La pluie artificielle, une solution à la question de l'eau en Arabie saoudite

L'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen viable et respectueux de l'environnement d'augmenter l'approvisionnement en eau en Arabie saoudite à l'avenir, car le changement climatique rend la précieuse ressource encore plus rare. (Centre national saoudien de météorologie)
L'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen viable et respectueux de l'environnement d'augmenter l'approvisionnement en eau en Arabie saoudite à l'avenir, car le changement climatique rend la précieuse ressource encore plus rare. (Centre national saoudien de météorologie)
L'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen viable et respectueux de l'environnement d'augmenter l'approvisionnement en eau en Arabie saoudite à l'avenir, car le changement climatique rend la précieuse ressource encore plus rare. (Centre national saoudien de météorologie)
L'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen viable et respectueux de l'environnement d'augmenter l'approvisionnement en eau en Arabie saoudite à l'avenir, car le changement climatique rend la précieuse ressource encore plus rare. (Centre national saoudien de météorologie)
Short Url
Publié le Samedi 28 mai 2022

La pluie artificielle, une solution à la question de l'eau en Arabie saoudite

  • Les pays touchés par la sécheresse se tournent vers l'ensemencement des nuages pour compléter leur approvisionnement en eau
  • L'Arabie saoudite est devenue le deuxième pays du Golfe à adopter cette technologie de pointe

DJEDDAH: Pour répondre à la demande croissante d'eau douce en Arabie saoudite, les autorités ont lancé un projet qui modifiera la structure des nuages pour augmenter les précipitations, technique connue sous le nom «d'ensemencement des nuages».

Avec des précipitations moyennes sur le long terme inférieures à 100 mm par an, une population en augmentation et un secteur agricole en croissance, il existe un immense besoin d'eau douce en Arabie saoudite. C'est pourquoi le Royaume a lancé début avril la première phase d'un programme d'ensemencement des nuages visant à modifier la quantité et le type de précipitations dans le pays.

Après l'approbation de ce plan par le gouvernement saoudien, un avion a survolé le vaste plateau rocheux du Najd dans la région centrale du Royaume, où il a libéré des panaches d'iodure d'argent dans les nuages. Cela a provoqué la formation de cristaux de glace dans ces nuages, stimulant les précipitations sur les zones ciblées. Le processus a commencé dans la région de Riyad et s'étendra bientôt à d'autres zones, à Asir, Baha et Taïf.

Infographie illustrant le procédé de l'ensemencement (Arab News)
Infographie illustrant le procédé de l'ensemencement (Arab News)

«Le Royaume est considéré comme l'un des pays où les précipitations sont les plus faibles, avec une moyenne de 100 mm par an», avait affirmé Ayman Ghulam, directeur général du Centre national de météorologie, lors d'une conférence à Riyad en mars. «L'ensemencement des nuages est l'une des solutions les plus prometteuses pour l’Arabie saoudite.»

Le programme national de pluie artificielle devrait se poursuivre pendant cinq ans, afin d'augmenter les précipitations de 20 %. Il fait partie de I’Initiative verte saoudienne, lancée en mars 2021 par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, pour promouvoir le développement durable et la préservation de l'environnement, ainsi que pour sécuriser les sources d'eau naturelles dans le Royaume.

Roelof Bruintjes, qui dirige le groupe de modification du climat au National Center for Atmospheric Research des États-Unis, a affirmé que le Royaume utilisait une méthode bien établie d'ensemencement des nuages sans danger pour l'environnement.

Logo du centre national saoudien de la météorologie (fourni)
Logo du centre national saoudien de la météorologie (fourni)

Les deux agents d'ensemencement utilisés dans l'opération saoudienne sont des matériaux hygroscopiques (c'est-à-dire des substances qui ont tendance à absorber l'humidité de l'air) tels que les sels et l'iodure d'argent. Ils sont employés dans des concentrations si faibles qu'ils sont en grande partie indétectables et sont utilisés depuis près de quarante ans dans des projets d'ensemencement de nuages dans l'ouest des États-Unis, où les sécheresses sont fréquentes.

Le succès des opérations d'ensemencement des nuages, a précisé Bruintjes, dépend dans une certaine mesure des caractéristiques des nuages eux-mêmes. «Aucun nuage n'est identique à un autre», explique-t-il à Arab News.

«En Arabie saoudite, la plupart des nuages qui se forment dans la région centrale et le sud-ouest sont des types de nuages plus convectifs. De cette façon, nous utilisons principalement des cellules hygroscopiques pour créer des gouttelettes plus grosses afin qu'elles puissent plus facilement entrer en collision les unes avec les autres et retenir la pluie, afin que l’on puisse obtenir plus d'eau, qui est traitée dans le nuage jusqu'à la surface», précise-t-il. «Il s’agit principalement d’essayer d'obtenir plus d'eau des nuages pour augmenter le pourcentage d'eau que les nuages traitent descendant à la surface.»

L'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen viable et respectueux de l'environnement d'augmenter l'approvisionnement en eau en Arabie saoudite à l'avenir, car le changement climatique rend la précieuse ressource encore plus rare. (Centre national saoudien de météorologie)
L'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen viable et respectueux de l'environnement d'augmenter l'approvisionnement en eau en Arabie saoudite à l'avenir, car le changement climatique rend la précieuse ressource encore plus rare. (Centre national saoudien de météorologie)

L'eau couvre environ 71% de la surface de la Terre, mais la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord(Mena) ne possède que très peu de ces ressources nécessaires à la vie. Selon l'ONU, c'est la région la plus pauvre en eau au monde, avec 17 pays considérés en dessous du seuil de pauvreté en eau.

La situation est aggravée par une croissance démographique rapide, des infrastructures insuffisantes et la surexploitation de ressources limitées. L'agriculture représente à elle seule 80 % environ de la consommation d'eau dans la région Mena, selon la Banque mondiale.

EN CHIFFRES

*50 pays sont à la recherche de plans d'intensification des précipitations.

*Objectif de 20 % d’augmentation des précipitations en Arabie saoudite grâce à l'ensemencement des nuages.

* L’Arabie saoudite dessale 18 % de la production mondiale d'eau de mer dessalée.

Cette surexploitation signifie que les réserves naturelles d'eau souterraine de la région ne sont pas reconstituées assez rapidement pour suivre le rythme de la demande. Les pénuries peuvent avoir des conséquences humanitaires de grande envergure, les sécheresses détruisant les moyens de subsistance et déplaçant les populations des zones rurales vers les zones urbaines.

Environ 1,1 milliard de personnes dans le monde n'ont pas un accès garanti à l'eau, et 2,7 milliards souffrent de pénurie pendant au moins un mois de l'année. D'ici à 2025, on estime que les deux tiers de la population mondiale pourraient faire face à des pénuries d'eau. Les prévisions indiquent que les approvisionnements en eau chuteront considérablement d'ici à 2030 et que le rationnement pourrait devenir la norme, à moins que des solutions durables ne soient appliquées.

L'ONU a classifié l'Arabie saoudite et la plupart des autres pays du Golfe comme pays pauvres en eau. L'exception reste Oman, qui se situe légèrement au-dessus du seuil de grave pénurie de 500 m3 d'eau par habitant et par an.

Des études ont montré que le Moyen-Orient pourrait être l'une des régions les plus touchées par le changement climatique. Elles précisent que les conditions sont susceptibles de conduire à un processus connu sous le nom de «pollution atmosphérique photochimique», qui vient s'ajouter à l'augmentation et à la concentration élevée de particules d'aérosol provenant de sources à la fois naturelles, comme la poussière du désert, et artificielles, telles la pollution.

Les aérosols sont accusés d'être parmi les causes du changement climatique, qui affectent la façon dont les nuages se forment. (Photo Shutterstock)
Les aérosols sont accusés d'être parmi les causes du changement climatique, qui affectent la façon dont les nuages se forment. (Photo Shutterstock)

«Le Moyen-Orient est le carrefour du monde», soutient Bruintjes. «La pollution vient de l'Inde en été, en raison des vents d'est, et en hiver, une partie du système frontal vient probablement d'Europe de l'Est et de la Méditerranée. Les aérosols, les nuages et la pollution ne connaissent pas de frontières», assure-t-il.

C'est à cause de ces facteurs humains et environnementaux que l'ensemencement des nuages est considéré comme une solution particulièrement efficace pour cette région particulière.

«L'incidence des fumées de biomasse en provenance d'Afrique et la pénétration de la poussière du Sahara dans cette région, sont le type de facteurs que nous évaluerons dans le cadre de toute expérience d'ensemencement de nuages», indique Bruintjes.

«Les particules de poussière n'interagissent avec les nuages que pour former des cristaux de glace, pas des gouttelettes. Cependant, le dégazage dans l'industrie pétrolière produit plus de sulfates que de nitrates – des particules plus petites qui peuvent généralement empêcher les précipitations – et c'est là que l'ensemencement des nuages peut intervenir.»

Un pilote émirati prépare son avion pour une opération d'ensemencement de nuages. (UNE photo d'archive)
Un pilote émirati prépare son avion pour une opération d'ensemencement de nuages. (UNE photo d'archive)

L'Arabie saoudite ne possède pas de rivières ou de lacs naturels permanents, ni de zones de végétation naturelle abondante, à l'exception de ses hautes terres du sud-ouest de l'Asir.

Au cours des trois dernières décennies, le Royaume a exploité ses réserves souterraines, appelées «aquifères», à des fins agricoles. En conséquence, elles sont passées de 166 m3 de ressources renouvelables internes en eau douce par habitant en 1987 à seulement 71 m3 en 2018.

Le pays a donc été contraint de compter sur les importations et le dessalement de l'eau de mer à grande échelle pour répondre à la demande.

Une étude de l'ONU de 2018 a révélé qu'il existait 16 000 usines de dessalement en activité dans 177 pays, produisant un volume d'eau douce équivalent à près de la moitié du débit moyen des chutes du Niagara. L'Arabie saoudite possède l'une des plus grandes usines de dessalement au monde.

En l'absence de rivières ou de lacs naturels et permanents, l'Arabie saoudite a été la pionnière du dessalement de l'eau, y compris dans son usine de la ville industrielle de Jubail. (AFP)
En l'absence de rivières ou de lacs naturels et permanents, l'Arabie saoudite a été la pionnière du dessalement de l'eau, y compris dans son usine de la ville industrielle de Jubail. (AFP)

Cependant, les recherches ont montré que les usines de dessalement étaient inévitablement associées à des problèmes environnementaux, notamment la pollution de l'air, rendant leur utilisation à long terme non durable pour réduire les émissions nocives de gaz à effet de serre.

L'Arabie saoudite a des décennies d'expérience dans le dessalement de l'eau, depuis qu’elle a établi la première installation du pays dans les années 1950. De nouvelles technologies ont ensuite été développées pour minimiser les émissions, le Royaume ayant adopté l'énergie solaire et d'autres énergies renouvelables pour alimenter ses usines de dessalement.

Néanmoins, si le pays doit répondre à la demande toujours croissante en eau et reconstituer ses réserves aquifères, des alternatives doivent être développées à une échelle appropriée. Avec les générateurs d'ensemencement basés au sol, l'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen possible d’augmenter les réserves qui continuent de diminuer.

L'Arabie saoudite n'est que le deuxième pays de la région du Golfe, après les Émirats arabes unis, à lancer un programme d'ensemencement de nuages. Cependant, de nombreux autres pays dans le monde touchés par la sécheresse ont adopté cette technologie pour modifier le climat et aider à compléter leurs approvisionnements en eau naturelle.

La capacité à prévoir la distribution et le niveau des précipitations dans le Golfe et les régions de la zone Mena pourrait s'avérer cruciale dans les années à venir, dans la mesure où le changement climatique entraîne des sécheresses plus fréquentes.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: huit personnes, dont trois secouristes, tués dans des frappes israéliennes

Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Short Url
  • Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités
  • La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés

BEYROUTH: Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire.

Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités.

La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés.

"Israël continue de violer les lois et conventions internationales qui protègent les civils" a dénoncé le président libanais, Joseph Aoun.

Les secouristes tués "participaient à une mission de secours et d'intervention d'urgence auprès des blessés d'une frappe aérienne israélienne visant un bâtiment (...) qui a également causé la mort de résidents civils", a-t-il détaillé.

Ailleurs, le ministère de la Santé a fait état d'une personne tuée et de 15 blessées, dont cinq enfants, dans une frappe israélienne sur Jwaya (sud).

Deux autres personnes ont été tuées et 13 blessées dans un bombardement israélien à Jibchit, toujours dans le sud, selon un premier bilan du ministère.

"Pas encore terminé" 

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah, d'une longueur totale de deux kilomètres, à la frontière des deux pays, utilisés selon elles par des unités d'élite du mouvement pro-iranien.

Celui-ci a rouvert un front contre Israël le 2 mars pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a riposté par des frappes meurtrières et déployé des troupes dans le sud du pays voisin.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon une source militaire israélienne, l'installation souterraine détruite près de la frontière avait été "conçue, soutenue et financée par l'Iran" pour "lancer des raids contre les communautés israéliennes".

"Nous détruisons leur infrastructure terroriste, nous tuons plusieurs dizaines de leurs terroristes — et n'avons pas encore terminé", a commenté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

L'explosion liée à la destruction du tunnel a creusé un "grand cratère" dans la ville de Qantara, selon les médias d'Etat libanais.

Au-delà de la "ligne jaune" 

L'armée israélienne avait ordonné plus tôt dans la journée l'évacuation "immédiate" de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Peu après, l'agence de presse libanaise Ani a fait état de frappes aériennes sur ces zones.

Les villages concernés se trouvent au-delà de la zone de dix kilomètres de profondeur, délimitée par une "ligne jaune", que l'armée israélienne a établie il y a dix jours.

"Israël n'a aucune visée territoriale sur le Liban. Notre présence dans les zones situées le long de notre frontière nord n'a qu'un seul objectif: protéger nos citoyens", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques".

A trois reprises mardi, l'armée a déclaré avoir tenté d'intercepter "une cible aérienne suspecte" dans la zone où opéraient ses troupes, sans donner de précisions.

Elle a aussi affirmé que le Hezbollah avait lancé des drones "qui ont explosé à proximité de soldats", sans faire de blessés.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre a été grièvement blessé lundi par des drones, selon l'armée.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 2.500 personnes ont été tuées et quelque 7.800 blessées au Liban dans la campagne militaire israélienne, selon le ministère libanais de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués sur la période, d'après les autorités.


Reprise de la vie nocturne au Caire avec la fin des économies d'électricité

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • "Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans
  • "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

LE CAIRE: La célèbre vie nocturne du Caire a repris des couleurs mardi soir, avec la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient mis en pause l'habituelle frénésie de la mégalopole et forcé magasins, cafés et restaurants à fermer bien plus tôt, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

La guerre, accompagnée d'une flambée des prix de l'énergie, avait contraint la capitale égyptienne à réduire durant un mois sa consommation d'électricité.

Les fermetures fixées à 21h00 locales, puis repoussées à 23h00, avaient vidé les rues et créé un immense sentiment de frustration chez les commerçants et leurs clients.

Mais le gouvernement a levé les restrictions et les établissements peuvent de nouveau fermer leurs portes à 01h00 du matin. Quant aux magasins et centres commerciaux, ils sont désormais autorisés à rester ouverts jusqu'à 23h00 et minuit le week-end.

A Heliopolis, quartier chic de l'est, les familles ont envahi les rues avec leurs enfants, tandis que des groupes d'amis fumaient le narguilé.

"Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans. "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

Pour s'assurer du respect des mesures d'économie d'énergie, des patrouilles de police menaçaient les noctambules récalcitrants d'amendes de 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros), voire de peines d'emprisonnement en cas de récidive.

Pour Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique qui a vu son chiffre d'affaires chuter de 80%, l'assouplissement arrive à point nommé, "surtout à l'approche de la saison estivale".

"Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients ont le temps", explique-t-elle, contente de la fin d'un "véritable désastre" pour les commerçants.

La ville de plus de 20 millions d'habitants est réputée pour son niveau sonore nocturne, alimenté par la circulation automobile, des marchés bondés ou encore des bateaux de fêtards illuminant le Nil.

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Premier ministre Moustafa Madbouly, la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,1 millions d'euros). La livre égyptienne a perdu autour de 15% de sa valeur et l'inflation a atteint 13,6% en mars.

M. Madbouly a appelé à la mise en place de mesures incitatives pour accélérer la transition vers l'énergie solaire, tandis que le gouvernement a diffusé des campagnes télévisées appelant les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.

 


L'armée israélienne ordonne l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban

Short Url
  • Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté
  • Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens

JERUSALEM: L'armée israélienne a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban, une annonce précédant généralement des frappes dans ce secteur.

Ce nouvel ordre d'évacuation survient alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril entre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah et Israël, après un mois et demi de guerre. Les deux belligérants s'accusent de le violer.

"Avertissement urgent aux résidents du Liban se trouvant dans les villages et localités suivants", a indiqué sur X le porte-parole en arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, énumérant une liste de 17 villages.

Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté.

Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

Dans la bande de territoire située entre la frontière et cette ligne jaune, Israël affirme s'autoriser à effectuer des frappes contre le Hezbollah.

Depuis une semaine, l'armée israélienne affirme que le Hezbollah effectue régulièrement des tirs de drones explosifs vers ses positions.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre grièvement blessé mardi par ces engins volants meurtriers, selon des communiqués publiés par l'armée.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi que les roquettes et les drones du Hezbollah demeuraient un défi majeur, ajoutant qu'Israël poursuivrait ses frappes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes en direction d'Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.