La Jordanie permet l’acheminement de l’aide humanitaire vers un camp de réfugiés syriens

Des réfugiés syriens marchent dans le camp de Zaatari, au nord de la capitale jordanienne Amman. (AFP)
Des réfugiés syriens marchent dans le camp de Zaatari, au nord de la capitale jordanienne Amman. (AFP)
Short Url
Publié le Samedi 11 juin 2022

La Jordanie permet l’acheminement de l’aide humanitaire vers un camp de réfugiés syriens

  • En juin 2016, la Jordanie a déclaré les zones frontalières du nord et du nord-est comme zone militaire fermée à la suite d’une attaque terroriste qui visait un poste militaire au service des réfugiés près de la frontière
  • Selon l’ONU, la majeure partie de la population de Rukban, composée principalement de femmes et d’enfants, vit dans un environnement extrêmement difficile et précaire

AMMAN: Pour la première fois en près de trois ans, la Jordanie a autorisé l’aide humanitaire aux réfugiés syriens dans le camp de Rukban, situé près de la frontière nord-est avec la Syrie.

Vendredi, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a rapporté que des militants ont vu l’aide entrer à Rukban depuis la Jordanie.

Selon l’ONU, le camp abrite environ 50 000 Syriens (10 000 familles) qui restent bloqués dans cette installation désertique.

L’observatoire basé à Londres affirme également que les militants ont vu l’aide humanitaire livrée au camp depuis le point de passage de Taha à la base militaire américaine d’Al-Tanf au sud de la Syrie, à l'intersection de ses frontières avec la Jordanie et l’Irak.

«Le point de passage de Taha est utilisé comme centre de soutien par la coalition anti-Daech dirigée par les États-Unis», indique l’observatoire.

En avril 2020, la Jordanie a mis fin à l’acheminement de l’aide humanitaire depuis son territoire vers Rukban, citant des problèmes de santé en lien avec la pandémie de Covid-19.

Le gouvernement a déclaré que le camp se trouvait à l’intérieur de la Syrie et que ses résidents étaient tous des Syriens. Toute l’aide devrait donc provenir de l’intérieur de la Syrie.

En juin 2016, la Jordanie a déclaré les zones frontalières du nord et du nord-est comme zone militaire fermée à la suite d’une attaque terroriste qui visait un poste militaire au service des réfugiés près de la frontière, tuant sept membres des forces de sécurité et en blessant treize autres.

Entre juin 2016 et avril 2020, la Jordanie a approuvé la livraison exceptionnelle d’aide administrée par l’ONU à Rukban avant de l’interrompre au plus fort de la pandémie.

Une source gouvernementale jordanienne, préférant l’anonymat, n’a ni confirmé ni démenti les informations sur l’acheminement de l’aide à Rukban, mais s’est contentée de dire: «La position de la Jordanie sur cette question est claire».

Interrogée vendredi par Arab News, la source déclare que «l’aide acheminée vers Rukban est une question d’ordre militaire».

En raison du manque d’aide humanitaire à Rukban, l’observatoire a déclaré que ses habitants dépendaient depuis longtemps des passeurs pour obtenir de la nourriture et des médicaments.

L’observatoire indique que l’armée syrienne et des militants alliés ont imposé un siège à Rukban pendant 34 jours après que ses habitants ont exigé l’entrée de nourriture et de médicaments.

Selon le site d’information Syria Direct, des femmes et des enfants du camp ont organisé une manifestation le 25 mars, appelant la communauté internationale et les organisations humanitaires à porter la responsabilité de l’acheminement de l’aide. Les forces gouvernementales syriennes ont barré les routes de contrebande qui fournissaient au camp des produits de base.

Selon l’ONU, la majeure partie de la population de Rukban, composée principalement de femmes et d’enfants, vit dans un environnement extrêmement difficile et précaire et souffre d’un accès irrégulier et inadéquat à la nourriture, aux soins de santé et à l’éducation.

«En raison des hostilités au nord de Rukban, la communauté a parfois été coupée du faible trafic commercial de produits essentiels. Les prix ont également fluctué de façon spectaculaire, ce qui a poussé la population à recourir à des mécanismes d’adaptation nuisibles pour survivre», conclut l’ONU.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Égypte maintient sa position sur Taïwan, affirme le président Al-Sissi

Au lendemain de la visite de la représentante américaine sur l’île autonome, la Chine a entamé des exercices militaires sans précédent et a tiré plusieurs missiles près de Taïwan. (Reuters)
Au lendemain de la visite de la représentante américaine sur l’île autonome, la Chine a entamé des exercices militaires sans précédent et a tiré plusieurs missiles près de Taïwan. (Reuters)
Short Url
  • La visite à Taïwan de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, a provoqué la colère de la Chine, qui considère que l’île fait partie de son territoire
  • En réponse à la visite de la représentante américaine à Taïwan, la Chine a déclaré qu’elle suspendait les pourparlers avec les États-Unis dans un certain nombre de domaines, notamment en matière de changement climatique

LE CAIRE: Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, déclare que la politique de son pays demeure cohérente à l’égard de Taïwan, étant donné que l’Égypte soutient la politique d’une seule Chine.
Lors d’un discours prononcé devant des étudiants militaires, le président affirme que l’Égypte soutient la politique d’une Chine unique dans la mesure où cette dernière est dans l’intérêt de la sécurité et de la stabilité mondiale.
«Nous ne voulons plus de crises mondiales qui pourraient nous affecter tous. Nous avons des constantes dans notre politique étrangère. Elles ne changent pas. Nous tenons toujours à soutenir la stabilité régionale et internationale», affirme-t-il.
La visite à Taïwan de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, a provoqué la colère de la Chine, qui considère que cette île fait partie de son territoire.
Au lendemain de la visite de la représentante américaine sur l’île autonome, la Chine a entamé des exercices militaires sans précédent et elle a tiré plusieurs missiles près de Taïwan.
En réponse à cette visite, la Chine a déclaré vendredi dernier qu’elle suspendait les pourparlers avec les États-Unis dans un certain nombre de domaines, notamment en matière de changement climatique. Le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé qu’il mettait également fin aux communications avec les États-Unis sur la lutte contre la criminalité transnationale et le trafic de drogue – des actions que les États-Unis ont qualifiées d’irresponsables.
Jeudi, les États-Unis ont qualifié la démonstration de force de la Chine de «réaction excessive» et de «provocation», après que Pékin a lancé des missiles et stationné des avions de combat près de Taïwan en représailles à la visite de Nancy Pelosi sur l’île.
Le ministère taïwanais de la Défense a annoncé vendredi avoir envoyé des avions pour avertir les appareils chinois qui, selon lui, auraient violé la ligne médiane dans le détroit de Taïwan, une frontière non officielle entre les deux parties, et pénétré dans la zone de défense aérienne de l’île.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gaza: ouverture des points de passage après une trêve entre Israël et le Jihad islamique

Short Url
  • Un journaliste de l'AFP a vu entrer des camions de carburant par le point de passage des marchandises de Kerem Shalom
  • Les points de passage entre l'Etat hébreu et la bande de Gaza, fermés mardi par Israël, ont été rouverts "pour des besoins humanitaires lundi"

GAZA: Des camions de carburant sont entrés dans la bande de Gaza lundi matin, après l'entrée en vigueur d'une trêve entre le Jihad islamique et Israël au terme de trois jours d'hostilités qui ont coûté la vie à 44 Palestiniens dans des frappes israéliennes sur l'enclave.

Un journaliste de l'AFP a vu entrer des camions de carburant par le point de passage des marchandises de Kerem Shalom, dans le sud de la bande de Gaza. Samedi, la seule centrale électrique de Gaza a été mise à l'arrêt en raison d'une pénurie de carburant.

Les points de passage entre l'Etat hébreu et la bande de Gaza, fermés mardi par Israël, ont été rouverts "pour des besoins humanitaires lundi", a annoncé dans un communiqué le Cogat, l'organe du ministère israélien de la Défense qui supervise les activités civiles dans les Territoires palestiniens.

"Le retour à la routine se fera en fonction des développements de la situation et si la sécurité est respectée", ajoute le communiqué.

Après cette trêve négociée par l'Egypte, intermédiaire historique entre Israël et les Palestiniens, l'Etat hébreu a aussi annoncé la reprise de la circulation ferroviaire dans la zone proche de la bande de Gaza et autorisé ses citoyens vivant dans les villages limitrophes de l'enclave palestinienne de quitter les abris.

Médicaments, électricité

Dimanche, le bureau du Premier ministre israélien Yaïr Lapid a affirmé que la trêve entrerait en vigueur à 23H30 locales, tout en soulignant que son pays "se réservait le droit de répondre fermement à toute violation".

A Gaza où il est implanté, le Jihad islamique a lui confirmé qu'il "cesserait les hostilités" à partir de cette heure-là, mais a aussi averti qu'il se réservait "le droit de répondre à toute (nouvelle) agression" israélienne.

Joe Biden a salué le cessez-le-feu et remercié le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour le rôle joué par son pays dans sa négociation. Le président américain a également demandé que des enquêtes soient menées sur les victimes civiles, qu'il a qualifiées de "tragédie".

L'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland a salué sur Twitter l'accord de trêve mais affirmé "que la situation rest(ait)e très fragile".

L'accord de trêve prévoit entre autres "l'engagement de l'Egypte à oeuvrer en faveur de la libération de deux prisonniers" du Jihad islamique aux mains d'Israël, a affirmé le groupe palestinien.

Dimanche, dix-sept Palestiniens dont neuf enfants ont été tués dans les raids israéliens notamment sur Jabaliya, la ville de Gaza et Rafah, a indiqué le ministère de la Santé du mouvement armé palestinien Hamas, au pouvoir dans l'enclave sous blocus israélien depuis plus de quinze ans.

Depuis le début vendredi de l'opération israélienne, "44 Palestiniens sont tombés en martyrs dont 15 enfants" et "360 ont été blessés", selon le ministère, qui a fait en outre état d'immeubles entiers détruits dans les frappes.

Trois personnes ont été blessées en Israël par les tirs de roquettes depuis vendredi, selon des secouristes. D'après l'armée, des centaines de roquettes ont été tirées à partir de Gaza depuis vendredi, la grande majorité ayant été interceptées.

Les autorités israéliennes ont par ailleurs affirmé que certains Palestiniens tués auraient péri à cause de tirs de roquettes ratés du Jihad islamique vers Israël, tombées dans l'enclave palestinienne.

A Gaza, le directeur de l'hôpital al-Chifa a affirmé que son établissement avait besoin en urgence de médicaments et d'électricité.

« Attaque préventive »

L'armée israélienne a présenté son opération lancée vendredi comme une "attaque préventive" contre le Jihad islamique, au cours de laquelle ses principaux chefs militaires à Gaza, Tayssir Al-Jabari et Khaled Mansour, ont été tués de même que plusieurs combattants du groupe.

La mort des chefs militaires a été confirmée par le Jihad islamique, considéré comme "terroriste" par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Les autorités israéliennes ont justifié leur opération par leurs craintes de représailles du Jihad islamique après l'arrestation de Bassem al-Saadi le 1er août en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël.

Ces derniers jours, quelque 40 membres du Jihad islamique ont été arrêtés par les forces israéliennes en Cisjordanie.

La confrontation entre Israël et le Jihad islamique est la pire depuis celle entre Israël et le Hamas en mai 2021. Cette dernière avait fait en onze jours 260 morts côté palestinien dont des combattants et 14 morts en Israël, dont un soldat, d'après les autorités locales.


Cryptomonnaies: volte-face salutaire du Maroc

Une photo d'illustration prise à Londres le 8 mai 2022 montre une pièce de monnaie Tether de crypto-monnaie souvenir plaquée or (USDT) disposée à côté d'un écran affichant un graphique boursier. Justin TALLIS / AFP.
Une photo d'illustration prise à Londres le 8 mai 2022 montre une pièce de monnaie Tether de crypto-monnaie souvenir plaquée or (USDT) disposée à côté d'un écran affichant un graphique boursier. Justin TALLIS / AFP.
Short Url
  • Le Maroc est classé vingt-quatrième mondial avec près de neuf cent mille utilisateurs de monnaies virtuelles, en particulier le Bitcoin
  • Le projet de loi en cours d’élaboration prévoit un système d’agréments et de licences des plates-formes d’échanges des cryptomonnaies, à l’instar de celui adopté en France

CASABLANCA: Face à la profusion de l’usage des cryptomonnaies au Maroc, le royaume chérifien change de stratégie. Alors que la Banque centrale avait adopté dans le passé une posture très conservatrice allant jusqu’à l’interdiction de l’usage des monnaies virtuelles, elle vient d’effectuer un véritable virage stratégique sur cette question. Les équipes de Bank al-Maghrib, la Banque centrale marocaine, travaillent actuellement, avec la participation du Fonds monétaire international (FMI), sur un projet de loi réglementant l’usage des cryptomonnaies au Maroc. Une première pour ce pays qui est classé vingt-quatrième mondial avec près de neuf cent mille utilisateurs de monnaies virtuelles, en particulier le Bitcoin.

Mi-juillet, les équipes de la Banque centrale ont rencontré Changpeng Zhao, le fameux fondateur de Binance.

Le projet de loi en cours d’élaboration prévoit un système d’agréments et de licences des plates-formes d’échanges des cryptomonnaies, à l’instar de celui adopté en France. Les préparatifs de ce projet de loi vont bon train et des rencontres ont déjà commencé avec des experts en la matière. Mi-juillet, les équipes de la Banque centrale ont rencontré Changpeng Zhao, le fameux fondateur de Binance, l’une des plus grandes plates-formes d’échanges de monnaies virtuelles au monde, proposant de plus de six cents cryptomonnaies.

«L’annonce par la Banque centrale de ce projet de loi est une très bonne nouvelle. J’ai accueilli l’annonce avec beaucoup d’intérêt, car elle va donner un caractère légal à la cryptomonnaie et ça permettra de protéger les utilisateurs marocains», indique à Arab News en français Badr Bellaj, expert en blockchain et cofondateur de l'entreprise Mchain. Toutefois, la difficulté principale se situerait, selon notre interlocuteur, dans le choix du consultant pour ce projet de loi. «S’adosser au FMI pour l’élaboration du cadre réglementaire de la cryptomonnaie au Maroc donne un mauvais signal. Nous savons que le FMI a une idée très conservatrice sur ce secteur. J’espère que la Banque centrale ne va pas adopter les consignes du FMI à la lettre. Il nous faut une loi qui réglemente la cryptomonnaie, mais qui autorise aussi son utilisation sous des conditions bien précises», avertit M. Bellaj.

Une fois la loi réglementant l’usage des cryptomonnaies appliquée, le Maroc pourrait se positionner dans ce secteur très lucratif.

Il reconnaît, par ailleurs, que l’apport du FMI sur le volet technique sera salutaire, car l’institution internationale dispose d’une grande expertise dans ce domaine surtout au niveau du renforcement de l’arsenal juridique dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Une fois la loi réglementant l’usage des cryptomonnaies appliquée, le Maroc pourrait se positionner dans ce secteur très lucratif. «Il pourrait devenir un véritable hub africain des cryptomonnaies. Le Maroc est déjà bien avancé dans plusieurs domaines liés à la finance. Il dispose d’un capital humain hautement qualifié. Il ne manquait que le cadre légal. Grâce à ce projet de loi, le Maroc pourrait faire son entrée dans le club fermé des hubs régionaux des cryptomonnaies, une industrie très lucrative qui permettra la création d’énormément d’emplois», conclut Badr Bellaj.