La «stabilité est chez nous», promet Mélenchon contre les «surenchères» macronistes

«Les huit partis» formant la coalition «Ensemble», «ils sont d'accord sur quoi», a-t-il questionné (Photo, AFP).
«Les huit partis» formant la coalition «Ensemble», «ils sont d'accord sur quoi», a-t-il questionné (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 15 juin 2022

La «stabilité est chez nous», promet Mélenchon contre les «surenchères» macronistes

  • Le tribun insoumis s'est attaché à la fois à rassurer les Français sur le programme de la gauche coalisée et à mobiliser les abstentionnistes du premier tour
  • «La stabilité politique dépend de la stabilité programmatique, et elle est chez nous», a estimé Jean-Luc Mélenchon

TOULOUSE: "La stabilité est chez nous" car "on va planifier le changement", s'est exclamé Jean-Luc Mélenchon devant 1 500 personnes mardi soir en meeting à Toulouse, critiquant à l'inverse les "surenchères" et l'absence de programme clair, selon lui, des macronistes.

À cinq jours des élections législatives, le tribun insoumis s'est attaché à la fois à rassurer les Français sur le programme de la gauche coalisée et à mobiliser les abstentionnistes du premier tour.

"Je sais où je vais", a promis Jean-Luc Mélenchon à l'assistance de la salle Jean Mermoz, moins nombreuse que pour ses meetings de campagne présidentielle mais exaltée par la possibilité de priver Emmanuel Macron de majorité relative et surchauffée par les 38 degrés toulousains.

"La stabilité politique dépend de la stabilité programmatique, et elle est chez nous", a estimé Jean-Luc Mélenchon, rappelant les grandes lignes du programme de "relance" de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes).

Augmentation du SMIC, blocage des prix des produits essentiels, retraite à 60 ans, planification écologique, en tout 650 mesures sur lesquelles LFI, EELV, le PS, le PCF et Générations se sont mis d'accord - largement inspirées de la première formation.

"On va planifier le changement", a résumé M. Mélenchon. "Je ne dis pas que nous serons parfaits, peut-être serons-nous pris ici ou là par la tension énorme des événements, mais du moins savons-nous où nous allons: non ce n'est pas la marchandise, c'est l'être humain le plus précieux!"

A contrario il a moqué le flou du camp adverse. "Les huit partis" formant la coalition "Ensemble", "ils sont d'accord sur quoi", a-t-il questionné, raillant "quelques points de grande intensité technique et intellectuelle" du programme adverse, comme "mieux reconnaître les enseignants".

Cinq ans de macronisme supplémentaire, a-t-il prévenu, ce sera "le désordre, le chaos, les surenchères, nécessairement, car Macron peut pas se représenter, et la guerre de succession commence maintenant".

"Ne permettez pas à ces gens de tenir le haut du pavé, notre pays en ressortira en lambeaux, nous seuls sommes capables de garantir l'unité" du pays, a clamé l'Insoumis.

«L'audace des Français»

À chaque bon mot distribué par Jean-Luc Mélenchon, l'assistance éclate de rire, applaudit, voire hue les macronistes quand ils sont cités.

Obtenir la majorité dimanche? Nadia, éducatrice de 57 ans, estime que "ça va être un peu juste, car beaucoup de gens susceptibles de voter Nupes ne se sont pas déplacés au premier tour". Mais selon elle, "la déception de la présidentielle" a laissé place "à une prise de conscience: un front de gauche unie permet d'y croire".

C'est à cela que s'est aussi attelé Jean-Luc Mélenchon. "Ne croyez pas les pseudos projections (en sièges, favorables à Ensemble, NDLR), ne croyez que vous-mêmes, à combien de gens vous amenez au vote dimanche: le monde entier nous regarde, (...) il a besoin de l'audace des Français".

Il s'est en particulier adressé aux jeunes, qui se sont très majoritairement abstenus au premier tour, contrairement à la présidentielle où ils ont contribué à hisser Jean-Luc Mélenchon à 22% des voix.

"C'est la conscience écologique qui nous rassemble, le sens des biens communs, la jeunesse bascule en masse de ce côté, et c'est elle qui va porter la lumière du siècle", a scandé celui qui dit viser Matignon.

Alexandre Ribaut, qui à 24 ans reprend des études pour devenir prof d'histoire, a confié son "pessimisme sur la possibilité d'avoir le Premier ministre". Mais aussi son espoir "d'une très forte opposition pour faire de meilleurs débats" que dans le précédent quinquennat.


Macron se rendra au Vatican les 9 et 10 avril pour rencontrer Léon XIV

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les discussions porteront sur les défis liés à l’actualité internationale, en présence de Brigitte Macron

PARIS: Emmanuel Macron se rendra les 9 et 10 avril au Vatican où il rencontrera pour la première fois le pape Léon XIV, a annoncé mercredi la présidence française.

Le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Brigitte, abordera notamment "les défis soulevés par l'actualité internationale", a souligné la présidence française.


Carburants: Lecornu veut utiliser le "surplus" de recettes fiscales pour décarboner l'économie

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu réagit lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 31 mars 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu réagit lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Le gouvernement français privilégie une stratégie à long terme : utiliser les surplus fiscaux liés à la hausse des carburants pour accélérer l’électrification, plutôt que baisser immédiatement les taxes
  • La flambée des prix de l’énergie alimente un fort débat politique : l’opposition réclame baisses de taxes, plafonnement ou aides ciblées, tandis que l’exécutif maintient une ligne de rigueur budgétaire et d’aides limitées

PARIS: Les carburants sont le gros morceau d'une réunion mercredi du gouvernement de Sébastien Lecornu, qui promet d'utiliser certaines des recettes fiscales supplémentaires liées à la flambée des prix pour électrifier l'économie et maintient sa prudence sur des mesures massives d'allègement à court terme de la facture des usagers.

L'envolée des prix de l'énergie devient un thème politique de plus en plus brûlant après plus d'un mois de guerre au Moyen-Orient et dans un climat de pré-campagne présidentielle.

Avant cette réunion au parfum de Conseil des ministres qui a débuté à Matignon à 10H30, le chef du gouvernement a donné "instruction" à ses ministres d'identifier les actions prioritaires pour électrifier l'économie et moins dépendre des hydrocarbures importés. Il a suggéré de les financer par les "surplus" des recettes fiscales générées par la hausse des prix des carburants.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure est ainsi chargé de mettre en place, dans les prochaines semaines, une offre de location de véhicules électriques "dédiée à certaines professions" qui utilisent beaucoup leur voiture pour aller travailler, comme les infirmiers libéraux ou les aides-soignants.

De son côté, la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Energie Maud Bregeon s'est défendue de l'idée d'un Etat "profiteur" de crise, ce dont l'accuse le Rassemblement national.

"L'Etat ne s'enrichit jamais sur le dos d'une crise, parce qu'entre la perte de croissance, la perte de consommation, les aides que vous déployez (...), vous n'êtes jamais gagnant" mais s'il existe des surplus ponctuels, "ils doivent aller sur ces réponses structurelles", a-t-elle expliqué sur TF1.

- "Long terme" -

Il s'agit d'une réponse de "long terme", a-t-elle assumé, en indiquant que "moins de 10%" des stations-service rencontraient actuellement des problèmes d'approvisionnement.

Le gouvernement peine à répondre à la flambée des prix à la pompe qui grimpent au fur et à mesure que la guerre au Moyen-Orient se prolonge.

Il a jusqu'ici refusé de réduire la fiscalité sur les carburants, mesure demandée par le RN.

A droite, le chef des députés LR Laurent Wauquiez a réclamé sur France 2 que le surplus de recettes fiscales, qu'il évalue "entre deux et trois milliards" d'euros depuis le début de la crise soit "redonné aux automobilistes sous forme de baisse de taxes".

Marine Le Pen pour le RN a manié l'ironie sur X. "Je croyais qu’il n’y avait pas de +surplus+ fiscal ?" et "qu’il n’existait aucun risque de pénurie ?".

A gauche, La France insoumise réclame le blocage des prix, comme le Parti communiste. "On doit plafonner les prix à 1,60 euros le temps que la crise passe", a plaidé sur France Inter son secrétaire national Fabien Roussel.

Le Parti socialiste demande de son côté "des mesures ciblées sur les ménages les plus vulnérables".

Le prix du litre de gazole a battu un record absolu la semaine dernière. Et le SP95-110, l'essence la plus consommée, a atteint mercredi la barre symbolique des 2 euros le litre.

- "Sur-profits" -

Contraint à la discipline budgétaire pour maintenir le déficit à 5% du Produit intérieur brut cette année, l'exécutif refuse de baisser les taxes sur les carburants, une mesure réclamée par le RN jugée trop onéreuse.

Afin de pallier les difficultés de trésorerie des secteurs les plus touchés - pêche, agriculture, transports -, il a seulement concédé des aides "ciblées", éventuellement reconductibles, représentant au total près de 70 millions d'euros mensuels.

Sans pour autant calmer les transporteurs, décidés à se mobiliser toute la semaine, ni les agriculteurs dont le premier syndicat, la FNSEA, a été reçu lundi par Sébastien Lecornu, qui a promis de nouvelles aides si le conflit s'éternisait.

Malgré une baisse plus forte qu'attendue du déficit en 2025, à 5,1% au lieu de 5,4%, Sébastien Lecornu a prévenu qu'il voulait tenir l'effort de maîtrise des finances publiques en 2026 "quoi qu'il arrive", laissant peu d'espoir à ceux qui réclament davantage de soutien, à l'instar des syndicats qui ont remis de la pression mardi.

L'ONG Greepeace a accusé dans une étude publiée mercredi, les compagnies pétrolières de réaliser plus de 80 millions d'euros de "sur-profits" par jour, dans les pays de l'UE depuis le début de la guerre, grâce à une augmentation de leurs marges.

Outre les carburants, les ministres discuteront du calendrier parlementaire, très restreint pour cause d'élections sénatoriales en septembre, et de mesures de simplification visant à rendre l'Etat plus efficace.

Avant d'être rattrapé par l'énergie, le chef du gouvernement avait prévu, à la sortie des municipales, d'axer son discours sur le régalien: l'effort militaire, la sécurité et la justice.


Immigration clandestine: Londres et Paris prolongent un accord, le temps de finaliser leurs négociations

Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
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  • "Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises en matière de maintien de l'ordre"
  • Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros)

LONDRES: Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat.

Le traité de Sandhurst, signé en 2018 entre Londres et Paris, prévoit que le Royaume-Uni finance une partie des actions menées par la France pour sécuriser la frontière, car c'est sur le sol français que se déroulent les contrôles des personnes en partance pour le Royaume-Uni.

Il avait été prolongé de trois ans en 2023, et devait expirer ce mardi à minuit.

Depuis des mois, les deux gouvernements négocient âprement une nouvelle prolongation, mais sont en désaccord sur les objectifs la future contribution financière du Royaume-Uni.

"Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises essentielles en matière de maintien de l'ordre et de surveillance", a indiqué mardi le ministère britannique de l'Intérieur dans un communiqué.

Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros), a-t-il précisé.

Depuis 2023, le Royaume-Uni a versé 540 millions d'euros à la France dans le cadre du traité, selon Paris.

L'an passé, 41.472 migrants ont entrepris la traversée périlleuse de la Manche depuis la France, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45.774 enregistré en 2022, selon les données du Home Office. Au moins 29 migrants ont péri en mer en 2025, selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est sous pression pour réduire ces traversées, dans un contexte de montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.

"Notre collaboration avec la France a permis d'empêcher 42.000 tentatives de traversées de la Manche par des migrants illégaux", a rappelé mardi la ministre britannique de l'Intérieur Shabana Mahmood, citée dans le communiqué.

Selon plusieurs médias britanniques, Londres souhaiterait conditionner le versement d'une contribution financière à l'atteinte d'un objectif d'interception d'embarcations supérieur à celui constaté actuellement.

La France s'y oppose, mettant en avant le droit international de la mer qui donne la priorité à la sécurité des embarcations et de leurs passagers.