans parler un mot d'anglais et a ensuite mené une carrière lucrative dans les affaires.

M. Zahawi, 55 ans, a cofondé le réputé institut de sondage YouGov et a commencé sa carrière politique dans les milieux conservateurs à Londres, avant de devenir député en 2010.

Il a gagné en popularité en assurant la gestion de la vaccination des Britanniques pendant la pandémie.

Sa nomination intervient après la démission choc de son prédécesseur Rishi Sunak et de celle du ministre de la Santé Sajid Javid, qui ont annoncé à quelques minutes d'intervalle quitter le gouvernement, lassés des scandales à répétition.

M. Javid a été remplacé à la Santé par Steve Barclay, jusque-là chargé de la coordination gouvernementale.


Ukraine: l'ONU dénonce un «bilan intolérable» pour les civils

La Haute-commissaire aux droits de l'Homme Michelle Bachelet prononce un discours lors d'un débat d'urgence sur le conflit en Ukraine au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève le 3 mars 2022 (Photo, AFP).
La Haute-commissaire aux droits de l'Homme Michelle Bachelet prononce un discours lors d'un débat d'urgence sur le conflit en Ukraine au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève le 3 mars 2022 (Photo, AFP).
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  • La Haute-commissaire aux droits de l'Homme Michelle Bachelet a fustigé mardi à Genève le bilan civil «intolérable» du conflit ukrainien
  • La Haute-commissaire a également critiqué les nombreuses violations de droits humains visant les populations civiles

GENEVE: La Haute-commissaire aux droits de l'Homme Michelle Bachelet a fustigé mardi à Genève le bilan civil "intolérable" du conflit ukrainien, avec près de 5 000 victimes civiles confirmées depuis le début de l'offensive russe il y a cinq mois.

"Les civils font les frais d'hostilités qui ne semblent pas avoir de fin", a déploré la Haute-commissaire devant le conseil des droits de l'Homme, en marge de la présentation d'un rapport sur la situation des droits humains en Ukraine.

Selon le dernier bilan de l'organe onusien, daté du 3 juillet, 4 889 civils, dont 335 enfants, ont été tués depuis le début du conflit - un chiffre probablement sous-évalué.

La Haute-commissaire a également critiqué les nombreuses violations de droits humains visant les populations civiles.

"Au nom de chaque victime de cette guerre absurde, les exécutions, la torture et les détentions arbitraires doivent cesser", a-t-elle lancé.

Son bureau, qui a recensé plus de 1 200 corps de victimes civiles dans la seule région de Kiev à la mi-mai, tente de corroborer plus de 300 allégations de meurtres commis par les forces russes en dehors des combats.

"Des inquiétudes persistent à propos d'assassinats illégaux (de civils), y compris des exécutions sommaires", commises par l'armée russe, contre laquelle les preuves de "sérieuses infractions" au droit international continuent de s'accumuler, a chargé la Haute-commissaire.

Elle a notamment reçu le soutien des Etats-Unis.

"Les actions de la Russie constituent un affront à l'humanité. Nous ne pouvons pas rester silencieux" a déclaré Michèle Taylor, ambassadrice américaine auprès du conseil des droits de l'Homme, dont la 50ème session se termine vendredi.

Le représentant russe Evgeny Ustinov a lui dénoncé "une campagne de désinformation contre la Russie" orchestrée par l'organe onusien, devenu selon lui un "instrument servant les intérêts d'un groupe de pays."

Dans un message vidéo, la vice-ministre des Affaires étrangères ukrainienne, Emine Dzhaparova, a souligné la "souffrance et la douleur" de son peuple.

"La justice ne peut être rendue qu'en demandant des comptes aux auteurs de ces crimes, et en restaurant entièrement l'intégrité territoriale de mon pays", a-t-elle déclaré.

La Haute-commissaire, qui a appelé les deux camps à "s'engager à protéger tout civil et personne hors de combat", a rappelé la nécessité d'enquêter de manière "rapide et efficace" sur les violations supposées des droits humains.

Mme Bachelet a déploré à plusieurs reprises depuis le début de la guerre l'accès restreint de ses équipes aux zones de conflit sur le territoire ukrainien.

Le conflit en Ukraine a causé l'un des plus importants déplacements de population en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, faisant plus de 8 millions de déplacés.


Un vol d'Easyjet escorté par un F18 après un canular d'un passager

Après avoir été intercepté, l'avion EasyJet a finalement pu se poser à Minorque avec quarante-cinq minutes de retard. (Photo, AFP)
Après avoir été intercepté, l'avion EasyJet a finalement pu se poser à Minorque avec quarante-cinq minutes de retard. (Photo, AFP)
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  • L’Airbus d’EasyJet a été escorté par un chasseur F-18 de l'armée de l'air espagnole
  • L’adolescent avait lancé une fausse alerte à la bombe sur les réseaux sociaux, et a passé une nuit en prison

MONTRÉAL: Dimanche 3 juillet, une fausse alerte à la bombe sur le vol EZY8303 de la compagnie EasyJet en direction de Minorque, l’une des îles des Baléares, a causé bien des tracas. Alors que les passagers avaient embarqué à Londres sans problème particulier, ils ont eu la surprise d'être escortés en plein vol par un avion de chasse de l'armée de l'air espagnole.

Sur des vidéos amateurs diffusées sur les réseaux sociaux, on peut voir un chasseur F-18 effectuer des mouvements de haut en bas avec ses ailes, signifiant au pilote de l’Airbus A-319 de le suivre.

 

Une mauvaise blague

À l’origine de cet incident, un canular postée sur les réseaux sociaux par un jeune homme de 18 ans, accompagné par cinq amis à bord du vol. 

Après avoir été intercepté, l'avion EasyJet a finalement pu se poser à Minorque avec quarante-cinq minutes de retard. L'avion, les bagages, ainsi que les passagers ont été fouillés par les forces de l'ordre, en présence de chiens et de démineurs.

Le jeune homme a passé la nuit en prison et sera prochainement jugé devant un tribunal pour cette fausse alerte qui risque de lui coûter bien cher.