Afghanistan: après l'attaque d'un temple, des sikhs résignés à partir

Une vue générale de la salle de prière endommagée d'un temple sikh à Kaboul le 20 juin 2022, quelques jours après une attaque par des hommes armés. (AFP)
Une vue générale de la salle de prière endommagée d'un temple sikh à Kaboul le 20 juin 2022, quelques jours après une attaque par des hommes armés. (AFP)
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Publié le Lundi 20 juin 2022

Afghanistan: après l'attaque d'un temple, des sikhs résignés à partir

  • «Il n'y a pas d'avenir pour nous ici. J'ai perdu tout espoir», s'inquiète Ragbir Singh, blessé samedi matin quand des hommes armés ont pris d'assaut le temple
  • L'attaque, revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique, a fait un mort et sept blessés parmi les membres de la communauté sikhe

KABOUL: Assis dans une petite pièce près de leur temple dévasté après une attaque à Kaboul, une dizaine de sikhs espéraient lundi être rapidement évacués d'Afghanistan, résignés à quitter leur pays natal.

"Il n'y a pas d'avenir pour nous ici. J'ai perdu tout espoir", s'inquiète Ragbir Singh, blessé samedi matin quand des hommes armés ont pris d'assaut le temple.

L'attaque, revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique, a fait un mort et sept blessés - dont Ragbir Singh -, parmi les membres de la communauté sikhe.

"Partout, nous sommes menacés", dit-il.

Depuis la prise du pouvoir à Kaboul par les talibans en août dernier, de nombreux sikhs s'étaient réfugiés et vivaient en famille sur le site du temple, situé dans l'ouest de la capitale afghane.

Ces dernières années, cette communauté religieuse a été la cible de plusieurs attaques dans le pays.

En mars 2020, des hommes armés avaient pris d'assaut un autre temple de Kaboul, faisant au moins 25 morts.

En juillet 2019, 19 personnes, en majorité des sikhs, ont été tués dans un attentat suicide à Jalalabad (Est).

Les deux attaques avaient été revendiquées par l'Etat islamique, qui cible régulièrement les minorités religieuses afghanes, particulièrement les chiites et les soufies.

Environ 200 sikhs vivent actuellement en Afghanistan, contre environ un demi-million dans les années 1970.

La plupart de ceux qui sont restés sont des commerçants, spécialisés dans la vente de plantes médicinales et de produits électroniques, importés d'Inde et du Pakistan.

Pour Manmohan Singh Sethi, né en Afghanistan, le temple n'était pas seulement un lieu de culte mais aussi la maison de toute la communauté sikhe.

Famille 

"C'était autrefois le principal (temple sikh) où nous nous réunissions tous en famille", se désole le septuagénaire.

Un combattant taliban a également été tué samedi lors de l'intervention rapide des forces talibanes.

Les assaillants - au nombre de deux et qui ont été tués - ont d'abord fait feu sur la porte principale du temple, tuant un gardien.

Ils ont ensuite pénétré dans le site en tirant et en lançant des grenades, ont déclaré des témoins.

Quelques minutes plus tard, une voiture piégée a explosé dans la même rue, faisant voler en éclat les fenêtres des bâtiments voisins.

Lorsque l'attaque a débuté, certains sikhs ont pu s'échapper par une porte dérobée et se réfugier dans des bâtiments voisins.

Le temple est désormais dévasté par les tirs et l'explosion des grenades, le plafond et des murs de la salle de prière ont été en partie brulés par un incendie consécutif à l'attaque. Celle-ci survient quelques jours après la visite d'une délégation indienne à Kaboul, pour discuter notamment de la possible réouverture de l'ambassade indienne dans la capitale afghane.

Selon des sources gouvernementales interrogées à New Delhi, des visas d'urgence ont été accordés à une centaine d'hindous et de sikhs afghans.

Toutefois, aucun membre de la communauté à Kaboul n'en a été informé jusque-là, a indiqué Manmohan Singh Sethi.

"Si nous nous rassemblons tous pour accomplir des rituels dans un lieu particulier, nous pourrions être à nouveau ciblés", s'inquiète-t-il.

"Nous avons déjà été attaqués trois fois (...) Nous ne pouvons pas être imprudents", note-t-il.

L'attaque de samedi "nous a beaucoup affectés", explique-t-il, avant de conclure, amer: "L’Afghanistan est ma patrie et je n'ai jamais voulu partir (...) Mais maintenant je pars."


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.

 

 


Washington examine une proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
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  • Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte
  • Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient"

WASHINGTON: La Maison Blanche étudie une nouvelle proposition de l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran jugeant de son côté mardi que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de dicter leur politique à d'autres pays.

Le blocage d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié, a fragilisé l'économie mondiale et sa réouverture est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée.

Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte.

Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient".

"Exigences illégales et irrationnelles" 

Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - l'Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis "ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes", a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, appelant Washington à renoncer à ses "exigences illégales et irrationnelles".

Le Parlement iranien prépare parallèlement une loi prévoyant de placer le détroit sous l'autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l'interdiction d'y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.

"Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l'utiliser", a répliqué Marco Rubio sur Fox News.

Il a par ailleurs insisté sur le volet nucléaire: "nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d'avoir à tout moment l'arme nucléaire à leur portée", a-t-il dit. Téhéran nie nourrir cette ambition et défend son droit au nucléaire civil.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un méthanier, chargé à plein en GNL, a pu franchir le détroit d'Ormuz courant avril, et se trouvait lundi au large de l'Inde, selon les données du cabinet spécialisé Kpler.

"Conflit gelé"? 

Alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, les négociations piétinent sur un arrêt durable des hostilités. Face à cette impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde mardi contre un "conflit gelé" dans le Golfe.

Après l'annulation par les Etats-Unis d'un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine.

Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera "tout" pour que "la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible", a assuré le président russe.

M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l'Iran malgré les nombreuses frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.

La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l'Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d'Etat iranienne.

Sur le front libanais, l'armée israélienne - qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Des frappes israéliennes dans cette région ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d'après un décompte de l'AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé.


La stabilité dans le Golfe passe par des « garanties crédibles» de sécurité pour l'Iran

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
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  • L’ambassadeur iranien à l’ONU affirme que la stabilité du Golfe dépend de garanties crédibles empêchant toute nouvelle attaque contre l’Iran et du respect de sa souveraineté
  • De nombreux pays critiquent l’Iran pour son contrôle du détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran accuse les États-Unis de blocus naval et d’actions assimilées à de la piraterie

NATIONS UNIES: Le retour de la sécurité et de la stabilité dans le Golfe passe par des "garanties crédibles" pour l'Iran contre toute nouvelle attaque américano‑israélienne, a déclaré lundi l'ambassadeur iranien aux Nations unies.

"Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans toute la région ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l'Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l'Iran", a déclaré Amir Saeid Iravani lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée par Bahreïn.

Lors de la réunion à New York, des dizaines de pays ont condamné l'Iran pour son contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde.

S'adressant ensuite à la presse, M. Iravani a regretté que les critiques aient visé exclusivement l'Iran, sans mentionner le blocus naval décrété par Washington.

"Les États-Unis agissent comme des pirates et des terroristes, ciblant les navires commerciaux par la coercition et l'intimidation, terrorisant les équipages, se saisissant illégalement des navires et prenant des membres d'équipage en otage", a-t-il déclaré. "Pourtant, parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de la navigation internationale, personne lors de la réunion d'aujourd'hui n'a osé évoquer ni condamner ces actes terroristes."