Climat: les citadins face à la surchauffe urbaine

Les gens se rafraîchissent pour lutter contre la chaleur torride lors d'une vague de chaleur à Séville le 13 juin 2022. CRISTINA QUICLER / AFP
Les gens se rafraîchissent pour lutter contre la chaleur torride lors d'une vague de chaleur à Séville le 13 juin 2022. CRISTINA QUICLER / AFP
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Publié le Mardi 14 juin 2022

Climat: les citadins face à la surchauffe urbaine

  • Alors que les centres urbains se transforment lors des vagues de chaleurs en véritables radiateurs, les pistes se multiplient pour réduire l'inconfort des citadins
  • Sans oublier le cercle vicieux de la climatisation qui en rafraîchissant ceux qui peuvent se l'offrir réchauffe l'air extérieur par ses rejets

PARIS: Routes bitumées, manque de végétation, rejet de chaleur des climatiseurs... alors que les centres urbains se transforment lors des vagues de chaleurs en véritables radiateurs, les pistes se multiplient pour réduire l'inconfort des citadins, plus asphyxiés qu'à la campagne.

Microclimat urbain

A la campagne, la végétation utilise le soleil et l'eau du sol pour la photosynthèse, puis restitue à l'atmosphère l'eau puisée dans le sol. La nuit, cette "évapotranspiration" s'arrête.

Mais en ville, les surfaces largement imperméables emmagasinent l'énergie solaire. Et pendant la nuit, ces bâtiments, routes en bitume et trottoirs relâchent dans l'air la chaleur accumulée.

Résultat, il fait souvent plus chaud dans une ville qu'en périphérie, avec des écarts encore plus marqués pendant les canicules et la nuit, qui peuvent aller jusqu'à plusieurs degrés de plus que dans la campagne environnante.

Ce mécanisme est connu sous le nom d'"îlots de chaleur urbains" (ICU), mais il devient "surchauffe urbaine" lorsqu'on y ajoute l'inconfort thermique des habitants, qui dépend aussi de paramètres plus individuels (âge, logement sous les toits mal isolés, métabolisme...).

Avec des impacts sanitaires majeurs. "La situation des citadins soumis à ces conditions extrêmes peut conduire à des coups de chaleur et des déshydratations jusqu'à la mort des personnes les plus fragiles", souligne l'Ademe dans son guide "Rafraîchir les villes".

Par exemple, lors de la canicule historique de 2003 qui avait fait plus de 15.000 morts en France, la surmortalité avait atteint 141% à Paris ou 80% à Lyon, contre 40% dans les villes petites et moyennes, selon Santé Publique France.

Canicule: le corps mis à rude épreuve, des précautions à prendre

Pendant les fortes chaleurs ou les épisodes de canicule, l'organisme est mis à rude épreuve et certaines populations sont particulièrement vulnérables. Pour éviter déshydratation ou coup de chaud, un certain nombre de précautions sont à prendre.

La chaleur a un effet immédiat sur l'organisme

Les impacts de la chaleur sur la santé ne se limitent pas aux phénomènes extrêmes, rappelle le ministère de la Santé.

Dès les premières hausses du mercure, le corps cherche à maintenir sa température centrale stable, autour de 37 degrés Celsius, à la manière d'un thermostat.

Il active en fait des mécanismes de thermorégulation qui lui permettent de compenser cette hausse: augmentation du débit sanguin au niveau de la peau par dilatation des vaisseaux cutanés et transpiration.

La vasodilatation des vaisseaux permet d'évacuer la chaleur vers la surface du corps. La sueur permet, elle, de refroidir la surface de la peau.

Ces processus visent à éviter l'apparition de problèmes de santé liés aux températures élevées.

Différents risques pour la santé

Il peut arriver que les mécanismes de thermorégulation soient débordés et que des symptômes liés à la chaleur se manifestent comme de la fatigue, des maux de tête, de la fièvre, ou des troubles du sommeil.

Ils sont parfois annonciateurs d'accidents graves comme la déshydratation, qui traduit une diminution excessive de l'eau contenue dans les tissus, ou une insolation, après une trop grande exposition au soleil.

Le risque le plus grave est le coup de chaleur, qui peut entraîner le décès. Il correspond à une surchauffe de l'organisme avec une température au-delà de 40°C.

Enfants et personnes âgées plus vulnérables

Les enfants, notamment ceux âgés de moins de cinq ans, constituent des populations à risque d'accidents graves, tels que le coup de chaleur ou la déshydratation rapide.

Les personnes âgées ou affectées de pathologies chroniques, aux capacités d'adaptation moindres, sont également plus à risques.

Chez les personnes âgées, le nombre des glandes sudoripares - dont le rôle est de produire de la sueur- est diminué du fait de l'âge.

En cas de vague de chaleur (diurne et nocturne), ces glandes sont stimulées en permanence. Au bout de quelques jours, elles "s'épuisent" et la production de sueur chute. La température corporelle centrale augmente, du fait essentiellement d'une réduction des capacités de thermolyse par évaporation. Ce phénomène est accentué par le fait que l'énergie demandée est alors importante et dépasse les capacités d'une personne âgée.

Plus ou moins exposé selon le travail ou le mode de vie
Certaines personnes sont aussi plus vulnérables en raison de leurs conditions de vie.

Vivre en ville, surtout si l'habitat est dense et mal isolé (appartements vétustes, sous les toits...) expose davantage le corps aux fortes chaleurs.

Un épisode de pollution de l'air ambiant concomitant aggrave la situation.

Les professionnels travaillant à l’extérieur (comme les maçons, couvreurs...) subissent davantage la chaleur, ainsi que les sportifs, en raison des efforts physiques intenses à fournir.

La canicule affecte aussi particulièrement ceux qui sont sans-abri ou très isolés, notamment s’ils ne peuvent accéder à aucun endroit frais ou climatisé.

Certains médicaments peuvent présenter un risque en cas de forte chaleur. Par exemple ceux qui peuvent provoquer ou aggraver une déshydratation en augmentant les pertes d'eau au niveau du rein, comme les diurétiques.

Face aux fortes chaleurs, des précautions s'imposent

Dans la pratique, il faut s'hydrater et rester au frais.

Les autorités sanitaires recommandent ainsi d'éviter de sortir aux heures les plus chaudes, de maintenir le logement frais dans la mesure du possible, ou de passer plusieurs heures par jour dans un lieu frais (cinéma, bibliothèque municipale, supermarché, musée...).

Il est aussi préconisé de boire régulièrement de l'eau sans attendre d'avoir soif, de se rafraîchir et se mouiller le corps plusieurs fois par jour, de manger en quantité suffisante et ne pas boire d'alcool, d'éviter les efforts physiques.

Sans oublier de donner régulièrement des nouvelles à des proches et de ne pas hésiter à solliciter de l'aide, et de se tenir informé avec le site de vigilance de Météo-France.

Des facteurs identifiés

Les facteurs favorisant ces "bulles de chaleur" urbaines sont connus: beaucoup de surfaces artificielles minérales et sombres qui absorbent la chaleur, pas assez de végétation, propriétés des matériaux de construction, présence insuffisante d'eau, activités humaines, orientation des bâtiments, forme des villes...

Sans oublier le cercle vicieux de la climatisation qui en rafraîchissant ceux qui peuvent se l'offrir réchauffe l'air extérieur par ses rejets.

Des solutions

La question du rafraîchissement urbain est un domaine de recherche encore récent mais crucial alors que les îlots de chaleur urbains risquent d'amplifier les effets des canicules qui se multiplient et s'intensifient avec le réchauffement de la planète.

Des solutions existent pour faire éclater ces bulles de chaleur, comme l'explique l'Ademe dans son guide qui présente 19 types de mesures "émergentes ou éprouvées" parmi lesquels les villes peuvent piocher en fonction de leurs spécificités.

D'abord des solutions basées sur la nature, en bref la végétation et l'eau: développement de parcs qui forment de vrais îlots de fraîcheur, plantation d'arbres pour l'ombrage, toitures végétalisées pour le confort intérieur, façades végétalisées pour limiter l'inconfort des piétons, ou encore plans d'eau et rivières avec leurs berges végétalisées.

Parmi les solutions "grises", l'Ademe met notamment en avant des formes urbaines "bioclimatiques" qui permettent une meilleure circulation de l'air, l'arrosage de l'espace urbain, des structures d'ombrage, des panneaux solaires pour remplacer les surfaces qui emmagasinent la chaleur ou encore des revêtements drainants, l'isolation des bâtiments.

Dernière piste évoquée, les solutions "douces" liées à l'usage de la ville, comme la réduction du trafic routier et des moteurs thermiques qui produisent de la chaleur ou encore la limitation de la climatisation.

Pas de miracle

Mais attention, "aucune solution ne peut résoudre seule la problématique de la surchauffe urbaine", prévient l'Ademe qui suggère une combinaison de plusieurs solutions.

"Il est alors important de prendre en considération le fait que certaines solutions ne sont pas compatibles, voire s'annulent entre elles, tandis que d’autres agiront en synergie".

Il faut également dans le choix des solutions possibles se pencher sur l'effet recherché de chaque solution: rafraîchissement global de la ville ou à l'échelle du confort du piéton.

Ainsi par exemple, les fontaines et jets d'eau ont un impact fort pour le confort thermique mais aucun à l'échelle de la ville.

Au contraire, des revêtements réfléchissant la lumière (peinture blanche ou matériaux innovants) sur les sols, les murs ou les toits, réduisent l'îlot de chaleur urbain mais peuvent créer de l'inconfort pour les passants à cause du rayonnement.


La canicule "recule" mais la pression sur le système de santé va durer "plusieurs jours", prévient Matignon

Une enseigne de pharmacie affiche 44 °C à Thionville, dans le nord-est de la France, le 26 juin 2026, en pleine vague de chaleur. (AFP)
Une enseigne de pharmacie affiche 44 °C à Thionville, dans le nord-est de la France, le 26 juin 2026, en pleine vague de chaleur. (AFP)
  • La canicule recule en France, mais ses effets sanitaires devraient se poursuivre plusieurs jours, avec une pression élevée sur les hôpitaux et une hausse des décès, notamment à domicile
  • Le gouvernement maintient un niveau de vigilance élevé face aux risques d'incendies et prévoit un bilan de cette crise pour renforcer la préparation aux futures vagues de chaleur

PARIS: La canicule "recule" mais ses effets sanitaires "restent devant nous" pendant "plusieurs jours", ont indiqué samedi les services du Premier ministre Sébastien Lecornu, à l'issue d'une nouvelle cellule interministérielle de crise (CIC) sur la vague de chaleur inédite, à laquelle il a assisté en visio.

"Si la canicule recule, ses effets sur la pression sur le système de santé, eux, restent devant nous: un plateau haut va s'installer pendant plusieurs jours, par effet de latence sanitaire (déshydratation, décompensations, hospitalisations différées)", a écrit Matignon dans un compte-rendu de la réunion qui s'est tenue samedi matin.

Matignon appelle à la "vigilance de tout un chacun" en confirmant, comme déjà évoqué par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, "une hausse du nombre de décès, principalement à domicile, cohérente avec un pic différé" et liée à "l'isolement de certaines personnes âgées ou fragiles".

En revanche, "aucune situation anormale dans les Ehpad n'a été remontée", soulignent les services de M. Lecornu, attentif à ne pas répéter les erreurs qui avaient marqué la canicule de 2003, qui a fait 15.000 morts, dont beaucoup de personnes âgées.

Matignon fait valoir "l'efficacité des mesures mises en place par les équipes sur le terrain et les nombreux investissements réalisés ces dernières années".

Le système de santé "connaît un pic d'activité lié à la canicule" qui "justifie le maintien" de la mobilisation à son niveau le plus élevé (plan Orsan 3) et le "déclenchement des plans blancs" dans les hôpitaux concernés, détaille Matignon.

Dans un autre message à la presse, le Premier ministre se dit "prêt" sur le volet des feux de forêts, alors que les départs de feu et les interventions des services d'urgence sont "plus élevés" que l'année dernière.

Le gouvernement invite à "la vigilance" du fait de "la sécheresse de la végétation et de l'arrivée du mistral et de la tramontane", en rappelant qu'une "régulation des moissons" a été mise en œuvre pour éviter les départs de feu, ainsi que les investissements déjà engagés pour la sécurité civile.

Le Premier ministre se félicite aussi que "de nombreux choix" ces derniers jours aient "bien fonctionné dans la gestion de crise", citant l'interdiction de la consommation d'alcool lors de la Fête de la musique ou l'"effet" des investissements pour l'hôpital issus du Ségur de la Santé.

Mais il reconnaît que "d'autres points peuvent devenir préoccupants en cas de canicules répétées et doivent être traités : rafraîchissement des hopitaux, robustesse des réseaux d'eau, électrique, SNCF".

Il a demandé de ce fait un "bilan" de cette canicule "pour en tirer des conclusions de planification", alors que l'exécutif est critiqué pour n'avoir pas suffisamment anticipé la crise climatique.


Macron reçoit lundi le sultan d'Oman, acteur-clé du détroit d'Ormuz

Le président français Emmanuel Macron s'adresse à la presse à l'issue de la réunion des chefs d'État du Groupe des cinq européens (E5) et du secrétaire général de l'OTAN, le 24 juin 2026, à la Chancellerie à Berlin, en Allemagne. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'adresse à la presse à l'issue de la réunion des chefs d'État du Groupe des cinq européens (E5) et du secrétaire général de l'OTAN, le 24 juin 2026, à la Chancellerie à Berlin, en Allemagne. (AFP)
  • Le président Emmanuel Macron recevra lundi le sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq, pour renforcer les relations bilatérales et défendre une réouverture libre du détroit d’Ormuz
  • Les deux dirigeants évoqueront la désescalade régionale, la sécurité maritime et le renforcement de la coopération franco-omanaise

PARIS: Emmanuel Macron va recevoir lundi le sultan d'Oman Haïtham ben Tariq pour la première visite en France du dirigeant du pays du Golfe riverain du détroit d'Ormuz, auprès duquel il plaidera pour la réouverture "libre et sans condition" de ce passage maritime stratégique.

"Les échanges permettront de réaffirmer l'importance du soutien à la désescalade régionale et aborderont la sécurisation des voies maritimes qui passe par un passage libre et sans condition dans le détroit d'Ormuz", a déclaré vendredi la présidence française dans un communiqué.

Malgré l'accord conclu mi-juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur: Téhéran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre et auxquels Washington s'oppose.

Ce passage large d'une trentaine de kilomètres entre l'Iran et Oman, est ultrastratégique: 20% du commerce mondial d'hydrocarbures y transitait avant la guerre. Et son blocage, durant le conflit, a eu un lourd impact sur toute l'économie mondiale.

La France et le Royaume-Uni ont rassemblé une coalition de pays non belligérants prêts à mener une mission maritime de sécurisation et déminage d'Ormuz maintenant que les armes se sont tues.

A l'issue du sommet du G7 d'Evian, en France, le président français avait affirmé qu'il s'agissait d'une "proposition" qui dépendait "des accords passés entre l'Iran, les Etats-Unis d'Amérique, avec l'accord aussi d'Oman".

Or le président américain Donald Trump n'avait manifesté qu'un intérêt relatif en public pour cette mission. Les capacités de déminage en mer des pays de la coalition avaient toutefois attiré son attention durant le G7, selon un diplomate participant au sommet.

Emmanuel Macron et le sultan d'Oman s'entretiendront d'abord à la mi-journée au palais de l'Elysée, où des accords seront signés, puis s'exprimeront tous deux dans l'après-midi à l'ouverture d'un forum d'affaires dans un hôtel de la capitale française.

Cette visite "confirme la relation renforcée entre la France et le Sultanat d'Oman dans de nombreux domaines, notamment économique, scientifique, culturel ou encore industriel", estime l'Elysée.


Deux tiers de la France en alerte canicule maximale, décrue des températures à l'horizon

A winegrower protects himself from the sun under an umbrella as he works in Burgundy vineyards in Gevrey-Chambertin, central-eastern France, on May 28, 2026 as a heatwave hits France. (AFP)
A winegrower protects himself from the sun under an umbrella as he works in Burgundy vineyards in Gevrey-Chambertin, central-eastern France, on May 28, 2026 as a heatwave hits France. (AFP)
  • La France reste fortement touchée par une canicule exceptionnelle, avec 61 départements toujours en vigilance rouge, même si une baisse progressive des températures est attendue à partir de l'ouest
  • La vague de chaleur perturbe les services publics et l'économie : hôpitaux sous tension, événements annulés ou reportés, coupures d'électricité et impacts sanitaires croissants en France et ailleurs en Europe

PARIS: Deux tiers de la France restent vendredi écrasés par une canicule d'ampleur exceptionnelle à l'échelle européenne, mais quelques départements sortent du niveau d'alerte maximale et une baisse progressive des températures pointe à l'horizon.

Avec 61 départements en vigilance rouge vendredi, la canicule reflue légèrement après le pic de l'épisode atteint la veille.

Onze de ces départements devraient passer en vigilance orange vendredi à 22H00, selon Météo-France, et treize autres seront rétrogradés samedi à 06H00.

"L'air le plus chaud va progressivement se décaler vers l'Est du pays", explique Météo-France, ajoutant que "de l'air plus frais commence à gagner par l'ouest et le nord-ouest".

Le préfet de police de Paris a averti qu'il était possible que des événements festifs prévus ce week-end, notamment la Marche des fiertés samedi, soient annulées par arrêté, alors que le système hospitalier est "saturé".

Une Marche des fiertés à Lyon prévue samedi a déjà été reportée à septembre, et les courses "We run" à Paris du week-end ont été annulées. Plusieurs milliers de personnes étaient attendues.

D'ici là, plus de 850.000 collégiens passent dès vendredi les épreuves du brevet. Si certains oraux du baccalauréat ont été reportés de quelques jours pour faire face à la vague de chaleur historique, le brevet des collèges est bien maintenu, avec le français au programme vendredi matin.

Les collégiens pourront, "évidemment", "à tout moment, au cours de l'épreuve, aller se rafraîchir, de l'eau sera distribuée", a affirmé jeudi sur France 2 le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.

Emmanuel Macron a assuré jeudi qu'un "gros travail a été fait" par la France contre le réchauffement climatique, mais qu'on "ne s'adapte pas à un pic" qui n'a "jamais eu d'équivalent dans notre histoire".

La chaleur ne se limite pas aux frontières de l'Hexagone, et ce sont au moins 101 millions d'Européens qui ont enduré des températures supérieures à 35°C jeudi.

Comme la Suisse, le Royaume-Uni a battu son record de chaleur pour un mois de juin, tandis que le service d'ambulances londonien a enregistré son "record historique d'interventions pour des urgences vitales" mercredi.

- "Mortalité en hausse" -

Les conséquences sanitaires commencent à émerger: au moins 212 décès pouvant être attribués à la vague de chaleur ont été recensés de dimanche à mercredi en Espagne, contre 98 à la même période 2025, selon des données publiées par l'Institut de santé Carlos III à Madrid.

De son côté, le maire de Paris Emmanuel Grégoire a évoqué une "mortalité en hausse", sans précision chiffrée, dans la capitale française où le thermomètre a franchi mercredi pour la quatrième fois en 150 ans les 40°C.

Les infrastructures souffrent également des températures, et 50.000 foyers étaient privés d'électricité, notamment dans les Yvelines (33.000), Hauts-de-Seine (7.400) et Gironde (5.700), selon le gestionnaire Enedis, qui a activé sa force d'intervention rapide électricité (FIRE).

L'activité économique est elle aussi perturbée, avec par exemple le célèbre fabricant de cocottes en fonte émaillée Le Creuset qui a suspendu sa production dans l'Aisne de mercredi après-midi jusqu'à lundi.

Les  canicules à répétition  sont  un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion d'énergies fossiles par les humains.

"Inévitablement, nous allons expérimenter plus de ce que l'on vient de vivre ces derniers jours", a prévenu mercredi Jim Skea, le président du Giec, groupe d'experts sur le climat travaillant pour le compte de l'ONU.

Le réchauffement dans certaines régions ou les océans va au-delà des prévisions des scientifiques, a-t-il expliqué.