Boris Johnson combatif au Parlement malgré la fronde dans son camp

Le Premier ministre britannique Boris Johnson prend la parole alors qu'il préside une réunion du Cabinet au 10 Downing Street, à Londres, le 7 juin 2022. (Photo : Leon Neal / POOL / AFP)
Le Premier ministre britannique Boris Johnson prend la parole alors qu'il préside une réunion du Cabinet au 10 Downing Street, à Londres, le 7 juin 2022. (Photo : Leon Neal / POOL / AFP)
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Publié le Mercredi 08 juin 2022

Boris Johnson combatif au Parlement malgré la fronde dans son camp

  • Pour la première fois depuis qu'il a survécu lundi à un vote de défiance qui l'a fortement fragilisé, le dirigeant a affronté les députés lors d'une séance de questions hebdomadaires chahutée
  • «Nous avons le taux de chômage le plus faible depuis 1974 et nous allons continuer à faire croître notre économie à long terme», a-t-il lancé

LONDRES: A peine rescapé d'un vote de défiance de son propre camp conservateur, Boris Johnson s'est montré combatif mercredi devant les députés, déterminé à rester en place pour faire « croître » le Royaume-Uni malgré les scandales. 

Pour la première fois depuis qu'il a survécu lundi à un vote de défiance qui l'a fortement fragilisé, le dirigeant a affronté les députés lors d'une séance de questions hebdomadaires chahutée mais où il a semblé - au moins temporairement - avoir rallié ses troupes face aux attaques de l'opposition travailliste. 

Revigoré et pugnace, il a défendu bec et ongles le bilan de son gouvernement face au leader du Labour, Keir Starmer, qui a de manière répétée accusé le gouvernement, « incompétent », d'avoir amplifié la crise du service public de santé (NHS), confronté à un manque chronique de personnel et à de très longues listes d'attente. 

« Nous avons le taux de chômage le plus faible depuis 1974 et nous allons continuer à faire croître notre économie à long terme », a-t-il lancé, avant un discours attendu cette semaine où il pourrait annoncer de nouvelles mesures face à la flambée du coût de la vie qui étrangle les Britanniques. 

Il s'est engagé à créer « des emplois bien rémunérés et hautement qualifiés » à travers le pays. « Et en ce qui concerne les emplois, je vais poursuivre le mien », a-t-il insisté.  

Baisse d'impôts 

Même s'il ne peut pas être visé par une autre motion de défiance pendant un an, Boris Johnson voit son autorité mise à mal par l'ampleur de la fronde, et il a désormais pour délicate mission de séduire de nouveau ses troupes et son électorat. 

Plus de quatre députés de son camp sur dix (148 sur les 359 votants) ont voté pour l'évincer en raison du « partygate », ces fêtes à Downing Street pendant les confinements anti-Covid qui lui ont valu une amende - une première pour un Premier ministre en exercice au Royaume-Uni. 

« Aucun Premier ministre que j'ai connu dans le passé n'a eu la confiance de 100% de ses députés », a commenté le ministre de la Santé Sajid Javid, un fidèle, sur Sky News. 

Mais rassembler un parti très divisé s'annonce difficile, et le risque est fort de voir les députés mécontents faire de l'obstruction à l'action future du gouvernement. 

« J'espère que ce que Johnson évitera maintenant, c'est de décider une série de mesures populistes qui sont conçues dans l'espoir de soutenir notre popularité immédiate », a écrit dans le journal The Times le député David Davis, qui exprime depuis plusieurs mois son insatisfaction quant au chef de gouvernement. 

Boris Johnson est sous forte pression de la part des élus conservateurs pour déployer une politique économique plus conforme aux valeurs conservatrices, à savoir une baisse des impôts à contre-courant de la hausse controversée des cotisations sociales décidée par le gouvernement ou la taxe annoncée sur les bénéfices des géants pétroliers. 

Une concession que le gouvernement est disposé à envisager, selon Sajid Javid, rappelant toutefois le poids de la pandémie sur les finances publiques. 

Enquête parlementaire 

S'il a réussit mercredi à échapper mercredi à des attaques intestines de la part des bancs conservateurs, Boris Johnson n'en a pas terminé avec les répercussions du « partygate ». 

Après celles de la police et de la haute-fonctionnaire Sue Gray, une autre enquête, cette fois parlementaire, est prévue. Si cette dernière conclut, a priori à l'automne, qu'il a trompé la Chambre des Communes en affirmant ne pas avoir enfreint les règles, il est censé démissionner. 

Deux élections partielles le 23 juin auront aussi valeur de test pour le dirigeant conservateur qui écarte l'hypothèse de législatives anticipées, les élections devant avoir lieu en 2024. 

Certains députés tories comme Tobias Ellwood ne lui donnent que « quelques mois ». Plusieurs noms circulent de possibles candidats à sa succession , mais aucun ne se dégage vraiment, de quoi faire hésiter certains élus tentés d'évincer le chef du gouvernement. 


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.