Frankly Speaking: L’essor de l’aviation en Arabie saoudite, un catalyseur pour le secteur touristique du CCG

Short Url
Publié le Lundi 03 octobre 2022

Frankly Speaking: L’essor de l’aviation en Arabie saoudite, un catalyseur pour le secteur touristique du CCG

  • M. Griffiths salue le développement de l’industrie touristique du Royaume lors de son interview sur Frankly Speaking
  • Il prévoit que le trafic de Dubaï retrouvera son niveau d’avant la pandémie en 2024 et souligne l’importance des initiatives durables

DUBAÏ : L’essor du secteur de l’aviation de l’Arabie saoudite sera un catalyseur essentiel de la croissance du secteur touristique du CCG dans son ensemble. C’est ce que Paul Griffiths, PDG de Dubai Airports, affirme lors d’une interview avec Katie Jensen, animatrice de Frankly Speaking, le talk-show d’Arab News qui propose des entretiens avec des décideurs et des chefs d’entreprise de premier plan.

Ses propos font suite à l’annonce par la mégalopole saoudienne Neom, au début du mois, du lancement des premiers vols commerciaux au monde depuis l’aéroport de Neom Bay à la fin du mois de juin, avec Dubaï comme première destination et Londres qui suivra « sous peu ».

M. Griffiths, qui a joué un rôle clé dans la transformation de l’aéroport de Dubaï, désormais le plus fréquenté du monde en termes de nombre de passagers internationaux, déclare : « Je pense que beaucoup de gens s’attendent à ce que je dise que l’Arabie saoudite va être un concurrent. En réalité, le marché saoudien est incroyablement important pour Dubaï. »

« Il représente notre troisième plus grand marché, et il est extrêmement important que nous établissions de plus en plus de liaisons aériennes. Ce marché a connu une expansion massive au cours des dernières années. Le fait que l’Arabie saoudite développe son industrie touristique est une bonne chose pour Dubaï. »

Des opinions similaires ont été exprimées lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos la semaine dernière.

« La marée montante soulève tous les bateaux. L’intégration régionale est plus importante pour les économies plus petites mais très importantes qui nous entourent que pour l’Arabie saoudite (…). Je pense donc que l’amélioration des performances économiques et concurrentielles du Royaume favorise leur compétitivité. Elle permet aux sociétés, aux entreprises et aux gouvernements de ces pays de s’intégrer à l’économie mondiale plus vaste de l’Arabie saoudite », explique le ministre saoudien de l’Investissement, Khaled al-Faleh, lors de la table ronde intitulée « Perspectives saoudiennes ».

 

Une autre intervenante lors de la même table ronde, Haïfa bent Mohammed al-Saoud, ministre adjointe chargée de la stratégie et des affaires exécutives, indique : « La région dans son ensemble est une plaque tournante, donc une fois que vous arrivez dans la région, il devient plus attrayant de visiter différentes destinations. Par conséquent, la concurrence est absolument à notre avantage. »

M. Griffiths partage ce point de vue. « Si vous observez les destinations touristiques plus établies comme l’Europe et les États-Unis, il est rare que les gens se rendent dans une seule ville et rentrent ensuite chez eux », remarque-t-il.

« Le fait d’avoir plus d’options de voyage et plus de villes à visiter au Moyen-Orient, y compris les villes d’Arabie saoudite, sera très bénéfique pour tous les pays du CCG, car les gens pourront venir à Dubaï et se rendre en Arabie saoudite, à Oman, et dans d’autres villes de la région et faire ce que beaucoup de touristes font en Europe. »

« Vous allez rarement à Londres seulement ; vous voulez visiter Paris, Madrid et Rome. Je pense donc qu’il serait très bon pour la région d’avoir un nombre croissant d’options touristiques.»

Premier PDG de Dubai Airports, M. Griffiths occupe ce poste depuis plus de 15 ans. Il a notamment ouvert le terminal 3 ainsi que le deuxième aéroport de Dubaï, Dubai World Central (DWC).

 

L’aéroport a récemment publié ses chiffres, montrant que plus de 3,6 millions de passagers y ont transité au premier trimestre cette année, période la plus chargée depuis début 2020.

Il prévoit également que l’aéroport retrouvera son niveau d’avant la pandémie en 2024, soit un an plus tôt que prévu. Alors, avec une croissance aussi solide, serait-il temps de procéder à une introduction en bourse ?

M. Griffiths répond avec réserve, affirmant que Dubai Airports « serait un candidat intéressant pour une introduction en bourse », et que ses chiffres et « son bilan, même pendant la pandémie, favoriseraient une telle démarche. »

Il se dit optimiste quant à « la possibilité que cette décision soit prise à un moment donné, dans un avenir proche », mais ajoute que la décision incombe en dernier ressort au gouvernement de Dubaï.

Cette année, le gouvernement de Dubaï envisage de coter dix entités gouvernementales sur le marché financier de Dubaï (DFM). L’entreprise locale d'eau et d’électricité (DEWA) a réalisé la deuxième plus grande introduction en bourse du monde plus tôt cette année. Il s’agit de la première cotation de ce type pour la région et la plus importante localement depuis l’introduction en bourse record du géant pétrolier saoudien Aramco en 2019.

Selon certaines rumeurs, l’opérateur de péage de Dubaï, Salik, et l’entreprise de climatisation urbaine Empower pourraient être les prochains à entrer en bourse. Emirates a également évoqué la possibilité d’une cotation sur le DFM. Le PDG de la compagnie aérienne basée à Dubaï, cheikh Ahmed ben Saïd al-Maktoum, a déclaré à CNBC : « Je suis sûr qu’un jour, Emirates sera sur le marché. »

Lors d’un sommet sur l’aviation qui a eu lieu à Manchester en avril, le président d’Emirates, Sir Tim Clark, a raconté qu’il avait dû éteindre ses téléphones parce que tous les banquiers du monde « frappaient à notre porte, disant “Nous avons des investisseurs qui veulent vous donner de l’argent”. »

Selon M. Griffiths, il s’agit d’un « signe de maturité de nombreuses villes de la région, car nous arrivons maintenant à un stade où nous avons un excellent bilan de croissance, de bonnes performances, de bons contrôles financiers et une stratégie solide (...) Tous ces éléments sont bons pour une introduction en bourse. »

Bien qu’il soit optimiste quant aux perspectives du secteur de l’aviation et de Dubaï en particulier, M. Griffiths reconnaît que certaines préoccupations géopolitiques et économiques mondiales subsistent. Si les Émirats représentent 60 à 70% de l’ensemble du trafic voyageurs dans les aéroports de Dubaï, « la faiblesse de certains marchés de transfert, en particulier en Asie, notamment en Chine, est préoccupante, mais nous avons retrouvé environ 50% des marchés de transfert, et je prévois que cela va s’améliorer au cours des prochains mois », dit-il.

Il affirme que les prix élevés du carburant étaient « évidemment un sujet de préoccupation », mais que la position des Émirats est « assez solide pour le moment. »

« Ils profitent un peu de la forte reprise sur de nombreux marchés, en particulier en Occident. Je ne pense pas que nous devrions nous inquiéter de la reprise au cours des prochains mois. Il y aura probablement quelques signes économiques, une inflation au niveau mondial et, d’ici la fin de l’année, les choses seront peut-être différentes. Cependant, pour le moment, la reprise et les voyages sont extrêmement dynamiques, et je ne vois aucun signe d’affaiblissement dans un avenir proche. »

L’aéroport international de Dubaï est l’aéroport international le plus fréquenté au monde, et 58,3 millions de personnes devraient passer par ses terminaux cette année. Pourtant, il fonctionne actuellement avec une seule piste en raison des travaux de rénovation de la piste nord. En conséquence, environ 1000 vols par semaine sont affectés, la plupart d’entre eux étant redirigés vers l’autre aéroport de Dubaï, DWC. M. Griffiths assure que, bien qu’il soit « peu probable » que la piste soit ouverte plus tôt que prévu, elle le sera « certainement » le 22 juin « comme prévu ».

Il mentionne que la plupart des rénovations sont d’ordre technique, et non « quelque chose que les passagers remarqueront », mais il précise que « l’atterrissage des avions pourrait être un peu plus doux sur le tarmac nouvellement rénové. »

Selon M. Griffiths, la décision de rediriger les compagnies à bas prix vers DWC n’a pas été prise délibérément pour satisfaire les clients riches d’Emirates, ajoutant que « peu » de vols de passagers d’Emirates avaient été envoyés à DWC.

« En fait, la plupart sont restés à l’aéroport international de Dubaï », dit-il. « Emirates a fait face à cette situation en réduisant le nombre de services. »

Bien que la rénovation se déroule « très bien jusqu’à présent », selon M. Griffiths, il a évoqué un autre problème persistant auquel l’aéroport est confronté, à savoir la cybersécurité. C’est « un problème de taille en ce moment et le nombre d’attaques potentiellement malveillantes augmente presque chaque jour. »

« Si vous regardez, par exemple, le nombre de courriels malveillants — et le trafic qui n’a rien à voir avec les affaires — il est en hausse de 70%. Cela représente donc une énorme partie du trafic total qui n’est pas constituée d’emails sollicités ou ayant un rapport avec le fonctionnement de l’aéroport. »

À la question de savoir si la menace de la cybersécurité et des cyberattaques était plus importante que celle des attaques physiques, comme l’attaque de drones des Houthis sur l’aéroport d’Abu Dhabi au début de l’année, il répond que l’aéroport ne peut pas se permettre « d’être complaisant », ajoutant que c’est la raison pour laquelle Dubai Airports « investit constamment dans la formation et la technologie pour contrer l’évolution de la menace. »

D’après M. Griffiths, Dubai Airports investit également beaucoup dans des initiatives durables, en utilisant des panneaux solaires pour produire de l’électricité et pour garder les véhicules au frais dans les parkings, en interdisant le plastique à usage unique et en utilisant des véhicules électriques ou hybrides pour sa flotte terrestre.

Il estime que c’est important car « les consommateurs ne voudront pas fréquenter un aéroport ou une compagnie aérienne qui ne prend pas la durabilité très au sérieux. »

photo

Dubai Airports collabore également avec Emirates pour tester l’utilisation de carburant durable d’aviation (SAF) au troisième trimestre de cette année. L’IATA estime que le SAF peut réduire les émissions de carbone des vols d’environ 80%, mais de nombreuses compagnies aériennes hésitent à lancer des vols d’essai en raison de son coût prohibitif.

M. Griffiths souligne que le potentiel de développement d’un carburant durable d’aviation est entravé par des problèmes de distribution de l’approvisionnement. Selon lui, à moins que les aéroports du monde entier ne puissent fournir du SAF aux avions dès leur atterrissage, les compagnies aériennes devraient transporter le carburant avec eux depuis son origine, ce qui « supprime une grande partie des avantages. »

Il explique que la solution consiste à injecter le SAF dans l’avion le plus près possible de la source de fabrication, et à veiller à ce que « une forme de subvention soit mise en place, afin que nous puissions absorber le coût de la production de carburant durable d’aviation dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement en carburéacteur, de sorte qu’aucune compagnie aérienne individuelle n’ait à souffrir de la nécessité d’être plus respectueuse de l’environnement que les autres. »

« Nous partageons tous les coûts et nous récoltons tous les fruits », lance-t-il.

Il laisse entendre que les consommateurs pourraient être contraints de payer davantage pour des choix durables, et précise que ces coûts de carburant plus élevés « pourraient se traduire par de légères augmentations du prix des billets, mais la durabilité doit se produire et nous devons la payer d’une manière ou d’une autre. »

En ce qui concerne l’avenir, M. Griffiths se dit très « positif » quant aux perspectives pour l’année à venir et « nonobstant les turbulences potentielles de l’économie et des événements politiques et la reprise post-Covid », il est « très optimiste quant au secteur aérospatial à Dubaï. »

Il considère que l’infrastructure touristique et hôtelière de cette ville est « l’une des meilleures au monde », soulignant que la demande pour Dubaï est montée en flèche.

« Nous dépassions de 111% notre trafic d’arrivées de visiteurs d’avant la pandémie à la fin de l’année dernière, et, actuellement, nous sommes à environ 100% », indique-t-il, avant de poursuivre : « Ce sont des chiffres plutôt solides. »

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


l'Arabie saoudite enregistre des dépenses records de 41 milliards de dollars dans le secteur du tourisme entrant

Panneau d'affichage à Dubaï pour promouvoir le tourisme en Arabie saoudite. Shutterstock
Panneau d'affichage à Dubaï pour promouvoir le tourisme en Arabie saoudite. Shutterstock
Short Url
  • Les dépenses touristiques en Arabie saoudite ont atteint un niveau record de 153,61 milliards de riyals (40,95 milliards de dollars) en 2024, marquant une hausse annuelle de 13,82 %, selon la Banque centrale d'Arabie saoudite.
  • Selon le dernier rapport du ministère du Tourisme, le tourisme non religieux représente désormais la majorité des voyages internationaux.

RIYAD : Les dépenses touristiques en Arabie saoudite ont atteint un niveau record de 153,61 milliards de riyals (40,95 milliards de dollars) en 2024, marquant une hausse annuelle de 13,82 %, selon la Banque centrale d'Arabie saoudite.

Cette augmentation a également conduit l'excédent de la balance des voyages du royaume à son plus haut niveau annuel à ce jour : 49,78 milliards de riyals, soit une hausse de 7,81 % en glissement annuel. Parallèlement, les dépenses des voyageurs nationaux à l'étranger ont augmenté de 16,94 % en glissement annuel pour atteindre 103,84 milliards de riyals.

En janvier, l'Agence de presse saoudienne a indiqué que le Royaume attendait 30 millions de visiteurs internationaux en 2024, soit une hausse de 9,5 % par rapport à l'année précédente, soulignant le rôle central du tourisme dans l'économie et l'image mondiale du pays.

Selon le dernier rapport du ministère du Tourisme, le tourisme non religieux représente désormais la majorité des voyages internationaux, signe d'un attrait plus large et de séjours plus longs à mesure que les visiteurs explorent les offres culturelles, de divertissement et d'affaires du pays.

Selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme, le tourisme a contribué directement et indirectement à l'économie totale du Royaume à hauteur de 498 milliards de riyals en 2024, soit 12,45 % du produit intérieur brut, contre 11,5 % l'année précédente.

Dans le cadre de la Vision 2030, l'Arabie saoudite connaît une transformation rapide qui place le tourisme et les investissements internationaux au cœur de son avenir. 

Des touristes se rassemblent sur le site géologique d'Elephant Rock, près d'AlUla, en Arabie saoudite. Shutterstock
Des touristes se rassemblent sur le site géologique d'Elephant Rock, près d'AlUla, en Arabie saoudite. Shutterstock

Le Royaume a introduit des réformes radicales, notamment la propriété étrangère à 100 % et une loi sur l'investissement rationalisée, ainsi que des zones économiques spéciales. Ces mesures en ont fait une destination attrayante pour les investisseurs et les voyageurs. Le gouvernement saoudien encourage le tourisme et l'investissement. Des milliards de dollars sont investis dans de nouvelles destinations telles que le projet de la mer Rouge, Trojena et Diriyah du NEOM. Les piliers culturels tels que AlUla et le quartier historique Al-Balad de Djeddah suscitent également de l'intérêt. Les mégaprojets tels que Qiddiya, AMAALA et Sindalah promettent toute une série d'expériences. 

​   ​
L'Arabie saoudite compte aujourd'hui plus de 426 000 chambres d'hôtel homologuées. Shutterstock

L'Arabie saoudite a connu un boom touristique, grâce à l'expansion rapide des infrastructures et à la présence de chaînes hôtelières internationales, qui est passée de 47 % à 65 % selon Knight Frank. La plateforme eVisa permet aux voyageurs de 66 pays de demander un permis d'un an à entrées multiples, facilitant ainsi l'accessibilité.

Selon le ministère, les touristes peuvent rester jusqu'à 90 jours par visite pour les loisirs, la Omra, les événements professionnels tels que le Sommet international des réunions, des incitations, des conférences et des expositions, ou pour rendre visite à leurs amis et à leur famille.

Le Hajj reste soumis à un système de visa saisonnier en raison de considérations religieuses. La situation géographique du Royaume - à moins de six heures de vol de 40 % de la population mondiale - et l'accent mis sur le tourisme durable et haut de gamme en font une destination importante et en pleine expansion. 

Le secteur du tourisme en Arabie saoudite est en train de changer, les voyageurs de loisirs et d'affaires étant désormais le moteur de la croissance. Si le tourisme religieux reste important, un profil de visiteur plus large est en train d'émerger.

Au troisième trimestre 2024, le ministère du tourisme a signalé un changement dans les voyages : les voyages religieux représentaient 41 %, mais les voyages non religieux sont en augmentation. Le tourisme de loisir représentait 24 %. Le reste était constitué de voyages d'affaires, d'éducation et de soins de santé.

Cette croissance attire les voyageurs et débloque des milliards d'euros d'investissements. En 2024, les investissements touristiques du secteur privé dans le Royaume ont atteint 14,2 milliards de dollars, contre 12 milliards l'année précédente, selon le ministre du tourisme. Environ 40 % de ces investissements provenaient de l'étranger, ce qui témoigne d'une confiance mondiale croissante dans la stratégie touristique du pays.

Le ministre a noté que les investisseurs étrangers se concentrent de plus en plus sur le Royaume en raison de la stagnation ou du ralentissement de la croissance dans d'autres régions.
Il a souligné que les investisseurs considèrent la stratégie touristique du Royaume comme un moyen d'exploiter le potentiel inexploité du secteur.

Cette hausse des investissements s'aligne sur l'objectif plus large du Royaume de devenir une plaque tournante mondiale du voyage, et sur la stratégie Vision 2030 du prince héritier Mohammed bin Salman visant à diversifier l'économie au-delà du pétrole.

Alors que l'Europe et les États-Unis sont actuellement à la tête de la vague d'investissements étrangers, M. Al-Khateeb a fait remarquer que des discussions actives sont en cours avec des partenaires asiatiques, notamment la Chine, la Corée du Sud et la Malaisie, qui explorent des opportunités dans les secteurs de l'hôtellerie, de la vente au détail et de l'immobilier.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com  

 

 


Le pétrole indécis avant le couperet des droits de douane de Trump

La demande intérieure de produits de raffinage a augmenté de 210 000 bpj en glissement annuel, atteignant 2,56 millions de bpj. Shutterstock
La demande intérieure de produits de raffinage a augmenté de 210 000 bpj en glissement annuel, atteignant 2,56 millions de bpj. Shutterstock
Short Url
  • Le marché du pétrole devrait se montrer « attentiste » jusqu'à ce que les plans tarifaires de Donald Trump soient plus clairs, selon Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
  • Depuis le début de l'année, le cours du pétrole fait « des montagnes russes entre des sanctions » américaines qui font monter les prix et des droits de douane qui les tirent à la baisse », résume M. Schieldrop.

LONDRES : Les cours du pétrole ont pataugé mercredi, à quelques heures d'une possible annonce par les États-Unis d'une nouvelle salve de droits de douane tous azimuts.

Le marché du pétrole devrait se montrer « attentiste » jusqu'à ce que les plans tarifaires de Donald Trump soient plus clairs, selon Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

« Demain, c'en sera fini de dépouiller l'Amérique », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, indiquant que les nouvelles taxes entreraient en vigueur « immédiatement ».

Elles doivent être exposées mercredi, « jour de la libération », selon Donald Trump, à 16 heures, heure des Etats-Unis (20 heures, GMT).

« Nous savons que ce sera négatif pour le commerce, pour la croissance économique et donc pour la demande de pétrole », souligne Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB, « mais nous ne savons pas à quel point ce sera grave, car les effets ne se feront sentir qu'un peu plus tard ».

Vers 9 h 30 GMT (11 h 30 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin perdait à peine 0,11 % à 74,41 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mai, reculait tout juste de 0,08 % à 71,14 dollars.

Depuis le début de l'année, le cours du pétrole fait « des montagnes russes entre des sanctions » américaines qui font monter les prix et des droits de douane qui les tirent à la baisse », résume M. Schieldrop.

De 82,63 dollars après les sanctions de Joe Biden contre la Russie, le prix du baril de Brent était tombé à 68,33 dollars début mars en raison des annonces tarifaires de Donald Trump et de sa volonté de « forer à tout-va ». Il s'était ensuite redressé, notamment avec le renforcement des sanctions américaines contre le secteur pétrolier de l'Iran et du Venezuela.

En arrière-plan, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+), menée par l'Arabie saoudite, s'affaire à maintenir une stabilité des prix dans un environnement géopolitique mouvementé.

Elle dispose d'une énorme capacité de production excédentaire qu'elle tente de réintroduire progressivement sur le marché, sans faire dégringoler le cours du brut.

Le cartel a ainsi ajouté 138 000 barils quotidiens en avril à sa production programmée. Selon les analystes de DNB Markets, « les rumeurs indiquent qu'une augmentation similaire de la production en mai sera confirmée demain ».

Parallèlement, l'organisation cherche à renforcer le respect des quotas par ses membres et, en mars, la production de l'OPEP était en baisse de 110 000 barils par jour par rapport au mois de février, selon Bloomberg. 


De nouvelles lois simplifient l'enregistrement des entreprises saoudiennes

Ces changements interviennent alors que l'Arabie saoudite a connu une augmentation de 60 % des enregistrements commerciaux en 2024. Shutterstock
Ces changements interviennent alors que l'Arabie saoudite a connu une augmentation de 60 % des enregistrements commerciaux en 2024. Shutterstock
Short Url
  • la nouvelle loi sur le registre du commerce et la loi sur les noms commerciaux entreront en vigueur le 3 avril. 
  • Ces changements interviennent alors que l'Arabie saoudite a connu une augmentation de 60 % des enregistrements commerciaux en 2024, avec 521 969 délivrés par rapport à l'année précédente.

RIYAD : L'Arabie saoudite s'apprête à introduire des changements importants dans son système d'enregistrement des entreprises lorsque la nouvelle loi sur le registre du commerce et la loi sur les noms commerciaux entreront en vigueur le 3 avril. 

Abdulrahman Al-Hussein, porte-parole officiel du ministère du Commerce, a souligné que l'un des changements majeurs comprend l'abolition des registres subsidiaires, rendant suffisant un registre commercial unique, a rapporté l'agence de presse saoudienne. 

Les lois, annoncées en septembre, suppriment également l'obligation de spécifier la ville d'enregistrement, ce qui signifie qu'un seul enregistrement commercial sera valable dans toutes les régions du Royaume, a ajouté M. Al-Hussein. 

Ces changements interviennent alors que l'Arabie saoudite a connu une augmentation de 60 % des enregistrements commerciaux en 2024, avec 521 969 délivrés par rapport à l'année précédente, selon le ministère du Commerce.

Ces mesures s'inscrivent également dans le cadre des efforts de diversification économique du Royaume, qui visent à réduire la dépendance au pétrole et à augmenter la contribution du secteur privé au produit intérieur brut, celle-ci devant passer de 40 % à 65 % d'ici 2030. 

M. Al-Hussein a déclaré que la loi sur le registre du commerce « annule la date d'expiration du registre du commerce et n'exige qu'une confirmation annuelle des données ».

Il a souligné que le numéro d'enregistrement commercial servira désormais de numéro unifié de l'établissement, commençant par « 7 ». 

Les registres subsidiaires existants disposeront d'un délai de grâce de cinq ans pour se conformer à la nouvelle réglementation. 

En outre, la nouvelle loi sur les noms commerciaux autorise désormais la réservation et l'enregistrement de noms commerciaux en anglais, y compris les lettres et les chiffres, contrairement à la règle précédente qui n'autorisait que les noms arabes sans caractères ou chiffres étrangers. 

Cette modification permet également de gérer séparément les noms commerciaux de l'établissement, ce qui permet de transférer la propriété. Elle empêche l'enregistrement de noms identiques ou similaires pour différentes entreprises, quelles que soient leurs activités. 

M. Al-Hussein a ajouté que cette loi comprend des dispositions permettant de réserver les noms de famille comme noms commerciaux et fixe des normes pour les noms interdits ou trompeurs. 

Le cabinet saoudien a approuvé ces changements le 17 septembre, le gouvernement souhaitant rationaliser les opérations commerciales et améliorer l'environnement de travail dans son ensemble. 

Dans un message publié sur son compte X, le ministre du commerce, Majid bin Abdullah Al-Qasabi, a souligné que ces changements permettraient de rationaliser les procédures de réservation et d'enregistrement des noms commerciaux, protégeant et renforçant ainsi leur valeur, conformément aux avancées économiques et technologiques décrites dans la Vision 2030. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com