Ukraine: les bombardements russes s'intensifient au seuil d'une semaine «historique» pour Kiev

A Lyssytchansk, on voit des signes de préparations aux combats de rue (Photo, AFP).
A Lyssytchansk, on voit des signes de préparations aux combats de rue (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 20 juin 2022

Ukraine: les bombardements russes s'intensifient au seuil d'une semaine «historique» pour Kiev

  • Les pays membres de l'UE se retrouvent jeudi et vendredi pour se prononcer pour octroyer officiellement à Kiev ce statut de candidat à l'adhésion
  • Un feu vert nécessite une unanimité des 27

KIEV: Les bombardements russes en Ukraine s'accroissent dans la région de Kharkiv (nord-est) et de Donetsk (est), a rapporté lundi la présidence ukrainienne au lendemain d'un avertissement du président Volodymyr Zelensky sur une intensification des attaques russes au seuil de cette "semaine vraiment historique", avec les discussions prévues des 27 sur une candidature de Kiev à l'UE.

L'Union européenne, par la voix du chef de sa diplomatie Josep Borrell, a accusé lundi Moscou de commettre "un véritable crime de guerre" en bloquant les exportations de céréales ukrainiennes "quand le reste de la population mondiale souffre de la faim".

Pour la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, "la Russie doit cesser de jouer avec la faim dans le monde".

Ce lundi "s'ouvre une semaine vraiment historique" a clamé M. Zelensky dimanche soir dans son allocution vidéo quotidienne, "nous aurons la réponse de l'Union européenne sur le statut de candidat de l'Ukraine".

"Depuis 1991, il y a eu peu de décisions aussi fatidiques pour l'Ukraine que celle que nous attendons aujourd'hui", a-t-il ajouté, en se disant "convaincu que seule une réponse positive est dans l'intérêt de toute l'Europe".

Après une recommandation positive de la Commission européenne vendredi, les pays de l'UE se retrouvent jeudi et vendredi pour se prononcer sur l'octroi à l'Ukraine du statut de candidat à l'adhésion. Un feu vert nécessite l'unanimité.

«Notre armée tient le coup»

D'ici là, "évidemment, nous nous attendons à ce que la Russie intensifie ses attaques cette semaine", a prévenu le président ukrainien.

"Nous sommes prêts", a-t-il ajouté, tout en concédant que les forces ukrainiennes avaient subi des "pertes importantes". "Notre armée tient le coup", a-t-il toutefois assuré.

Dans son point matinal lundi, la présidence ukrainienne a indiqué que les bombardements augmentaient dans la région de Kharkiv.

Dans la région de Donetsk, l'intensité des bombardements "s'accroît tout au long de la ligne de front", a ajouté la présidence, faisant état d'un mort et sept blessés dont un enfant.

A Severodonetsk (est), "les Russes contrôlent la plupart des quartiers résidentiels" mais "si nous parlons de la ville tout entière, plus du tiers de la ville reste contrôlé par nos forces armées", a déclaré le chef de l'administration locale, Oleksandr Striouk.

Les combats font rage autour de cette agglomération clé pour avoir la mainmise sur l'ensemble du Donbass, partiellement contrôlé par des séparatistes prorusses depuis 2014.

Serguiï Gaïdaï, le gouverneur de la région de Lougansk qui constitue, avec celle de Donetsk, le Donbass, a confirmé à la télévision la chute du village de Metolkine, en périphérie sud-est de Severodonetsk et dont le ministre russe de la Défense avait annoncé dimanche la prise.

Retour du charbon 

Sur le front Sud où l'armée ukrainienne assure que les forces russes "incapables d'avancer sur le terrain" procèdent par bombardements, le ministère russe de la Défense a fait état lundi matin d'une frappe sur un aéroport avec des missiles de croisière.

Cette guerre pourrait durer "des années", a estimé dimanche dans le quotidien allemand Bild le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, appelant les pays occidentaux à soutenir Kiev dans la durée.

Face à l'UE, Moscou détient l'arme des hydrocarbures. Les pays comme l'Allemagne cherchent à pallier les baisses de livraison de gaz russe, quitte à recourir à des solutions peu écologiques.

"Pour réduire la consommation de gaz, il faut utiliser moins de gaz pour produire de l'électricité. A la place, les centrales à charbon devront être davantage utilisées", a indiqué dimanche le ministère allemand de l'Economie, alors que le gouvernement de coalition d'Olaf Scholz avait promis d'abandonner cette source d'énergie d'ici à 2030.

"C'est amer, mais c'est indispensable pour réduire la consommation de gaz", a avancé le ministre écologiste de l'Economie et du Climat Robert Habeck. "Il ne faut pas se faire d'illusion, nous sommes dans une épreuve de force avec Poutine".

L'Autriche a aussi annoncé dimanche la réactivation d'une centrale à charbon fermée au printemps 2020 par un gouvernement voulant éliminer cette source d'énergie polluante et produire 100% d'électricité d'origine renouvelable d'ici 2030.

Quant au groupe italien ENI, également très dépendant des livraisons de Moscou, il a été choisi dimanche par le Qatar pour rejoindre le français TotalEnergies dans le projet North Field East (NFE), qui vise à augmenter de 60% la production de gaz naturel liquéfié (GNL) du pays du Golfe d'ici 2027.


Le Texas exécute son deuxième détenu de 2022

Allan B. Polunsky, où se trouve le couloir de la mort au Texas, à Livingston (Photo, AFP).
Allan B. Polunsky, où se trouve le couloir de la mort au Texas, à Livingston (Photo, AFP).
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  • Kosoul Chanthakoummane, 41 ans, a été reconnu coupable du meurtre de Sarah Walker, 40 ans, battue et poignardée dans une maison témoin
  • Le Texas, grand Etat du Sud conservateur qui exécute le plus de détenus aux Etats-Unis, a mis à mort trois prisonniers en 2021

WASHINGTON: Un détenu, condamné à la peine capitale pour le meurtre d'une agente immobilière, a été exécuté mercredi au Texas, ont annoncé les autorités, ce qui constitue la deuxième exécution de l'Etat cette année.

Kosoul Chanthakoummane, 41 ans, a été reconnu coupable du meurtre de Sarah Walker, 40 ans, battue et poignardée dans une maison témoin en 2006.

Malgré le fait que son ADN avait été retrouvé sous les ongles de la victime et des témoignages le liant à la scène du crime, M. Chanthakoummane a toujours clamé son innocence.

"A la famille de Mme Walker, j'espère que ma mort vous apportera la paix", a-t-il dit lors de ses dernières paroles, selon les autorités texanes.

Kosoul Chanthakoummane avait tenté plusieurs fois de faire appel de sa condamnation, arguant que les preuves le liant aux crimes n'étaient pas scientifiques, mais une cour d'appel a statué que celles-ci étaient suffisantes pour que l'exécution ait lieu.

Le Texas, grand Etat du Sud conservateur qui exécute le plus de détenus aux Etats-Unis, a mis à mort trois prisonniers en 2021 et trois autres exécutions sont prévues pour 2022, selon le site du ministère de la Justice pénale du Texas.


Le Mali demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur les «actes d'agression» français

Le drapeau malien est hissé lors de la cérémonie de passation de la base militaire de Barkhane des Français à l'armée malienne à Tombouctou (Photo, AFP).
Le drapeau malien est hissé lors de la cérémonie de passation de la base militaire de Barkhane des Français à l'armée malienne à Tombouctou (Photo, AFP).
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  • Le gouvernement dominé par les militaires fait franchir un nouveau degré à l'escalade verbale de ses incriminations contre la France
  • L'armée française, poussée vers la sortie, a quitté successivement et transféré aux autorités maliennes ses différentes bases au Mali

BAMAKO: Le Mali a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU une réunion d'urgence pour faire cesser ce qu'il présente comme "les actes d'agression" de la France sous forme de violations de sa souveraineté, de soutien apporté selon lui aux groupes jihadistes et d'espionnage.

Avec ces accusations, le gouvernement dominé par les militaires fait franchir un nouveau degré à l'escalade verbale de ses incriminations contre la France. Le nouveau commandant de la force antijihadiste française au Sahel a jugé le propos "insultant" pour la mémoire des soldats français et maliens et des Casques bleus tués au Mali, pays pris dans la tourmente jihadiste et sécuritaire depuis 2012.

Ces dernières manifestations de la détérioration des relation coïncident strictement avec le départ du dernier soldat français au Mali après neuf ans d'engagement contre les jihadistes. La junte au pouvoir au Mali depuis le putsch d'août 2020 s'est détournée de la France et de ses alliés pour se tourner vers la Russie.

L'armée française, poussée vers la sortie, a quitté successivement et transféré aux autorités maliennes ses différentes bases au Mali, la dernière lundi à Gao. Les Russes semblent n'avoir pas traîné. Le gouvernement allemand a indiqué mercredi disposer d'informations selon lesquelles environ 20 à 30 personnes, probablement des Russes en uniforme, ont été repérées en train de décharger un avion sur l'aéroport de Gao le jour du départ français.

L'aéroport jouxte immédiatement le périmètre qui incluait la base française, et comprend aussi le camp de la mission de l'ONU (Minusma), avec un fort contingent allemand.

Mise en garde

Du même jour date une lettre adressée par le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, à la présidence en exercice chinoise du Conseil de sécurité de l'ONU. La lettre, transmise mercredi à des journalistes par ses services et abondamment reproduite sur les réseaux sociaux, dénonce les "violations répétitives et fréquentes" de l'espace aérien national par les forces françaises au cours des derniers mois, et les vols d'appareils français se livrant à "des activités considérées comme de l'espionnage" et des tentatives "d'intimidation".

Les autorités maliennes disposent "de plusieurs éléments de preuve que ces violations flagrantes de l'espace aérien malien ont servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes opérant dans le Sahel et pour leur larguer des armes et des munitions", ajoute M. Diop. Il laisse entendre que les Français pourraient avoir transporté par hélicoptère deux membres d'un groupe jihadiste début août dans la région de Tombouctou.

Le Mali "invite" le Conseil de sécurité à oeuvrer pour que la France "cesse immédiatement ses actes d'agression" et demande à la présidence chinoise de communiquer ces éléments aux membres du Conseil de sécurité en vue d'une réunion d'urgence, indique M. Diop.

Le Mali "se réserve le droit de faire usage de la légitime défense" si les agissements français persistent, conformémement à la Charte des Nations unies, affirme le ministre.

Le général Bruno Baratz, commandant de la force française Barkhane, a trouvé "étonnant" que les Français soient accusés de soutenir les jihadistes.

Reconnaissance

"C'est un peu insultant pour la mémoire de nos 59 camarades (français) qui sont tombés en se battant pour le Mali, et également pour la mémoire de tous les Maliens qui se sont battus à nos côtés, mais aussi les personnels de la Minusma, des forces africaines de la Minusma qui sont tombés en luttant contre le terrorisme", a-t-il dit à Radio France Internationale au Niger, pays voisin du Mali et allié de la France qui a accepté le maintien d'une base aérienne française à Niamey.

Interrogé sur les accusations portées par le Mali contre la France, le porte-parole adjoint du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a déclaré que les Nations unies étaient "extrêmement  reconnaissantes à la France et aux forces françaises de leur engagement" pour stabiliser le Mali. Farhan Haq a espéré devant la presse sans nommer personne que tout autre pays coopérant avec les autorités maliennes essaierait "pareillement de jouer un rôle stabilisateur".

Quant à une réunion d’urgence du Conseil, il a déclaré que la décision appartenait à ses membres.

Le Mali n’est pas membre du Conseil de sécurité et sa demande doit être relayée par un Etat membre. Un diplomate a jugé sous couvert de l'anonymat à New York "improbable" qu’une telle réunion ait lieu.


Variole du singe: Etudes en cours sur ses mutations génétiques

Un médecin examine un patient souffrant de plaies causées par une infection de variole du singe (Photo, AFP).
Un médecin examine un patient souffrant de plaies causées par une infection de variole du singe (Photo, AFP).
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  • Plus de 35 000 cas dans 92 pays, et 12 décès, ont été signalés à l'OMS. La quasi-totalité des nouveaux cas sont signalés en Europe
  • L'OMS a déclaré la situation d'urgence de santé publique internationale le 23 juillet

GENEVE: Des études sont en cours pour déterminer si des mutations génétiques du virus de la variole du singe sont à l'origine de la propagation rapide de la maladie, a indiqué mercredi à l'AFP l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les deux clades ou variants distincts du virus étaient appelées clades du Bassin du Congo (Afrique centrale) et de l'Afrique de l'Ouest, du nom des deux régions où elles sont endémiques. Vendredi, l'OMS a rebaptisé ces groupes respectivement Clade I et Clade II, afin d'éviter tout risque de stigmatisation géographique.

Elle a également annoncé que le clade II comportait deux sous-clades, IIa et IIb, les virus de ce dernier étant identifiés comme étant à l'origine de l'épidémie mondiale actuelle.

Mercredi, l'OMS a précisé que les clades IIa et IIb sont apparentés et partagent un ancêtre commun récent - par conséquent, IIb n'est pas une ramification de IIa.

"En examinant le génome, effectivement il y a quelques différences génétiques entre les virus de l'épidémie actuelle et les virus plus anciens du clade IIb", a déclaré l'OMS à l'AFP. "Cependant, on ne sait rien de l'importance de ces changements génétiques, et des recherches sont en cours pour établir les effets (s'il y en a) de ces mutations sur la transmission et la gravité de la maladie".

"Il est encore tôt, tant dans l'épidémie que dans les études en laboratoire, pour dire si l'augmentation des infections pourrait être due aux changements de génome observés dans le virus, ou si elle est due à des facteurs liés à l'hôte (humain)", selon l'OMS.

Une recrudescence des infections par le virus de la variole du singe a été signalée depuis début mai en dehors des pays africains endémiques. L'OMS a déclaré la situation d'urgence de santé publique internationale le 23 juillet.

Plus de 35.000 cas dans 92 pays, et 12 décès, ont été signalés à l'OMS. La quasi-totalité des nouveaux cas sont signalés en Europe et aux Amériques.

L'OMS a prévenu que sa campagne visant à renommer la variole du singe pourrait prendre "plusieurs mois". Depuis des semaines, l'organisation s'inquiète de ce nom, les experts estimant qu'il est trompeur.

La variole du singe a été ainsi baptisée parce que le virus a été identifié à l'origine chez des singes élevés pour la recherche au Danemark en 1958.

Toutefois, la maladie se manifeste le plus souvent chez les rongeurs, et l'épidémie actuelle se propage par contact entre humains.

L'OMS a demandé l'aide du public pour trouver un nouveau nom et a monté un site Web afin de collecter les suggestions.